A tous les participantes et participants,
merci de me donner les liens vers vos billets d'ici le 17 janvier 2012.
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En 2011, j'ai partagé avec vous 169 lectures...
Carnets Intimes – Sylvia Plath
Hunger games, tome 3 – Suzanne Collins
Hymnes à la haine – Dorothy Parker
La couleur des sentiments – Kathryn Stockett
Le chagrin du roi mort – Jean-Claude Mourlevat
Les femmes du braconnier – Claude Pujade-Renaud
Les larmes de l'assassin – Thierry Murat
Pourquoi j'ai tué Pierre – Olivier Ka, Alfred
Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer
Questions de dessin – Edmond Baudoin
Rouge Bala - Cécile Roumiguière, Justine Brax
Un autre amour – Kate O'Riordan
Anne... La Maison aux pignons verts – Lucy Maud Montgomery
Au cœur du cœur – Andrée Chedid
Azilis, L'épée de la liberté – Valérie Guinot
Azilis, tomes 2 et 3 – Guinot Valérie
Charlie et la chocolaterie, le grand livre pop-up – Roald Dahl
Comédie sentimentale pornographique – Jimmy Beaulieu
Elle ne pleure pas, elle chante – Corbeyran & Thierry Murat
Eona et le collier des dieux – Alison Goodman
Esthétique et filatures - Mandel, Tanxxx
Faire semblant c'est mentir – Dominique Goblet
Fragments de bleu - Catherine Leblanc
Fraise et chocolat, tomes 1 et 2 – Aurélia Aurita
Groenland Manhattan – Chloé Cruchaudet
Gruffalo + Petit Gruffalo – Julia Donaldson, Axel Scheffler
Je cherche un livre pour enfant – Sophie Van der Linden
Je veux un bébé / Faites des gosses – Lynda Corazza
Journal d'un album – Dupuy et Berberian
Journal d'une bipolaire – Émilie Guillon, Patrice Guillon, Sébastien Samson
L'île au poulailler, tomes 1 et 2 - Laureline Mattiussi
L'invitation – Jim, Dominique Mermoux
L'oiseau Canadèche – Jim Dodge
La délicatesse – David Foenkinos
La mauvaise habitude d'être soi – Martin Page, Quentin Faucompré
La promesse de l'aube – Romain Gary
La septième vague – Daniel Glattauer
La Ville des voleurs – David Benioff
Le b.a.-ba, la vie sans savoir lire – Bertrand Guillot
Le carnaval des animaux – Camille Saint-Saëns
Le caveau de la famille – Katarina Mazetti
Le Clan des Otori, I – Lian Hearn
Le Combat ordinaire, tomes 1 à 4 – Manu Larcenet
Le déjeuner de la nostalgie – Anne Tyler
Le Fantôme de l'Opéra – Christophe Gaultier
Le gang de la clef à molette – Edward Abbey
Le premier qui pleure a perdu – Sherman Alexie
Le trône de fer, intégrale 2 – George RR Martin
Le trône de fer, intégrale 3 – George RR Martin
Le trône de fer, l'intégrale 1 – George RR Martin
Légendes de La Garde, Automne 1152, Hiver 1152 – David Petersen
Les 15 plus beaux contes pour les enfants – Tony Ross
Les cahiers ukrainiens - Igort
Les lieux infidèles – Tana French
Les Raisons du cœur – Mary Wesley
Les vestiges du jour – Kazuo Ishiguro
Lulu femme nue, tomes 1 et 2 – Étienne Davodeau
Ma circoncision – Riad Sattouf
Manuel du puceau - Riad Sattouf
Mariée par correspondance – Mark Kalesniko
Nord et Sud – Elizabeth Gaskell
Nos étoiles ont filé – Anne-Marie Revol
Oh ! L'espace, Oh ! Le corps humain
Olympe de Gouges, Non à la discrimination des femmes – Elsa Solal
Paul..., tomes 1 à 6 – Michel Rabagliati
Pico Love – Alexis Dormal, Dominique Roques
Pilules bleues – Frederik Peeters
Poulet aux prunes – Marjane Satrapi
Premières fois – Sybilline - Collectif
Quand tu es parti – Maggie O'Farrell
Quelques jours ensemble – Mongermton, Alcante
Rien ne s'oppose à la nuit – de Vigan Delphine
Shakespeare Antibiographie – Bill Bryson
Soldat Peaceful – Michael Morpugo
Terrienne – Jean-Claude Mourlevat
Un américain en balade – Craig Thompson
Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher
Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie ! - Camille Jourdy
Vivi des Vosges – Aurélia Aurita, Frédéric Boilet
Will & Will – John Green, David Levithan
1001 secrets érotiques / Osez... pimentez la sexualité de votre couple – Marc Dannam
Avis de tempête – Susan Fletcher
Des vies d'oiseaux – Véronique Ovaldé
Dis oui, Ninon – Maud Lethielleux
Du domaine des murmures – Carole Martinez
Fièvre faë– Karen Marie Moning
Fièvre fatale – Karen Marie Moning
Fièvre noire – Karen Marie Moning
Fièvre rouge – Karen Marie Moning
L'amour, mode d'emploi – William Nicholson
La Confrérie de la Dague noire, tomes 1 à 5 - JR Ward
La fille invisible - Émilie Villeneuve, Julie Rocheleau
La guerre du bruit, Le chaos en marche 3 – Patrick Ness
La terre des mensonges – Anne B. Radge
Le goût des pépins de pomme – Katharina Hagena
Les 25 plus belles histoires de Noël
Les insurrections singulières – Jeanne Benameur
Les malheurs de Millie Plume – Jacqueline Wilson
Les souvenirs – David Foenkinos
Mary Ann en automne – Armistead Maupin
Mémoires d'un guerrier – Jean-Louis Marco
Mercy Thomspon, tomes 1 à 5 – Patricia Briggs
Moi, Sampat Pal : chef de gang en sari rose
Nightshade, La lune de sang – Andrea Cremer
Poèmes – Jean Tardieu / Poèmes – Max Jacob
Prodigieuses créatures – Tracy Chevalier
Quand Grand-mère revenait... - Anne Rouvière, Eric Battut
Retour au collège - Riad Sattouf
Rose Sainte-Nitouche – Mary Wesley
Saba Ange de la Mort, tome 1 – Moira Young
Saison de lumière – Francesca Kay
Toi et moi à jamais – Ann Brashares
Zombillenium, tome 1 – Arthur de Pins
Bal de Givre à New York – Fabrice Colin
C'est ici que l'on se quitte – Jonathan Tropper
L'oiseau de mauvais augure – Camilla Läckberg
Liens
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1.
2.
Et vous ?
Le titre n'est pas justifié, il s'agit évidemment des 25 plus belles histoires de Noël du catalogue Gallimard Jeunesse. Ce genre de recueil comporte des avantages comme des inconvénients.
La qualité des histoires peut être inégale et la mise en page est parfois maladroite (il s'agit ici de caser plusieurs albums jeunesse en un seul ouvrage).
Cependant, le fait d'avoir entre les mains un concentré de Noël est bien pratique. Les chansons de saison font de jolies liaisons et l'on découvre des titres que l'on n'aurait pas forcément acheté ou emprunté à la bibliothèque.
La couverture molletonnée offre un bel emballage doré, effet garanti !
Gallimard, 146
pages, 2011
Deux albums de Noël incontournables...
Pour la découverte, merci aux Éditions Gallimard Jeunesse !
Voilà un album qui aurait pu tourner à la catastrophe. Le sujet, glissant, aurait pu faire peur ou inciter ses auteurs à la démagogie et à la facilité.
Un pauvre type, le genre irrécupérable, découvre qu'il est père d'un adolescent atteint de progéria, cette terrible maladie qui fait vieillir avant l'âge. A partir de cette entrée en matière, comment développer un récit exempt de clichés et en évitant les nombreux écueils ?
Pari réussi ! Quelques jours ensemble est une fable moderne sur le temps qui passe, ce qui nous rend fondamentalement humains, ce qui nous relie. Sobre, efficace, sincère et émouvant, j'ai refermé cet album emplie d'une belle émotion.
Une jolie surprise aux couleurs pastels à découvrir.
Dupuis, 79 pages, 2008
Les auteurs...
« Un jour, tu te demanderas s'il est possible de me détester plus. »
La fin du précédent opus m'avait plongé dans un grand désarroi. Les descriptions très crues du drame de Mac m'ont fait courir, fébrile, jusqu'à mon étagère pour me procurer le tome 4 de cette saga aux allures de Buffy contre les vampires.
Barrons, comme à son habitude, saura trouver le remède inédit pour sortir Mac de l'enfer. Et en enfer, il fait chaud, très chaud. Lectrice, ta patience est largement récompensée. Ce tome est le meilleur (cause à effet, peut-être).
L'intrigue est haletante jusqu'à la fin. La frustration est à son comble : peut-on en apprendre un peu plus sur Barrons excepté le fait qu'il est très bien pourvu de sa personne, car ça, on s'en doutait...
J'ai lu, 597 pages, 2010
A lire...
Une bonne saga que je n'aurais jamais daigné ouvrir sans... Cuné!
Le 20 décembre
Chers Emmi et Leo,
J'ai tardé à vous écrire. J'ai eu le temps de relire Quand souffle le vent du nord et La septième vague. Deux fois. Ce sont des livres doudous, ceux que l'on garde sur sa table de nuit, ceux que l'on se réserve quand le vent, dehors, souffle trop fort.
La lecture de la suite de vos aventures m'a rendue insomniaque. J'ai eu peur pour vous. J'ai dévoré les pages à une vitesse qui devrait être illégale et j'ai atteint un tel seuil d'adrénaline que je me suis retrouvée à 3 heures du matin en train de danser toute seule dans mon salon. Véridique.
Ce second opus a divisé les lecteurs. Certains l'ont trouvé vain. Il m'a fait du bien. Et il continuera à m'en faire.
Bien à vous,
Theoma
28 minutes plus tard
Theoma (décidément quel nom ridicule !)
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour mon précédent message. Après en avoir discuté avec Leo, je comprends maintenant un peu mieux votre engouement même si je le trouve un peu malsain.
Avez-vous une vie ? Quelqu'un qui prend soin de vous ? N'avez-vous pas peur que l'on vous retrouve morte dans votre appartement, telle une vieille fille à lunettes, entourée de livres poussiéreux ? Sortez ! Laissez tomber vos livres ! Vivez votre vie ! Et arrêter de faire la groupie, ça devient gênant.
Cordialement,
Emma Rothner
32 minutes plus tard
Chère Theoma,
J'ai été ravi d'apprendre que La septième vague ne vous a pas déçu. Je suis très fier de ce second tome et des suivants ;-)
Ne tenez pas compte du mail rothnerien d'aujourd'hui et continuez à vous exprimer sur ce que vous ressentez. J'apprécie cette qualité.
Bien à vous,
Leo Leike
Grasset, 352 pages, 2011
A lire
Pour la découverte, merci Cuné !
« Modulation splendide de la douleur, le chant recoud ce que le cri déchire. »
J'aurais voulu être emportée par cette histoire au puissant potentiel. Celle d'Escarmonde qui pour être une femme libre s'enferme dans une cellule sacrée avant de se couper l'oreille.
Oui, j'aurais voulu vibrer pour elle, pour toutes les femmes qui se ne possèdent pas le luxe de choisir. Je me suis ennuyée. Terriblement. J'ai eu le sentiment de lire un documentaire, certes bien construit, sur la vie de quelques femmes au Moyen-Age.
Un rendez-vous manqué. Tant pis. Je chéris le souvenir du Coeur cousu.
Gallimard, 208 pages, 2011
Prix Goncourt des lycéens 2011
Extrait
« Car ce château n’est pas seulement de pierres blanches entassées sagement les unes sur les autres, ni même de mots écrits quelque part en un livre ou de feuilles volantes disséminées de-ci de-là comme graines, ce château n’est pas de paroles déclamées sur le théâtre par un artiste qui userait de sa belle voix posée et de son corps entier comme d’un instrument d’ivoire.
Non, ce lieu est tissé de murmures, de filets de voix entrelacées et si vieilles qu’il faut tendre l’oreille pour les percevoir. Des mots jamais inscrits, mais noués les uns aux autres et qui s’étirent en un chuintement doux. »
La bibli des deux ânes – Monica Brown
Un conte émouvant en hommage à Luis Soriano Bohorquez, bibliothécaire bénévole qui, depuis plus de vingt ans, arpente les montagnes de Colombie pour partager ses livres avec les enfants. Un coup de cœur.
A-A-A-A-Atchoum ! - Philip C. Stead
Un dessin délicieusement vintage, une histoire attachante sur l'amitié.
Les p'tits mecs - Manuela Olten
Ils n'aiment pas les filles, normal ! Ça aime le rose et ça pleure tout le temps !
Savoureux !
Le tapis en peau de tigre - Gerald Rose
Il a faim, il est miteux alors qu'il aimerait être choyé et aimé...
Un conte dépaysant plein de fraîcheur.
Le Festin de Noël - Nathalie Dargent
Renard a volé Dame Dinde pour son festin de Noël. Mangera bien qui mangera le dernier...
Illustré par Magali Le Huche, un régal d'humour !
A quoi tu joues ? - Marie-Sabine Roger
Tout le talent de cette auteure au service d'une réflexion pleine d'humour sur le genre.
Un livre à rabats à ne pas manquer !
Le grand papa et sa toute petite fille - Samuel Ribeyron
Quand on est grand, même immense, il est logique d'avoir une fille qui touche les nuages. La vie, c'est souvent pas comme on l'imaginait. Un grand format qui rend hommage aux sublimes illustrations.
Un peu perdu - Chris Haughton
Bébé chouette pleure. Il est tombé du nid. Heureusement Écureuil va l'aider à retrouver sa maman. Seulement... Écureuil ne voit pas du tout à quoi elle ressemble. Drôlissime !
Blanche - Nathalie Choux
Une histoire onirique, un album original grâce à l'univers unique de Nathalie Choux.
Pomelo et les contraires - Benjamin Chaud
Tous les Pomelo sont à découvrir ! Celui-ci est particulièrement réussi.
Poétique et extrêmement attachant.
Les oiseaux - Germano Zullo
De la poésie également dans ce petit bijou.
Vous ne verrez plus jamais une camionnette rouge de la même façon.
Les aventures d'Asdiwal : L'Indien qui avait faim tout le temps - Jean-Patrick Manchette
Pour les fans de l'auteur qui a écrit cette histoire pour son fils.
Un conte déjanté à la morale atypique.
Visite au zoo - Pittau et Gervais
Un album grand format pour une exploration du monde animal.
Suivez le fil et découvrez votre animal préféré !
Un livre - Hervé Tullet
J'en parlais ici. Je le répète, c'est un INDISPENSABLE.
Existe en application Iphone et Ipad. Un régal !
La nuit de l'enchanteur, tome 2
Vous le savez, je suis profondément lassée des triangulations amoureuses, qui foisonnent tout particulièrement dans la littérature pour ados. Véronique Guinot transcende le genre en démontrant que l'amour ne se partage pas, il se multiplie.
Les personnages s'affirment et gagnent en maturité. De nouvelles quêtes les attendent et elles ne permettront pas aux lecteurs de trouver la paix avant le dénouement final.
Rageot, 377 pages, 2009

Le sortilège du vent, tome 3
Véronique Guinot termine sa sublime épopée romanesque avec brio. Elle ose maltraiter le lecteur et des personnages en nous offrant une fresque prodigieuse aux nombreux rebondissements.
Azilis, Niniane, héroïne solaire et complexe de cette intense trilogie, est tout simplement inoubliable. Un fascinant plongeon dans l'Antiquité. Une trilogie jeunesse, hélas méconnue (les couvertures n'aident pas !) à mettre entre toutes les mains.
Rageot, 408
pages, 2010
+ Liens
Pour feuilleter les premières pages
Interview de l'auteur par Bladelor, merci pour la découverte !
Les avis de enthousiastes de Leiloona, Clarabel, Karine, Alwenn, Yueyin... Ceux bien plus modérés de Fashion et Cécile...
« - Quand tu seras...
Il regarda autour de lui avec un peu de gêne, conscient sans doute de sa naïveté, mais incapable de se dominer.
- Quand tu seras... tout ce que ta mère a dit.
Je l'observais attentivement. La boîte de rahat-lokoums était à peine entamée. Je devinais instinctivement que je n'y avais droit qu'en raison de l'avenir éblouissant que ma mère m'avait prédit.
- Je serai ambassadeur de France, dis-je, avec aplomb.
- Prends encore un rahat-lokoum, dit M. Piekielny, en poussant la boîte de mon côté.
Je me servis. Il toussa légèrement.
- Les mères sentent ces choses-là, dit-il. Peut-être même écriras-tu dans les journaux, ou des livres...
Il se pencha vers moi et me mit une main sur le genou. Il baissa la voix.
- Eh bien ! Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire...
Une flamme d'ambition insensée brilla soudain dans les yeux de la souris.
- Promets-moi de leur dire : au no 16 de la rue Grande-Poulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny...
Son regard était plongé dans le mien avec une muette supplication. Sa main était posée sur mon genou. Je mangeais mon rahat-lokoum, en le fixant gravement.
A la fin de la guerre, en Angleterre, où j'étais venu continuer la lutte quatre ans auparavant, Sa Majesté la Reine Elizabeth, mère de la souveraine actuelle, passait mon escadrille en revue sur le terrain de Hartford Bridge. J'étais figé au garde-à-vous avec mon équipage, à côté de mon avion. La reine s'arrêta devant moi et, avec ce bon sourire qui l'avait rendue si justement populaire, me demanda de quelle région de la France j'étaits originaire. Je répondis, avec tact « de Nice », afin de ne pas compliquer les choses pour Sa Gracieuse Majesté. Et puis... ce fut plus fort que moi. Je crus presque voir le petit homme s'agiter et gesticuler, frapper du pied et s'arracher les poils de sa barbiche, essayant de se rappeler à mon attention. Je tentai de me retenir, mais les mots montèrent tout seuls à mes lèvres et, décidé à réaliser le rêve fou d'une souris, j'annonçai à la reine, à haute et intelligible voix :
- Au no 16 de la rue Grande-Poulanka, à Wilno, habitait un certain M. Piekielny...
Sa Majesté inclina gracieusement la tête et continua la revue. Le commandant de l'escadrille « Lorraine », mon cher Henri de Rancourt, me jeta au passage un regard venimeux. Mais quoi : j'avais gagné mon rahat-lokoum.
Aujourd'hui, la gentille souris de Wilno a depuis longtemps terminé sa minuscule existence dans les fours crématoires des nazis, en compagnie de quelques autres millions de Juifs d'Europe.
Je continue cependant à m'acquitter scrupuleusement de ma promesse, au gré de mes rencontres avec les grands de ce monde. Des estrades de l'ONU à l'Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l'Élysée, devant Charles de Gaulle et Vinchinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n'ai jamais manqué de mentionner l'existence du petit homme et j'ai même eu la joie de pouvoir annoncer plus d'une fois, sur les vastes réseaux de la télévision américaine, devant des dizaine de millions de spectateurs, qu'au no 16 de la rue Grande-Poulanka, à Wilno, habitait un certain M. Piekielny, Dieu ait son âme.
Mais enfin, ce qui est fait est fait, et les os du petit homme transformés à la sortie du four en savon, ont depuis longtemps servi à satisfaire les besoins de propreté des nazis. »
Billet ici
« Ce que je veux dire, c'est qu'elle avait des yeux où il faisait si bon vivre
que je n'ai jamais su où aller depuis. »
En lisant Romain Gary, une pensée me vient soudain : ah ! C'est donc cela écrire. La maîtrise narrative est parfaite. Parfois, la perfection bloque toute émotion. Rien ne transperce. On est loin de ce cas de figure avec La promesse de l'aube.
La promesse de l'aube. J'ancre le titre dans mon esprit. Tout est suggéré, rien n'est dit. Romain Gary expose à la lumière ses failles et met en scène une fresque romanesque de sa vie. Il assemble morceaux par morceaux. Des anecdotes puissantes aux leçons tirées des tragédies. Le tout est un patchwork immense et solaire. Une onde de choc.
L'humour est ravageur, la plume implacable. Déterminé, résolu mais aussi résigné, Romain Gary signe ici une référence sur l'écriture à la mère, à l'enfance. Un classique. Un grand livre.
Gallimard, 489 pages, 2009
Sublime...
« Y aura jamais une autre femme pour t'aimer comme elle, dans la vie. C'était sûr. Mais je ne le savais pas. Ce fut seulement aux abords de la quarantaine que je commençais à comprendre. Il n'est pas bon d'être aimé si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre coup et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous les côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison de la comparaison et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.
Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. »
« L'humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la suprématie de l'homme sur ce qui lui arrive. »
« Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. »
Lu aussi par...
Zarline, A girl from earth, Alex, Maggie, Sylvie...
D'autres lectures sur la mère...
Le livre de ma mère – Albert Cohen
Fait rare pour être souligné comme par exemple la reprise de Damien Rice, j'en parlais ici, qui revisite One dans le disque U2 cover.
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