Langues étrangères

Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 06:39

 

 

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« Ce sont les gars comme Hayduke qui donnent mauvaise réputation aux barbus ».

 

Quatre révoltés écologistes décident de tailler un bout de route ensemble afin de redonner ses droits au désert.

 

Le gang de la clef à molette a été publié dans son pays d'origine, Les États-Unis, en 1975. Il est rapidement devenu une source d'inspiration pour tout écoguerrier prônant un militantisme plus ou moins pacifiste.

 

Activiste écologiste radical, Edward Abbey fut l'un des premiers représentants d'une prise de conscience écologique dans son pays. Il a aimé le désert passionnément et sa plume s'en ressent. Le lecteur est plongé grâce à de sublimes descriptions dans un univers rugueux d'une beauté époustouflante.

 

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Haletant, incitatif, insolent, railleur, un roman qui se lit un sourire aux lèvres mais qui change votre vision du Lac Powell à jamais.

 

Dans la préface, Robert Redford parle avec tendresse et respect de cet homme qui parlait peu. Il nous apprend que l'auteur a souhaité mourir et être enterré dans le désert. Deux de ses amis ont exaucé son vœux. Personne ne sait où Edward Abbey est enterré. L'acteur termine : « Si je devais faire un dernier commentaire sur la sortie d'un homme que j'aimais et que j'admirais, je demanderais à ce que personne ne cherche jamais à le retrouver. Il n'aurait pas aimé ça. »


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« Pas de trace. Pas de totem. Pas d'adieu. » Juste la grande classe.

 

4--toiles-copie-3.gif Editions Gallmeister, 496 pages, 2006

 

L'avis de Keisha qui m'a donné envie de le découvrir, bien d'autres avis ici.

 

Le site de l'auteur

 

La citation

« Résistez toujours. Obéissez peu. »

Walt Whitman 

 

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pioché en bib

 

 

 

 Merci à ma superbiblio pour la commande !


 

 

 

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 00:04

 

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« - Alors, qu'allons-nous faire ? demanda Tashie, en pleurs.

- Telles que je nous connais, Tashie chérie, répondit Mabs, nous opterons pour la facilité.

Je ne pense pas que nous fassions quoi que ce soit. ».

 

1926, Flora a dix ans quand elle rencontre Cosmo, Hubert et Félix. Elle les aimera toute sa vie.

 

Mary Wesley a écrit son premier roman à l'âge de 70 ans. J'adore le dire, le clamer, le répéter. C'est à mon sens une source d'espoir. Ne vous méprenez pas, je ne veux pas dire qu'écrire est accessible à tous mais que le nombre de rides, au contraire de ce que cette société du lisse aimerait nous faire croire, ne nous détermine pas.

 

Et on sent si bien cette influence dans l'œuvre de l'écrivaine ! Cette manière de revendiquer que le tard l'emporte sur la fatalité.

 

Après avoir passé un savoureux moment avec La pelouse de camomille, j'ai retrouvé avec délice la plume insolente de l'auteure. Les Raisons du cœur dont le titre original est bien meilleur (A Sensible Life) est un concentré d'impertinence. Les personnages sont abordés avec profondeur et sans concession. L'audacieuse n'hésite pas à les maltraiter, à les rendre bien plus rugueux pour mieux surprendre le lecteur.

 

Ce qui me plait particulièrement chez Mary Wesley est ce paradoxe exceptionnel d'une écriture au charme désuet qui parvient à se transfigurer dans la modernité de l'histoire. La magnifique couverture réussit à donner un avant goût d'une grâce so british.

 

Un moment d'effronterie à déguster.

 

4--toiles-copie-3.gif Éditions Héloïse d'Ormesson, 525 pages, 2010

 

Extraits

« A l’heure de sa vieillesse, Flora aurait beau oublier constamment le nom des gens, les évènements qui s’étaient produits une semaine plus tôt, les titres de livres, le côté éphémère de la vie, elle se rappellerait toujours aussi bien le quai de Dinard où, plantée sous la pluie battante, elle regardait les vedettes s’éloigner. »

 

« Il ne faut jamais retourner dans un endroit où on a été heureux sous peine de dénaturer tous ses bons souvenirs. »

 

« Il n'y a pas meilleur moyen de perdre une amie que de l'épouser. »

 

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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 00:05

 

 

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« J'en déduisis que l'oubli n'est pas seulement une forme de souvenir,

mais que le souvenir est aussi une forme de l'oubli. ».

 

Petite fille, j'adorais écouter des histoires sur des 33 tours. (Pourquoi ai-je l'impression d'être si vieille en écrivant « 33 tours » ?) Je tremblais devant le loup soufflant sur les maisons des Trois petits cochons, j'étais décomposée à la fin de La case de l'oncle Tom et je connaissais par cœur l'album audio de Candy.

 

Aujourd'hui, je podcaste assidument les lectures de  Guillaume Gallienne dont la voix me transporte à chaque fois. J'étais donc entièrement réceptive à tester pour la première fois un audiolib.

 

Au fait, savez-vous quelle est la différence entre un livre à écouter et un audiolib ? Ce dernier vous garantit le texte intégral. Ainsi, j'ai été bercée durant plus de 7 heures au son de la très belle voix de Cachou Kirsch.

 

Si la voix et la lecture de la liseuse m'ont emballée, j'ai tout de même rencontré quelques écueils. Premièrement, mon lecteur à CD n'est pas équipé pour un disque MP3. Il ne me restait plus que la voiture et les conditions d'écoute n'ont pas été idéales. Par moment, j'étais concentrée sur la route et je n'écoutais plus l'histoire (impossible de revenir en arrière, les plages du disque ne le permettent pas). Il m'est aussi arrivée d'être happée par le roman et de me faire klaxonner au feu vert.

 

J'ai donc voulu transférer le CD sur mon ipod, ce qui pour des raisons qui m'échappent, n'ont pas été évidentes. J'ai souvent eu envie de relire quelques phrases ou de corner une page mais les deux sont hélas impossible. Le bruit de ces dernières m'ont d'ailleurs manqué.... Trop souvent, j'ai réalisé que mes pensées voyageaient et que je n'étais plus dans l'histoire. Ma mémoire auditive m'a donc joué quelques tours.

 

Tant qu'au roman, j'ai bien aimé la saveur de ces souvenirs foisonnants de détails mais j'ai davantage apprécié la liseuse, Cachou Kirsch que la lecture. Renouvellerais-je l'expérience ? Pourquoi pas mais en téléchargeant directement la version MP3 et en continuant à être attentive à la voix qui sert l'œuvre. Pour des questions d'affinités, certaines voix ne passent tout simplement pas.

 

4--toiles.gif Audiolib, 7h30, 2010

3--toiles.gif Éditions Anne Carrière, 267 pages, 2010

 

Pour écouter un extrait

 

Extraits

« Quand nous étions encore toutes petites, c'étaient les secrets cachés sous les dalles qui nous attiraient, plus tard ce fut le soleil couchant. Cet escalier extérieur était un lieu merveilleux. Il appartenait tout à la fois à la maison et au jardin. Il était pris d'assaut par un rosier grimpant, et quand la porte d'entrée restait ouverte, l'odeur des pierres du vestibule se mêlait au parfum des roses. L'escalier n'était ni en haut ni en bas, ni dedans ni dehors. Il était là pour assurer en douceur mais avec fermeté la transition entre deux mondes. Ainsi s'explique sans doute la prédilection des adolescents pour ce genre d'endroit, leur penchant à s'installer dans des escaliers comme celui-là, à se tenir dans l'entrebâillement des portes, à s'asseoir sur les murets, à s'agglutiner à des arrêts de bus, à courir sur les traverses d'une voie ferrée, à regarder du haut d'un pont. Passagers en transit, consignés dans l'entre-deux. »

 

Les avis des autres lecteurs recensés ici

 

Pour la découverte, UN GRAND MERCI à Thomas et aux éditions Audiolib !

 

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Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 05:46

 

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« A qui de droit : de temps à autre il arrive un moment où les forces neutres et impersonnelles que contient le monde changent de cours et se rassemblent en faisant exploser la raison. On ne trouve pas d'explication à cette terreur soudaine, à cette sensation de réprobation, sinon qu'un état de choses reflète toujours le doute intime, la peur secrète. »

 

 

 

Poétesse et auteure d'un roman, de nouvelles, d'écrits pour les enfants, Sylvia Plath est devenue  une icône. Une femme dont l'œuvre, intense, n'a pas été prise dans toute sa dimension.  

 

Bipolaire, Sylvia Plath a exploré les profondeurs de la dépression et en a ressorti de grands écrits. Son mariage avec le poète Ted Hughes continue de susciter la controverse. Inutile d'en reprendre les raisons complexes ici. Je vous encourage vivement à découvrir cette incroyable poétesse, ce génie des mots dont la vie est étroitement mêlée à son oeuvre.

 

Comme le titre l'annonce, Carnets Intimes recueille des textes personnels d'une grande intériorité. Si les nouvelles peuvent être inégales, la plume y est toujours sublimée. Chapeau à la traductrice Anouk Neuhoff qui transmet le sens sans trahir la beauté de la langue.

 

Je ne peux en parler davantage. Il s'agit bien évidemment d'un indispensable.

 

5--toiles.gif La Table ronde, 221 pages, 1991

 

Extraits

« Désormais, je parlerai toutes les nuits. A moi-même. A la lune. Je marcherai, comme je l'ai fait ce soir, jalouse de ma solitude, dans le bleu argenté de la lune glaciale, qui miroite sur les congères de neige fraîche en renvoyant des milliers d'étincelles. Je me parle à moi-même en contemplant les arbres sombres, d'une bienheureuse neutralité. C'est tellement plus facile que d'affronter les gens, que de devoir paraître heureuse, invulnérable, intelligente. Tous masques ôtés, je me promène en parlant à la lune, à cette force neutre et impersonnelle qui n'entend pas, mais se contente tout bonnement d'accepter mon existence. » sylvia-plath.jpg

 

« Cela paraît un incroyable soulagement de savoir qu'il existe quelqu'un en dehors de sa propre personne qui n'est pas heureux à longueur de temps. Il faut aller très mal pour se retrouver ainsi plongé dans les ténèbres : au point de croire que les autres, pour la simple raison qu'ils sont « autres », sont invulnérables. C'est un fichu mensonge. »

 

« Ce que je redoute le plus, je crois, c'est la mort de l'imagination. Quand le ciel, dehors, se contente d'être rose, et les toits des maisons noirs : cet esprit photographique qui, paradoxalement, dit la vérité, mais la vérité vaine, sur le monde. »

 

« Il y a un jour qu'on ne peut jamais oublier, quels que soient les efforts qu'on déploie. On se souvient toujours du jour où l'été revient, et où il fait assez chaud pour aller faire du canoë. Quand le premier beau jour de juin arrive, on en garde le souvenir, vif, cristallin, comme si on le contemplait derrière un rideau de larmes... »

 

Les avis des autres lectrices ici dont celui de Cathulu qui en a fait un livre voyageur !

 

Les liens

Sylvia Plath par Wikipedia

Sylvia Plath : Chronique d'une stigmatisée

Sylvia Plath par l'Encyclopédie sur la mort

Ted Hughes par Wikipedia

Frieda Hughes par Wikipedia

 

Elle a inspiré une chanson...

 

 

 

Elle a inspiré un film > contesté par sa fille Frieda Hughes

 

 

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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 06:53

 

"Un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune

et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes."


Oscar Wilde, of course.

 

 

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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 06:16

 

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« Pourquoi, Mr Stevens, pourquoi, mais pourquoi, faut-il toujours que vous fassiez semblant ? »

 

Mr Stevens est majordome dans une grande maison d'Angleterre. Il a dédié sa vie à son travail, servir avec dignité, comme son père avant lui.

 

Mr Stevens est le genre d'homme que vous avez d'abord envie de prendre par les épaules afin de le secouer gentiment et de l'alerter sur sa vie qui est en train de passer son chemin sans qu'il s'en aperçoive. Puis, vous vous prenez à avoir des impulsions bien plus téméraires. Le prendre par les pieds et le pendre dans le vide en fait partie.

 

Mr Stevens est bien plus qu'un personnage, c'est le symbole du flegme britannique qui impose à tout anglais de refouler ses émotions. Gardons notre sang-froid avant tout et si Père meurt, faisons comprendre à notre entourage que nous ne pouvons pas le voir « dans son état de décès à ce moment précis » car nous devons servir Sa Seigneurie avant tout.

 

Une lecture qui nous emmène en balade dans la lande, cheveux au vent. Des pages empruntes d'une douce nostalgie, de regrets et du sens donné à une vie. Et quand il ne reste rien, on a envie de consoler Mr Stevens de son incompréhension au monde, de sa maladresse, de lui-même. 

 

4--toiles-copie-3.gif Gallimard, 338 pages, 2010

 

Extrait

« Nous nommons Grande Bretagne cette terre qui est la nôtre, et il se peut que d'aucuns y voient un manque de modestie. Mais j'oserai avancer que son paysage justifierait à lui seul l'emploi de cet adjectif imposant.

Mais qu'est-ce que précisément que cette « grandeur » ? En quoi, au juste, réside-t-elle ? Je suis conscient qu'il faudrait une intelligence bien supérieure à la mienne pour répondre à pareille question, mais si j'étais forcé d'émettre une hypothèse, je dirais que c'est justement l'absence de tout caractère dramatique ou spectaculaire qui est le trait distinctif de la beauté de notre terre. Ce qui compte, c'est le calme de cette beauté, sa retenue. C'est comme si la terre connaissait sa propre beauté, sa propre grandeur, et n'éprouvait aucun besoin de les clamer. »

 

Les avis de...

Agnès, BladelorFolfaerie, KalistinaKarine, Lilly, Malice, Manu...

 

Une lecture qui s'inscrit dans le cadre...

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Et de 10 !

Un coup de coeur d'Ofélia

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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 06:56

 

 

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« C'est quoi ton rêve ? Roy réfléchissait et ne trouvait rien à répondre. Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père. »

 

Un père dépressif et inconscient emmène son fils adolescent vivre un an sur l'île Sukkwan en Alaska. Personne aux alentours de 30 km si ce n'est le facteur qui fait sa tournée mensuelle en hydravion.

 

Whaou ! Les bras m'en tombent, les mots me manquent. Pour une fois diront certains. Le style est descriptif (il s'agit de nature writing), il ne se passe pas grand chose et c'est justement là que réside toute la nervosité du roman. On pressent le cataclysme, on le sait, un truc horrible et bien glauque va arriver. Pourtant pan en pleine face, on ne l'avait pas vu venir et ce qui va suivre encore moins.

 

En tournant les pages, je n'avais qu'une envie, étriper ce père toxique et engueuler la mère qui a laissé partir son fils avec un taré pareil dans un endroit glacé et désert ! La tension est asphyxiante. Le lecteur reste prisonnier d'une tragédie presque shakespearienne.

 

Un sacré premier roman !

 

4--toiles-copie-4.gif Gallmeister, 212 pages, 2010, Prix Médicis étranger 2010

 

Extrait

« A travers la ramure des arbres, il aperçut quelques étoiles pâles, mais bien plus tard, après que le ciel se fut découvert. Il avait froid et il frissonnait, son cœur battait toujours, la peur s'était ancrée plus profond, s'était muée en une sensation de malédiction, il ne retrouverait jamais la route vers la sécurité, ne courrait jamais assez vite pour s'échapper. La forêt était horriblement bruyante, elle masquait même son propre pouls. Des branches se brisaient, chaque brindille, chaque feuille se mouvait dans la brise, des choses couraient en tous sens dans le sous bois, des craquements bien plus lourds aussi, un peu plus loin, sans qu'il sache vraiment s'il les avait entendus ou imaginés. L'air de la forêt était épais et lourd, il se fondait dans l'obscurité comme s'ils ne faisaient qu'un et se ruait sur lui de tous côtés. J'ai ressenti cette peur toute ma vie, pensa-t-il. C'est ce que je suis.  »

 

Ils sont nombreux à l'avoir lu...

AJ XD, Alex-Mot-à-MotsAliénor, Audrey, Brize, Caroline, Cathulu, Choco, Clara, Craklou, Cryssilda, Cuné, Dasola, Emeraude, Emma, Fée de passage, Fredo, Incoldblog, IsaJeanjean, Jostein, Kallikrates, Keisha, La Lettrine, LapublivoreLa Pyrénéenne, Lasardine, Leiloona, Madame Charlotte, Malice, Mango, Melmelie, Mobylivres, Papillon, Paul ArrePimprenelle, Plaisirsàcultiver, Saxaoul, Secondflore, Stéphanie, Stéphie, Uncoindeblog, Velvet, Virginie, Ys...

 

Ils ont eu le plaisir de rencontrer l'auteur...

Craklou, Cryssilda, Emma, Fée de passage, Incoldblog, Stéphie

pioché en bib

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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 12:10

 

 

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« Il a une carrière respectable, il a trois enfants adorables, il m’a, il a notre maison de rêve.

Il a, en fait, tout ce que j’ai toujours voulu. »

 

Connie rentre seule de Rome, là où elle a passé un week-end avec son mari, celui qu'elle aime depuis l'enfance, le père de ses trois enfants. Matt est resté là-bas avec les fantômes du présent.

 

Commençons bien l'année ! Ce billet est une déclaration ! J'aime Kate O'Riordan d'amour. Après Le garçon dans la lune et Pierres de mémoire, j'ai retrouvé les mots de l'auteure irlandaise comme un pyjama chauffant sur le radiateur après une journée à la neige.

 

Encore une fois, elle décortique le couple, la famille, s'engouffre dans les failles, sans brutalité ni violence. Les sujets de la crise de la quarantaine, de l'adultère, du couple qui s'essouffle sont légion dans la littérature, pourtant Kate O'Riordan réussit à les traiter avec originalité et sans aucun manichéisme.

 

Aucun des personnages n'est ce qu'il semble être, le lecteur est maltraité, trahi, fourvoyé. La complexité (ou l'extrême simplicité ?) du sentiment amoureux est brillamment mis en scène. Sensible, terrifiant, droit au cœur. Kate, you rule !

 

5--toiles.gif Éditions Joëlle Losfeld, 278 pages, 2010

 

Extrait

« C’était pitoyable : même avec sa meilleure amie, celle à qui elle confiait la vie de ses enfants, elle jouait un rôle. Il y avait la Connie qu’elle avait façonnée au fil des ans. Mère de trois garçons, épouse de leur père, sœur, fille. On serrait les dents, on continuait, on se levait tous les matins, on s’habillait et on mettait du mascara et du rouge à lèvres, on disait : « Bien, merci, et vous ? » Si on perdait cette personnalité, celle qu’on avait façonnée, il était impossible de savoir qui on trouverait pour la remplacer. »

 

Elles en parlent aussi ici PIOCHE EN BIB


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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 05:27

 

 

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Traduction de François-Victor Hugo, of course.

 

« Il y a quelque chose de pourri dans l'empire du Danemark... »

 

Quand on aime Shakespeare, on ne se lasse pas de relire ses pièces à certaines périodes de la vie. Alors qu'Hamlet m'avait laissé une forte emprunte lors de sa découverte, il m'a dernièrement embrouillé l'esprit. En y réfléchissant, j'ai compris que la raison est la grande complexité de l'œuvre et du personnage.

 

La plus longue pièce de Shakespeare offre en effet au théâtre un des rôles les plus célèbres et sibyllin de la littérature anglaise. La réflexion sur la vie, la mort, la folie, y est centrale. La maîtrise de la langue totale. Les mots, d'une grande force, font mouche à chaque phrase. Comme l'éblouissement devant une nature bien faite, chaque ressort d'Hamlet est pensé, calculé, au plus près de la raison et le plus loin du cœur.

 

A l'instar d'Hamlet qui s'interroge sur le sens de la vie, le lecteur ne sait comment se positionner face au personnage central qui feint folie pour être épargné et exécuter son plan mais qui, néanmoins, reste incapable de passer à l'acte.

 

Les analyses et les interprétations de la pièce foisonnent depuis plusieurs centaines d'années. Même Freud s'y est collé ! Par exemple, dans cette impuissance à tuer Claudius, son oncle, pour venger le meurtre de son père, le célèbre psychanalyste y a vu la racine du désir œdipien. Hamlet ne peut assassiner Claudius qui en éliminant son père et en épousant sa mère, a concrétisé ses propres désirs inconscients.

 

Il est terrible d'assister à la tragédie qui impose sa loi. Hamlet feint-il jusqu'au bout ou est-il pris à son propre piège ? Pour confirmer cette folie et parce qu'il l'identifie à sa mère, il chasse Ophélie. Il fait de la sexualité un acte laid et impur. Ophélie y perdra la raison. Un cercle vicieux. Un obscur tourbillon prenant au piège les protagonistes d'une pièce de théâtre dans le théâtre.

 

Terrifiant. Magistral. Sans espoir.

 

5--toiles.gif Librio, 217 pages, 2004

 

A méditer...

« Maintenant grave dans ta mémoire ces quelques préceptes. Refuse l'expression à tes pensées et l'exécution à toute idée irréfléchie. Sois familier, mais nullement vulgaire. Quand tu as adopté et éprouvé un ami, accroche-le à ton âme avec un crampon d'acier ; mais ne durcis pas ta main au contact du premier camarade frais éclos que tu dénicheras. Garde-toi d'entrer dans une querelle ; mais, une fois dedans, comporte-toi de manière que l'adversaire se garde de toi. Prête l'oreille à tous, mais tes paroles au petit nombre. Prends l'opinion de chacun ; mais réserve ton jugement. Que ta mise soit aussi coûteuse que ta bourse te le permet, sans être de fantaisie excentrique ; riche, mais peu voyante ; car le vêtement révèle souvent l'homme ; et en France, les gens de qualité et du premier rang ont, sous ce rapport, le goût le plus exquis et le plus digne. Ne sois ni emprunteur, ni prêteur ; car le prêt fait perdre souvent argent et ami, et l'emprunt émousse l'économie. Avant tout, sois loyal envers toi-même ; et, aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras être déloyal envers personne. »

 

ça le fait grave...

« Doute que les étoiles soient de feu,

Doute que le Soleil se meurt,

Doute que la vérité mente elle-même

Mais ne doute pas que je t'aime. »

 

Elles aiment aussi...

Fashion, Isil, Karine...

 

Vu et aimé : deux adaptations...

 

 

 

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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 00:05

 

Avertissement !

avertissement couinerie

 

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« Je ne vois pas très bien ce qu'il y a de romantique à faire une demande en mariage.

C'est très romantique d'être amoureux. Mais il n'y a rien de romantique dans une demande en bonne et due forme. Après tout, on peut toujours vous dire oui ! »

 

Peut-être ne le savez-vous pas encore, un seul homme peut faire de moi son esclave, un seul peut me procurer un orgasme rien qu'avec ses mots. Si le destin n'a pas voulu que nous nous rencontrions, il a tout de même agit dans ce sens. L'œuvre génialissime de Wilde traverse le temps avec grâce et panache. En relisant The Importance of Being Earnest, j'ai pris le pied que tout lecteur recherche. Pétillant, jouissif, pimpant, revigorant, brillant !

 

Une bulle de champagne, le goût des fraises en hiver, un thé chaud après une journée à la neige. Oscar manie la langue avec audace. Presque chaque page cornées. Les mots sont le principal personnages de cette pièce enlevée, so british !

 

L'important d'être constant est reconnue comme la pièce de Wilde la plus maîtrisée. Pourtant, il le dira lui-même, il désirait en écrire une plus sérieuse, plus aboutie, il avait encore des choses à dire et bien plus profondes. On ne lui en a pas laissé le temps.

 

On retrouve ici l'empreinte indélébile de l'auteur. L'effet de surprise, la manipulation des masques, les jeux de mots, les doubles sens, les sous-textes... qui attestent du génie éternel d'Oscar Wilde.

 

L'édition bilingue de Flammarion offre une excellente traduction ainsi que des dossiers thématiques et notes utiles de l'honorable Pascal Aquien. Et oui, encore un indispensable !

 

5--toiles.gif Flammarion, 300 pages, 2000


 

Des perles, des joyaux, des trésors !

« Monsieur Worthing, quand on perd un parent, c’est déjà malheureux ; mais quand on les perd tous les deux, cela devient de la négligence ! »

 

« Je vous dirais franchement que je ne suis pas favorable aux longues fiançailles. Elles donnent l'occasion de découvrir la personnalité de son futur époux avant le mariage, ce qui, selon moi, est toujours à déconseiller. »

 

« Mon cher, j'adore entendre dire du mal des membres de ma famille. C'est la seule chose qui me permette de les supporter. La famille, ce n'est qu'une foule de gens assommants, rigoureusement incapables de vivre convenablement et de pressentir le moins du monde quand il est temps de mourir. »

 

« - Votre frère Constant est mort ?

- On ne peut plus mort.

- Quelle leçon pour lui ! Je veux croire qu'il saura en tirer profit. »

 

« Le fait est, Cecily, que vous avez pris depuis peu l'exécrable habitude de penser par vous-même. Il faut vous en défaire. Ce n'est pas très féminin... Cela ne plait pas aux hommes. »

 

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  Pour Coliiiiiiiiiin, Rupeeeeeeeeeeert et la grande Judy Dench,

 je recherche désespérément le DVD...

 

 

 

 

 

 

Un coup de cœur pour  Lou,  Cyntia, Hydromielle, Karine...

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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 00:06

 

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« N'empêche que ça peut être vraiment chiant d'être un homme, je donnerais tout mon herbier avec mon dernier trèfle à six feuilles pour savoir ce qu'elle peut bien penser. »

 

Quand on quitte le nid, c'est pour devenir adulte mais au fait, c'est quoi être adulte ? Arnljótur, 22 ans, nous entraîne dans un road-movie bucolique...

 

Une histoire chuchotée avec pudeur à l'oreille du lecteur. Un cadeau fragile qu'il faut manier avec délicatesse. Plein de sagesse et de maturité. Doux, tendre, une balade dans les prés, les couleurs vives des fleurs des champs, les papillons qui virevoltent, pressés et conscients de l'urgence de leur vie éphémère. Inspirant.

 

Une écriture enchantée. Seul petit bémol ; les réflexions d'Arnljótur sont magnifiques mais m'ont parfois fait douter de la crédibilité du personnage masculin principal. La plume est assurément féminine, quoi qu'en Scandinavie, tout est possible.

 

Les relations mère-fils, fils-père, le père en devenir. Être père est parfois plus naturel que d'être mère. Une belle histoire en toute simplicité. Une auteure à découvrir.

 

4--toiles-copie-1.gif Zulma, 336 pages, 2010

 

Sublime passage, pas étonnant qu'il y ait autant de divorces...

« - Comment savoir si une femme vous aime ?

- Il est difficile d'être sûr de quoi que ce soit en amour, dit l'abbé en poussant la poupée vers l'enfant.

- Et si une femme dit qu'elle a peur que l'homme ne revienne pas quand il va faire une course ?

- Alors il se peut que ce soit elle qui ait envie de partir seule.

(...)

- Et quand une femme a l'esprit ailleurs, est-ce que cela veut dire qu'elle n'est pas amoureuse ?

- Cela peut vouloir dire ça, mais aussi qu'elle est amoureuse.

- Et si une femme dit à un homme qu'il ne doit pas tomber amoureux d'elle ?

- Cela peut vouloir dire qu'elle l'aime. Il me vient à l'esprit un vieux film italien que tu aurais peut-être plaisir à voir et qui traite du même problème. Le metteur en scène fait assurément fi des dialogues pour démêler les sentiments.

- Et si elle dit qu'elle n'est pas prête pour une union ? (...)

- Ça peut vouloir dire qu'elle est prête mais qu'elle ne sait pas si toi, tu l'es et qu'elle redoute que tu la rejettes.

- Et si elle dit qu'elle a envie de partir et qu'elle veut être seule ?

- Ça peut vouloir dire qu'elle veut que tu viennes avec elle. »

 

Un coup de coeur de Kathel qui vous envoient vers d'autres lectrices conquises.

 

pioché en bib

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 06:14

 

 

othello.jpg

Traduction de François-Victor Hugo, of course.

 

« Le volé qui sourit dérobe quelque chose au voleur.

C'est se voler soi-même que dépenser une douleur inutile. »

 

Loin de moi la prétention de rédiger une analyse mais l'envie de donner envie de lire, de relire Shakespeare. On peut argumenter des heures durant sur les éléments qui déterminent le génie d'une oeuvre. A mon sens, traverser le temps sans heurts se place en tête de liste.

 

En relisant Othello, force est de constater, malgré l'emphase de certains passages, que six siècles n'ont en rien diminué la puissance de la pièce. Le suspense est diabolique, la fourbe araignée tisse sa toile maléfique, la jalousie est dévorante, la violence que subissent les femmes, leur soumission et leur sacrifice, insupportables.

 

Les presques envolées féministes servies par la voix d'Emilia sont contre balancées par l'acceptation de Desdémone de sa propre mort. Parce qu'il ne lui reste rien. Ni l'amour de son père, ni celui de l'homme pour qui elle a tout sacrifié.

 

Iago, froid et calculateur, est un génie de la manipulation. En parlant trop, il ne dit rien. Ses silences sont des litotes, aucun fait, que des allusions, le poison est distillé avec lenteur et délectation. Au fil des pages, Iago devient le symbole de la jalousie destructrice du Maure pour représenter au final les pires défauts de l'humanité dans son ensemble.

 

Et le Maure, l'homme que l'on aimerait baffer, secouer jusqu'à lui faire entendre raison, est privé de ses sens. Sans repères, il nous force à rester spectateurs, impuissants, face au drame final qui nous laisse hagards.

 

Yep. Je vous le dis, ça le fait grave. Rien qu'en y repensant, j'ai les poils du bras qui se hérissent.

 

5--toiles.gif Librio 2 euros, 91 pages, 2003

 

Extrait

« DESDÉMONA. - Moi je ne crois pas qu’il y ait des femmes pareilles.

 

EMILIA. - Si fait, une douzaine ! et plus encore, et tout autant qu’en pourrait tenir le monde servant d’enjeu. Mais je pense que c’est la faute de leurs maris si les femmes succombent. S’il arrive à ceux-ci de négliger leurs devoirs et de verser nos trésors dans quelque giron étranger, ou d’éclater en maussades jalousies et de nous soumettre à la contrainte, ou encore de nous frapper ou de réduire par dépit notre budget accoutumé, eh bien ! nous ne sommes pas sans fiel ; et, quelque vertu que nous ayons, nous avons de la rancune. Que les maris le sachent! leurs femmes ont des sens comme eux ; elles voient, elles sentent, elles ont un palais pour le doux comme pour l’aigre, ainsi que les maris.

 

Qu’est-ce donc qui les fait agir quand ils nous changent pour d’autres ? Est-ce le plaisir ? Je le crois. Est-ce l’entraînement de la passion ? Je le crois aussi. Est-ce l’erreur de la faiblesse ? Oui encore. Eh bien ! n’avons-nous pas des passions, des goûts de plaisir et des faiblesses, tout comme les hommes ? Alors qu’ils nous traitent bien ! Autrement, qu’ils sachent que leurs torts envers nous autorisent nos torts envers eux ! »

CHALLENGE-2-EUROS.jpg

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  shakespeare.jpg

 

 

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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 06:10

 

jeudi-citation.gif

 

 


 

 

"Si seulement on arrêtait d'essayer d'être heureux,

on pourrait peut-être profiter de la vie."

 

Edith Wharton


 


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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 06:13

 

extremement-fort-et-incroyablement-pres.jpg

« J'espère qu'un jour il t'arrivera de faire quelque chose

que tu ne comprendras pas pour quelqu'un que tu aimes. »

 

Oskar, 9 ans, surdoué, tente de comprendre l'impossible, la mort de son père, disparu lors des attentats du 11 septembre.

 

J'aurais vraiment voulu aimer ce livre. Être touchée par le premier drame de ce garçon, la surdouance qui rend son intégration si difficile. Insuffisamment innocent et trop lucide, ni enfant, ni adulte, où est sa place ?

 

J'aurais préféré être émue par la quête de ce petit garçon. Comprendre, donner du sens car sans lui, tout s'arrête. Malheureusement, dès le départ rien ne m'a accroché. Si j'ai trouvé justifié le fait de passer du coq à l'âne – puisqu'Oscar est le narrateur et que ses pensées foisonnantes fusent à la vitesse de la lumière – l'éparpillement ne m'a pas aidée bien au contraire. Quelques perles ici et là, des passages drôles et émouvants mais enfouis dans une masse épaisse hermétique.

 

Une histoire proche Du bizarre incident du chien pendant la nuit dont j'ai préféré la lecture.

 

2--toiles.gif Points, 460 pages, 2007

 

Un extrait...

« (...)  j'ai lu dans National Geographic qu'il y a plus de gens vivants aujourd'hui qu'il n'en est mort dans toute l'histoire de l'humanité. Autrement dit, si tout le monde voulait jouer Hamlet en même temps, ce serait impossible, parce qu'il n'y a pas assez de crânes ! »

 

LECTURES COMMUNES, bouton1

 

 

 

Une lecture commune avec Keisha dont je me demande quel sera l'avis...

 

 

 

  Lu dans le cadre...

logo 141coeur vs3

 

 9/16

 

 Un coup de cœur de Reka.

 

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 06:36

 

les-chaussures-italiennes.jpg

 

Parce que je croyais que Mankell était exclusivement un auteur de polar, je m'attendais bêtement à me plonger dans une lecture pleine de frissons. Malgré l'ambiance glacée assurée, Les chaussures italiennes n'a rien d'une enquête policière mais d'une quête à la seconde chance. Je n'ai pas été déçue bien au contraire, j'ai même eu besoin d'une ou deux polaires car j'étais sur cette île de glace perdue au milieu de nulle part où  le facteur livre son courrier en hélicoptère.

 

Un homme qui vit dans un trou perdu et qui tous les jours creuse un trou dans la banquise et s'y plonge nu car c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour se sentir vivant ! Un homme aussi paumé que sa maison qui, soudain, voit débarquer avec un déambulateur la seule femme qu'il a aimé. Il fallait oser traiter le paradoxe d'une histoire aussi banale que rocambolesque.

 

Se couper du monde durant des années pour mieux se faire rattraper par ceux que l'on a fuit. L'auteur a réussi à éviter l'iceberg du manichéisme malgré des thèmes abordés mille fois. La vie qui est dure comme la glace et brusquement une fente, le bloc se craquèle mais de là à y voir une fleur pousser, faut pas rêver !

 

Une écriture épurée, simple, porteuse de la fragilité d'un homme défaillant. Une bonne traduction suédoise, comme quoi c'est possible...

 

4--toiles-copie-1.gif Seuil, 340 pages, 2009

En poche dès février 2011

 

Extrait

« - Tu as quinze ans, a insisté mon père. Le moment est venu de choisir un métier. Que penses-tu de la restauration ? Tu pourrais gagner de l'argent en faisant la plonge et te payer un voyage en Amérique après ton brevet. C'est une bonne chose de voir du pays, à condition d'avoir de bonnes chaussures.

- Je ne veux pas devenir serveur.

Ça avait fusé malgré moi. Je n'ai pas réussi à interpréter la réaction de mon père : était-il déçu ou soulagé ? Il a bu une gorgée de vin et caressé du bout du doigt l'arête de son nez. Ensuite il m'a demandé si je n'avais réellement aucun projet.

- Non.

- Tu dois bien avoir une idée. Quelle est ta matière préférée ? 

- La musique.

- Tu sais chanter, toi ? Première nouvelle.

- Je ne sais pas chanter. 

- Tu as appris un instrument en cachette ?

- Non.

- Alors pourquoi la musique ?

- Ramberg, le prof de musique, ne s'occupe pas de moi.

- Que veux-tu dire ?

- Il ne s'intéresse qu'à ceux qui savent chanter, les autres, il ne les voit même pas.

- Tu veux me dire que ta matière préférée, c'est celle où tu n'existes pas ? »

 

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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