Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 06:35

 

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 « Tu es tombé dans un piège à cons, le jour où tu es sorti du ventre de ta mère. »

 

Dans la France d'en-bas, on emmerde bien fort ceux qui utilisent l'expression qui nivelle. Pas besoin qu'on le leur rappelle. Ils le savent bien qu'ils ne volent pas très haut mais tant qu'ils ont deux bras, deux jambes et la santé, l'avenir est possible.

 

Excepté pour Marlène qui, pour une fois qu'elle touche un héritage, se voit offrir un handicapé d'occasion. Déjà qu'elle a épousé le frangin, faut-il pas encore qu'elle s'occupe du débile qu'on ne comprend pas quand il cause et qui, en plus, met des couches pour dormir. Qu'est-ce qu'elle peut bien lui trouver l'autre à qui elle loue une chambre, la Jane Birkin du pauvre qui passe son temps libre à lui raconter des histoires ?

 

On retrouve les personnages et les thématiques chers à l'auteur de La tête en friche. La différence, l'innocence, une nouvelle définition du handicap. Alex est une femme mais ça ne se voit pas. Gérard a l'intelligence du cœur mais on ne voit que sa face monstrueuse. Quand des paumés croisent le chemin de ces deux-là dans un bled aussi perdu qu'eux, ça pétille d'étincelles de vie et on commence à se demander qui est le plus limité. Celui qui vous arrose lorsqu'il parle et dont les rêves sont sans frontières ou celle dont la vie est aussi étriquée que sa cuisine...

 

4--toiles.gif Éditions du Rouergue, 301 pages, 2010

 

Extrait

« Mon rêve, ce n'était pas de faire de la fumigation d'œufs de poule au formol, pour enlever les bactéries. Ni de me lever à cinq heures et d'aller au boulot en longeant la départementale dans des relents d'essence et des nappes de brouillard. Ni de louer ici, chez Marlène et Bertrand, dans ce trou du cul du monde avec vue sur la zone. Vous connaissez quelqu'un dont le rêve soit ça ? Vivre sa vie les deux pieds dans la merde, dans cette odeur pourrie des poulaillers industriels ? Dans les maternités, d'après moi, il n'y a que des princesses et des princes charmants, dans les petits berceaux en plastiques. Pas un seul nouveau-né qui soit découragé, déçu, triste ou blasé. Pas un seul qui arrive en se disant : plus tard je bosserai en usine pour un salaire de misère. J'aurai une vie de chiotte et ce sera super. Tra-la-lère. »

 

D'autres extraits ici

 

Apprécié également par...

Cathulu (j'ai aimé tes pages « Schuper » !), mais aussi Antigone, Aproposdelivres, Canel, Clara, Cuné, Marsup, Petite Fleur, Saxaoul, SD49...

 

Un grand merci à...

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et aux Éditions du Rouergue !

 

 

Par Theoma - Publié dans : En français
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 06:13

 

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« J'espère qu'un jour il t'arrivera de faire quelque chose

que tu ne comprendras pas pour quelqu'un que tu aimes. »

 

Oskar, 9 ans, surdoué, tente de comprendre l'impossible, la mort de son père, disparu lors des attentats du 11 septembre.

 

J'aurais vraiment voulu aimer ce livre. Être touchée par le premier drame de ce garçon, la surdouance qui rend son intégration si difficile. Insuffisamment innocent et trop lucide, ni enfant, ni adulte, où est sa place ?

 

J'aurais préféré être émue par la quête de ce petit garçon. Comprendre, donner du sens car sans lui, tout s'arrête. Malheureusement, dès le départ rien ne m'a accroché. Si j'ai trouvé justifié le fait de passer du coq à l'âne – puisqu'Oscar est le narrateur et que ses pensées foisonnantes fusent à la vitesse de la lumière – l'éparpillement ne m'a pas aidée bien au contraire. Quelques perles ici et là, des passages drôles et émouvants mais enfouis dans une masse épaisse hermétique.

 

Une histoire proche Du bizarre incident du chien pendant la nuit dont j'ai préféré la lecture.

 

2--toiles.gif Points, 460 pages, 2007

 

Un extrait...

« (...)  j'ai lu dans National Geographic qu'il y a plus de gens vivants aujourd'hui qu'il n'en est mort dans toute l'histoire de l'humanité. Autrement dit, si tout le monde voulait jouer Hamlet en même temps, ce serait impossible, parce qu'il n'y a pas assez de crânes ! »

 

LECTURES COMMUNES, bouton1

 

 

 

Une lecture commune avec Keisha dont je me demande quel sera l'avis...

 

 

 

  Lu dans le cadre...

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 9/16

 

 Un coup de cœur de Reka.

 

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Samedi 23 octobre 2010 6 23 /10 /Oct /2010 00:49

 

 

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« - Tout à l'heure, il m'a soutenu que c'était moi qui l'y avais poussé, reprit-elle, parce que je n'étais pas assez... pas assez... enfin, parce que je n'étais pas assez portée sur le sexe.

- Ils disent tous ça observa Erlendur. C'est la première chose qui leur vient à la bouche. »

 

Mais il est trop bien cet Erlendur ! Mais comme il sait parler aux femmes ! Il est tout lourdeau, pataud, il ne sort jamais, il ne fait que lire des livres sur les disparitions, il a misérablement échoué dans son rôle de père mais rien n'y fait ! Je l'aime bien cet homme là. Et même plus que bien !

 

Pourtant, je n'ai pas du tout accroché à cette quatrième lecture Erlenduresque. Autant j'ai aimé retrouver ces personnages et lire leurs péripéties, autant l'enquête m'a profondément ennuyée. Je suis restée totalement indifférente à cette histoire d'espionnage communo-islandaise. Dommage, car il s'agit du livre le plus politisé d'Indridason. Le portrait de son pays est réalisé sans concession et j'aurais préféré en connaître les raisons plutôt que d'être dirigée dans une conspiration communiste.

 

Malgré ma déception pour cette lecture et la précédente, je me suis déjà procuré en poche le tome suivant. Pourquoi ? D'où me vient cette impulsion, cette envie de poursuivre avec l'auteur et son personnage fétiche ? Un petit morceau de sucre qui rend ces pages délicieusement dépaysantes et la certitude que, comme dans tous les couples, les petites fâcheries entre Erlendur et moi ne sont que provisoires.

 

3--toiles-copie-1.gif Points, 405 pages, 2009

 

LECTURES COMMUNES, bouton1-copie-1

 

 

 

Une lecture commune avec Petite Fleur dont je me réjouis de connaître l'avis !

 

Les avis de la blogo, c'est ici.

 

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 4/12

 

Par Theoma - Publié dans : Légers ou grands frissons
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 06:06

 

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Pour la première, il se reconnaîtra. Pour la seconde, c'est tout à fait moi.

 

 

« Lui, je l'aurais bien vu en homme politique : son obsession, c'est de laisser quelque chose après lui. Tant pis si c'est qu'un tas de merde. Il faut croire que c'est humain, de vouloir être inscrit au Livre des Records, ou de se faire épingler une médaille revers, et même si dessus c'est marqué « Roi des Glands ».


 

 

« Ce n'est pas bosser qui me fait peur,

c'est passer cinq jours par semaine à espérer le samedi.

Et faire la gueule le dimanche, parce qu'ensuite il y a le lundi. »

 

 

 

Vivement l'avenir, Marie-Sabine Roger, billet bientôt ;-)

 

Par Theoma - Publié dans : En français
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Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 06:03

 

 

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« Chef-d'œuvre », un mot, aujourd'hui, bien souvent galvaudé...Pourtant nous voici dans un niveau supérieur au genre, une hauteur rarement accessible qui vaut à Blankets d'être justement comparé à Maus. Nous ne sommes plus dans une bande-dessinée, presque plus dans un roman graphique, Craig Thompson nous propose un genre bel et bien pionnier et à part.

 

Le dessin, sublime, nous transporte dans un tourbillon d'émotions. L'auteur se met généreusement à nu pour nous raconter son histoire. Un streap-tease empli de force et de grâce. Un abandon.

 

Les petits détails de l'enfance, l'adolescence et du passage à l'âge adulte font ressurgir des souvenirs enfouis dans la mémoire du lecteur. Trouver sa place, se positionner face à ceux vers qui l'on se doit d'être loyal, ne pas se trahir et rester soi. Et des scènes tellement belles sur les premiers émois et la difficulté de les assumer !

 

L'Amérique bien pensante comme toile de fond. Le prosélytisme chrétien qui impose ses règles au nom de la foi. La religion y est asphyxiante et est confondue avec la spiritualité. Elle enferme la sexualité dans un carcan et empoisonne de sa morale les tendres moments d'innocence.

 

Me voilà définitivement réconciliée avec la BD.

 

5--toiles.gif Casterman, 582 pages, 2004

 

Les avis de...

Flo, Mango, Mo'

 

Une lecture qui s'inscrit dans le challenge de...

BD  

 

 

  Pays : USA

 

 

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Par Theoma - Publié dans : BD / Romans graphiques
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 06:36

 

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Parce que je croyais que Mankell était exclusivement un auteur de polar, je m'attendais bêtement à me plonger dans une lecture pleine de frissons. Malgré l'ambiance glacée assurée, Les chaussures italiennes n'a rien d'une enquête policière mais d'une quête à la seconde chance. Je n'ai pas été déçue bien au contraire, j'ai même eu besoin d'une ou deux polaires car j'étais sur cette île de glace perdue au milieu de nulle part où  le facteur livre son courrier en hélicoptère.

 

Un homme qui vit dans un trou perdu et qui tous les jours creuse un trou dans la banquise et s'y plonge nu car c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour se sentir vivant ! Un homme aussi paumé que sa maison qui, soudain, voit débarquer avec un déambulateur la seule femme qu'il a aimé. Il fallait oser traiter le paradoxe d'une histoire aussi banale que rocambolesque.

 

Se couper du monde durant des années pour mieux se faire rattraper par ceux que l'on a fuit. L'auteur a réussi à éviter l'iceberg du manichéisme malgré des thèmes abordés mille fois. La vie qui est dure comme la glace et brusquement une fente, le bloc se craquèle mais de là à y voir une fleur pousser, faut pas rêver !

 

Une écriture épurée, simple, porteuse de la fragilité d'un homme défaillant. Une bonne traduction suédoise, comme quoi c'est possible...

 

4--toiles-copie-1.gif Seuil, 340 pages, 2009

En poche dès février 2011

 

Extrait

« - Tu as quinze ans, a insisté mon père. Le moment est venu de choisir un métier. Que penses-tu de la restauration ? Tu pourrais gagner de l'argent en faisant la plonge et te payer un voyage en Amérique après ton brevet. C'est une bonne chose de voir du pays, à condition d'avoir de bonnes chaussures.

- Je ne veux pas devenir serveur.

Ça avait fusé malgré moi. Je n'ai pas réussi à interpréter la réaction de mon père : était-il déçu ou soulagé ? Il a bu une gorgée de vin et caressé du bout du doigt l'arête de son nez. Ensuite il m'a demandé si je n'avais réellement aucun projet.

- Non.

- Tu dois bien avoir une idée. Quelle est ta matière préférée ? 

- La musique.

- Tu sais chanter, toi ? Première nouvelle.

- Je ne sais pas chanter. 

- Tu as appris un instrument en cachette ?

- Non.

- Alors pourquoi la musique ?

- Ramberg, le prof de musique, ne s'occupe pas de moi.

- Que veux-tu dire ?

- Il ne s'intéresse qu'à ceux qui savent chanter, les autres, il ne les voit même pas.

- Tu veux me dire que ta matière préférée, c'est celle où tu n'existes pas ? »

 

D'autres avis...ici

pioché en bib


Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 06:03

  les-ecureuils-de-central-park.jpg

« Vouloir oublier quelqu'un, c'est y penser tout le temps. »

 

On reprend les mêmes et on recommence...

 

Le premier opus, Les yeux jaunes des crocodiles, m'avait emballée. Un petit caramel au beurre salé à se réserver pour les jours de pluie. Le second, La valse lente des tortues, fut une petite déception. J'avais aimé retrouver ces personnages du quotidien que l'auteure met délicieusement en avant mais des affaires de meurtres bien glauques étaient venues gâcher mon plaisir et, par conséquence, me faire ressentir quelques longueurs.

 

En apprenant la sortie d'un troisième, et j'espère dernier tome, j'ai été déçue. J'aurais voulu que Katherine Pancol nous raconte autre chose, elle l'auteure qui avait su me remuer les tripes avec Embrassez-moi et J'étais là avant.

 

La première moitié du livre me donne tort. Le goût du caramel est de retour mais, hélas, il devient amer et assez indigeste après environ 500 pages. Pourquoi ne pas s'être arrêter là ? L'auteure a-t-elle eu du mal à se séparer de ses personnages, à couper le cordon ? Risquer de les nourrir davantage jusqu'au gavage du lecteur, quel dommage ! Leurs petits travers, ces défauts qui les rendent si humains et attachants, grossissent au fil des pages pour les rendre mieux insupportables. Et si je? Et si je pas? Je t'aime mais je te quitte. Je reviens mais je repars...

 

Du coup, je me suis dépêchée, à regret, de finir le bonbec avant l'écœurement. Trop de tout. Et tout ça pour quoi ? Pour arriver à une fin bâclée. Attendre deux évènements durant 852 pages et n'avoir droit qu'à quelques lignes à la 851ème, c'est un peu rude ! Comme si tout d'un coup, la guimauve n'était plus assumée. Mais moi, je veux de la guimauve, je me suis inscrite pour et je n'en ai rien à battre que cela déplaise à certains ! Je veux lire les mots de chaque détail et les savourer. Elle est où ma guimauve ??

 

Katherine, revenez-nous raconter une histoire comme vous en avez le secret. Laissez-les Cortès et compagnie, ils ont bien mérité d'avoir la paix et, j'en suis vraiment navrée, nous aussi.

 

3--toiles-copie-1.gif Albin Michel, 852 pages, 2010

 

Extrait

« Tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce que ça veut dire « écrire ». ça veut dire donner toutes ses forces, tout son temps, toute son attention à une seule chose. Y penser tout le temps. Ne pas être interrompue, une seule seconde, par quelque chose d'autre... ce n'est pas être inspirée soudain et jeter quelques notes sur le papier, ça veut dire travailler, travailler, travailler, semer des idées, attendre qu'elles poussent et ne les récolter que lorsqu'elles sont prêtes. Pas avant parce que sinon tu arraches la racine, pas après parce qu'elles sont fanées. C'est être vigilante, obsédée, maniaque... Impossible à vivre pour les autres. »

 

Des avis... positifs

Cathulu,  Diddy, Djule, Karine, Lasardine, Malou...

 

... et mitigés

Berlingotte, Clara



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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 06:40

 

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Playing for change est un mouvement pour la paix qui unit, par le biais de la musique, les citoyennes et citoyens du monde. J'écoute et je repars pour un tour...

 

 

 

 

"When the night has come
And the land is dark
And the moon is the only
Light we'll see
No, I won't be afraid
No, I won't be afraid
Just as long as you stand
Stand by me"

 

Paroles et musique : Ben E. King, Jerry Leiber, Mike Stoller

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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 06:57

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Les habitants d'un immeuble se croisent et s'entremêlent. Des évènements anodins les rapprochent, les liens se tissent entre les couloirs et les escaliers...

 

Vanyda est jeune, douée et ça se sent ! Elle apporte un souffle nouveau dans la BD française. Et dire que le premier tome représente son premier album ! Le dessin, d'inspiration japonaise, est accrocheur. Suivre ces personnages qui ne sont pas légion dans la bande-dessinée est un délice.

 

Un jeune couple d'étudiants, un couple de cinquantenaires qui se parlent comme des chiens mais qui vénèrent leur dogue allemand, une femme enceinte avec un petit garçon dont le père ne semble pas exister. La vie qui va, la vie qui bat. Le désir qui monte et les larmes seule dans le noir.

 

Une belle trilogie, une artiste à suivre !

 

4--toiles-copie-1.gif Tome 1 > La Boîte à Bulles, 166 pages, 2004

4--toiles-copie-1.gif Tome 2 > La Boîte à Bulles, 157 pages, 2007

4--toiles-copie-1.gif Tome 3 > La Boîte à Bulles, 154 pages, 2010

 

Une lecture qui s'inscrit dans le challenge de Mo...

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  3 - Pays représenté : La France l-immeuble-d-en-face4.jpg

Par Theoma - Publié dans : BD / Romans graphiques
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 00:31

 

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Elle fut très présente durant mon enfance. Ma maman l'admirait et était amoureuse, comme beaucoup de femmes, de Montand. Même si j'avais 12 ans à sa mort, elle fut pour moi un des rares modèles féminins qui m'a fait grandir. L'actrice, la femme engagée, l'écrivaine m'inspirent et me touchent encore.

 

Simone est née avec le nom de son père, Kaminker, d'origine juive. Durant la seconde guerre mondiale, sa mère lui donnera son nom de jeune fille. Au Café Flore, elle fait partie de la bande à Jacques Prévert qu'elle adore.

 

Elle épouse Yves Allegret, réalisateur, et auront tous deux une fille, Catherine. Simone perdra ensuite un enfant à un stade avancé de la grossesse. Leur couple durera six ans. Simone rencontre Yves Montand en 1949. C'est le coup de foudre. Le genre de rencontre qui change tout, irrémédiablement. Montand lui donne un ultimatum. C'est lui ou moi. Un paparazzi la prendra en flagrant délit d'infidélité, une photo, tôt le matin, en sortant de la chambre de son amant... Simone court annoncer la nouvelle à son mari de peur qu'il ne l'apprenne par la presse. Plus tard, elle se demandera souvent ce qu'elle aurait fait si cette photo n'avait pas été prise.

 

Décembre 1951, Jacques Prévert est le témoin de son second mariage. Simone a besoin d'admirer son mari, elle est servie ! Peut-être un peu trop mais elle peut compter sur lui pour le lui rappeler. Alors qu'elle a refusé le rôle de Thérèse Raquin pour assister Montand durant sa tournée, elle raconte une anecdote symbolique de leurs nombreuses batailles (voir l'Extrait ci-dessous).

 

Alors que le visa leur a été refusé durant des années en raison de leurs opinions politiques, le couple part aux Etats-Unis. Simone joue, Yves chante. Elle sera la première actrice française a obtenir l'oscar de la meilleure actrice pour le film Room at the top.

 

Le couple n'aura pas d'enfant. Simone fera deux fausses-couches, à nouveau à un stade avancé. Elle perdra également son frère, happé par la mer. Malgré les malheurs, le couple a le sens de la famille et de l'amitié. Ils aiment vivre en tribu. A Autheuil, ils achètent une maison de vacances comprenant plus de vingt pièces afin que tous les amis proches puissent y avoir leur chambre. Au moment de signer le contrat, ils sont tous invités ! Simone est exclusive et ne supportera pas, par la suite, que certains d'entre eux s'achètent leur propre maison de vacances.

 

L'auteure aborde avec justesse et tact l'impact des années. Alors que Montand est de plus en plus séduisant pour les femmes, Simone est davantage marquée par le temps. Les infidélités de son mari lui fabriqueront un refuge qui n'arrangera rien, l'alcool. Pourtant, l'actrice refusera la chirurgie, allant jusqu'à s'enlaidir pour certains rôles. La femme trompée reste digne, elle écrira à propos de Marilyn : « elle n'aura jamais su combien je ne l'ai jamais détestée, et comme j'avais bien compris cette histoire qui ne regardait que nous quatre et dont le monde entier s'est occupé dans un temps troublé où il se passait pourtant des choses plus importantes ».

 

En refermant cette biographie, un constat : l'inexistence d'une filiation. Même si de nombreux artistes sont engagés, aucun d'entre eux ne l'est au point de placer leur engagement avant leur carrière. La femme, l'actrice, l'auteure, la citoyenne, Simone Signoret a su, mieux que personne d'autre, quadraturer cette formule magique.

 

Une lecture riche et inspirante basée sur une recherche incroyablement foisonnante. Bravo à l'auteure pour ce portrait fouillé d'une magnifique densité.

 

4--toiles-copie-1.gif Réédité à l'occasion des 25 ans de la mort de Simone Signoret

Robert Lafon, 369 pages, 2010

 

Extrait

« Ce jour-là, je tricotais comme aime à le faire une épouse effacée et comblée. Il (Yves Montand) répétait, et ça n'allait pas exactement comme il voulait. C'est alors qu'il s'avisa de la disparition d'un petit bout de papier qu'on avait posé sur le piano auquel on n'aurait jamais dû toucher, sur lequel il avait noté des choses de première importance (...). je ne sais qui était responsable de ce transfert (...). toujours est-il que, le bruit des aiguilles à tricoter aidant, j'ai agacé mon mari. Il m'a contemplée un moment et a dit :

« - Tu fais quoi ? Tu es là, tu tricotes...

- Je suis là parce que je suis bien, si je n'étais pas là, je serais en train de travailler.

- Travailler, c'est vite dit. Pour travailler, il faut qu'on vous demande.

- ...pour travailler, il faut qu'on vous demande ? Je pourrais être en train de tourner Thérèse !

- Pour Thérèse, ils ne te voulaient pas vraiment, d'ailleurs il paraît que c'est X qui va le faire. »

Comme c'est un truc qui fonctionne toujours très bien avec moi, je me suis levée, j'ai roulé consciencieusement mon ouvrage, planté parallèlement mes aiguilles à tricoter et pris un temps fou pour aller jusqu'au téléphone. J'ai cherché studieusement le numéro de la production. Je le connaissais par cœur. Je me disais : il va m'arrêter. Il lisait le journal. Lentement, j'ai composé le numéro (...). J'ai dit : « c'est moi, Robert, je veux bien faire Thérèse ». Je m'attendais à tout, par exemple : « c'est trop tard, ça ne nous intéresse plus, Carné est fâché, Mlle X a signé son contrat... » Mais si Robert Hakim a jamais eu la voix d'un séraphin, il l'a eue ce jour-la en me répondant : « Je suis bien content, signons demain. »

J'ai raccroché. J'ai dit : « Tu vois ».

 

Et le César est attribué à...

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

 

A tribute to...

 

 

Et parce que c'est beau...

 

 

Elles l'ont également apprécié...

Cynthia, Lily, Lili Galipette, Pascale...

 

Un grand merci pour cette découverte à...

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 et aux Editions Michel Lafon



Par Theoma - Publié dans : Biographies
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 06:04

 

St-Malo, une des plus belles villes de Bretagne.

Authentique, animée, protégée par ses habitants.

Il suffit de s'asseoir sur la plage et d'admirer les marées.

Juste fascinant.

 

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Et puis soudain, du vert partout autour...

Dans une grande ville ! Celle de Rennes.

Le Parc du Thabor, le rêve des petits garçons qui marchent avec un bâton.

 

 

 

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Par Theoma - Publié dans : Balades au gré du vent
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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 06:34

 

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« Étymologie

Celle du mot école, on le sait bien, c'est scholê, un mot grec qui signifiait : loisir. »

 

Alain Chopin est prof dans un lycée professionnel. Et là, tout de suite, vous imaginez la galère du pauvre gars qui reçoit des boulettes de papier à longueur de journée de la part d'élèves illettrés beaucoup trop nombreux et de toutes origines. Vous le visualisez usé blasé blackboulé.

 

Que nenni ! Alain Chopin est le prof que vous auriez voulu avoir, que vous voulez pour vos enfants. Prof est une profession de foi et l'auteur a non seulement foi en son métier mais il nous la redonne, nous la transmet avec enthousiasme et dignité. Ça nous change des témoignages bien glauques dont les médias sont friands.

 

Aller chercher ses élèves un par un, apporter des bouteilles d'eau pour la dernière période du vendredi après-midi qui a lieu après deux heures de sport et ouvrir la discussion car il ne faut pas trop en demander. Dénoncer de temps en temps :

 

« Fatigue

Des heures et des heures de préparation de cours. Dictées par la peur des élèves. Bien tout boucler, hermétiquement, pour qu'aucune question ne vienne déstabiliser ce bel ensemble. C'est usant, stérile. Et, du coup, beaucoup trop de travail et pas de vrai travail, ouvert, créatif, plaisant, jouissif. Que du laborieux, du chiant, du défensif. Fatigue des élèves, aussi : emploi du temps surchargé, transports en commun, travail à la maison dans des conditions pas toujours idéales. »

 

Un grand lecteur c'est connu, c'est contagieux. Il transperce les pages cet amour ! Celui de l'auteur pour la littérature. La vraie, celle qui n'a rien d'élitiste, qui n'enjolive pas les phrases pour afficher son vocabulaire mais qui va droit au cœur. Faire confiance aux élèves, les classiques, ils savent les incarner et avec classe ! J'aurais bien voulu moi les voir jouer Inconnu à cette adresse et écouter du rap à la fin de la pièce !

 

Un récit où chacun peut s'y retrouver, professionnels évidemment mais parents et tous les anciens élèves que nous sommes. Attention cependant, Alain Chopin arriverait presque à donner l'envie de devenir enseignant !

 

4--toiles-copie-1.gif Éditions Dialogues, 203 pages, 2010

 

J'aime cet extrait...

« Dure. On ne peut pas négocier avec elle. C'est oui, ou c'est non. C'est cash oui comme disent les élèves, ou c'est cash non. Elle tient tête, frontalement. Elle se fout totalement des éventuelles conséquences, des éventuelles punitions : colles devoirs supplémentaires renvois temporaires conseils de discipline, ce n'est pas son affaire, elle n'y pense même pas. Révoltée butée têtue tenace, elle ne lâche jamais l'affaire.

 

Elle est sensible, d'une intelligence rare, très vive, elle comprend tout, en un éclair. Elle est en lycée professionnel, non par choix pour un métier, mais uniquement pour des raisons sociales, comme beaucoup de nos élèves d'ailleurs, mais pour elle c'est particulièrement flagrant.

 

Elle lit comme personne. Quand Siham lit, aucun des élèves ne parle, ne bouge, même les plus indifférents aux textes littéraires, même les plus agités. Elle met tout : sa rage sa force sa densité, et parfois, c'est à pleurer, tout à coup, une grande douceur. »

 

Lu aussi par...

Cathulu,Choupynette, George, Hambrellie, Keisha, La Lettrine, La Pyrénéenne, MalicePraline...

 

Lu grâce à...

dialogues-croises.png

 

 

 

  Merci pour la découverte !

Par Theoma - Publié dans : Ce qui finit par "o" (psycho, socio, philo...)
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 06:47

 

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La quatrième couverture est prometteuse : « Adieu temps de chien et blues du dimanche soir: Voici le tout premier guide du bonheur par les livres : quarante textes incontournables pour rire, s'attendrir, se réconforter s'évader - bref, pour se faire du bien. »

 

Je m'attendais donc à recevoir une boîte à trésors. J'ai été déçue de constater qu'il s'agit d'un outil promotionnel. Après tout, pourquoi en serait-il autrement dans notre société de consommation ? Le livre, même drôle, est conçu non pas pour « faire du bien », mais pour faire vendre...

 

Sorti dans le cadre des 40 ans des Éditions Points, ce livre n'expose, évidemment, que des titres édités chez Points. La présentation n'est pas scolaire mais au contraire ludique, l'auteure a fait son maximum. Malgré ce fait et son prix modique de 3 euros, je ne peux, hélas, pas démontrer son intérêt.

 

2--toiles.gif Points, 122 pages, 2010

 

Lu grâce à ou à cause de... ;-) 

 

dialogues-croises.png

 

Par Theoma - Publié dans : Ce qui finit par "o" (psycho, socio, philo...)
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Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 01:04

 

rosemonde.jpg  

 

Je vous préviens, la longueur de ce billet est inhabituelle. Après courte réflexion, je me refuse à le raccourcir. Bordel de merde ! Laissons, pour une fois, à Rosemonde Gérard la place qu'elle mérite !  Que vous connaissiez ce nom ou que vous ne soyez pas amateurs de classiques, écoutez l'histoire que Laurence Catinot-Crost a conté à Aifelle et moi-même.

 

Je sais, si Rosemonde me lisait, elle gronderait mon langage à coup de semonces bien ordonnées, elle qui savait manier la langue avec tant de grâce. Pourtant, je ne peux que ressentir un peu de colère et beaucoup de gâchis devant la vie de cette femme d'exception. Résumons !

 

A 23 ans, Rosemonde Gérard publie un recueil de poésie, Les pipeaux, qui sera salué par la critique et l'Académie française. Une poétesse est née. Un an plus tard, elle épouse Edmond Rostand. Elle l'appelle Gri-Gri. Il la surnomme ma fée. Bien plus qu'une muse, Rosemonde est le guide, le tant et le tout. Elle endosse son rôle comme un sacerdoce, Edmond l'avoue, sans elle, tout dérive. Il le lui écrit :

 

« Je me suis un peu habitué à ne rien faire par moi-même. Votre amicale tyrannie, votre despotisme cher me manquent. Personne ne me gronde plus ! »

 

« J'ai soif d'art, d'une œuvre véritable, délicate, peut-être puissante, de quelque chose qui en le faisant, me donne un petit battement de cœur d'émotion ou d'orgueil. (...) Encouragez-moi. Fortifiez mes résolutions. Et, puisque vous avez consentit à vous occuper de moi, veillez bien sur mes rêves... »

 

 

Elle répond présente et prête à partir en guerre :


« L'argent, pour des gens comme nous, est-ce que ça existe seulement ! Mais la gloire ! La gloire, vois-tu, je la rêve ardemment pour toi. La gloire, je ferai tout pour que tu l'aies. Et si elle m'est si chère, c'est un peu parce qu'elle est comme un complément de notre amour. En effet, tu la désires parce que tu m'aimes et moi je la désire aussi parce que je t'aime. Et ce qu'il y a de merveilleux dans cela, c'est que cette gloire, nous y arriverons grâce à notre sublime amour. »

 

 

De leur union, naît deux fils, Maurice et Jean, qui, plus tard, se démarqueront tous deux brillamment. Rosemonde est une mère heureuse. Elle se consacre entièrement à sa famille. Maurice Rostand le dira plus tard :

 

« Ma mère avait pour ainsi dire oublié volontairement qu'elle était poète ! Elle croyait si fermement à l'œuvre d'Edmond Rostand qu'elle ne voulait pour rien au monde en troubler l'accomplissement. Il lui semblait que le temps et l'attention qu'elle vouerait à son œuvre personnelle risqueraient de nuire à celle d'Edmond Rostand. Et ainsi, entièrement absorbée par le grand travail qui se faisait auprès d'elle, elle préféra celui-ci au sien jusqu'au jour où la gloire de mon père fut entièrement affirmée »

 

 

Edmond monte ses pièces à Paris. Le soir, il tient salon chez Sarah Bernhardt et passe ses nuits avec des comédiennes. Il envoie régulièrement à sa femme ses manuscrits en lui demandant de les travailler :

 

« A ce propos, la scène d'amour, tâche de la revoir, celle du dernier acte. Je la sais par cœur. Écris-la à partir de « Je t'ai toujours aimé va mon pauvre petit », jusqu'à la fin. Tu verras, comme moi, qu'il y manque je ne sais quoi. Et en la récitant peut-être y trouveras-tu une ou deux choses bien tendres et bien simples. »

 

 

Dans tous ses courriers, Rosemonde est inspirée :


« J'ai plusieurs idées pour La Sainte. (...) Si tu as comme ça d'autres petites choses à chercher, au lieu de t'agacer dessus donne-les moi. Mais, tu comprends, des petites choses possibles à trouver pour ma pauvre petite cervelle de femme et qui plus est de femme dont le Gri-Gri est à Paris... »

 

 

Tout cela dans le plus grand secret. Edmond ne veut pas qu'il soit dit que son épouse participe à l'écriture de ses pièces. Rosemonde rassure son orgueil :

 

« A quoi penses-tu de croire que j'eusse été assez bébête pour dire à ton père que le plus petit commencement d'idée (car tu y as énormément ajouté comme portée générale) était éclos dans ma faible cervelle. (...) »

 

 

Plusieurs années plus tard, elle continuera à se défendre cette idée. Ainsi, à un journaliste qui lui parle de son talent d'écrivaine, elle répond :

 

« Je suis plus fière de mes deux fils que de mon livre. Parfois je fais encore des vers... quand j'ai le temps. On les publiera peut-être un jour, mais les occupations familiales m'absorbent tout entière. Je suis si peu de chose auprès de mon époux ! Je me contente de l'admirer sans l'aider jamais en rien, car on n'aide pas les inspirés. »

 

 

Les lettres écrites à l'intention de son mari témoignent de sa fantaisie et de son audace. Rosemonde est coquine...

 

« C'est l'absence qui me rend un peu pornographique... (...) Ah ! Chéri ! Combien je te désire, et combien bien ! (...) Prends-moi. Je suis tellement tienne que c'est bête de le dire ! Tu le sais. Et puis tu le verras. (...) je t'aime tant que je ne trouve que des idioties à te dire. L'amour n'est, hélas ! rien moins que Sévigné. A mesure que je t'aime plus – chaque jour – j'écris un français qui n'est même plus une langue car je pense trop à la tienne que je voudrais tant tenir à la façon des sucres d'orge, tellement moins bon et moins sucés qu'elle, l'adroite petite chérie ! Je crois que je vais la mordre !

 

 

De retour chez lui, Rostand est difficile à vivre. Il peut rester enfermer dans « sa tour » durant des jours, subir des crises d'angoisses, être un jour apathique, puis le lendemain à l'article de la mort. Rosemonde, d'une patience infinie, écoute, soigne, fait la lecture, le nourrit, le lave et l'habille.

 

Pendant l'écriture, il lui arrive de jeter des pages entières. L'épouse, comme une mère qui console son enfant, récupère, répare, écrit. Elle est peut-être celle à qui nous devons la sauvegarde de ses œuvres majeures.

 

Avec le temps, Rosemonde résiste au tempérament de son époux, à ses infidélités et à son égoïsme. Puis, c'est le déclic. Maurice doit subir une importante opération à Paris. Edmond refuse de les accompagner et accuse sa femme de l'abandonner. En quittant la maison avec Maurice, elle sait qu'elle vient de décider de mettre un terme à son couple.

 

Après la mort d'Edmond Rostand, Rosemonde ne changera rien à sa personnalité généreuse, elle affirmera à un journaliste : « Ah! Je puis dire sans mentir, j'ai été une femme comblée ». Dès 1912, elle co-écrit avec Maurice plusieurs pièces. La relation entre la mère et le fils est belle, presque fusionnelle. Les vipères crieront à l'inceste. Maurice en ri, il ne couche pas avec les femmes, encore moins avec sa mère !

 

En 1926, 37 ans après la publication des Pipeaux, L'Arc-en-Ciel est édité. A l'instar du précédent, il est couronné par l'Académie française. D'autres viendront encore.

 

En refermant ce livre, on ne peut plus parler de « l'influence » de Rosemonde Gérard sur l'œuvre de son époux mais se questionner sur l'ampleur de sa participation. Laurence Catinot-Crost y répond :

 

« En l'absence de documents originaux portant les corrections manuscrites de Rosemonde, il est bien difficile de définir sa participation et d'en amener la preuve. Nombre d'archives privées n'ayant pas été exploitées, il appartiendra aux générations futures de révéler le rôle véritable de l'épouse de Rostand. »

 

 

Une biographie différente de par l'originalité de son ton. Une lecture accessible et fascinante ! Aucun détail ennuyeux mais la vie d'une femme dont l'auteure nous parle avec un plaisir contagieux. Une poétesse à (re)découvrir de toute urgence !

 

4--toiles.gif Éditions Seguier, 210 pages, 2006

 

LECTURES COMMUNES, bouton1

 

 

 Une lecture commune avec Aifelle que je remercie d'avoir publié des poèmes de  Rosemonde et de m'avoir ainsi donné l'envie de la découvrir. 

 

 

 

Réhabilitons Rosemonde Gérard !

Savez-vous que le fameux « Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain » provient d'un de ses poèmes ? Il m'a chamboulée, à découvrir avec émotion ici.


Par Theoma - Publié dans : Biographies
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 05:01

  rosemonde-gerard.jpg

 

 

Le saviez-vous ?

 

Le fameux « Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain » provient d'un des poèmes de Rosemonde Gérard, poétesse, dont je vous parlerais plus en détail dans quelques jours. Je l'ai découvert avec émotion.


 

« Lorsque tu seras vieux...

 

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,

Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,

Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,

Et je te sourirai tout en branlant la tête,

Et nous ferons un couple adorable de vieux.

Nous nous regarderons, assis sous notre treille,

Avec de petits yeux attendris et brillants,

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

 

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,

Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer,

Nous aurons une joie attendrie et très douce,

La phrase finissant toujours par un baiser.

Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ?

Alors avec grand soin nous le recompterons.

Nous nous ressouviendrons de mille choses, même

De petits riens exquis dont nous radoterons.

Un rayon descendra, d'une caresse douce,

Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,

Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,

Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

 

Et comme chaque jour je t'aime davantage,

Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain,

Qu'importeront alors les rides du visage ?

Mon amour se fera plus grave - et serein.

Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent,

Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.

Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent

Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens.

C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge,

Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main

Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage,

Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.

 

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve,

Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur,

Retenir s'il se peut l'impression trop brève

Pour la ressavourer plus tard avec lenteur.

J'enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,

Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ;

Je serai riche alors d'une richesse rare

J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours !

Ainsi de ce passé de bonheur qui s'achève,

Ma mémoire parfois me rendra la douceur ;

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve

J'aurai tout conservé dans le fond de mon coeur.

 

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,

Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,

Nous nous croirons encore aux jours heureux d'antan,

Et je te sourirai tout en branlant la tête

Et tu me parleras d'amour en chevrotant.

Nous nous regarderons, assis sous notre treille,

Avec de petits yeux attendris et brillants,

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs. »

 

 

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Par Theoma - Publié dans : En français
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