Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 00:07

 

Pour bien commencer, non pas un mais THE logo...

 

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« Mon cher père, si nous, les hommes, nous épousions les femmes que nous méritions, nous aurions la vie dure. »

 

Sir Robert Chiltern reçoit la visite de la mystérieuse Mrs Cheveley. Il est alors soumis à un terrible chantage qui transformera définitivement sa vie.

 

 

 

 

 

 

Oscar Wilde explique l'essence même de sa pièce en affirmant qu'elle traitait de « la différence qu'il y a entre la façon dont un homme aime une femme, et celle dont une femme aime un homme ; la passion qu'éprouvent les femmes à se fabriquer des idéaux (ce qui est leur faiblesse) et la faiblesse d'un homme qui n'ose pas montrer ses imperfections à l'être qu'il aime. De cette différence naît l'intrigue d'Un mari idéal. »*

 

Le décor est planté. Wilde joue à nouveau avec les masques et se fait une joie de déstructurer les institutions. Brillante satyre, Un mari idéal est une bulle d'exquise légèreté. L'élégance de la langue démontre, à nouveau, tout le génie d'Oscar Wilde.

 

L'auteur remet en question et dévoile l'imposture du système qui nous est imposé de notre plein gré. La pièce est un jeu de miroirs où malentendus, cynisme et ironie tourbillonnent devant le lecteur éblouit.

 

Pascal Aquien, traducteur, le décrypte parfaitement « Lorsque l'on est un homme, qu'aime-t-on quand on aime ? se demande Wilde : ni l'autre ni soi-même, répond-il, mais seulement une image de l'autre plus ou moins patiemment construite, ainsi qu'une image de soi renvoyée par l'autre. »

 

Ainsi, lorsque les idéaux de droiture de Mrs Chiltern sont bouleversés, celle-ci n'hésitera pas à, non seulement se voiler la face, mais exiger que son mari lui fournissent le masque :

 

« Toute votre vie, vous avez été un être à part. Vous n'avez jamais laissé le monde vous souiller. Pour le monde, comme pour moi, vous avez toujours été un idéal. Oh, continuez à être cet idéal ! Ne gaspillez pas cet héritage grandiose, ne détruisez pas cette tour d'ivoire. »

 

« Votre vie a commencé par une escroquerie ! Vous avez bâti votre carrière sur le déshonneur ! Oh, dites mois que ce n'est pas vrai ! Mentez-moi ! Mentez-moi ! Dites-moi que ce n'est pas vrai! »

 

Sir Chiltern y répondra avec une telle justesse que le lecteur est en droit de se demander s'il ne représente pas Oscar Wilde en personne :

 

« Les femmes pensent qu'elles idéalisent les hommes. Mais elles ne font de nous que de fausses idoles. Vous-même, vous avez fait de moi une fausse idole, et je n'ai pas eu le courage de descendre de mon piédestal, de vous montrer mes blessures, de vous avouer mes faiblesses. »

 

« Ce ne sont pas les êtres parfaits mais les êtres imparfaits qui ont besoin d'amour. »

 

Cependant, le véritable héros de l'histoire est bel et bien Lord Goring. Symbole du dandy par excellence, ses mots sont des trésors d'impertinence :

 

« S'aimer soi-même, Phipps, est le début d'une histoire d'amour qui dure toute la vie ».

 

« Quel est le fauteuil le plus confortable ?

Celui-ci, père. C'est celui que je prends quand j'ai de la visite ».

 

« Comprenez-vous toujours vraiment ce que vous dites, monsieur ?

Oui, père, si j'écoute attentivement. »

 

La position de Wilde sur le genre est souvent contradictoire, tout est dans l'art du paradoxe:

 

« La vie d'un homme a plus de valeur que celle d'une femme. Elle a de plus grandes perspectives, une plus vaste envergure et de plus hautes ambitions. »

 

Une lecture qui me donne envie de relire encore et encore L'important d'être constant...

 

5--toiles.gif Flammarion, Édition bilingue avec dossier, 342 pages, 2004

 

Encore une pour la route...

«Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières.»

 

A consommer sans modération, la délicieuse adaptation au PARFAIT casting...

Rupert Everett EST Lord Goring !

 

*Interview donnée au Sketch à Londres en janvier 1895
Une lecture commune avec Lou....
oscar wilde

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theatre-copie-1.jpg voisins voisines

 

 

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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 05:52

 

 

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La voix rocailleuse, le son folk et rugueux, Mumford and Sons possède l'art d'osciller entre émotions et défoulement. On se croirait parfois dans un pub irlandais, une bonne pinte à la main. Et soudain... les mots vous prennent aux tripes.

 

5--toiles.gif Sigh no More, Mumford & Sons, 2010, un coup de cœur.

 

Brit Award du meilleur album 2010

 

+ Liens

Pour écouter l'album sur Deezer

Le site officiel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 07:47

 

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« Il est plus intelligent d'allumer une toute petite lampe que de se plaindre dans l'obscurité »


 Hildegarde de Bingen


 

 

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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 05:50

 

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J'avais une idée préconçue du Fantôme de l'Opéra. J'imaginais un type portant le masque de Scream et chantant une mièvrerie célinedionesque à Las Vegas. Pardonnez mon inculture et rendons à Gaston Leroux, l'auteur des romans Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir ce qu'il lui appartient, à savoir son huitième livre.

 

Tout commence par le changement de direction de l'Opéra Garnier. Le nouveau boss découvre avec affliction qu'une rente est versée ainsi qu'une loge est réservée à un mystérieux fantôme. Sornettes que tout cela, le ménage va être fait illico, comptez sur le nouveau dirlo !

 

Vous avez remarqué, il y a toujours dans les histoires fantastiques un sceptique qui n'écoute pas les mises en garde et qui finit par servir de dessert au méchant si moche à regarder que les filles, figées, fixent en hurlant.

 

Trêve de digression, l'histoire tient diablement la route, on est happé par cette ambiance ténébreuse et ensorcelante. Le graphisme est délicieusement rétro et les couleurs brumeuses sont un hommage au roman noir. Je serais brève : vite la suite !

 

4--toiles-copie-1.gif Éditions Gallimard, 56 pages, 2011

 

Apprécié aussi par Faelys

 

Un GRAND merci à Oscar et à Gallimard pour la découverte !

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BD BD mercredi top bd blogueurs

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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 05:43

 

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Cliquez sur les images pour accéder aux billets concernés.


 

1. Martine

DIVERS5

Je sais, vous êtes choqués. Pourtant je le disais ici et je le confirme aujourd'hui, Martine est une garce. Parce qu'elle représente tout ce que je déteste dans la littérature jeunesse, le conditionnement des genres. Oui, Martine est la petite fille parfaite qui repasse, fait le ménage, s'occupe de bébé et prépare le café de Papa. Elle est toujours gentille, polie, dit toujours merci et laisse, dans le bus, sa place aux vieilles dames. Martine est un ennui de perfection.

Martine est un fléau.

 

2. Kitty

la disparition d'esme

Une soeur dont la jalousie dévorante sera dévastatrice.

 

3. Briony

Encore une petite soeur jalouse et gâtée qui commet une erreur fatale.

 

4. Rosie

meurtres-entre-soeurs.jpg Encore une petite soeur et dont le nom se termine par le son /i/ !

J'en ai fait un livre voyageur, n'hésitez pas à vous inscrire si vous souhaitez le recevoir.

 

5. Miss Hilly

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Encore un nom en /i/ !

Ce personnage a suscité chez moi une haine profonde et viscérale.

 

6. Beatrix Lestrange

hp.jpgParce qu'elle est a avakadavré Syrius.

 

7. Selina Dawes

affinités

Parce que Sarah Waters est machiavélique.

 

8. Fanny Ferrars

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Parce qu'elle n'a aucun remords à mettre à la porte

de chez elles Ms et les Miss Dashwood.

 

9. Connie

un autre amour

Parce qu'elle m'a obligée à la soutenir et à la plaindre.

 

10. M'dame Sucksby

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Pour son plan diabolique.



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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 00:01

 

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« Il y a des gens formidables qu'on rencontre au mauvais moment.

Et il y a des gens qui sont formidables parce qu'on les rencontre au bon moment. »

 

N'ayant jamais lu quoi que ce soit de lui, je me demandais bien ce que Caroline pouvait trouver à David Foenkinos. La délicatesse fut le décodeur, je vois clair aujourd'hui.

 

L'auteur possède un univers qui lui est propre, un style résolument moderne. Il n'est pas courant dans une lecture de corner autant de pages. Ce ne sont pas tant des paragraphes à relever mais de nombreuses petites phrases semées ici et là avec tendresse et humour. Des pensées de vie à conserver dans un carnet pour les jours de pluie.

 

L'originalité de David Foenkinos semble sans limite. J'ai aimé les notes de fin de pages remises au goût du jour, j'ai apprécié le ton optimiste et les personnages tragiquement humains.

 

Les mots sont précieux dans La délicatesse. Une histoire à savourer pour le plaisir de la langue sublimée sans apparats.

 

4--toiles-copie-4.gif Éditions Gallimard, 209 pages furieusement subtiles, 2011

 

On peut voir partout qu'il s'agit du « roman au dix prix littéraires » mais difficile de savoir lesquels ! Pichenette en a trouvé quelques-uns, bravo pour l'exploit !

 

Extraits...

« Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. »

 

« Pourquoi l'avait-il arrêtée elle ? Il s'agissait surtout de sa démarche. Il avait senti quelque chose de nouveau, comme une rhapsodie des rotules.  »

 

« Il pensa : si elle commande un déca, je me lève, et je m'en vais. On n'avait pas le droit de boire un déca à ce genre de rendez-vous. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. A peine rencontrés et déjà s'installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui, le thé est incontestablement une ambiance de belle-famille. Alors quoi? De l'alcool? Non, ce n'est pas bien à cette heure-ci. On pourrait avoir peur d'une femme qui se met à boire comme ça, d'un coup. Même un verre de vin rouge ne passerait pas. François continuait d'attendre qu'elle choisisse ce qu'elle allait boire, et il poursuivait ainsi son analyse liquide de la première impression féminine. Que restait-il maintenant? Le Coca-cola, ou tout autre type de soda...non, pas possible, cela ne faisait pas du tout femme. Autant demander une paille aussi, tant qu'elle y était. Finalement, il se dit qu'un jus, ça serait bien. Oui un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Non, le mieux, c'est de choisir un entre-deux, comme l'abricot. Voilà, c'est ça. »

 

« Il y a peut-être une dictature du concret qui contrarie en permanence les vocations.  »

 

« Il lui arrivait de se reprendre quand elle disait: "Je suis heureuse", sorte de superstition, sorte de souvenir de tous ces moments où la vie avait finalement penché du mauvais côté. »

 

« La fatigue est souvent au cœur de toute audace ».

 

« Après leur dernier échange, il était parti lentement. Sans faire de bruit. Aussi discret qu'un point-virgule dans un roman de huit cents pages. »

 

« Elle avançait vers lui... elle était si belle... de cette beauté à mettre des points de suspension partout... Et puis, il pensa qu'il ne l'avait jamais vue le soir. Il était presque étonné qu'elle puisse exister à cette heure-ci. »


Un film est en cours de préparation...

Réalisé par : Stéphane Foenkinos

Avec : Audrey Tautou , François Damiens...

 

Lu également par..

Kali, Amanda, Brize, Canel, Caro, Caroline, Cryssilda, Doriane, Elfique, Fashion, Gambadou, Hydromielle, Karine, Mirontaine, Miss Alfie, Pimpi, Restling, Stephie, Sylire...

 

Interview de l'auteur...

 

 

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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 06:25

 

James Mollison a photographié des enfants à travers le monde et l'endroit où ils dorment.

 

Saisissant d'injustice.


 

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Beaucoup d'autres clichés réunis dans le livre (en anglais)

Where Children Sleep, James Mollison, 120 pages, 2010


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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 06:22

 

sylvia plath

 

 

Avant de se donner la mort le 11 février 1963, Sylvia Plath a écrit un ultime poème...

 

 

Tout au bord

 

La femme s'est accomplie

son corps mort

 

porte le sourire de l'accomplissement

l'illusion d'une obligation grecque

coule dans les rouleaux de sa toge

 

Ses nus pieds semblent vouloir dire:

Nous sommes arrivés si loin, tout est fini.

 

Chaque enfant mort est enroulé, un serpent blanc,

Près de chacun une cruche de lait

maintenant vide.

 

Elle les a repliés contre son corps

comme les pétales

d'une rose refermée quand le jardin

se fige et que les parfums saignent

des douces, profondes, gorges de la fleur de la nuit.

 

La lune n'a pas à s'en désoler,

fixant le tout de sa cagoule d'os.

Elle a tant l'habitude de cela.

Sa noirceur crépite et se traîne.

 

Sylvia Plath, 5 février 1963


 

carnets intimes 

 

  5--toiles.gif Indispensable, billet ici

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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 05:43

 

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« Je ne retenais rien. J'avais réussi à apprendre le nom du Président. Mais quelques mois plus tard, le Président a changé... Ce n'était pas de chance... »

 

La maladie de Judith est une voleuse. Puzzle inachevé, la jeune femme dort sa vie...

 

Difficile de parler de cet album sans en abîmer le contenu. Le titre, la couverture, le dessin, l'histoire et la délicatesse avec laquelle elle est racontée, La parenthèse est une totale réussite.

 

Nous sommes au-delà du témoignage, bien que l'auteure écrit pour exorciser et clore un chapitre douloureux de sa vie. Élodie Durand est parvenue à une utilisation absolue du dessin. Le trait de crayon est transcendé, chaque page est réinventée, les styles différents foisonnent, les bulles se libèrent, les mots sont subtils et d'une grande justesse.

 

Pourtant, les écueils étaient nombreux. Le pathos, la lourdeur, le désir de reconnaissance qui supplante le récit. Rien de tout cela et tellement plus. Élodie Durand est une grande.

 

5--toiles.gif Delcourt, 221 pages, 2010

 

Fauve d’Angoulême – Prix Révélation.

 

+ Liens

Une interview de l'auteure par Actua BD

Les avis de... Cécile, Choco, Joelle, Mo, Véronique D...

 

Pour visionner les premières pages...


 

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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 00:16

 

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Bala n'est plus la même depuis que sa sœur aînée s'est mariée. En Inde, les petites filles deviennent rapidement des femmes. Bientôt ce sera son tour. On lui dessinera un point rouge au milieu du front.

 

Un album dont le grand format rend hommage aux somptueuses illustrations de Justine Brax. Des pages qui explosent nos sens. On arriverait presque à sentir l'odeur de la terre trempée par la mousson.

 

Une histoire racontée avec sensibilité et justesse. Un album dédié à toutes les filles trop tôt arrachées à l’enfance.

 

5--toiles.gif Milan Jeunesse, 45 pages, 2010

 

D'autres avis... ici

La genèse de l'album ... .


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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 00:02

 

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« Je hais les livres

Ils me fatiguent les yeux. »

 

Dorothy Parker était une poétesse, scénariste, chroniqueuse américaine célèbre pour sa liberté d'expression. Membre de la fameuse table ronde d'Algonquin que l'on pourrait éventuellement comparer au Café de Flore dans ses plus belles années, Dorothy Parker détestait les faux semblants et emmerdait avec poésie le politiquement correct.

 

Sans langue de bois ni concession, construit sur un humour dévastateur et jubilatoire, Hymnes à la haine est un exutoire d'une vérité absolue.

 

Voilà longtemps que je n'avais pas autant ri grâce à un livre !

 

Piquant, mordant, féroce, le drame de Dorothy Parker est de toujours viser juste. Elle n'épargne rien ni personne pas même elle-même. Un livre tout mince, corné à souhait, dont l'effet bénéfique est tout simplement salvateur.

 

L'alcool, le maccarthysme dont elle fut victime, les tentatives de suicide, les amours de plus en plus intéressées, abîmée par la vie, Dorothy Parker est morte seule à l'âge de 73 ans. Elle légua l'entier de ses biens à Martin Luther King et lança une dernière pique pour son incinération avec l'épitaphe : « Excusez-moi pour la poussière ». Mythique, non ?

 

Grâce à ses écrits, une part d'elle est éternelle et je m'en vais illico m'en procurer l'intégrale.

 

5--toiles.gif Phébus, 106 pages dont une très belle préface de Benoîte Groult, 2010

 

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Des extraits toujours aussi brûlants d'actualité !

(Je hais le théâtre)

« Et puis la pièce sur le Grand Nord...

Celle qui Vous Donne à Penser -

A penser que vous auriez mieux fait d'aller au cinéma...

Elle est traduite du norvégien

Mais on pourrait aussi bien la donner dans l'original.

L'éclairage est si sombre

Qu'on peut à peine distinguer le visage des acteurs,

Ce qui vaut peut-être mieux...

L'héroïne est invariablement Incomprise -

Sans doute à cause de son accent.

C'est une Bonne Petite Jeune Fille

Qui tombe amoureuse d'un obscur comparse,

Ou qui s'aperçoit quelle a épousé par erreur son oncle.

Ou qui sort dans la nuit en claquant la porte,

Tandis que peu à peu le drame se noue et va culminer

Dans un gentil petit suicide, un cas de folie prometteur...

Explique-leur, Ibsen, que tu as acquis les droits scandinaves... »

 

(Je hais le cinéma)

« Commençons par le « Grand Spectacle »...

Les agents de presse reconnaissent

Qu'il s'agit là du film le plus remarquable jamais produit...

L'intrigue est tirée de l'Histoire

Mais l'auteur du scénario adoucit les angles :

Cléopâtre finit par épouser Antoine

Et Salomé Jean-Baptiste...

Comme ça on peut emmener les enfants.

La production accumule des statistiques passionnantes

Sur la richesse de la distribution,

La moitié de la population californienne

A pris part aux scènes de bataille,

Et on a mesuré la longueur qu'atteindraient

Les colliers de la star si on les mettait bout à bout !

Le public en a le souffle coupé

Et clame à tous les vents : "Songez à la fortune que tout ça a dû coûter !"

Songez plutôt à la fortune qu'on aurait pu économiser !...

 

(Je hais la famille)

« Et passent leur temps à faire poser pour des portraits aux rayons X

Certaines parties de leur anatomie qui ont toujours des noms à coucher dehors.

Tout ça pour finir par vous confier ce que vient de déclarer le docteur :

Qu’elles n’ont qu’une chance sur cent de …

Encore une chance de trop! »

 

Un grand merci à Cathulu pour la découverte ! Elles l'ont également lu : Clara, Manu, Sabbio...

 

Un film... Mrs Parker et le cercle vicieux (1994)

 

 

 

The Ballad of Dorothy Parker, un hommage de... Prince

 

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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 06:23

 

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« Tu sais pourquoi ça craint l'amour ?

Non ?

Parce que c'est indissociable de la vérité. »

 

Will ne sachant pas trop quoi penser des sentiments décide de les enfermer à double tour. Son homonyme, Will Grayson, combat quotidiennement sa dépression tandis que l'on reproche à Tiny d'être, malgré sa stature imposante, bien trop gay.

 

Will & Will est un roman polyphonique mélangeant deux styles d'écriture différents et complémentaires. Deux auteurs qui ont eu l'audace de s'attaquer à un sujet peu abordé en littérature jeunesse, l'homosexualité masculine.

 

Drôle, piquant, sans langue de bois et extrêmement tonique, un roman jubilatoire et sensible. D'aucuns pourraient vous faire l'avocat du diable et vous dire que quelques portes ouvertes sont enfoncées et que la fin est un peu sucrée. Ils marqueraient un point mais auraient tort d'insister. Will & Will est traité avec justesse et intelligence.

 

Il est tellement adapté aux adolescents que je ne peux que regretter le fait qu'il sera majoritairement lu par la gente féminine. Come on boys ! N'ayez pas peur, rien de contagieux ! Au contraire, des pages de quête de soi auxquelles n'importe qui peut s'identifier.

 

4--toiles-copie-4.gif Gallimard, 378 pages, 2011

 

Extrait

« NON. Non non ! Je n'ai pas envie de te sauter. Je t'aime d'amour, voilà tout. Depuis quand est-ce que tout se résume à qui on a envie de sauter ? Depuis quand n'a-t-on le droit d'aimer que la personne qu'on a envie de sauter ? C'est ridicule, Tiny ! Je veux dire, merde on s'en fout du sexe, non ?! Les gens se comportent comme si c'était l'activité la plus importante de la vie... mais c'est des conneries. Comment nos intelligences humaines pourraient-elles tourner uniquement autour d'un truc que même les limaces font entre elles ? »

 

Lu et apprécié également par Virginie

 

Pour lire en ligne les premières pages...

 

Extrait lu par les auteurs

 

Pour l'envoi, un GRAND MERCI à Oscar et aux Éditions Gallimard Jeunesse !

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 06:22

 

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« Tu crois qu'autrefois on colonisait des pays pour leur faire du bien ?

Non. Plutôt pour exploiter leurs richesses.

C'est comme moi. L'école me colonise pour que le pays exploite mes richesses.

Ils en ont pas encore trouvé. »

 

YES ! Pico et Ana Ana sont de retour ! Pour ce quatrième opus, Alexis Dormal nous offre une des plus belles couvertures des sorties BD 2010.

 

Une toute petite baisse de régime pour les aventures des deux garnements mais qu'importe ! Le charme opère toujours à la perfection. La grâce du dessin, les nuances des couleurs, les petits détails de la vie, oui oui oui ! I LOVE PICO !

 

Nous voici plongés dans les premiers émois de l'impertinent. Pas facile d'aborder les filles mais heureusement que Pico a trouvé la parade imparable pour que l'heureuse élue s'intéresse à l'air qu'il respire.

 

Touchant et bien trop court comme toujours !

 

4--toiles-copie-4.gif Dargaud, 48 pages, 2010

 

+ Liens

A voir >  Le tome 1, Les tomes 2 et 3

Nouveau... une boutique en ligne > ici

Apprécié aussi par... Yanneck et Noukette

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Par Theoma - Publié dans : BD / Romans graphiques
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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 05:57

 

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Pas évident de choisir, il y en a tant !


 

1.

hungerhunger games2

Parce que le scénario est actuellement préparé par Suzanne Collins elle-même.


2.

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Parce que le livre est déjà extrêmement cinématographique.


3.

zola timbrezola jackson Pour Zola que je veux voir incarnée.


4.

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Parce que Robin Hobb vient juste après Tolkien.

 

5.

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Parce que j'aime Corrag et les falaises.

 

6.

1984timbre1984Oui, il a déjà été adapté. Pourtant, il mériterait de l'être encore aujourd'hui parce qu'Orwell est "l'inventeur" de Big Brother, du politiquement correct et de la langue de bois (novlangue).

C'est donc une oeuvre qui a plus que jamais sa place dans notre actualité.

 

7.

les chaussures italiennes

Pour l'incroyable ambiance.

 

8.

mercy thompson1

Parce que ça ferait un véritable film pop corn comme je les aime.

Et puis... pour Mercy et mmmmmm Adam.

 

9.

faire le mur

 Un film intelligent sur la Palestine, ça nous ferait le plus grand bien.

 

10.

le complot

Parce que l'histoire des protocoles est tristement hallucinante.


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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 05:18

 

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Leningrad, 1941. Lev et Koyla se rencontrent pour la première fois... en prison. Leur condamnation à mort est levée si les deux adolescents parviennent à se procurer 12 œufs pour le mariage de la fille d'un colonel.

 

Je ne m'attendais pas à autant rire et aimer cette lecture.  La Ville des voleurs est un brillant roman dont le mélange des genres est tout simplement jouissif. Aventures haletantes, rebondissements surprenants, humour décapant, voici un récit qui mérite toute votre attention !

 

L'auteur s'est inspiré de la vie de son propre grand-père pour nous parler d'un Leningrad humilié mais fier avant tout. Le premier fléau est la faim qui ravage le peuple. Le pain est fabriqué avec de la sciure de bois et la colle des livres est raclée pour servir de protéines sous le terrible nom de « caramel des bibliothèques ».

 

Lev et Koyla sont des personnages extrêmement attachants. Chacun est l'opposé de l'autre pour mieux l'agacer et le compléter. 12 œufs pour deux vies sauves. Une incroyable quête qui va leur permettre de devenir des hommes. Mon coeur a battu au rythme de leur course folle, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai tout savouré. 

 

4--toiles-copie-4.gif Flammarion, 365 pages magnifiques dont vous ne devez pas passer à côté, 2010

 

Également apprécié par Esmeraldae

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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