Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /2009 14:42


Miel et Vin

Myriam Chirousse

 

« Fuyez-moi autant que je vous fuis,

car si je vous revois un jour je pourrais bien croire que je vais vous aimer toute ma vie »

 

Charles est un bâtard. La puissante superstition des gens du village exige que ce soit l'enfant du diable. Il est donc la cause des malheurs des autres ; incendies, maladies, décès. L'enfant bâtard grandira malgré le fléau de la maltraitance.

 

Judith est une enfant trouvée dans la forêt. Recueillie et adoptée, elle deviendra une jeune fille intelligente et audacieuse qui aspire à une vie différente de celle qui est offerte aux femmes.

 

Dans les temps troubles de l'année 1788, le peuple français va bientôt vivre un moment fondamental de son histoire. Les deux êtres vont se croiser, s'aimer et se déchirer à l'instar de ce monde dans lequel ils évoluent.

 

Quel premier roman époustouflant ! J'ai été emportée par l'histoire haletante de Charles et de Judith non pas doucement au fil des pages mais telle une tornade impétueuse effaçant tout sur son passage. Plus rien n'existe hormis ce livre entre mes mains.

 

Le fond de Révolution française offre une lecture palpitante. J'ai beaucoup aimé la façon dont Myriam Chirousse traite le sujet : ce n'est en aucun cas manichéen et chauvin comme on peut malheureusement souvent le lire mais juste, objectif en proposant les différents points de vue des principaux protagonistes, ce qui nous offre alors la possibilité de réfléchir autrement sur ce crucial héritage.

 

Les passages décrivant l'histoire de Charles et Judith n'ont rien de faciles ou de grotesques mais sont au contraire délicieusement sensuels. Les mots sont doux et bruts admirablement maniés au point de donner quelques chatouillis au creux du ventre.

 

Merci à mes camarades blogueuses sans qui jamais je n'aurais lu ce livre. Rien que la couverture et le titre me faisaient fuir redoutant une histoire d'amour mielleuse (sans jeux de mots). Ce n'est ni un roman historique, ni une histoire harlequinesque mais bel et bien un roman incroyablement réussi, un de ceux dont on repense encore et encore.

 

Buchet-Chastel, 539 pages, 2009

 

Ce qu'elles en ont pensé

Pour Keisha : « lire ce livre a été une sorte d'enchantement. Un très très joli moment de lecture, à ne pas rater! »

Malice « n'a pas adhéré trouvant que ce roman démarre sur une note fantastique qui glisse vers une note romanesque qui ne prend pas.»

Pour Clarabel :« C'est incontestablement un doux roman sucré et piquant, gourmand, langoureux, avec des personnages aux destins inextricablement liés, par le secret de leurs origines et par cet amour fou qui les enchaîne. A dévorer ! »

 

Par Theoma - Publié dans : Romans français - Communauté : Les lectures de Florinette
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 16:50

Plus de 8'000 km. Des grands espaces. Une nature époustouflante. Un pays à couper le souffle ! 1'200 photos...

Le temps de faire le tri afin de vous faire partager quelques émotions, voici quelques lectures dont je vous laisse deviner le titre en français (allez-vous également retrouver le nom des Barbapapas ?).

Les norvégiens aiment les polars et ça se voit ! Les librairies en regorgent et certaines proposent une remarquable collection de livres audios (plusieurs milliers !)

Un chaleureux merci pour tous vos commentaires. Je me réjouis de découvrir vos lectures à mo
n tour.




Par Theoma - Publié dans : Bientôt 7 milliards, et moi et moi et moi... - Communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 01:03
C'est à mon tour de partir en vacances et j'ai la chance de pouvoir profiter des miens durant trois semaines. Nous partons en Norvège, non pas en avion mais en bus camping ! Trois jours aller (il nous faut traverser l'Allemagne et le Danemark, puis prendre le ferry durant 9 heures), trois jours retour.
Je me réjouis de vous faire partager l'expérience !



Je me suis concoctée trois lectures scandinaves...




Et un bout de PAL vient avec moi
(mieux vaut prendre trop que pas assez...)




















Un très bel été et à dans trois semaines !
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /2009 12:43


Sortilèges de dentelle

Brunonia Barry


Pour ma première participation à l'opération Masse critique, j'ai été incapable de choisir un seul livre parmi une centaine qui me tentait diablement. J'ai donc décidé de cocher quasiment l'intégrale en me disant que le destin choisirait pour moi, que LE livre viendrait à moi. Quelle audace ! J'étais fière de moi et confiante en mon destin littéraire. QUELLE CONNE !


Pourtant, c'était bien parti. Une histoire de femmes, un peu sorcières, dans un bled perdu chargé d'Histoire, j'ai nommé Salem, une disparition, des secrets de famille, une très belle couverture... Je me frottais les mains d'avance du moment de lecture qui s'annonçait.


Mon Dieu si vous existez, pourquoi donc m'avez-vous fait tant souffrir ? Pourquoi m'avez-vous envoyé ce livre ? Quel est le message que vous essayé de me faire passer ?


Car pour souffrir, j'ai souffert. J'ai pensé plusieurs fois à abandonner mais j'ai eu la force de résister à la tentation. J'ai décidé d'assumer mes choix même s'ils sont débilissimement crétinesques.


Brunonia (le prénom aurait dû pourtant m'alerter) Barry écrit des scénarios pour le cinéma. Ça se voit ! Elle a écrit les grandes lignes d'une histoire et a décidé de broder autour pour en faire un livre. C'est insupportablement descriptif (quand on ne sait pas quoi dire, quoi de plus logique). C'est long et terriblement ennuyeux. Les personnages, pourtant intéressants n'ont aucun relief. Sans oublier le twist de fin qui se veut certainement bluffant et qui est à coup sûr ridicule.


Après une introspection nécessaire, j'ai compris. J'ai perdu ma naïveté. Je ressors grandie. Je devais passer par là pour :

  1. arriver à faire le tri dans les lectures que l'on nous propose et CHOISIR car tel est le secret de la vie non ? Choisir, assumer ses choix, en être responsable, bla bla bla...

  2. pour vous éviter à vous, Chers Lecteurs, Chères Lectrices, de succomber à la quatrième de couverture tentatrice et de vous infliger des heures de souffrance inutile.



Calmann-Lévy, 381 pages, 2009


Je remercie donc Babelio (bravo à Guillaume pour sa persévérance !) et les éditions calmann-lévy pour cette leçon de vie.

 

 

 

Ce qu'elles en ont pensé 

Madame Charlotte : "profondément anachronique, insolite, mal exploité, on se croirait au carnaval, on a du mal à y croire."

 

Clarabel : "un roman intéressant, avec des lacunes et des bonnes choses. Je lui souhaite une seconde chance en format poche pour conquérir un plus large lectorat. Il le mériterait..."

 

 

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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /2009 20:56


L'île sans sourire
Enrique Fernandez

Voilà une BD bien étrange. Enrique Fernandez nous emmène faire un voyage onirique et initiatique dans une île sombre et mystérieuse. L'histoire, simple et naïve, est proche d'un conte pour enfants. Un homme en quête de rédemption. Une petite fille en guise de guide.


Pourtant, il y a une je ne sais petit quelque chose qui m'a complètement accrochée. Le dessin est beau, les expressions du visage sont fortes mais c'est surtout le personnage de la petite fille, Eli, qui illumine avec beaucoup de puissance le récit. Cette gamine est tout simplement incroyable !


Encore une histoire où l'enfant ne fait absolument pas son âge et où il explique la vie aux adultes avec beaucoup de philosophie me direz-vous. Et bien oui mais le charme d'Eli est irrésistible et on s'émerveille à chaque bulle de ce qu'elle nous fait découvrir.

Une BD bien étrange... que je n'oublierai pas de si tôt !


Glénat, 56 pages, 2009


A lire : Lael en parle très bien.


La preuve en images

 


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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /2009 11:47


Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

Gyles Brandreth


Nous sommes en 1889. Oscar Wilde s'apprête à écrire Le portrait de Dorian Gray. Sa vie est bouleversée lorsqu'il découvre l'un de ses amis assassiné. Avec la complicité d'Arthur Conan Doyle, l'auteur de Sherlock Holmes et l'écrivain Robert Sherard, Wilde décide de mener son enquête.


Si vous cherchez un bon polar qui vous donne le frisson, passez votre chemin. A l'instar de la série Mma Ramotszwe détective, l'intrigue est ici totalement secondaire.


Si vous souhaitez passer un bon moment en compagnie d'un roman délicieusement british composé d'un humour unique et savoureux, que vous connaissiez ou pas les œuvres d'Oscar Wilde, cette lecture remplira à merveille son office.


Gyles Brandreth connaît très bien son sujet. J'ai été transposée dans la vie du célèbre dandy victorien pour qui la constance est l'ultime refuge de ceux qui manquent d'imagination. On aperçoit le génie, la complexité, l'excentricité, la générosité et l'égoïsme d'un visionnaire. Les nombreuses références aux auteurs anglais dont Dickens ajoute une note piquante à ce voyage dans le temps. Je me réjouis de la suite.


Extrait


- Et pourquoi cela est-il si important pour vous, Oscar ?

- Qu'entendez-vous par là, Robert ?

- Vous avez dit vous-même que Billy Wood n'était qu'un vaurien...

Il frappa tout à coup la table avec une férocité qui m'effraya. Je me décomposai. Les clients des tables voisines se tournèrent vers nous.

- Seuls les « gentlemen » auraient-ils droit à la justice ? aboya-t-il. Le dernier des vauriens ne la mérite-t-il pas autant que le plus noble des ducs ? Vous me stupéfiez, Robert.

- Vous m'avez mal compris, Oscar, protestai-je.

- Je l'espère, Robert, reprit-il plus calmement alors que le garçon nous apportait nos crevettes. Je l'espère car il est de notre devoir, Robert, à vous et à moi, qui avons tant, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ceux, comme Billy Wood, qui ont si peu. Nous devons être les amis de ceux qui n'en ont pas. Si nous, poètes qui ne manquons de rien, ne veillons pas sur tous les Billy Wood de la terre, qui le fera ?


10/18, 384 pages, 2009

 


Ce qu'elles en ont pensé

Une belle lecture, un véritable condensé de victorian attitude selon Wictoria (qui nous propose un très beau billet illustré),  5/5 pour Alwenn, plaisant et acidulé selon Bookomaton,    Ys  a été déçue en y voyant du théâtre, plutôt mal joué avec des personnages secondaires improbables, Emeraude n'a pas été emballée,  Cryssilda vous conseille de le lire dans sa langue originale, un régal pour Miss Alfie...

 

 

 

 

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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /2009 12:30


La noce d'Anna
Nathacha Appanah


« Vois-tu maman, je ne suis pas si différente de toi, au fond »


Une mère marie sa fille. Elle se souvient, elle remet en question, elle regrette, elle juge en silence. Rien ne doit troubler la fête, c'est le jour d'Anna. En regardant sa fille devenir adulte, ce qui la différencie de sa mère devient pour cette dernière un fossé qui semble sans fond de jour en jour.


Anna aime les chiffres, les agendas, l'organisation minutée. Elle se marie avec un huissier et aspire à un bonheur conjugal de princesse. Sa mère vient d'une île, elle a le goût du vent et accueille la vie comme elle vient, avec ses bonnes et ses mauvaises surprises.


Un livre doux qui interroge sur les relations piquantes entre mères et filles : jusqu'où peut-on s'effacer pour rendre heureux les gens que l'on aime ? Comment ceux qui ont germé en nous, grandi au sein de notre nid peuvent-ils aspirer à tout ce que l'on exècre ?


Au milieu de la lecture, l'auteure nous propose un joli twist qui est venu au moment même où je commençais à me dire qu'il ne se passait pas grand chose. Simple et beau.


Extrait


"Voilà ce que j'aurais dû dire à ma fille : d'avoir un amant, deux, trois, de prendre son pied, de se faire faire l'amour fort, de commander, de diriger, de dire ses envies, de faire des choses dont elle aurait un peu honte, de se lâcher. De ne pas se comporter comme les autres, d'oser se mettre en rouge pour son mariage, d'embrasser son homme dans la rue, à pleine bouche, avec la langue et de laisser les autres regarder et en mourir d'envie ; lui expliquer qu'avant son mariage, il aurait fallu connaître d'autres corps, d'autres sentiments, souffrir un peu, aimer beaucoup, se perdre, devenir un peu cynique, rire des mots d'amour surfaits, s'émouvoir, donner, ne pas se protéger, parce que soudain, on se réveille comme moi, à quarante-deux ans et on n'a pas vécu. Voilà ce que j'aurais dû lui dire. J'aurais dû lui dire de faire ce que je n'ai pas fait."


Gallimard, 178 pages, 2009



Elles ont aimé...
Un coup de cœur à lire absolument pour
Sylire,  Hélène l'a quitté à regrets,  Clarabel a tout bonnement adoré, "plein de sensibilité, de douceur et d'amour" pour Celsmoon



L'avis de Biblioblog + une interview de Nathacha Appanah.

 

 

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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /2009 10:48

 

L'année brouillard

de Michelle Richmond (Auteure)

Sophie Aslanides (Traduction)


« Si j'ai bien une certitude, c'est que rien dans la vie ne nous prépare à devenir mère »


Abby rencontre Jake. Jake l'invite à dîner. Ils sentent que leur histoire pourrait être importante. Lorsqu'il la raccompagne chez elle, avant le baiser fatidique, il lui demande si elle veut des enfants. Bien évidemment surprise, elle lui répondra que oui, plus tard. Il lui explique qu'il a une fille, Emma, qui est âgée de six ans et dont la mère est partie un jour sans donner de nouvelles.


Abby tombe amoureuse de Jake. Abby tombe amoureuse d'Emma. Tous les trois, ils vont bien ensemble. Ils se fiancent et parle d'adoption. Jake doit partir un week-end. Abby est seule avec Emma pour la première fois. Elles se promènent sur la plage à la recherche de coquillages. Un phoque mort échoué attire le regard de la femme durant quelques secondes. Quelques secondes seulement. Quelques secondes de trop. Emma disparaît.


J'ai vu ce livre à plusieurs reprises. J'ai à chaque fois détourné le regard. Non merci, pas pour moi ! Lire 500 pages sur un sujet qui réveille une de mes pires peur au ventre, il faut être maso.


Mais voilà que Kathel rédige un billet magnifique et redoutablement convaincant. Mmmm.... passerais-je à côté de quelque chose ? Si en plus elle le propose comme livre voyageur, pourquoi ne pas tenter le coup ? D'ici que le livre vienne chez moi, j'aurais le temps de m'y préparer. Mais voilà que sa première étape est ma boîte aux lettres. Je regrette déjà de m'être proposée. Bon ben, je respire à fond et je me lance.


Dès les premières pages, j'ai la nausée. C'est exactement le scénario qui vient se loger dans votre tête quand vos chérubins sont en dehors de votre périphérie. Ensuite, le malaise me quitte et je me surprend à tourner les pages avec frénésie. Je ne peux plus lâcher ce livre avant de connaître le dénouement.


Michelle Richmond a su aller dans les profondeurs du corps et de l'âme pour y trouver les angoisses, les douleurs, les bonheurs, les pensées les plus intimes. Elle nous parle de souffrances mais surtout d'amour. J'ai été bouleversée par le personnage d'Abby qui envers et contre tous continue à croire qu'Emma est vivante. Elle qui ne partage pas les liens du sang va aller au bout de sa conviction parce qu'elle ne peut pas vivre avec cette culpabilité mais surtout guidée par un puissant instinct maternel.


Vous l'aurez compris, une lecture qui vaut plus que la peine malgré son sujet terrorisant. Simplement magnifique.


Extrait

"Nous prenons des photos parce que nous ne pouvons accepter que tout passe, nous ne pouvons accepter que la répétition d'un moment est impossible. Nous menons un combat continu contre notre propre mort imminente, contre le temps qui transforme les enfants en cette autre espèce, de moindre intérêt : les adultes. Nous prenons des photos parce que nous savons que nous allons oublier. Nous allons oublier la semaine, la journée, l'heure. Nous oublierons les moments les plus heureux. Nous prenons des photos par orgueil, poussés par ce désir de voir le meilleur de nous-mêmes préservé. Nous craignons de mourir sans que les autres sachent que nous avons vécu."

 

Buchet-Chastel, 508 pages, 2009

 

Elles ont aimé...

Un grand merci à Kathel de m'avoir convaincue et prêter ce livre, Antigone,   Cathulu,   Cuné,  Majanissa...                                                                        

Ce livre voyageur continue sa route chez Keisha.


 

 

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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 23:49


La messagère de l'au-delà

Mary Hooper

 

"Je proteste de mon innocence et je demande que Dieu, dans son immense sagesse, le fasse savoir au monde"

 

Angleterre, 1650. La jeune Anne Green travaille comme servante dans la maison de sir Thomas. Le petit fils de ce dernier va la séduire en lui promettant de l'aimer et de lui offrir une meilleure condition. Il la veux, il l'aura, ce qui la conduira à l'échafaud.


Anne Green est pendue haut et court. Son corps, comme celui des pauvres de l'époque, est livré aux étudiants en médecine. Quelle ne sera pas leur surprise quand ils découvriront qu'en réalité Anne est toujours vivante.


Inspiré de faits réels (si ! si !), La messagère de l'au-delà est un roman historique captivant. Le sujet paraît bien lourd et pourtant, les pages se tournent avec frénésie. On découvre, on frissonne, on apprend, on compatit, on tremble devant une époque qui n'aimait pas ses femmes.


Car c'est bel et bien l'histoire de femmes que Mary Hooper nous conte. Des prostituées aux gouvernantes, des servantes aux filles nobles, de la sacro-sainte mère aux sages-femmes détentrices de secrets.


A l'instar de ses consœurs dites « sorcières » condamnées au buché, Anne Green a l'unique défaut d'être belle et désirable. Sa naïveté et sa candeur donne de l'éclat à sa façon de décrire les évènements. J'ai fermé ce livre avec émotion et espoir sachant qu'en 1650 justice fût rendue.


Ce qu'elles en ont pensé

Gawou s'est réconciliée avec le roman historique, réaliste et poignant selon Ys, une jolie découverte pour Melmelie,  sensible, intelligent et à découvrir selon Clarabel                                                     


Editions du Panama, 267 pages, 2008

 

 

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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 21:05
Ambiances



La nuit



Vue d'en haut




Vue d'en bas







Coup de coeur pour Burano









Beaucoup moins pour Murano





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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 11:28



Mon nez, mon chat, l'amour et... moi

Louise Rennison


Nous voici plongés au cœur du journal intime de Georgia Nicolson, 14 ans. Un plongeon qui nous renvoie en pleine figure les petits détails gênants de notre adolescence que l'on était bien content d'avoir oublié.


Il est difficile de croire que Louise Rennison a réussi le pari de retranscrire avec tant d'humour et de justesse les névroses, les angoisses, les interrogations, les futilités, le regard acéré sur le monde, la naïveté et la candeur d'une gamine de 14 ans.


C'est pourtant le cas ! Georgia Nicolson est désopilante et terriblement attachante. Elle change d'avis en une seconde, se demande de quel côté il faut tourner la tête quand on embrasse un garçon, se rase les sourcils pour tenter d'être plus jolie et mesure ses jambes pour être sûre de ne pas être bancale...


J'ai passé un bon moment en sa compagnie avec un petit goût de revival qui me donne à penser que pour rien au monde je souhaiterais repasser par là...Je me demande tout de même si le concept peut s'étaler sur 9 tomes et si à la longue, on ne se lasse pas.


Extraits


Les parents

« Merci mon Dieu, ils sont sortis. Enfin ! C'est quoi toutes ces foutaises de famille heureuse? Tous ces « on devrait faire des choses ensemble » ? Comme je l'ai fait remarquer à papa :

- On a déjà pas de bol de se retrouver coincés tous les quatre dans la même baraque, alors pourquoi faudrait-il se pourrir la vie encore plus en allant traîner tous ensemble dans une jardinerie ? »

 

Pourquoi tu as épousé papa ?

« J'ai demandé à maman pourquoi elle avait épousé papa (il était au bowling avec oncle Eddie - tu le crois ça ?). elle a réfléchi un moment avant de me sortir :

- Il me fait rire.

Il la fait rire... Il la fait rire... Bart Simpson me fait rire mais ce n'est pas une raison pour l'épouser. »

 

Les copines au téléphone...

« - Si vous devez vous voir demain, vous ne pourriez pas attendre jusque-là ? Ça m'éviterait de payer des notes de téléphone astronomiques.

Les parents sont tous pareils : radins. Revenons à nos moutons. Jas me disait donc :

- Il m'a fait « A plus. »

- ça il peut le dire à n'importe qui. « A plus », ça peut juste vouloir dire « à plus » et rien d'autre.

Elle a été toute chamboulée.

- Tu crois que je ne lui plais pas, alors ?

Moi :

- J'ai pas dit ça. Il aurait pu ne jamais dire « à plus », sauf bien sûr s'il voulait dire « à plus ».

ça l'a ragaillardie.

- Alors tu penses que peut-être il a voulu dire « à plus » ?

- Oui.
Elle est restée silencieuse quelques secondes. Je l'entendais mâcher son chewing-gum-gum. Puis elle a remis ça :

- A ton avis, « à plus » c'est dans combien de temps ?»



Gallimard, 189 pages, 2002


Elles ont aimé...

Karine Cuné Cathulu,  Emilie et Clarabel qui vous propose de gagner le dernier tome.                                                                                


Bientôt... un film


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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 14:55



Uglies

Scott Westerfeld


Comme tout livre de SF qui se respecte, le monde que nous connaissons n'existe plus. L'époque où les plus beaux obtenaient les meilleurs emplois, de meilleures notes, une meilleure vie est révolue.


L'ère des anorexiques et des anti-rides s'est achevée pour laisser la place à une société manichéenne comprenant d'un côté les Uglies et d'un autre les Pretties. Dorénavant tout le monde est beau à partir de 16 ans. En attendant cet âge qui semble béni, vous n'êtes qu'un Uglies, c'est à dire rien.


Une lecture qui a tout du bon livre pour ados. Un sujet passionnant impliquant des castes, de l'injustice, une dose de complot sans oublier un petite pincée d'amour. Un bon format qui tient dans la main et une couverture attractive.


Au-delà de ces éléments commerciaux, Uglies propose une réflexion intéressante sur notre société conditionnée et un regard acéré sur les dérives de la chirurgie esthétique. Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour pouvoir nous faire accepter tels que nous ne sommes pas ? Une fable écologique et d'actualité qui mériterait une écriture (ou une traduction ?) un peu plus soignée.

 

Séduite, je me lance dans la suite avec curiosité.

 

Extrait

«- C'est vrai que la vie était tellement bien quand tout le monde était moche. Tu as oublié tes cours d'histoire ?

- Ouais, ouais, je sais, récita Shay. Chacun jugeait les autres selon leurs apparences. Les plus grands décrochaient les meilleurs boulots, et les gens votaient pour des politiciens uniquement parce qu'ils étaient un peu moins moches que les autres. Blablabla.

- Et les gens s'entretuaient pour de simples questions de couleur de peau. Alors, qu'est-ce que ça peut faire si tout le monde se ressemble ? C'est la seule manière de rendre les gens égaux.

- Il ne vaudrait mieux pas les rendre plus malins ? »


Ce qu'elles en ont pensé

Un coup de coeur pour  Fashion et Emmyne. Il vaut la peine d'être lu pour  Argantel  tant qu'à Freude, elle est maintenant fan.

 

Ce roman a obtenu le Grand Prix de l'imaginaire 2008 et le Prix du meilleur roman pour jeunes adultes de l'American Library 2006.

 

Pocket Jeunesse, 432 pages, 2007


A voir et à revoir



Le meilleur film réalisé à ce jour sur le sujet de l'élitisme et de l'eugénisme

Bienvenue à Gattaca

 

 

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Les lectures de Florinette
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 12:01




Les invités de l'île

Vonne van der Meer


Il y a comme ça des livres qui viennent à vous...


Un matin, avant de partir au travail, je note chez  Cathulu  l'annonce de la sortie en poche de la trilogie de la néerlandaise Vonne van der Meer. Le soir-même, je trouve les deux premiers volumes posés sur une table chez ma voisine.


C'est le roman d'une maison de vacances située sur une île. Chaque nouveau locataire détient un chapitre de l'histoire. La maison est la seule constante, stable, fixe, face à la mer. Les hôtes se succèdent avec leurs fêlures, leurs rêves brisés, leurs espoirs et leurs choix. Le livre d'or et son marque page improvisé leur serviront de guides improvisés.


J'ai découvert cette auteure avec grand plaisir. La lecture est cotonneuse, douillette comme un nid qui vous protège. Le titre se révèle juste : c'est l'île qui invite et non le contraire.


Une écriture et une couverture très belle pour un livre à savourer dans une ambiance feutrée, entouré de coussins, devant un feu de cheminée ou encore mieux à la plage, bercé par le bruit de vagues.


Extrait


« Si une communion des morts existe, peut-être existe-t-il aussi une communion des êtres souffrant de solitude. Des êtres qui vous tiennent compagnie si vous pensez à eux. Tandis qu'elle regardait par la fenêtre le ciel qui s'assombrissait, où ne perçaient plus que quelques traînées de lumière, elle eut l'impression que quelqu'un venait derrière elle et posait une main sur sa tête. Regardait par-dessus son épaule et tendait le doigt vers les premières étoiles, vers quelque chose qui était plus vieux que la douleur qu'elle ressentait. »


Une jolie façon de découvrir l'auteure

Un entretien de Vonne van der Meer avec son traducteur Daniel Cunin

 

 

Ce qu'elles en ont pensé

Papillon a été touchée,  Armande attend avec impatience la sortie en poche du troisième tome

Un coup de coeur pour Bellesahi, Un doux roman qui laisse un goût délicieux de sel selon Antigone                                                                               



10/18, Collection : Domaine étranger, 300 pages, 2007
Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 08:46



Le garçon en pyjama rayé

John Boyne


« Ces gens.... ce ne sont pas des gens »


La quatrième de couverture ne résume pas le livre « car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister. »


Je vais tenter de respecter cette démarche et d'en dire le moins possible. C'est une lecture puissante. Une de celles que l'on n'oublie pas.


« Il n'y a pas de bons soldats »


L'idée de transposer une des périodes les plus sombre de notre Histoire dans la compréhension d'un petit garçon de 9 ans relève du génie car ce qui ne semblait avoir aucun sens jusqu'ici devient alors ridiculement absurde. Les fondements du racisme sont purement et innocemment démontés sans que les conséquences en soient affaiblies.


On ne peut qu'être bouleversés en lisant l'incompréhension de Bruno devant le monde à l'état brut (brutes) qui l'entoure et terriblement touchés par la force de vérité de son ami portant sans cesse le même pyjama rayé.


« Tu es du mauvais côté de la barrière »


A lire, à offrir, à passer plus loin, pour susciter la discussion, pour parler de cette réalité, pour éviter qu'elle ne devienne trop floue.


Une lecture indispensable qui m'a offert une entrée en matière pour aborder le sujet avec ma fille de 9 ans. « Comment est-ce possible Maman ?, comment peut-on faire cela ? ».

Aucune réponse mais une alternative : un devoir de mémoire.

 

Elles ont toutes raison...

Un coup de coeur pour Clochette, à couper le souffle pour Sylvie, original, intelligent et efficace selon Ys,  Karine le trouve difficile d'accès pour les plus jeunes...                                            

 

 

Folio Junior, 204 pages, 2006



Le livre est devenu un film dont la sortie fut bien discrète (si elle a eu lieu ?), rattrapage en DVD dès le 12 août 2009


Par Theoma - Publié dans : Jeunesse - Communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /2009 16:00


 

La condition

Jennifer Haigh


« L'enfance était finie. Putain, quel soulagement »


L'histoire d'une famille.


Paulette, la mère au foyer qui élève ses enfants quasi seule. Une belle femme qui ne se voit pas comme telle et qui est incapable de se distancer de son éducation catholique. Prude, jalouse envers son mari qu'elle croit volage. Fusionnelle envers sa cadette mais comment pourrait-il en être autrement ? Comment peut-on voir sa fille devenir femme dans son corps de petite fille ?


Frank, le scientifique, le père maladroit, le mari amoureux de sa femme qu'il trouve si désirable. Celui qui n'a jamais été infidèle même si la principale intéressée croit le contraire. Un homme qui manque d'un certain courage et qui laisse la vie suivre son cours.


Billy, le fils aîné. Bel homme, intelligent, homo pas encore sorti du placard. Comment pourrait-il en être autrement quand sa famille écartelée a subi tellement d'épreuves ?


Scott, le second fils qui a décidé d'être second en tout. Celui qui recherche le sens de sa vie en planant.


Gwen, le personnage central du livre, la petite dernière qui restera toujours petite en raison du syndrome de Turner. Une femme secrète, butée et terriblement attachante.


C'est une douce lecture (un peu trop parfois à mon goût) qui donne matière à réflexion :


Les choses qui nous séparent sont-elle les mêmes qui nous réunissent ?


Peut-on accepter le bonheur de ses enfants quand on est soi-même malheureux ?


Handicap, orientations sexuelles, relations mère-fille / père-fils, Jennifer Haigh met en évidence avec finesse les non-dits qui tissent les relations familiales. A travers les années, on est agacé, on apprend à comprendre et finalement à apprécier ces personnages qui semblent n'avoir aucun contrôle sur leurs vies.



Ce qu'elles en ont pensé...

Une excellente histoire familiale selon Keisha que je remercie d'avoir fait voyagé ce livre.

Lily l'a trouvé un peu trop romanesque, une superbe saga familiale selon Cuné,
Cachou l'a trouvé parfait pour l'été mais un peu ennuyeux, Amanda a été touchée et agacée à la fois, Une grande justesse psychologique pour Cathulupour Sylire, c'est une saga intéressante mais caricaturale,  pour Lou, il rend parfaitement compte de la complexité des rapports humains et Schlabaya le recommande.


Ce livre reprend dès maintenant son voyage vers Stephie, Cécile, ...

 

Michel Lafon, 416 pages, 2009






Si vous avez aimé et vice versa...

Nous étions les Mulvaney de Joce Carol Oates



Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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