Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /2010 05:56

 

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« Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ? »

 

Deux hommes. L'un vient de perdre sa femme d'un cancer, l'autre vit dans un jeu vidéo. Deux femmes. L'une a vendu son corps pour survivre, l'autre noie sa déchéance dans l'alcool. Quatre chemins de bras cassés qui se croisent et se décroisent...

 

La plume de Rosa Montero est décapante et badine. La lecture est parfois glauque, souvent tragique. Le lecteur s'enfonce dans la noirceur du monde mais en ressort avec l'espoir plus ancré. La vie est souvent plus forte que la valeur qu'on lui donne.

 

Des naufragés à la recherche du bonheur et pas de recettes miracles pour sauver le monde. Des petits cailloux semés ici et là pour le lecteur qui souhaite les voir. Une belle surprise.

 

4--toiles-copie-1.gif Métailié, 269 pages, 2010

 

livre-voyageur-copie-1.gif Un livre voyageur de Keisha que je remercie pour cette jolie découverte.


Un extrait...

« Aussi, quand elle regardait maintenant en arrière et se remémorait son passé, elle ne se souvenait plus de ses péripéties singulières, ne s’arrêtait pas sur les détails, mais visualisait les meilleures années de sa vie, sa période de bonheur avant la chute, comme un crépitement de protons et de neutrons, une merveilleuse danse d’énergie, une joyeuse barque de lumière aveuglante qui tanguait sur une mer d’obscurité sans savoir encore la fureur des tempêtes qui l’attendaient. Quel soulagement de pouvoir redevenir juste et rien qu’une poignée d’atomes, infiniment petits, infiniment durables, infiniment prodigieux. »

 

Les avis de...

Keisha, Cuné, Yv, Cecile, SL, Pagesapages...


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /2010 01:57

 

Un billet rédigé par Mlle T, 10 ans.

 

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« Avant de partir, Jack se perdit dans les yeux sombres de Victoria,

ils étaient tellement beaux qu'il s'y perdit à l'intérieur. »

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Idhun est un monde fantastique peuplé de créatures qui, pour nous, sont des légendes.  Un jour, Ashran, le nécromancien prend le pouvoir.

 

J'ai beaucoup aimé que ce livre soit sur des créatures comme les licornes, les dragons, les serpents volants... Certaines phrases sont vraiment très belles. Il y a de l'action, de l'amour et de l'aventure.

 

La fin m'a surprise parce que je ne savais pas qu'un tome deux était en route. Je l'attends avec impatience !!

 

Bayard Jeunesse, 515 pages, 2010

 

Un grand merci à Charlotte et à Bayard Jeunesse pour l'envoi du superbe coffret collector !


Par Theoma - Publié dans : Jeunesse - Communauté : Livre parcours
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Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /2010 06:00

 

En Irlande, on trouve toujours l'inspiration.

Les falaises, le vent, le brouillard, la pluie, un rayon de soleil, la générosité du peuple et la mer au centre de tout. 

 

 

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Euh... une station balnéaire en Irlande ??

Oui, Dunmore East la minuscule, se cache du vent et des touristes.

 

 

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Des couleurs contrastées, un paysage brut et sauvage.

 

 

 

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La péninsule de Dingle. Rude, abrupte, puissante, magnifique.

 

 

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Le brouillard descend pour bientôt tout recouvrir.

 


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Par Theoma - Publié dans : Balades au gré du vent - Communauté : Photo-Nature
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 05:00

 

des-fleurs-pour-algernon.jpg « On pourrait dire que Charlie Gordon n'existait pas réellement avant cette expérience... »

 

Charlie est un retardé mental. Il travail dans une boulangerie avec ses collègues et amis. Hier et demain ne semble pas exister. Il se concentre sur le moment présent. Doux rêveur, c'est un imbécile heureux.

 

Sélectionné pour une opération expérimentale dont le but est d'élever son QI, Charlie devient non seulement intelligent mais surdoué. A l'instar d'un sourd qui soudainement entend, le monde s'avère bruyant et malgré tout, dénué de sens.

 

La pensée est alors effervescente, les souvenirs reviennent peu à peu, ceux d'une enfance ténébreuse et d'une mère maltraitante face à l'incapacité de faire le deuil d'un enfant parfait. Les amis ne sont pas ceux que l'on croit, Charlie, dans les deux extrémités, est seul.

 

Et puis, il y a ceux qui se sentaient valorisés devant un être inférieur pour qui la situation inverse est devenue insupportable. Et quand l'élève dépasse ses maîtres, les médecins qui affirment l'avoir créé, se sentent humiliés.

 

Si l'écriture de Daniel Keyes n'est pas exceptionnelle, le sujet est traité avec une grande éloquence. Les sentiments de Charlie sont magistralement repérés : son identification naturelle à Algernon, souris de laboratoire, sa frustration de ne pas comprendre, sa désolation devant les réminiscences de son passé, ses projections dans l'avenir, sa rage contre un dénouement inéluctable, son cri au monde : avant, pendant et après l'opération, Charlie Gordon est, avant tout, un être humain.

 

Des fleurs pour Algernon est aussi une satire visionnaire sur les dérives de la médecine et le regard de notre société sur la définition de l'intelligence ainsi que celle de l'amitié. Sans manichéisme ni démagogie, l'auteur nous démontre que la valeur de l'intellect est caduque sans ce que l'on pourrait nommer l'esprit du cœur. L'intelligence des émotions ne s'acquiert pas dans les livres et Charlie démontrera à quel point elle est supérieure à n'importe lequel des quotients intellectuels.

 

4--toiles-copie-1.gif J'ai lu, 252 pages, 2001

 

Prix Hugo 1960, meilleure nouvelle

Prix Nebula 1966, meilleur roman

 

Lu dans le cadre...

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Merci à Bouh pour cette découverte.

 

 

 

 

 

 

Elles l'ont également lu pour le challenge...

5/5 pour Lael selon qui : « La réflexion sur la notion d'intelligence, sur l'humanité est ici maîtrisée avec originalité et émotions, d'autant plus que la science-fiction est un genre qui se prête à ce type de philosophie : qu'est-ce que l'être humain ? »


Ryuchan : « vraiment à lire. C'est de la vraie SF des premiers temps, comme j'aime, qui fait réfléchir... »


Tortoise :« un roman très intéressant et poignant ».

 

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Par Theoma - Publié dans : Fantasy/SF - Communauté : ~ Au Fil du Temps ~
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 06:46

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Claire est la fille de François Mauriac. Durant et après la guerre, elle travaille pour la Croix-Rouge. En mission à Berlin, elle rencontre un prince russe déchu...

 

La démarche de l'auteur, la fille de Claire, est honorable. Raconter l'histoire de ses parents, leur rencontre, sa naissance exige de puiser au cœur de l'intime au risque de se perdre dans les émotions ou les secrets. Si seulement cela avait été le cas !

 

L'écriture est sobre, nette mais malheureusement terne et monotone. Même les lettres de Claire à sa mère ne m'ont pas empêchée de profondément m'ennuyer. Les faits sont disposés à la suite, sans relief et tout en répétition.

 

Parfois, il faut savoir donner une seconde chance à un roman. C'est pourquoi, j'ai mis ma lecture en suspens en faveur d'une autre. En la reprenant, le manque de passion et d'émotions m'a particulièrement frappée. Il ne me semble pas que le sujet en soit la cause. Il serait, à mon sens, erroné de croire en la simplicité de l'écriture. La plume est plate et sans saveur. Une déception.

 

2--toiles.gif Gallimard, 247 pages, 2009

 

Lu dans le cadre du...

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Un coup de cœur de Clarabel

(c'est pas grave, on ne peut pas gagner à tous les coups ;-) 

 

 

 

 

 

Elles ont aimé...

Aproposdelivres, Anne, Sylire, Malice, Cathe, Gambadou

 

Ils sont déçus...

Emmyne, Antoine, Aurore, Lilly, Noann, ICB, Brize

 

Interview de l'auteure

 


Par Theoma - Publié dans : Romans français - Communauté : Litterature
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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 05:21

 

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La famille de William, 10 ans, quitte Londres pour s'installer dans un petit village italien. Nous sommes en 1906, le père de William rêve de révolutionner le monde de la pêche alors que son fils n'a déjà plus qu'une seule idée en tête ; revoir la mystérieuse fille qui avait prédit son arrivée.

 

Une bande dessinée à la hauteur de son très beau titre. Un charme fou, poétique, une histoire mystérieuse, un style épuré, une belle originalité. Le dessin est d'une grande force et le regard du narrateur, William, est touchant d'innocence et de justesse. Des flashback maîtrisés nous maintiennent en haleine alors que la vérité du dessin nous donne l'illusion de vivre réellement dans ce village de pêcheurs du bord de l'Italie.

 

Le second opus nous désarçonne en nous faisant faire un bond de vingt ans. Les enfants sont devenus grands mais les fantômes de leur enfance planent autour d'eux tels des vautours qui attendent la fin imminente de leurs proies. Le lecteur est alors emmené dans une quête, on nous balade sans nous indiquer la destination. L'expérience est délicieusement déstabilisante et le dénouement imprévisible. Un beau conte servi par des images puissantes.

 

4--toiles-copie-2.gif Où le regard ne porte pas, tome 1 : Dargaud, 96 pages, 2004

4--toiles-copie-2.gif Où le regard ne porte pas, tome 2 : Dargaud, 98 pages, 2004

 

L'avis de Morue la fée

 

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Par Theoma - Publié dans : BD - Communauté : Bibliophile et bédéphile
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 21:30

 

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Je l'ai clamé haut et fort ! J'avais un billet pour aller voir le 7 juillet dernier Regina Spektor et Ben Harper au renommé festival de jazz de Montreux. Un moment de détente bienvenu après une journée de tristesse dédiée à un ami très cher, Cédric, qui aurait eu 36 ans ce même jour s'il n'en avait pas « décidé » autrement.

 

20h15, Regina arrive sur scène avec ses deux musiciens. Elle tente de parler... elle ne semble pas trouver les mots. Je pense qu'elle est émue par l'accueil du public, par ce lieu mythique. Soudain, j'aperçois une place vide sur scène sous les projecteurs. L'artiste, d'une voix à peine perceptible nous explique :

 

«Mes amis, mes bons amis, Dan est mort hier à Montreux. Mon cher Dan, qui voulait tant jouer pour vous ce soir. Ce concert, nous le lui dédions, lui qui n’avait que deux amours: sa famille et la musique…»

 

Le public est sous le choc. Le lien se fait dans nos têtes. Le touriste américain qui s'est noyé la veille dans le lac Léman n'est autre que Daniel Cho, trente ans, violoncelliste et directeur artistique de Regina Spektor. Il n'en fallait pas plus pour ouvrir les vannes. Je pleure avec elle un ami perdu.

 

Les morceaux les plus tristes de son répertoire sont chantés par une femme en larmes complètement anéantie. Cette expression d'incompréhension, de désespoir et de colère était et sera encore la mienne, la vôtre et la sienne.

 

Au milieu du concert, les deux musiciens s'effondrent. L'un deux chante l'air préféré de son collègue et ami. Après les étranges rappels, Regina continue seule au piano. Elle souffre, elle craque, la peine inonde tout. Je suis de plus en plus mal à l'aise. J'ai envie de monter sur scène pour lui dire d'arrêter d'essayer de chanter, qu'elle se donne le droit de pleurer, de crier. J'ai envie de partir. Elle au moins a eu la bonne idée de ne pas se maquiller. Je sais, ce n'est pas drôle (mais vous n'avez pas vu ma tête...)

 

Au dernier salut, je quitte la salle épuisée et mitigée. Si je respecte le courageux choix d'avoir voulu chanter malgré tout afin d'honorer la mémoire de Daniel Cho, je ressors encore plus mal qu'en entrant. Même si la voix est magnifique et que la personne semble belle, même si j'ai encore plus envie d'assister à un de ses « vrais » concert, je me demande si ce choix était le bon. J'ai eu le terrible sentiment d'être une voyeuse, d'assister à un évènement des plus intimes, non pas un concert mais un enterrement, celui d'une personne que je ne connaissais pas.

 

J'ai eu la sensation d'être l'otage d'une cérénomie funèbre. Je sais que rien n'était calculé et que l'initiative partait d'une bonne intention mais chanter exigeait de cette artiste exceptionnelle bien trop de souffrance. Égoïstement, je lui en voudrais presque de m'avoir fait partager cette peine. Je n'en avais pas besoin.

 

La vie était bien triste ce 7 juillet.

 

Par Theoma - Publié dans : J'écoute en ce moment - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 08:33

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 « Chaque être humain traverse une phase critique lors de laquelle il se comporte en connard fini – à l’exception notable des connards à temps plein, les connards professionnels. »

 

Philomena vit dans l'eau. Après un deuil, puis deux, elle nagera de plus en plus vite pour atteindre l'excellence.

 

Hors norme, éclatant, d'une maîtrise exceptionnelle, Nage libre est un roman qui ne se raconte pas, il se lit. Au fil des pages, j'ai dû me faire violence pour assimiler le fait que Nicola Keegan signe ici son premier roman.

 

Il m'est impossible d'en dire plus... Puissant, frémissant, dense, avec parfois un contrôle de l'émotion qui m'a dérangée, Nage libre est tout simplement époustouflant.

 

4--toiles-copie-1.gif Éditions de l'Olivier, 424 pages, 2010

 

Un extrait...

« En définitive, nous nous figeons tous, sans exception ; nous nous figeons de différentes manières, à différents moments, pour différentes raisons. Certains survivent à la guerre pour se figer à la caisse d'un supermarché dans une file d'attente qui dure une minute de trop ; d'autres se figent quand il se voient pour la première fois et ne dégèlent qu'au seuil de la mort ; d'autres encore se figent à leur insu, sans comprendre pourquoi : d'aucuns se figent puis dégèlent pour mieux se re-figer ; certains se figent juste une fois et restent gelés pour l'éternité. Être humains, c'est un vrai calvaire ».

 

Elles en parlent magnifiquement...

Cuné, Amanda, Cathulu, Fashion 

 

challenge premier roman

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /2010 06:38

 

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« Je ne crois pas que le temps guérisse les blessures. Je ne veux pas qu'il guérisse quoi que ce soit. Si je guéris, n'est-ce pas la preuve que j'ai accepté le monde sans elle ? »

 

Bailey, 19 ans, vient de mourir. Lennie, sa sœur, en crève. Bailey était l'aînée, celle qui guide, console, qui sait. Comment vivre sans elle et surtout comment s'autoriser à être heureuse ?

 

Un bandeau rouge pour attirer le lecteur, Le ciel est partout serait l'histoire d'amour de l'année. Ce genre de déclarations a tendance à me faire fuir et, à mon sens, dessert souvent un livre. Sans oublier les petits cœurs sur la jolie couverture adolescente, autant dire que je suis loin de représenter le public cible.

 

Le premier roman de Jandy Nelson n'est pas la lecture de l'année, d'ailleurs tel n'est pas son but, mais une petite bulle de douceur, un caramel qui fond bien trop vite. J'ai beaucoup aimé la mise en page, très originale, mettant en valeur les billets rédigés par Lennie, autant de bouteilles jetées à la mer, autant de cailloux semés pour retrouver son chemin.

 

Les différentes manières d'affronter le deuil, la naissance des papillons dans le ventre, ceux du désir de l'autre, de percer le secret de l'intime et de se découvrir femme. Le premier amour et la culpabilité qu'il engendre vis à vis de ceux que nous aimons et qui ne connaissent pas ce bonheur. La relation à sa grand-mère, celle qui nous aime, nous chérit, nous pardonne. L'insidieuse loyauté familiale qui se glisse imperceptiblement et nous fait croire que des rêves sont les nôtres alors qu'ils sont ceux de l'autre.

 

Tendre, rêveur, une lecture parfaite à emporter dans sa valise pour l'été.

 

4--toiles-copie-1.gif Gallimard jeunesse, 331 pages, 2010

 

Heathcliff bandait-il ?

« Il me touche de manière amicale, fraternelle, lorsqu'il passe devant moi et ce geste me rassure, peut-être les garçons ont-ils tendance à bander tout le temps, sans raison... je suis la nullité incarnée, question basique sur l'érection. Je n'ai embrassé en tout et pour tout que trois mecs, c'est ire si je n'ai aucune expérience des vrais garçons de la vraie vie alors que ceux des livres n'ont aucun secret pour moi, surtout Heathcliff qui lui n'a jamais d'érection – mais minute, maintenant que j'y repense, il doit sans arrêt en avoir avec Cath dans la lande. Ce doit même être le champion de la trique toutes catégories. »

 

Elles ont aimé...

Karine, Cuné, Amanda, Lily, Gawou, Thalie

 

Elles n'ont pas aimé mais elles ne sont pas sans cœur (c'est ce qu'elles disent :)

Laure, Cathulu 

 

challenge premier roman

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Les lectures de Florinette
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /2010 03:04

 

le-charme-des-apres-midi.jpg « Je passe mon temps à regarder Da. J'aime la regarder. Son visage, complètement fermé. Les lèvres serrées. Des milliers de rides. Les rides en se croisant forment des lettres de l'alphabet : des F, des Z, des H, des X, des Y, des T, des I, des L et des K, mais rarement des M, des G ou des Q. Il y a aussi des W, et même un O. »

 

L'histoire d'une grand-mère et de son petit-fils, le récit d'une enfance à Haïti, celle de l'auteur, les copains, la fille dont on est amoureux, la mangue juteuse qui dégouline sur son menton et soudain, c'est celui qui est armé qui décide.

 

Dany Laferrière le dit, il a écrit ce livre pour une seule raison, revoir sa grand-mère, Da. Il présente ses souvenirs d'enfance sous forme de courts chapitres, de véritables tableaux vivants qu'il décrit avec douceur.

 

L'odeur omniprésente du café, tellement importante qu'un autre livre porte son nom, le sorcier du village qui prédit au petit garçon un avenir différent, les enjeux politiques d'un pays qui apparait brusquement à la dérive, la langueur due à la chaleur éveillée subtilement par l'écriture qui m'a parfois fait regretter l'absence d'expressions créoles. Heureusement, les délicieux prénoms vernaculaires pimentent et colorent les pages. 

 

"En écrivant en français, je tue ma langue, le créole.

Et personne ne m'a jamais dit : Mes condoléances."

 

Étant, moi aussi, bilingue d'une langue parlée par une minorité, je ne peux qu'être touchée par cette déclaration d'amour pour une langue méconnue.

 

Et puis, cet hommage permanent, éclatant, résonnant à chaque mot, d'une tendresse infinie envers Da la généreuse, la combative, celle que tout le monde respecte même les chiens qui s'auto-proclament seigneur et maître.

 

Un livre aussi poétique que son titre. Une parenthèse emplie de grâce.

 

4--toiles-copie-1.gif Serpent à plumes, 295 pages, 1999

 

Un extrait...

« Les mères passent leur temps à venir voir si leur fille n'est pas dans les parages. Comme toujours, les mères n'ont aucune idée de la façon que cela se passe. Car si un type veut embrasser une fille, tu peux être sûr qu'il ne restera pas sur le port avec elle. Il l'emmènera plutôt du côté du Lambi club. Il n'y a jamais personne dans cette zone. A part les amoureux, bien sûr. Mais les mères n'ont aucune idée de la réalité. Elles surveillent toujours le mauvais type pendant que leur fille est avec Tony dans une des cabanes abandonnées près de la plage. Les mères croient que Tony est un bon garçon parce qu'il a un visage d'ange et « des manières exquises », comme dit madame Jérémie, la mère de Charline, celle qui a les plus gros seins de l'école des Sœurs. Alors que ce type est un véritable tueur. Tony ne fait jamais de cadeau. La première fois qu'il rencontre une fille, il l'emmène à coup sûr à la cabane. Mais c'est Frantz, la terreur des mères. Alors que le problème de Frantz, c'est qu'elles veulent toutes l'emmener à la cabane. Ah, les mères ! »

 

Lu dans le cadre du...

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 que je remercie pour cette découverte.

 N'hésitez pas à aller voir les avis des autres lectrices et lecteurs !

 

 

 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans français - Communauté : Litterature
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /2010 05:03

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Dernière mise à jour...
28.06.10 : 141 participants - 131 billets publiés

141 lectrices et lecteurs, 138 titres, 104 auteurs

 

 

 

A la croisée des mondes de Philip Pulman (proposé par Emmyne)

Bladelor

Goelen

Theoma 

 

A l'abri de rien d'Olivier Adam (Amy)

Géraldine   


B

Battle Royale, Koushun Takami (proposé par Virginie)

Liyah 

 

Bleu de rose de M.Chartres (Clarabel)

Laure

Theoma

 

Best of love Rosie (Keisha)

Juliette

 

 

C

Cette vie de Karel Shoeman (Dominique)

Keisha

    

D

De grandes espérances de Ch. Dickens (proposé par Erzebeth)

Yueyin 

 

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes (Bouh) 

Ryuuchan

Tortoise

Lael

 

Des vents contraires d'Olivier Adam (Amy)

Géraldine

 

Dracula de Bram Stocker (Tiphanya)

Del

Fleurdusoleil

Iluze

Miss Babooshka

Stemilou

 

  

E

Ecoute s'il neige de Cathie Barreau (Antigone)  

Cathulu

 

Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay (Suffy)

Aproposdeslivres

Sandy

Suffy 

 

Ensemble c'est tout de Gavalda (Nelfe)

Céline-Boomer

Liyah

 

Extrêmement fort et incroyablement près de J. Safran Foer (Reka)

Céline-Boomer 

 

   

G

Grâce et dénuement d'Alice Ferney (Canel)

Clara

 

 

H

Hunger Games de Suzanne Collins (Clarabel et Gawou)

aBeiLLe

A girl from the earth

Agnès

Alicia

Amanda

Aproposdeslivres

Bladelor

Calypso

Céline-Boomer 

Diane

Ed22

Herisson08

Isabelle

Karine

Laure

Petite Fleur

SD49

Stephie

Suffy

Theoma

Yueyin

 

 

L 

L'affaire de Protheroe d'Agatha Christie (Calypso) 

Petite Fleur

 

L'assassin royal de Robin Hobb (Theoma)

Nathouc

 

L'attrape-coeurs de Salinger (Anneso et Cjeanney)

Aproposdeslivres 

Cynthia

Lael

Neph

Ofelia

Reka

Yoshi73

 

L'éducation d'une fée de Didier Van Cauwelaert (Cynthia)

Lucie

Soph

 

L'orchestre des doigts de Yamamoto Osamu  (A girl from the earth)

Amy

Mr. Zombi

Tiphanya

 

La découverte du ciel d'Harry Muloisch (Cuné)

Cathulu

 

La fille d’Hô Chi Minh ville de Robert Olen Butler (Angelica)

Choco 

Marie

Sandy

 

La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt (Lilliba et Luciole)

Hambre

George

Keisha

Kitty

L'encreuse

Marie

 

La horde du contrevent d'Alain Damasio (Kali)

Ryuuchan

Petite Fleur

 

La mécanique du coeur de Mathias Malzieu (Lael)

Geisha Nellie

Sandy

Calypso

 

La perle de Steinbeck (Canel)

Stemilou

 

Le canapé rouge de Michèle Lesbre (Aifelle)

aBeiLLe

Kathel

 

Le chameau sauvage de Jaenada (Cécile)

Calepin

Liliba

 

Le chemin des âmes de Joseph Boyden (Neph)

Aifelle

Choco

 

Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia (Catherine)

Aifelle

Aproposdeslivres

Camille G.

L'encreuse

 

Le coeur cousu de Martinez (Lilliba)

La Pyrénéeenne

Lael

L'or des chambres

Sandy

 

Le libraire de Régis de Sà Moreira (Antigone)

Theoma

 

Le lion de Joseph Kessel (Bladelor)

aBeiLLe 

Choco

Karine

Sandy

 

Le maître et Marguerite de Boulgakov (Marie)

Jémlyre

 

Le Petit Prince de St-Exupéry (Ori)

Cynthia

 

Le village de l'allemand de Boualem Sansal (Amanda)

Kathel

Véronique D.

 

Les âmes vagabondes de S. Meyer (Suffy)

Del

Ed22

Isabelle

Liyah

Suffy

 

Les Belles Endormies de Kawabata (Choco)

Bookkingdom

Melmelie

 

Les chroniques de San Fransisco de Armistead Maupin (Virginie)

Diane

 

Les monologues du vagin d'Eve Ensler (Theoma)

Antigone

La Pyrénéenne

SD49

 


M

Maus d'Art Spielgelman (Emmyne)

Aurore

 

Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery (Céline)

Stemilou

 

Miel et Vin de Myriam Chirousse (Clarabel)

Antigone

Camille

 

Mon enfant de Berlin d'A.Wiazemsky (Clarabel)

Aproposdeslivres

Stemilou

 

 

O

Orgueil et Préjugés de Jane Austen (Féebourbonnaise)

Cynthia

Fleur

Gi

Marie L.

Stephie

 

 

P

Peter Pan de James Mathew Barrie (Lou)

Fleur

 

Princess Bride de W. Goldman (Rethymna)

Miss Babooshka

 

 

R

Ravel de Jean Echenoz (Denis)

Aproposdeslivres

 

 

S

Seule Venise de Claudie Gallay (Gil)

Aproposdeslivres

 


U

Un temps fou de Laurence Tardieu (Emeraude)

Marsup

 

Une mort très douce de Simone de Beauvoir (Vilainefifi)

Fleur

 

Une odeur du gingembre d'Oswald Wynd (George)

Sandy

 

 

Billets en lien...

Récap des participants

Premier bilan du challenge

Top 10 des titres choisis

Non ? Si ! Encore un challenge !

Quelques news du challenge

 

Par Theoma - Publié dans : Challenge Les coup de coeur de la blogosphère - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 05:16

 

la-tete-en-friche.jpg « Il ne faut pas aimer les livres en égoïste. Pas plus les livres qu'autre chose, en fait. Nous ne sommes sur terre que pour être passeurs, voyez-vous... apprendre à partager ses jouets, voilà probablement la leçon la plus importante à retenir dans la vie... »

 

Germain rencontre Margueritte avec deux t sur un banc. Elle donne à manger au pigeons, ils les prénomme selon leurs particularités physiques ou de caractère. Il a tellement touché terre, qu'il est resté en bas, elle est dans les hautes sphères et se balade toujours avec un livre à la main.

 

C'est l'histoire d'une rencontre qui a atteint son but. Personne n'en sort indemne. Un gars bourru, l'idiot du village, qui fait rire ses copains avinés au bar du village. Une mère maltraitante toxique. Une jeune femme qui, avec ses fêlures, arrive à voir avec son cœur. Une femme d'amour qui porte sa vie sur son visage.

 

Il suffit d'une personne qui ne vous juge pas, qui désire vous connaitre réellement, qui ne vous colle pas d'étiquettes pour pour que vous acceptiez de découvrir et de faire sortir le vrai vous. Celui ou celle qui ne se nivelle pas, qui ne se fourvoie pas pour ressembler à l'image que les autres ont de vous.

 

Un beau moment de lecture qui rend hommage à la puissance des livres et à la vie qui n'a rien de facile, de continu, ou de régulier. La vraie vie, quoi ! Celle qui va, qui bat, qui exige, qui ordonne, qui frappe parfois, qui donne, qui peut reprendre, qui vole, qui offre.

 

Marie-Sabine Roger possède une plume rare pleine de contrastes. Une alliance entre innocence et lucidité, grâce et dureté, force et délicatesse. Avec beaucoup d'originalité et de justesse, elle peint les visages des gens que nous croisons tous les jours sans les connaitre et nous le fait regretter.

 

4--toiles-copie-1.gif Éditions du Rouergue, 217 pages, 2008

 

Dommage...

Que l'éditeur n'ai pas profité du film pour le sortir en poche !

 

Des extraits...

Juste...

« Les livres, je peux vous en parler, maintenant : j'en ai lu. Quand on n'est pas éduqué, comme moi, vous ne pouvez pas savoir comme c'est compliqué, la lecture. On lit un mot, c'est bon, on le comprend et le suivant aussi, et le troisième, avec un peu de chance. On continue, du bout du doigt, huit, neuf, dix, douze, comme ça jusqu'au point. Mais quand on y est, on est bien avancé ! Parce qu'on a beau vouloir tout assembler, pas moyen, les mots restent en vrac, comme une poignée de boulons et d'écrous jetés dans une boîte. Les gens qui savent, c'est facile, pour eux. Il se contentent de visser ce qu'il faut là où il faut. Quinze mots ou vingt mots, ça ne leur fait pas peur, ça s'appelle une phrase. Pour moi, pendant longtemps, c'était bien autre chose. Je savais lire, ça bien sûr, puisque je connaissais mes lettres. Le problème c'était le sens. Un livre, c'était un piège à rat pour ma fierté, un putain d'objet hypocrite, qui paraissait inoffensif à voir comme ça. »

 

Drôle...

« J'en étais arrivé à me dire que les parents sont faits pour être abandonnées le plus vite qu'on peut. Que le Seigneur me pardonne autant d'ingratitude seulement, Lui, Sa mère était une sainte. Alors Il ne peut vraiment pas comparer. »

 

Magnifique...

« C'est vrai qu'avant, je les faisais marrer. Je racontais toujours des histoires de cul ou de Belges, ou de Juifs ou de Noirs. Pas sur les Italiens, par rapport à Marco, pas sur les Beurs non plus, à cause de Youssef. Les amis, c'est sacré. Aujourd'hui, j'ai compris que ces histoires-là, elles sont pas drôles, en fait. Mais quand on est bourré, on a le seuil qui baisse, on se marre pour rien. Ça devient vite une habitude d'être un abruti, vous savez ? J'en parle un peu par expérience. D'abord on l'est pas flemme, et puis on reste au ras. Et puis un jour, en comptant les pigeons, on tombe par coincidence sur une grand-mère vacante (...) Et petit à petit, on voit plus rien pareil. On s'intéresse plus aux mêmes choses. On baise plus, on fait l'amour. On supporte sa mère. On va dans les bibliothèques. »

 

 

la-tete-en-friche--film.jpg

 


La tête en friche – Jean Becker

 

J'étais en train de lire le livre de Marie-Sabine Roger dans le TGV qui m'emmenait à Paris pour une réunion professionnelle quand, à la sortie de la Gare de Lyon, je découvre l'affiche du film. Immédiatement, les notes de la mélodie du générique de la Quatrième dimension me viennent à l'esprit. Tainainainain tanainainainain (si vous avez moins de trente ans, laissez-tomber).

 

Ensuite, en belle naïve que je suis, je me dis : « Tiens ! Un film portant le même nom du livre que je suis en train de lire ! ». Yep. Véridique. Je n'en suis pas fière.

 

La troisième pensée fut un peu plus appropriée : « Gérard Depardieu ne serait-il pas un peu vieux pour jouer le rôle de Germain. Même si j'apprécie énormément l'acteur, y aurait-il qu'un seul acteur français capable de faire le Mammuth ? ».

 

Par la suite, j'ai pas mal hésité. Oui, pourquoi pas. Finalement, j'attendrais la sortie DVD. Un film dont un des thèmes est la lecture me fait très envie. Ouais mais la bande-annonce suscite plutôt l'effet inverse. Bref, le film comme le livre m'a appelée et je ne le regrette pas.

 

Vous trouverez autant de critiques négatives que positives sur le film, sa thématique ou sa réalisation. Posons tout à plat dès le départ :

 

Gérard Depardieu est trop vieux pour incarner Germain, doux innocent de 45 ans, ce qui dessert en premier lieu le couple Germain-Annette. Le visage juvénile de Sophie Guillemin, qui est d'ailleurs excellente, accentue cette incohérence. Dans le livre, le lecteur est amené à comprendre ce qu'Annette cherche et aime en Germain. Dans le film, on se demande franchement ce qu'ils font ensemble.

 

Les flash-backs sont au cinéma ce que les icebergs sont au Titanic. Il suffit d'en rater un pour couler un film. Et malheureusement, Becker n'en a réussit aucun. Le personnage de cette mère maltraitante et irrémédiablement toxique est suffisamment pathétique sans en rajouter. Hélas, rien ne nous est épargné. Du maquillage dégoulinant à une bouche immense d'ogresse, la subtilité de l'écrit passe inaperçue devant le pathos de l'image.

 

Et pourtant cela fonctionne ! A l'instar de ces coiffures négligées qui semblent n'avoir pas évolué depuis la sortie du lit et qui représentent des heures de travail devant le miroir, la mise en scène paraît désuète et minimaliste alors qu'elle éclaire brillamment l'histoire qui se déroule devant nos yeux.

 

Il y a de la magie dans La tête en friche. Les dialogues de Dabadie (qui manque au cinéma !) rendent hommage à l'écriture de Marie-Sabine Roger et Gisèle Casadesus est tout simplement époustouflante de naturel. Une femme qui semble pouvoir s'envoler, tellement fragile me direz-vous, incroyablement gracieuse corrigerais-je. Il en faut de la force de vie pour insuffler un tel personnage. Et quel pied de pouvoir admirer la beauté d'une femme qui porte sur son visage les marques naturelles des années. Gisèle Casadesus est belle avec ses rides, ses taches brunes, sa vieillesse « encombrante ». C'est le genre de femme qui m'inspire l'envie de vieillir sans peur et dignement.

 

Oui, il y a de la magie dans La tête en friche et comme tout grand magicien vous le dira, il est inutile d'en décortiquer les secrets, il faut savoir apprécier le moment présent. Voilà ce que le film nous offre. Et comme nous ne sommes que des passeurs sur cette terre, je partage à mon tour ce beau moment de lecture et de cinéma.

 

4--toiles-copie-1.gif Acteurs : Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Sophie Guillemin, Maurane, Patrick Bouchitey, Jean-François Stévenin

Réalisateurs : Jean Becker

 

Ma participation au challenge...

challenge lunettes noires

 

Par Theoma - Publié dans : Romans français - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /2010 00:06

jack-spark.jpg

« Un oui vous expose tout entier, vous livre corps et âme à l'objet de votre approbation, alors qu'un non ne fait que vous caparaçonner contre ce que vous niez –

le premier mot est une offrande, le second une armure. »

 

Cette deuxième saison reprend exactement au même moment où nous avions laissé nos jeunes héros dans le premier opus. Sans aucun temps mort, les évènements vont s'enchaîner entre Washington et New-York, Dublin et Tokyo. Notre équipe de choc sera divisée pour mieux régner et des choix douloureux devront être faits.

 

Récemment auréolé du Grand prix de l'imaginaire 2010 pour les premières aventures de Jack Spark, Victor Dixen a amplement mérité son titre. Quelle incroyable imagination ! C'est un roman d'aventures résolument contemporain qu'il nous offre. Jeune, moderne, fouillé, peaufiné jusque dans les détails, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer.

 

L'auteur revisite les contes et légendes qui ont bercé notre enfance et en propose une version bien plus trouble voire obscure. De Dracula à La guerre des mondes, il rend hommage aux classiques qui font peur dans le noir.

 

Même s'ils sont caricaturaux, j'ai beaucoup apprécié qu'une place soit donnée à des personnages qui ne sont pas légion dans la littérature jeunesse. Le monde bouge et ça fait du bien de voir son évolution prise en compte dans les pages que nous tournons.

 

Le grand + : une mise en page exceptionnellement attractive et originale.

Le petit - : l'épaisseur des volumes qui peut décourager les jeunes lecteurs et faire sentir quelques longueurs au plus grands.

 

Vivement la suite !

 

4--toiles-copie-1.gif Jean-Claude Gawsewitch, 576 pages, 2010

 

Un grand merci à Barbara et aux Editions JC Gawsewitch !

 

Le blog de Victor Dixen

 

Jack Spark sur Facebook

 

La bande-annonce


 

  d-fisf.jpg

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Chronique de nos lectures
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 05:25

les-mots-des-familles.jpg

 

Dis-moi comment tu parles et je te dirais d'où tu viens 

Tous les groupes possèdent leurs codes culturels et langagiers. Les familles, elles aussi, voient apparaître leurs propres néologismes et les conservent de générations en générations. L'auteur a regroupé un florilège savoureux de ce lexique intime.

 

Il est inutile d'acquérir des connaissances théoriques linguistiques pour parler une langue. La communication ne devrait pas être un effort car elle représente à elle seule l'accès au monde qui nous entoure. La plupart des êtres humains pratiquent donc une ou plusieurs langues sans se douter des mécanismes complexes inhérents.

 

Par exemple, on ne maîtrise pas une langue. Personne ne peut supprimer un mot pour le remplacer par un autre et l'imposer par la suite. Les néologismes apparaissent en fonction de leur contexte (technologie, culture, humour...) et sont adoptés par le peuple au fil du temps.

 

Cookie Allez a récolté bon nombre d'anecdotes succulentes sur l'appropriation d'un langage propre au sein de la famille. On y apprend que cette langue clandestine – dont le sens est à prendre au sens littéral puisqu'elle est la langue du clan – regorge de petits trésors.

 

Ainsi « prendre la part Trimbac » provient d'un invité, M. Trimbac, qui au XIXe siècle, avait l'habitude de choisir le plus gros morceau dans le plat. Un « aéropain » est le morceau de pain que l'on transmet par la voie des airs.

 

Et vous ? Réfléchissez un instant sur les mots et les expressions que vous utilisez autour de la table familiale depuis votre tendre enfance. Personnellement, je vous en livre deux :

 

« les torréfacteurs de grains de café » > expression de mon grand-père pour se désigner lui et sa femme en tant que parents de trois filles. Les grains de cafés sont choisis avec grand soin.

« Les mouettes » > ma fille n'arrivant pas à dire « mouillettes » pour les petits bâtons de pain à tremper dans les œufs à la coque, l'expression a été adoptée par la famille et les amis.

 

A consommer sans modération pour les amoureux du langage. Un petit bémol sur les mots d'humour rajoutés par l'auteur, ils alourdissent la lecture et sont, en plus, inutiles. Les expressions parlent pour elles seules...

 

3--toiles.gif Buchet-Chastel, 233 pages, 2010

 

Doriane le fait voyager et Cathulu se réjouit de la suite ! 

 

 Lu dans le cadre de...

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Merci à Katya, Babelio ainsi qu'aux Éditions Buchet Chastel

 


Par Theoma - Publié dans : Ce qui finit par "o" (psycho, socio, philo...) - Communauté : Litterature
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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /2010 06:39

les-mots-des-autres.jpg

 

"Je me suis efforcée de cultiver l'art de l'imprévisible".

 

Depuis petite, Jessica semble vivre dans sa bulle. Elle ne possède pas les codes pour entrer en relation avec les autres et c'est, malheureusement, réciproque. Une fois adulte, elle partage sa vie entre sa musique et son fils qui ne cessera de la remettre en question.

 

Un portrait sensible d'une femme intelligente, attentive aux détails, et dont la recherche du sens est absolue. A l'image d'un bateau en plein océan, Jessica est seule au gouvernail, son fils dans la coque, s'arrêtant de temps en temps à quai... mais attention ! La permission de monter à bord n'est pas donnée à n'importe qui. Certains marins n'ont besoin de personne, juste la mer au gré des vagues, que le vent l'emporte et vogue la galère !

 

Clare Morall dépeint avec délicatesse des personnages décalés, parfois difficile à comprendre, toujours granuleux. La couverture française est étrange mais le livre ne l'est pas. J'ai lu avec le sourire et j'ai beaucoup aimé le dénouement, lorsque Jessica découvre ce que sait le lecteur depuis longtemps. Un joli moment.

 

3--toiles.gif Fayard, 404 pages, 2009

 

Un extrait...

« J'ai passé la plus grande partie de ma vie à marcher avec précaution pour arriver là où je suis aujourd'hui. Je suis parvenue à un lieu où je respire bien. Seule, entourée d'espace, cheveux au vent. Je ne veux pas y renoncer pour me retrouver dans le monde embroussaillé des autres.

Mais voici que cet espace se replie sans ma permission, qu'il se referme avec un joli nœud, et qu'un ouragan plus puissant, plus impérieux, le balaie au loin.

Et je ne peux rien faire pour me protéger.

Une averse de doubles croches mécaniques se bouscule, monte et s'amplifie. D'énormes accords de basse sont plaqués et une mélodie sublime s'élève, exubérante et tumultueuse.

Je retombe follement amoureuse. »

 

Elles l'ont également aimé...

Cuné, Cathulu, Clarabel, Lily


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Chronique de nos lectures
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