Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 05:35

 

 

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Il est auteur. Il fait le point.

 

« Il avait honte, rétrospectivement, de ne pas avoir anticipé ce que deviendrait le livre, une industrie un peu plus bête qu'une autre. Vieille rombière outragée, minaudant dans des robes en lambeaux.


Ardisson-Canal+-Inrocks. Des ennemis dont on n'avait pas saisi le pouvoir de nuisance. Ni de droite, ni de gauche. Ni classiques, ni modernes. Des gens de télé. Bien de leur époque. Des pitcheurs, avides de chair fraîche, gourmands d'audience. (...)


Sans compter que les années 90, comparées à ce qui allait suivre, apparaissaient aimables, finalement. Il aurait pu s'acclimater. Mais il y avait eu internet. Aujourd'hui, il devait faire un effort constant, pour ne pas passer ses journées à tourner en rond sur la toile, hagard et accablé.


Les commentaires. Cet anonymat crapuleux, litanie d'insultes obstinées, délivrées par des incompétents. Dès qu'il les avait découverts, il avait compris qu'il pénétrait dans le dixième cercle de l'enfer. Petits discours parallèles, sourds les uns aux autres, tous mis sur le même plan, lapidaires, hostiles jusqu'à l'écœurement. La médiocrité avait une voix. Les commentaires de la toile.


Il ne s'y faisait même pas insulter. Il aurait voulu pouvoir s'affoler, s'offusquer, se plaindre du traitement qui lui était réservé. Mais il n'était même pas jugé assez intéressant pour que les veaux tarés lui fassent l'aumône d'un mauvais sort. Il en était réduit à écrire, lui-même sous pseudonyme, quelques phrases de louanges subtilement critiques sur les forums et blogs littéraires. »

 

 

Apocalypse bébé - Virginie Despentes

Par Theoma - Publié dans : En français
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 06:21

 

 

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« Il repensa à tout ce que lui-même avait perdu, et il se demanda pourquoi c'était ce qu'une personne avait perdu – pouvait perdre – qui la définissait plus que ce qu'elle possédait encore. »

 

Le Roi Leodan fait régner la paix dans l'empire. Veuf, il tente d'être présent au mieux pour ses quatre enfants qui ignorent le prix à payer de ce calme apparent. Peu à peu, la révolte gronde et plus rien ne sera jamais pareil.

 

Le début du livre souffre de quelques répétitions et longueurs. Chaque chapitre raconte un personnage et comme ils sont nombreux, il n'est pas évident de rapidement les identifier. Une fois l'intrigue mise en place, j'ai été emportée par le souffle de cette belle saga.

 

Vous aimez les échecs et les jeux de stratégie ? La magie n'est pas votre tasse de thé, les petits elfes vous gavent et vous ne lisez pas de fantasy ? Acacia devrait vous plaire ! David Anthony Durham signe un premier opus surprenant et audacieux. Il n'hésite pas à prendre des risques en maltraitant ses personnages, en les poussant à des extrémités que le lecteur était persuadé de constater au final. Le suspense, très bien maîtrisé, interdit de lâcher la dernière partie avant de connaitre le dénouement.

 

J'ai particulièrement apprécié la profondeur des personnages. Aucun manichéisme, rien n'est acquis et la réalité est bien plus complexe qu'il n'y parait. Les colonisés colonisent à leur tour. Les esclaves libérés prennent leur revanche, les héros se fourvoient au nom de la liberté.

 

Bien évidemment, suite il y a. Bon point supplémentaire accordé à l'auteur pour avoir su allécher le lecteur tout en terminant ce premier opus.

 

4--toiles.gif Le Pré aux Clercs, 679 pages, 2008

Disponible en poche chez Pocket

 

Un autre avis...

SBM est réconciliée avec la fantasy !

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Par Theoma - Publié dans : Fantasy/SF
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 00:05

 

Avertissement !

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« Je ne vois pas très bien ce qu'il y a de romantique à faire une demande en mariage.

C'est très romantique d'être amoureux. Mais il n'y a rien de romantique dans une demande en bonne et due forme. Après tout, on peut toujours vous dire oui ! »

 

Peut-être ne le savez-vous pas encore, un seul homme peut faire de moi son esclave, un seul peut me procurer un orgasme rien qu'avec ses mots. Si le destin n'a pas voulu que nous nous rencontrions, il a tout de même agit dans ce sens. L'œuvre génialissime de Wilde traverse le temps avec grâce et panache. En relisant The Importance of Being Earnest, j'ai pris le pied que tout lecteur recherche. Pétillant, jouissif, pimpant, revigorant, brillant !

 

Une bulle de champagne, le goût des fraises en hiver, un thé chaud après une journée à la neige. Oscar manie la langue avec audace. Presque chaque page cornées. Les mots sont le principal personnages de cette pièce enlevée, so british !

 

L'important d'être constant est reconnue comme la pièce de Wilde la plus maîtrisée. Pourtant, il le dira lui-même, il désirait en écrire une plus sérieuse, plus aboutie, il avait encore des choses à dire et bien plus profondes. On ne lui en a pas laissé le temps.

 

On retrouve ici l'empreinte indélébile de l'auteur. L'effet de surprise, la manipulation des masques, les jeux de mots, les doubles sens, les sous-textes... qui attestent du génie éternel d'Oscar Wilde.

 

L'édition bilingue de Flammarion offre une excellente traduction ainsi que des dossiers thématiques et notes utiles de l'honorable Pascal Aquien. Et oui, encore un indispensable !

 

5--toiles.gif Flammarion, 300 pages, 2000


 

Des perles, des joyaux, des trésors !

« Monsieur Worthing, quand on perd un parent, c’est déjà malheureux ; mais quand on les perd tous les deux, cela devient de la négligence ! »

 

« Je vous dirais franchement que je ne suis pas favorable aux longues fiançailles. Elles donnent l'occasion de découvrir la personnalité de son futur époux avant le mariage, ce qui, selon moi, est toujours à déconseiller. »

 

« Mon cher, j'adore entendre dire du mal des membres de ma famille. C'est la seule chose qui me permette de les supporter. La famille, ce n'est qu'une foule de gens assommants, rigoureusement incapables de vivre convenablement et de pressentir le moins du monde quand il est temps de mourir. »

 

« - Votre frère Constant est mort ?

- On ne peut plus mort.

- Quelle leçon pour lui ! Je veux croire qu'il saura en tirer profit. »

 

« Le fait est, Cecily, que vous avez pris depuis peu l'exécrable habitude de penser par vous-même. Il faut vous en défaire. Ce n'est pas très féminin... Cela ne plait pas aux hommes. »

 

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  Pour Coliiiiiiiiiin, Rupeeeeeeeeeeert et la grande Judy Dench,

 je recherche désespérément le DVD...

 

 

 

 

 

 

Un coup de cœur pour  Lou,  Cyntia, Hydromielle, Karine...

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 06:17

 

 

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« Je ne pourrai jamais renoncer à toi. »

 

Ça fait bien plaisir quand c'est le pt'tit chéri qui le dit mais si c'est le type qui vous a droguée et kidnappée à l'aéroport, ça devient sacrément flippant. Voilà l'histoire de Gemma. Ty l'a volée pour l'emmener dans un désert en plein milieu de l'Australie. Il l'aime et est persuadé de l'avoir sauvée d'une vie qu'elle ne désirait pas.

 

Secoué le Ty, c'est certain mais ce n'est pas aussi simple. Chacun a ses zones d'ombres et en plein désert, impossible de se cacher. Tout est à vif et mis à nu. Entre la rage de s'enfuir et l'empathie qu'elle développe pour son ravisseur, le personnage de Gemma se complexifie.

 

Malgré quelques passages harlequinesques (on l'aura compris, Ty a un sublime torse !), Lucy Christopher signe ici un bon thriller psychologique pour ados. Dérangeant, troublant, manipulant les sentiments du lecteur avec adresse.

 

J'ai eu l'imprudence de le commencer avant de me coucher, impossible de le lâcher avant la fin survenue à 3 heures du mat'. Le réveil est hostile pour la lectrice compulsive.

 

3--toiles-copie-2.gif Gallimard, 346 pages, 2010

 

Apprécié également par...

Esmeraldae, Lael...

 


Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 06:05

 

 

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« Nous devrions remercier grand'ma Holt d'avoir crée des orphelinats, des hôpitaux, de nous avoir trouvé des familles... et pourtant... Pourtant, à l'heure actuelle, je ne sais toujours pas si je dois la remercier ou la détester. Nous sommes deux cent mille Coréens adoptés à travers le monde. C'est beaucoup trop. »

 

Il m'est difficile de parler à la place de Jung qui raconte avec tendresse et justesse son enfance. J'ai été touchée par la générosité et l'honnêteté brute de l'auteur. J'ai senti la rage, la frustration mais aussi une certaine forme de sagesse et de maturité. La fragilité et la force. Le besoin vital de transmettre son histoire ainsi que celle de son pays.

 

Drôle, piquant, toujours juste. Des pages d'une grande émotion, surtout quand elles se démarquent par le magnifique trait de crayon qui rend hommage à une maman, au loin. C'est aussi une profonde réflexion sur l'adoption. Sans jugement et tout en nuance.

 

Sublime ! Ne passez pas à côté ! Je brûle de découvrir la suite de son voyage, de sa quête dans le film qu'il nous prépare.

 

5--toiles.gif Tome 1 > Quadrants, 144 pages, 2007

5--toiles.gif Tome 2 > Quadrants, 143 pages, 2008


 

Approved for adoption - le film


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Le film sera hybride : l'enfance de Jung en images animées, l'âge adulte filmé de façon classique. Le magdeLyon en parle ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le blog du film,     Le site de l'auteur 

 

 

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BD

 

 

 Pays : Belgique - Corée BD mercredi

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Par Theoma - Publié dans : BD / Romans graphiques
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Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 06:11

 

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En ce moment, j'écoute en boucle 4 pt'its londoniens qui jouent un folk qui ne se la pète pas !

Accords simples, joie de vivre, mélancolie et fantaisie...

C'est bon, c'est Noah and the Whale et ça se partage !

 

 

 


 

 

 

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 c'est ici que ça se passe !

Par Theoma - Publié dans : J'écoute en ce moment
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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 00:06

 

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« N'empêche que ça peut être vraiment chiant d'être un homme, je donnerais tout mon herbier avec mon dernier trèfle à six feuilles pour savoir ce qu'elle peut bien penser. »

 

Quand on quitte le nid, c'est pour devenir adulte mais au fait, c'est quoi être adulte ? Arnljótur, 22 ans, nous entraîne dans un road-movie bucolique...

 

Une histoire chuchotée avec pudeur à l'oreille du lecteur. Un cadeau fragile qu'il faut manier avec délicatesse. Plein de sagesse et de maturité. Doux, tendre, une balade dans les prés, les couleurs vives des fleurs des champs, les papillons qui virevoltent, pressés et conscients de l'urgence de leur vie éphémère. Inspirant.

 

Une écriture enchantée. Seul petit bémol ; les réflexions d'Arnljótur sont magnifiques mais m'ont parfois fait douter de la crédibilité du personnage masculin principal. La plume est assurément féminine, quoi qu'en Scandinavie, tout est possible.

 

Les relations mère-fils, fils-père, le père en devenir. Être père est parfois plus naturel que d'être mère. Une belle histoire en toute simplicité. Une auteure à découvrir.

 

4--toiles-copie-1.gif Zulma, 336 pages, 2010

 

Sublime passage, pas étonnant qu'il y ait autant de divorces...

« - Comment savoir si une femme vous aime ?

- Il est difficile d'être sûr de quoi que ce soit en amour, dit l'abbé en poussant la poupée vers l'enfant.

- Et si une femme dit qu'elle a peur que l'homme ne revienne pas quand il va faire une course ?

- Alors il se peut que ce soit elle qui ait envie de partir seule.

(...)

- Et quand une femme a l'esprit ailleurs, est-ce que cela veut dire qu'elle n'est pas amoureuse ?

- Cela peut vouloir dire ça, mais aussi qu'elle est amoureuse.

- Et si une femme dit à un homme qu'il ne doit pas tomber amoureux d'elle ?

- Cela peut vouloir dire qu'elle l'aime. Il me vient à l'esprit un vieux film italien que tu aurais peut-être plaisir à voir et qui traite du même problème. Le metteur en scène fait assurément fi des dialogues pour démêler les sentiments.

- Et si elle dit qu'elle n'est pas prête pour une union ? (...)

- Ça peut vouloir dire qu'elle est prête mais qu'elle ne sait pas si toi, tu l'es et qu'elle redoute que tu la rejettes.

- Et si elle dit qu'elle a envie de partir et qu'elle veut être seule ?

- Ça peut vouloir dire qu'elle veut que tu viennes avec elle. »

 

Un coup de coeur de Kathel qui vous envoient vers d'autres lectrices conquises.

 

pioché en bib

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 06:09

 

 

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Parce des fois je déprime de ne pas pouvoir concurrencer la crème miracle Photoshop,

Parce que les valeurs véhiculées par la dame au chapeau ne sont pas les miennes,

Parce que j'aime cet homme-là d'amour,

Parce qu'en plus y a Jean Rochefort et qu'il le fait encore grave.

 

 

« Sur ta peau les bleus et les brûlures

Sur ton menton les trois points de suture

La cicatrice en haut de ton bras

Je t'aimerais moins si tu les avais pas.

 

Sous les avalanches

T'es pas étanche

Dans cet igloo

Tu te cognes partout

T'as pas la dégaine

D'miss aquitaine

T'as par le cerveau

De la dame avec un chapeau»

 

 

 

 

Par Theoma - Publié dans : J'écoute en ce moment
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 06:14

 

 

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Traduction de François-Victor Hugo, of course.

 

« Le volé qui sourit dérobe quelque chose au voleur.

C'est se voler soi-même que dépenser une douleur inutile. »

 

Loin de moi la prétention de rédiger une analyse mais l'envie de donner envie de lire, de relire Shakespeare. On peut argumenter des heures durant sur les éléments qui déterminent le génie d'une oeuvre. A mon sens, traverser le temps sans heurts se place en tête de liste.

 

En relisant Othello, force est de constater, malgré l'emphase de certains passages, que six siècles n'ont en rien diminué la puissance de la pièce. Le suspense est diabolique, la fourbe araignée tisse sa toile maléfique, la jalousie est dévorante, la violence que subissent les femmes, leur soumission et leur sacrifice, insupportables.

 

Les presques envolées féministes servies par la voix d'Emilia sont contre balancées par l'acceptation de Desdémone de sa propre mort. Parce qu'il ne lui reste rien. Ni l'amour de son père, ni celui de l'homme pour qui elle a tout sacrifié.

 

Iago, froid et calculateur, est un génie de la manipulation. En parlant trop, il ne dit rien. Ses silences sont des litotes, aucun fait, que des allusions, le poison est distillé avec lenteur et délectation. Au fil des pages, Iago devient le symbole de la jalousie destructrice du Maure pour représenter au final les pires défauts de l'humanité dans son ensemble.

 

Et le Maure, l'homme que l'on aimerait baffer, secouer jusqu'à lui faire entendre raison, est privé de ses sens. Sans repères, il nous force à rester spectateurs, impuissants, face au drame final qui nous laisse hagards.

 

Yep. Je vous le dis, ça le fait grave. Rien qu'en y repensant, j'ai les poils du bras qui se hérissent.

 

5--toiles.gif Librio 2 euros, 91 pages, 2003

 

Extrait

« DESDÉMONA. - Moi je ne crois pas qu’il y ait des femmes pareilles.

 

EMILIA. - Si fait, une douzaine ! et plus encore, et tout autant qu’en pourrait tenir le monde servant d’enjeu. Mais je pense que c’est la faute de leurs maris si les femmes succombent. S’il arrive à ceux-ci de négliger leurs devoirs et de verser nos trésors dans quelque giron étranger, ou d’éclater en maussades jalousies et de nous soumettre à la contrainte, ou encore de nous frapper ou de réduire par dépit notre budget accoutumé, eh bien ! nous ne sommes pas sans fiel ; et, quelque vertu que nous ayons, nous avons de la rancune. Que les maris le sachent! leurs femmes ont des sens comme eux ; elles voient, elles sentent, elles ont un palais pour le doux comme pour l’aigre, ainsi que les maris.

 

Qu’est-ce donc qui les fait agir quand ils nous changent pour d’autres ? Est-ce le plaisir ? Je le crois. Est-ce l’entraînement de la passion ? Je le crois aussi. Est-ce l’erreur de la faiblesse ? Oui encore. Eh bien ! n’avons-nous pas des passions, des goûts de plaisir et des faiblesses, tout comme les hommes ? Alors qu’ils nous traitent bien ! Autrement, qu’ils sachent que leurs torts envers nous autorisent nos torts envers eux ! »

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 06:06

 

 

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J'aurais dû me méfier davantage du bandeau le plus débile de toute l'histoire du bandeau, ce qui en dit long.

 

« Le livre le plus émouvant depuis Twilight - Erik Foight, producteur de Twilight »

 

Les échos positifs m'ont fait aller au-delà. Résultat : rien de plus qu'un harlequin pour ados.  Qu'elle parte ou qu'elle reste, quelle importance ? Pourvu qu'elle fasse vite. Évidemment, un film est en préparation et je vous laisse devinez qui en est le producteur. 

 

Passez votre tour et préférez lui Le ciel est partout !

 

Si vraiment vous insistez... la quatrième de couverture...

Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle. Quand, un jour, tout s'arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture... Commue détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l'hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d'avant, imagine sa vie d'après. Sortir du coma, d'accord, mais à quoi bon ? Partir, revenir ? Si je reste...

 

2--toiles.gif Pocket, 186 pages, 2010

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 05:55

 

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Par Theoma - Publié dans : Balades au gré du vent
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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 06:44

 

 

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« Imaginez que Paris, Las Vegas ou Tel-Aviv soient bombardés par des avions. Imaginez qu'en trois semaines, 1'400 personnes soient tuées, dont 300 enfants et plus d'une centaine de femmes. Imaginez que la majorité des États du monde se soient couchés ou aient cherché des excuses aux meurtriers. Inimaginable, n'est-ce pas ? C'est pourtant bien ce qui s'est passé de décembre 2008 à janvier 2009... à Gaza.

 

C'est en 2008 que Maximilien Le Roy rencontre Mahmoud Abu Stout, dans le cadre d'un atelier de dessins animés dans le centre culturel du camp de réfugiés d'Aïda, en Palestine. Les deux hommes se lient d'amitié et donneront naissance à un album racontant la vie du jeune palestinien.

 

« Quand les B-52 de l'administration Nixon ont exécuté en secret plus de trois mille raids sur le Cambodge, a-t-on parlé de terrorisme ? Quand des régimes ont démocratiquement passé au napalm et aux défoliants des civils algériens ou vietnamiens, a-t-on parlé de terrorisme ? Quand la première puissance mondiale a atomisé à l'uranium 235, après bénédiction d'un curé, un Japon déjà vaincu a-t-on parlé de terrorisme ? Non. On a remis au pilote la légion du mérite pour les 70'000 morts de son « little boy ».

 

Plus fort que le conflit israelo-palestinien pour les nuls, Faire le mur est une BD engagée, un coup au plexus foudroyant. L'histoire est aussi authentique que son contexte. Mahmoud Abu Stout nous raconte ce qu'il a au fond de ses tripes, sans violence, haine ou rancœur. Les mots sont posés, les faits sont si clairs qu'ils nous brûlent les yeux. Un indispensable !

 

« Arrêtez-moi si je me trompe : étaient-ce des barbus qui conduisaient les trains vers les camps de la mort ? Aussi répugnant soit ce qui est arrivé aux juifs d'Europe, pourquoi les palestininiens auraient-ils à en payer le prix ? Invoquer la Shoa pour légitimer notre spoliation n'est pas défendable, pas plus que de revenir 2000 ans en arrière pour retracer des frontières contemporaines. Pour autant, une injustice ne doit pas en entraîner une autre : il est inconcevable de renvoyer les israéliens. »

 

« La ceinture explosive est l'arme dégueulasse de ceux qui n'ont pas le luxe de se payer des avions parés des « droits de l'Homme ».

 

5--toiles.gif Casterman, 103 pages, 2010

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  5, Pays représentés : France et Palestine

 

 

 

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Par Theoma - Publié dans : BD / Romans graphiques
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Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 06:29

 

 

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« Nous ne sommes que la somme de nos choix. »

 

Brutalement séparés, Todd et Viola vont devoir survivre et choisir leur camp...

 

Avec le premier opus , La voix du Couteau, Patrick Ness avait mis la barre très haut. Si on peut regretter le fait que beaucoup trop de lectures jeunesse aujourd'hui connaissent des suites, on ne peut qu'applaudir le second tome du Chaos en Marche.

 

L'auteur arrive à nous captiver du début à la fin, exigeant une discipline hors du commun du lecteur souhaitant momentanément suspendre sa lecture. Ceux qui avaient été gênés par les fautes d'orthographes qui faisaient partie intégrante du premier scénario peuvent se réjouir. L'option a été abandonnée pour laisser la place à des fautes ponctuelles servant de piqûre de rappel.

 

Brillamment maîtrisé, Le cercle et la flèche aborde des questions vastes et essentielles. Le totalitarisme, la résistance, la peur, les dérives du militantisme, la folie. La pugnacité, le courage, la faiblesse mais aussi le droit à l'erreur. Car c'est avant tout d'humanité dont nous parle l'auteur mais aussi et surtout du danger de l'extrémisme, quel que soit son camp. Être juste exige d'être nuancé.

 

J'ai beaucoup aimé les prises de risques. Il fallait oser un roman féministe et mettre en avant la vérité. Les femmes, qui sont toujours les premières victimes de la guerre, agissent aussi en héroïnes. Tant qu'aux extra-terrestres, l'invasion de la terre et sa colonisation a été maintes fois abordée. Son contraire plus rarement. L'humanité produit, fait des miracles, ravage et détruit. Patrick Ness aborde cette complexité sans manichéisme. Éblouissant !

 

5--toiles.gif Gallimard, 460 pages, 2010

 

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Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 17:40

 

 

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« Claire voulait qu'on pense qu'elle allait bien. Au fond, ce qu'elle ressentait n'avait aucune espèce d'importance. Elle guettait le regard des autres, l'interprétait, et si elle pouvait se convaincre qu'ils pensaient qu'elle était formidable et qu'elle avait de la chance, elle se sentait bien. »

 

Chère Madame Despentes,

 

J'ai le regret de vous annoncer que j'ai beaucoup aimé votre livre. En dehors du fait que vous devez certainement vous fichez de mon avis comme d'une guigne, en quoi est-ce une mauvaise nouvelle me direz-vous ?

 

Et bien je dois vous l'avouer, j'ai rarement apprécié un livre ayant reçu le prestigieux prix littéraire. Le bandeau rouge  annonçant le choix annuel des dix jeunes et fringants membres du jury du célèbre prix français est donc, pour moi, un bon indicateur de fuite.

 

J'en profite pour vous soumettre en toute humilité une idée de personnage de roman: qui invente ces pitchs bandorisés sensés faire bander le lecteur ? Quelle tragédie se cache derrière ces lettres blanches racoleuses ?

 

S'il existe de nombreux avantages  à avoir l'honneur d'un tel prix, comme celui de s'enrichir de 10 euros supplémentaires, les inconvénients ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Ainsi, votre dernier livre ne se verra pas affublé d'un pitch aussi ridicule que « sulfureuse Despentes »  ou encore « la pente est raide jusqu'en enfer »  (avez-vous remarqué le clin d'œil subliminal a votre nom de famille ainsi qu'à l'érection du sexe masculin ?) ou voire carrément pire : « Despentes fait un streap-tease de la société ». Ne voyez-vous pas à quoi vous êtes en train d'échapper  ?

 

Je digresse, j'en ai conscience, mais je souhaite vous apporter un réconfort supplémentaire, même léger, en vous demandant si vous êtes vraiment certaine de vouloir recevoir un prix d'un des frangins Goncourt qui avaient tous deux un lourd contentieux à régler avec les femmes. Et oui, nous leur devons de sacrées perles à ces joyeux drilles ! Souvenez-vous :

 

«On parle à une femme, on lui dit des phrases en sachant bien qu'elle ne comprend pas, comme on parle à un chien ou à un chat.»

 

«Il y a deux femmes dans la femme. La première est un animal, doux, dévoué par nature ; la seconde un animal fou, méchant, trouvant un âpre plaisir aux souffrances de ce qui lui est associé dans la vie.»

 

«Une bouteille, voilà une distraction bien supérieure à la femme. La bouteille vide, c’est fini. Elle ne vous demande ni visite ni souvenir, la bouteille. Elle ne vous demande ni reconnaissance ni amour ni même de politesse.»

 

«La femme excelle à ne pas paraître stupide.»

 

«La pire débauche est celle des femmes froides. Les apathiques sont des louves.»

 

«Il est impossible à la femme de discerner le mensonge de la vérité.»

 

(Edmond et Jules de Goncourt – Journal)

 

Malheureusement pour moi, ma stupidité est insuffisante et ne me permet pas de passer outre. Conséquence fâcheuse, je sens monter en moi l'ébullition, je visualise parfaitement les petites bulles pétillant dans tous les sens, jusqu'à l'explosion. Bordel de merde ! Ça leur ferait du bien, ce serait franchement le panard que vous, la Despentes, receviez le Goncourt !

 

Parce que vous la maniez avec tant d'aisance cette langue fourchue et rugueuse. Par le biais, d'une ado sans repères, vous disséquez sans concession une société d'apparences. La vérité est crue mais jamais glauque. Les masques, les faux-semblants, les règles d'un savoir-être de masse trahissent les convictions. Le titre, la fin, j'ai tout aimé. Pan dans ma face.  C'est ce que nous devrions exiger de tous Goncourt.

 

C'est mon premier Despentes. Ce ne sera pas le dernier.  Aucune hypocrisie.  Ni grossièreté, ni vulgarité mais bel et bien le maniement expert de la langue. Celle qui sert à exprimer ce que l'on a au fond des tripes quitte à déplaire.

 

En conclusion, vous n'aurez pas le Goncourt, Chère Madame Despentes. Trop d'éléments jouent contre vous.  Vous êtes moderne, actuelle, vous osez la provocation difficile, et pour finir, vous êtes non seulement une femme mais en plus une de celle qui dit des gros mots. Déjà qu'ils ont donné le prix à une africaine l'année dernière ! Deux lauréates de suite dont la dernière est l'auteure de Baise-moi, faut pas pousser ! Elle est nominée, elle devrait être contente.

 

En souhaitant sincèrement d'avoir tort, à bientôt !


4--toiles.gif Grasset, 352 pages, 2010

 

Une dernière pour la route...

« L'hétérosexualité, c'est aussi naturel que l'enclos électrique dans lequel on parque les vaches. A partir de maintenant, ma grande, bienvenue dans les grands espaces ».

 

Ils ont aussi aimé...

Cuné, Diddy, Richard, SD49, Sylire, Yueyin...

 

Ils sont mitigés...

Amanda, Desmurmures, LN...

 

Ils ont détesté...

Antoine, Clara, Readpocket

 

Merci à Priceminister pour l'envoi !

Par Theoma - Publié dans : En français
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 06:10

 

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"Si seulement on arrêtait d'essayer d'être heureux,

on pourrait peut-être profiter de la vie."

 

Edith Wharton


 


Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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