Langues étrangères

Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 06:25

 

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« La guerre est finie. Nous avons eu de la chance de ne pas mourir. »

 

Les bombes atomiques, nom bien trop souvent utilisé au singulier, en toile de fond, voilà bien un sujet qui m'aurait fait reposer immédiatement ces cinq minces volumes aux sublimes couvertures.

 

Quelle surprise de n'y trouver aucune noirceur si ce n'est celle des événements eux-mêmes ! Le style est épuré, la plume souffle les mots, délicates bulles de savons qui résonnent au lecteur en éclatant.

 

Comment peut-on décrire la vie qui va, la vie qui bat avec autant de profondeur et de sensibilité et en si peu de pages ? Et ces secrets, lourds compagnons d'une vie de solitude, qui se transmettent inconsciemment d'une génération à une autre. En se dévoilant, ils distillent le soulagement mais aussi le doute. Connaissais-je véritablement celui ou celle qui, durant toute une vie, a porté ce fardeau, a abrité ce mensonge ?

 

Aki Shimazaki raconte avec une belle originalité. Chaque tome narre une histoire différente mais c'est toujours du même récit dont il s'agit. Cinq bobines de fils qui se déroulent, s'enroulent, s'emmêlent et se démêlent. J'ai adoré découvrir un Japon différent de celui qui a subit la propagande occidentale. Un pays digne, parfois trop, qui aime cultiver ses traditions. A découvrir d'urgence.

 

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le poids des secrets 2le poids des secrets 3le poids des secrets 4le poids des secrets 5

5--toiles.gif Tsubaki, tome 1 > Actes Sud, 114 pages, 2005

Hamaguri, tome 2 > Actes Sud, 118 pages, 2007

Tsubame, tome 3 > Actes Sud, 118 pages, 2008

Wasurenagusa, tome 4 > Actes Sud, 125 pages, 2009

Hotaru, tome 5 > Actes Sud, 133 pages, 2009

 

Prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec

Prix littéraire Canada-Japon du Conseil des Arts

Prix du Gouverneur général 2005

 

Un extrait...

« Mon fils lui demanda :

- Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ?

- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.

Je regardai ma mère. Il me semblait qu'elle blaguait, mais son visage était sérieux. Étonné mon fils dit :

- Vous voulez dire que s'ils en avaient eu trois, ils auraient largué la troisième sur une autre ville du Japon ?

- Oui, je crois que cela aurait été possible.

Mon fils fit une pause et dit :

- Mais les Américains avaient déjà détruit la plupart des villes avant de lâcher les bombes atomiques, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est pendant les mois de mars, avril et mai que presque cent villes avaient été mises en ruine par des B-29.

- Donc, pour eux il était évident que le Japon n'était pas en mesure de continuer le combat.

- Oui. D'ailleurs, les dirigeants américains savaient qu'en juin le Japon tentait, par l'entremise de la Russie, d'engager des négociations de paix avec les Américains. Le Japon craignait aussi d'être envahi par les Russes.

- Alors pourquoi ont-il quand même lâché ces deux bombes, Grand-mère ? Les victimes étaient pour la plupart des civils innocents. Plus de deux cent mille personnes ont été tuées en quelques semaines ! Quelle est la différence avec l'Holocauste des nazis ? C'est un crime !

- C'est la guerre. On ne pense qu'à gagner, dit-elle. »

 

Elles sont unanimes !

Bellesahi, Chiffonnette, Choco, Clara, George, Jules, Karine, Keisha,

Lael, La Pyrénéenne, Leiloona, Marie, Papillon, Pimprenelle, Tamara, Virginie...

 

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 06:25

 

etrange disparition

 

« Sa spécialité. Se rendre absente au monde, se faire disparaître. »

 

Iris est contactée par un asile pour aliénés qui va devoir bientôt fermer ses portes. Elle est la seule famille qui reste à Esme Lennox, sa grande-tante. Comment pourrait-elle adopter la vieille dame alors qu'elle ne connaissait même pas son existence et pourquoi personne dans sa famille n'a jamais parlé de la sœur de sa grand-mère ?

 

« On est de son sexe comme d'un pays » dit Benoîte Groult et l'histoire d'Esme Lennox le confirme. Il fut ici, et il est encore là-bas, un temps où n'importe quel homme pouvait faire interner sa femme ou sa fille. Les asiles étaient remplis de femmes qui avaient oublié leur place et ce qu'on attendait d'elles. Une qui faisait de longues promenades en solitaire et qui se refusait au mariage, l'autre qui s'échappait sans cesse la nuit pour galoper, seul le diable sait où.

 

La règle de l'enfermement prévaut que ce soit par l'expression où les idées sont tues, par le corps où le corset devient un cocon assassin de papillon, par les murs lorsqu'aucune soumission ne peut en être tirée. Et si on y ajoute le lent et long poison de la famille, l'âme peut-elle résister ?

 

L'irlandaise Maggie O'Farrell signe un roman polyphonique qui libère ses secrets comme le fil d'une vie que l'on déroule. Celle d'Esme, la fille que j'aurais, que vous auriez pu être. Le suspense, la trame, le passé et l'avenir sont maitrisés avec audace. Remuant, ténébreux mais non dénué d'espoir. Esme Lennox me hantera encore longtemps.

 

5--toiles.gif 10-18, 231 pages, 2009

 

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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 06:39

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« C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie,

considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.

On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie. »

 

Hervé Joncour ne semble ni heureux, ni son contraire. Il est le spectateur de sa propre vie. Pour sauver l'industrie de la soie, il s'engage pour le bout du monde, un pays inconnu dont l'accès est interdit aux étrangers ; le Japon.

 

Voilà le genre de petit livre, tout comme Le libraire de Regis de Sa Moreira, qui vous transporte avec poésie. Un conte initiatique qui oppose l'amour au désir. L'amour marital et celui de la pire espèce, l'amour impossible. Aucun répit pour celui ou celle qui l'éprouve, sa durée est éternelle tant qu'un point final n'a pas été apposé.

 

Soie aborde aussi la passivité de l'être humain devant les évènements qu'il subit et des conséquences de la lâcheté de choisir de ne pas choisir. Triste. Beau. Volatile. Triste. La fin m'a beaucoup plu mais je ne sais pas si, à long terme, il m'en restera grand chose.

 

4--toiles-copie-1.gif Gallimard, 142 pages, 2001

 

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  2/12

 

 

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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 09:45

 

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Nikolaï est veuf depuis peu. Il a perdu sa femme qu'il aimait tant. Un jour, il annonce à sa fille qu'il s'apprête à épouser Valentina, ukrainienne de cinquante ans sa cadette.

 

La quatrième de couverture me l'a promis, je vais glousser à chaque page. Et hop ! Dans la valise, ce petit roman au titre accrocheur à l'air idéal pour les vacances. Résultat :  aucun gloussement, pas même un rire. Je ne me suis pas amusée, le roman ne m'a pas rendue gaie, aucune hilarité, ni joie ni larmes, je n'ai pas pouffé, ne me suis pas payée une belle tranche de rigolade, zéro rictus à l'horizon, même pas une petite risette, je ne me suis pas bidonnée, boyautée, déridée, distraite, divertie, fendue la pêche ou la pipe, ni gaussée, ni gondolée, tant qu'à me marrer, me poiler, me tirebouchonner ou me tordre, encore moins.

 

L'humour est une réaction subjective bien personnelle, vous l'aurez compris. Mon problème ne s'est pas arrangé lorsque tous les personnages, sans exceptions, ont fini par franchement m'agacer.

 

Peut-être avais-je trop en tête le délicieux film d'Anne Le Ny, dont le sujet est identique, Les invités de mon père que j'ai adoré pour sa finesse ainsi que sa drôlerie et que je vous conseille sans réserve.

 

2--toiles.gif J'ai lu, 350 pages, 2010

 

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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 06:34

 

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« Car les hommes diffèrent, au plus comme Ciel et Terre,

Mais les femmes, des pires aux meilleures, comme Ciel et Enfer »

Alfred Tennyson, Les Idylles du roi : Merlin et Viviane in Affinités

 

Margaret Prior est une jeune fille de la bonne société. L'ennui est son quotidien. Pour le tromper, elle devient dame patronnesse auprès de la prison des femmes de Millbank. Elle y rencontre Selina Dawes, medium emprisonnée pour extorsion.

 

Sarah Waters confirme son talent diabolique pour balader le lecteur et modeler ses idées au gré des pages. Même si ma seconde rencontre avec l'auteure est en-dessous de mon grand coup de cœur pour Du bout des doigts, Affinités est, néanmoins, un roman captivant.

 

Les deux titres possèdent d'ailleurs une trame identique : époque victorienne, émois interdits, situations troublantes, souffrances méconnues des femmes, secrets enfouis et une ambiance délicieusement étouffante. On ne sait plus qui manipule qui et c'est bien le lecteur qui, au final, se révèle être la marionnette de l'auteure.

 

Je pourrais vous dire que la fin subit quelques longueurs et qu'il n'est pas facile de se promener avec le livre dans son sac. La couverture attire bien des sourires dans le métro et j'ai été abordée à deux reprises par des types pas franchement nets mais ce n'est vraiment qu'un tout petit minuscule ridicule caillou. Avec Sarah Waters, on en est plus là.

 

4--toiles-copie-1.gif 10-18, 521 pages, 2006

 

Un extrait...

« Ses yeux braqués sur moi me posaient la question, mais je ne savais plus. Je me détournai sans parvenir à faire abstraction de ce regard. Elle dit enfin elle-même, d'une voix monocorde : "Vous êtes venue à Millbank pour voir des femmes plus malheureuses encore que vous, vous espérez que cela vous rendra la santé" - Je garde un souvenir très net des mots, tellement énormes et tout ensemble si près de la vérité que je ne pus les entendre sans rougir. Elle parlait toujours : "Allez-y, regardez-moi, je suis bien assez malheureuse. Le monde entier peut me regarder, ça fait partie de ma punition". »

 

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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 06:10

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« - Cet orgueil, dis miss Lucas, me choque moins chez lui parce que j'y trouve des excuses. On ne peut s'étonner qu'un jeune homme aussi bien physiquement et pourvu de toutes sortes d'avantages tels que le rang et la fortune ait de lui-même une haute opinion. Il a, si je puis dire, un peu le droit d'avoir de l'orgueil.

 

- Sans doute, fit Élisabeth, et je lui passerais volontiers son orgueil s'il n'avait pas modifié le mien.»

 

 

Il est des œuvres qui vous accompagnent toute votre vie. Une peinture dont les couleurs vous apaisent, un film qui aura toujours le don de vous faire remonter du fonds dans lequel vous vous trouvez, une chanson dont les premières notes suffisent à vous émouvoir, un livre que vous relisez à des périodes précises.

 

J'ai découvert Jane Austen à l'adolescence et je ne me lasse pas de relire certains de ses écrits au fil des ans. Avec la relecture de son roman phare, je n'ai pu que comprendre, encore une fois, les raisons de son succès. Publié en 1813, le style est incroyablement accessible et fluide. Je pense que le génie d'une œuvre réside également dans le fait qu'elle peut traverser le temps sans heurts.

 

La plume est élégante, romanesque, drôle et incisive. Les personnages sont d'une grande profondeur et leurs nombreuses péripéties forment un suspense captivant. Sans oublier le rire que l'on se surprend à éclater comme une bulle de savon. On ne s'imaginait pas s'amuser autant devant ce classique de la littérature anglaise. 

 

Et pourtant, on glousse devant la surprise d'Élisabeth, on désespère devant l'impudence de Mrs  Bennett et on fond comme neige au soleil devant la Classe, with a big C, de Darcy. L'homme de la situation qui, dans ma tête, possédera toujours ses traits à lui...

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Darcy qui ne parle que pour dire l'essentiel...

 

« - En vain ai-je lutté. Rien n'y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l'ardeur avec laquelle je vous admire et je vous aime. »

 

Darcy qui reste digne même dans les circonstances les plus pénibles...

 

« - Depuis le commencement, je pourrais dire dès le premier instant où je vous ai vu, j'ai été frappée par votre fierté, votre orgueil et votre mépris égoïste des sentiments d'autrui. Il n'y avait pas un mois que je vous connaissais et déjà je sentais que vous étiez le dernier homme du monde que je consentirais à épouser.

- Vous en avez dit assez, mademoiselle. Je comprends parfaitement vos sentiments et il ne me reste plus qu'à regretter d'avoir éprouvé les miens. Pardonnez-moi d'avoir abusé de votre temps et acceptez mes meilleurs vœux pour votre santé et votre bonheur ».

 

Jane Austen, qui n'a pas pu signer le roman de son nom lors de la publication, dénonce les travers d'une société patriarcale et ses conséquences. Aucune concession n'est faite, ni à un sexe, ni à un autre, comme dans Persuasion, chacun en prend pour son grade.

 

Si cette société de convenances semblent aujourd'hui éloignée de la nôtre, à en regarder de plus près, force est de constater que nous partageons encore quelques similitudes avec nos ancêtres victoriens. Si le rang n'a plus vraiment d'importance, l'écart entre les riches et les pauvres n'a jamais été aussi grand qu'aujourd'hui. Si être mariée n'est plus aussi crucial, le mariage reste la norme et si l'écart qui sévit dans les droits des deux sexes a diminué, la masculinité continue de primer.

 

« Les femmes célibataires ont une épouvantable propension à être pauvres, ce qui est un argument très sérieux en faveur du mariage »

 

Orgueil et préjugés est une lecture aussi légère que profonde bercée par le vent de la lande de la campagne anglaise. Comme le bon vin, elle devient meilleure au fil des ans.

 

5--toiles.gif 10-18, 380 pages, 2000 > La préface, à ne pas manquer, est de Virginia Woolf.

 

Extrait...

« La vivacité de votre esprit rendrait plus périlleux pour vous un mariage mal assorti. Mon enfant, ne me donnez pas le chagrin de vous voir dans l'impossibilité de respecter le compagnon de votre existence. Vous ne savez pas ce que c'est. »

 

Une relecture commune avec Constance

 

(re)Lu dans le cadre de...

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  Un coup de coeur proposé par Féebourbonnaise

 

 

 

 

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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 08:20

 

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« - Lire n'est pas un crime en soi, Madame.

- Je suis heureuse de vous l'entendre dire.

- Ce qui est dangereux, c'est de le faire de manière intensive. »

 

 

Par hasard, s'il existe, La Reine découvre un bibliobus devant le palais de Buckingham...

 

Alan Bennett vous offre la lecture de l'été, la solution anti-déprime, le livre idéal de tous lecteurs qui se respectent, le tout en 121 pages et pour moins de 4 euros. C'est drôle, carrément jubilatoire et anglais à souhait. On glousse devant l'originalité du sujet, on acquiesce aux conséquences provoquées par l'acte de lire et on s'amuse devant son influence contestataire.

 

L'auteur réussit à nous faire aimer cette Reine d'apparence glacée dont la vie change profondément en se découvrant l'envie de lire. La lecture appelant la lecture, la voilà lectrice compulsive royale au grand dam du Premier Ministre. Si ses proches sont soulagés par l'ouverture inattendue de leur aïeule, les professionnels de la monarchie ont peur pour l'Angleterre.

 

Lire serait un acte égoïste et l'intelligence n'est pas bien considérée par l'opinion publique, surtout quand c'est une femme qui la pratique. Alors que les sens de la Reine n'ont jamais été aussi aiguisés, le Palais suspecte un Alzheimer ! Si la lecture lui apporte tant, la souveraine regrette pourtant d'avoir un jour ouvert un livre. Son quotidien lui semble bien fade, rien n'est comparable à la délicieuse sensation de lire. Et quel regret ! Tous ces auteurs qu'elles a eu l'honneur autrefois de rencontrer alors qu'elle n'en avait cure !

 

La fin est divinement piquante. La Reine des lectrices ferait une formidable pièce de théâtre. Il s'agit pour l'instant d'une lecture rafraîchissante, tonique et d'une douce ironie à ne pas manquer.

 

4--toiles-copie-1.gif Gallimard, 121 pages, 2010

 

Extrait...

« Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu. »

 

Beaucoup d'avis...

Saxaoul, Cuné, AmandaYsClarabelCathuluLouCachou, Isa, A sauts et à gambadesPimpi, Midola, Fashion...

 


 

 

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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 09:22

 

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« -Voilà une chose que je dois à la guerre.

- Quoi?

-Les livres, plein de livres. On ne trouvait pas de serviettes hygiéniques, mais des livres, ça oui. Des gens comme moi se sont mis à lire: nos esprits se sont assouplis, en même temps que nos mœurs se relâchaient. »

 

Comme chaque été, Helena s'apprête à accueillir les nièces et neveux de son mari, Richard. La possibilité d'une seconde guerre mondiale laisse à supposer que ces vacances seront les dernières avant des jours plus sombres...

 

Oh quel délicieux roman que voilà ! Le parfait roman anglais avec ses personnages so british empêtrés dans des émotions qu'ils ne cessent de tenter de contrôler et de camoufler. Calypso qui s'époumone à clamer haut et fort qu'elle ne croit pas en l'amour alors qu'elle parle tant de son mari. Oliver qui va mettre quarante années à s'apercevoir de ce qui est vrai.

 

Helena si acide, glaciale et qui pourtant ne ment jamais. Elle, Calypso et Polly nous montrent un autre visage des femmes anglaises durant la guerre. Londres bombardé semble ici offrir une liberté totalement inédite au « deuxième sexe ».

 

Tous les personnages sont abordés avec profondeur et audace. Aucune concession et pas de langue de bois. Ce couple de juifs qui fuient l'Allemagne en culpabilisant d'abandonner leur fils prisonnier dans un camp, l'oncle Richard qui, à chaque fois qu'il ouvre la bouche, répète que sa jambe a été sacrifiée durant la première guerre et Sophy, la petite dernière, qui attend un mirage.

 

Et au centre, parmi les regrets, la mort, le bonheur et l'amertume, cette pelouse de camomille, symbole de la douceur du cocon de l'enfance.

 

Sans oublier une trame originale qui nous permet de sauter dans le temps, d'ajouter du suspense, de ne jamais nous ennuyer et d'amener un fil conducteur ténu, l'enterrement d'un personnage qui, sans que l'on s'en doute, relie tous ceux que l'auteur nous conte avec talent.

 

J'ai adoré vivre un moment dans cette maison au bord des falaises et sentir le vent, assise pieds nus dans la pelouse de camomille.

 

Une femme qui a attendu l'âge de 70 ans pour publier son premier roman ! Ça le fait non ?

 

4--toiles-copie-1.gif J'ai lu, 382 pages, 2009

 

Extrait

« - Ah, Calypso, tu tombes à pic. Je dois parler à ton Hector.

Impossible, il est parti en mission.

Alors transmets-lui un message.

Je ne peux pas le joindre, mon oncle.

Ma chère, il le faut : l'armée a installé une mitrailleuse juste devant chez moi. Une mitrailleuse, je te demande un peu !

Quel genre de mitrailleuse ?

Une pièce de DCA. Ça fait de nous une cible. Les boches vont nous bombarder.

J'imagine qu'ils l'ont camouflée.

Juste devant chez moi ! C'est intolérable. C'est ce que j'ai dit à leur chef. Tout ce que cette andouille a trouvé à me répondre, c'est « On est en guerre. » Comme si je n'étais pas au courant ! J'ai perdu une jambe pendant la dernière, je ne tolérerai pas qu'on massacre ma pelouse pendant celle-ci. Hector pourrait faire déplacer la mitrailleuse. »

 

L'avis de Clarabel.

Cathulu vous invite à lire tous les romans de Mary Wesley, je compte bien l'écouter !


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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 05:56

 

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« Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ? »

 

Deux hommes. L'un vient de perdre sa femme d'un cancer, l'autre vit dans un jeu vidéo. Deux femmes. L'une a vendu son corps pour survivre, l'autre noie sa déchéance dans l'alcool. Quatre chemins de bras cassés qui se croisent et se décroisent...

 

La plume de Rosa Montero est décapante et badine. La lecture est parfois glauque, souvent tragique. Le lecteur s'enfonce dans la noirceur du monde mais en ressort avec l'espoir plus ancré. La vie est souvent plus forte que la valeur qu'on lui donne.

 

Des naufragés à la recherche du bonheur et pas de recettes miracles pour sauver le monde. Des petits cailloux semés ici et là pour le lecteur qui souhaite les voir. Une belle surprise.

 

4--toiles-copie-1.gif Métailié, 269 pages, 2010

 

livre-voyageur-copie-1.gif Un livre voyageur de Keisha que je remercie pour cette jolie découverte.


Un extrait...

« Aussi, quand elle regardait maintenant en arrière et se remémorait son passé, elle ne se souvenait plus de ses péripéties singulières, ne s’arrêtait pas sur les détails, mais visualisait les meilleures années de sa vie, sa période de bonheur avant la chute, comme un crépitement de protons et de neutrons, une merveilleuse danse d’énergie, une joyeuse barque de lumière aveuglante qui tanguait sur une mer d’obscurité sans savoir encore la fureur des tempêtes qui l’attendaient. Quel soulagement de pouvoir redevenir juste et rien qu’une poignée d’atomes, infiniment petits, infiniment durables, infiniment prodigieux. »

 

Les avis de...

Keisha, Cuné, Yv, Cecile, SL, Pagesapages...


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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 08:33

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 « Chaque être humain traverse une phase critique lors de laquelle il se comporte en connard fini – à l’exception notable des connards à temps plein, les connards professionnels. »

 

Philomena vit dans l'eau. Après un deuil, puis deux, elle nagera de plus en plus vite pour atteindre l'excellence.

 

Hors norme, éclatant, d'une maîtrise exceptionnelle, Nage libre est un roman qui ne se raconte pas, il se lit. Au fil des pages, j'ai dû me faire violence pour assimiler le fait que Nicola Keegan signe ici son premier roman.

 

Il m'est impossible d'en dire plus... Puissant, frémissant, dense, avec parfois un contrôle de l'émotion qui m'a dérangée, Nage libre est tout simplement époustouflant.

 

4--toiles-copie-1.gif Éditions de l'Olivier, 424 pages, 2010

 

Un extrait...

« En définitive, nous nous figeons tous, sans exception ; nous nous figeons de différentes manières, à différents moments, pour différentes raisons. Certains survivent à la guerre pour se figer à la caisse d'un supermarché dans une file d'attente qui dure une minute de trop ; d'autres se figent quand il se voient pour la première fois et ne dégèlent qu'au seuil de la mort ; d'autres encore se figent à leur insu, sans comprendre pourquoi : d'aucuns se figent puis dégèlent pour mieux se re-figer ; certains se figent juste une fois et restent gelés pour l'éternité. Être humains, c'est un vrai calvaire ».

 

Elles en parlent magnifiquement...

Cuné, Amanda, Cathulu, Fashion 

 

challenge premier roman

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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 06:39

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"Je me suis efforcée de cultiver l'art de l'imprévisible".

 

Depuis petite, Jessica semble vivre dans sa bulle. Elle ne possède pas les codes pour entrer en relation avec les autres et c'est, malheureusement, réciproque. Une fois adulte, elle partage sa vie entre sa musique et son fils qui ne cessera de la remettre en question.

 

Un portrait sensible d'une femme intelligente, attentive aux détails, et dont la recherche du sens est absolue. A l'image d'un bateau en plein océan, Jessica est seule au gouvernail, son fils dans la coque, s'arrêtant de temps en temps à quai... mais attention ! La permission de monter à bord n'est pas donnée à n'importe qui. Certains marins n'ont besoin de personne, juste la mer au gré des vagues, que le vent l'emporte et vogue la galère !

 

Clare Morall dépeint avec délicatesse des personnages décalés, parfois difficile à comprendre, toujours granuleux. La couverture française est étrange mais le livre ne l'est pas. J'ai lu avec le sourire et j'ai beaucoup aimé le dénouement, lorsque Jessica découvre ce que sait le lecteur depuis longtemps. Un joli moment.

 

3--toiles.gif Fayard, 404 pages, 2009

 

Un extrait...

« J'ai passé la plus grande partie de ma vie à marcher avec précaution pour arriver là où je suis aujourd'hui. Je suis parvenue à un lieu où je respire bien. Seule, entourée d'espace, cheveux au vent. Je ne veux pas y renoncer pour me retrouver dans le monde embroussaillé des autres.

Mais voici que cet espace se replie sans ma permission, qu'il se referme avec un joli nœud, et qu'un ouragan plus puissant, plus impérieux, le balaie au loin.

Et je ne peux rien faire pour me protéger.

Une averse de doubles croches mécaniques se bouscule, monte et s'amplifie. D'énormes accords de basse sont plaqués et une mélodie sublime s'élève, exubérante et tumultueuse.

Je retombe follement amoureuse. »

 

Elles l'ont également aimé...

Cuné, Cathulu, Clarabel, Lily


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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 05:43

  loving-frank.jpg

« Être mère ne suffit pas : même une huître peut être mère. »

Charlotte Perkins Gilman in Loving Frank

 

Oh comme j'aime ce genre de rencontre avec un livre qui, à l'instar d'une page cornée, laisse son emprunte dans mon univers de lectrice. Dès les premières pages, j'ai été happée dans le tourbillon des vies de Mamah (prononcez Mémah) et de Frank ainsi que de leurs proches.

 

mamah-copie-1.jpg Comme un voyage dans le temps, j'étais là, invisible aux protagonistes dont l'histoire se déroulait devant moi. En empathie avec chacun des personnages, j'ai été émue par le portrait de cette femme bien trop en avance sur son temps.

 

Les romans historiques souffrent parfois d'un trop grand nombre de détails qui, même s'ils sont véridiques, alourdissent et rendent le style pompeux. Le contraire peut aussi arriver, la fiction prend le dessus et par conséquent, elle ne s'ancre pas, elle reste volatile. Pour son premier roman, Nancy Horan a su surmonter cet écueil en trouvant un parfait équilibre.

 

Et cette fin ! S'il ne s'agissait pas ici de faits réels, je n'aurais jamais supporté un tel dénouement. J'aurais crié au scandale et accusé l'auteure d'en faire des tonnes !

 

Loving Frank raconte l'histoire d'un amour véritable sans cesse mis à l'épreuve par la société dans lequel il est obligé d'évoluer mais il serait réducteur de le résumer ainsi. Il aborde également, avec tellement de subtilité et de profondeur, les libertés individuelles : celle d'aimer par amour et non par convenance, de faire des erreurs, d'aller au bout de ses convictions et de ses passions, de ne pas se fourvoyer, de rester soi-même. frank.jpg

 

A mon sens, Loving Frank dénoue avant tout les fils complexes de l'Histoire d'une grande Héroïne, Mamah Borthwick décrite par la presse de l'époque « comme l'une des femmes les plus intelligente d'Amérique ». Une nation qui comme tant d'autres diabolisent les femmes érudites qui s'affirment comme telles.  

 

Ainsi Mamah se voit confinée femme au foyer et quel foyer ! Adorable mari, deux beaux enfants, magnifique maison, une gouvernante et une cuisinière. Quelle ingrate en souhaiterait davantage ? Pourtant, la question inverse ne s'est, tristement, jamais posée. Comment une femme parlant six langues, dont trois avant l'entrée en maternelle, pourrait être heureuse dans une prison aussi dorée soit-elle ?

 

Et si dans cette équation vous faites entrer un homme qui la respecte pour ce qu'elle est, qui ne la perçoit pas comme inférieure mais qui au contraire se nourrit de ses discussions passionnées et qui réalise avec reconnaissance qu'elle puise également en lui l'engrais, celui dont chaque être humain a besoin, nécessaire à son épanouissement ?

 

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« Vous trouverez les histoires des femmes qui se battent pour vivre au plus près de la vérité et donner un sens à leur existence ».

 

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Le lecteur assiste, impuissant, à cette bobine de fils entremêlés qui se déroule à un rythme effréné. On redoute qu'elle termine sa course avec fracas, on espère qu'elle ralentisse, on rêve d'un happy end.

 

Après avoir refermé ce livre, j'ai été hantée durant plusieurs jours. En feuilletant l'album de photos récoltées par Nancy Horan, on ne peut qu'observer le nombre de fantômes qui peuplent ces rues, les maisons de Oak Park et le domaine de Taliesin. Pas étonnant que l'auteure ait habité durant 24 ans non loin de la maison de Mamah et de son ex-époux Edwin Cheney. 

 

 

 

On ne peut pas être insensible à un tel destin. Pourtant, force  est de constater que c'est bel et bien le cas. Comme tant d'autres femmes, qui elles ont façonné l'histoire, Mamah Bortwick reste une figure inconnue, au mieux « la femme d'un des clients de Frank L. Wright ».

 

5--toiles.gif Buchet-Chastel, 539 pages, 2009

 

Prix Feminore Cooper de la meilleure fiction historique

 

Elles ont aussi beaucoup aimé...

Amanda, Aproposdelivres, Cathulu, Cuné, Esmeraldae, Fashion, SD49

 

 

 Un tour à Oak Park avec Nancy Horan

 

 

Premières pages lues par et interview de l'auteur

 

 

challenge premier roman

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 05:13

 

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« J'ai l'impression de flotter sur un morceau de banquise qui a dérivé trop loin vers le sud ;

les illusions qui me gardaient au sec sont en train de fondre rapidement.

Et je ne suis pas le nageur le plus audacieux au monde. »

 

Paul vient de perdre sa femme, la mère de Fenno, David et Denis. Comment vivront-ils les années qui suivront ce deuil ?

 

Avec une belle simplicité, Julia Glass tisse les relations familiales des McLeod, fière famille écossaise. Mère-fils, mari-femme, père-fils, frère-frère, frère-frères jumeaux mais aussi frère-belle-sœur et... soi à soi.

 

A travers trois voix différentes, le lecteur découvre un angle différent, un point de vue qui ne faisait pas partie de l'équation de départ. Entre New-York, la Grèce et l'Écosse, on savoure cette saga comme un caramel en évitant de le faire fondre trop rapidement.

 

Les personnages masculins sont d'une grande profondeur. J'ai particulièrement aimé Fenno et la façon dont il aborde son homosexualité. J'ai tellement été touchée par ce quarantenaire new-yorkais que la troisième partie m'a brusquement déconnectée du roman.

 

Tout en moi refusait de faire la connaissance du troisième et dernier narrateur. J'aurais voulu crier pour que l'on me rende Fenno. J'ai donc lu la fin dans la frustration et la déception ce qui prouve la réussite, malgré quelques défauts, de Jours de juin.

 

4--toiles-copie-1.gif Points, 654 pages, 2008

 

LECTURES COMMUNES, bouton1-copie-1

 

 

  Une lecture commune avec Keisha et L'or des chambres.

 

   

  Un coup de coeur de Florinette qui m'a donné l'envie de le découvrir...

 

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 00:05

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« Peut-être que tu devrais écrire toi-même ta page Wikipédia.

Comme ça, tes enfants sauraient quelque chose à ton sujet. »

 

C'est l'histoire d'Annie qui vit en couple avec une espèce d'ahuri, Duncan, depuis 15 ans. C'est l'histoire de Duncan qui n'a qu'un amour dans sa vie, l'ancienne star Tucker Crowe dont le monde n'a plus de nouvelles depuis 1986. Le fantôme de Tucker plane au-dessus de leur couple comme l'enfant qu'ils n'ont jamais eu jusqu'au jour où Annie se rebelle...

 

Nick Hornby est de retour avec ce que ses lecteurs aiment le plus chez lui : du mordant, une juste dose de cynisme et un univers musical sans pareil capable de transmettre des notes avec les mots. On se laisse aller à découvrir ces personnages qui pourraient être des proches, des amis aussi attachants qu'agaçants en raison de leurs nombreux défauts.

 

C'est un roman résolument moderne qui démontre les qualités et les inconvénients de notre temps, celui de l'ère internet, des relations qu'elle empêche, et celles qu'elle engendre. Nick Hornby est en verve. En mettant en exergue des personnages à la recherche de leurs désirs sans pouvoir les nommer, il nous propose une palette convaincante de quiproquos réjouissants et divertissants.

 

3--toiles.gif 10/18, 313 pages, 2010

 

Merci à Stephie et aux Editions 10-18 !

 

Beaucoup d'avis, Cathulu en recense quelques-uns...

 

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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 02:11

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« Me voici de nouveau libre – de corps et d'esprit, ou du moins autant qu'on peut l'être lorsqu'on vient d'acheter sa liberté au prix de son ventre... »

 

1897, Le chef cheyenne Little Wolf est reçu à la Maison Blanche par le Président Grant pour lui proposer un échange. Mille femmes blanches contre mille chevaux. Sous le choc, les blancs  hurlent à l'outrage et la presse se déchaîne.

 

L'enfer est pavé de bonnes intentions. Little Wolf voyant son peuple disparaître, décide de l'unir aux blancs. En épousant des femmes blanches, leurs enfants appartiendront aux deux cultures. Ils symboliseront le pont entre les deux peuples et garantiront une paix durable.

 

Si le Président Grant refuse officiellement de marchander des femmes, il se rend compte, en coulisses, des avantages d'un tel traité. Si certaines peuvent se porter volontaires, il est clair qu'il ne trouvera pas le chiffre demandé. C'est donc dans les prisons et les asiles que le personnel de la Maison Blanche fera son marché. En leur demandant si elles aiment le camping et en leur offrant la liberté au bout de deux ans, ils trouveront ainsi mille "bénévoles" d'accord d'enfanter la première génération mixte "d'enfants civilisés".

 

Le lecteur fera alors connaissance avec quelques-unes de ces femmes par les mots de l'une d'elles, May Todd. Par le carnet qui retrace ses aventures, il apprendra que May provient d'un asile où elle a été enfermée pour débauche sexuelle. Faire l'amour avec l'homme qu'elle aime sans être mariée et donner naissance à ses deux enfants, lui a valu des seringues d'eau bouillante dans le vagin dans le but de soigner ses pulsions de pécheresse.

 

« J'écris peut-être pour rester en vie, pour nous aider à survivre toutes ensemble »

 

Durant leur transport, le mot est juste, on ne peut pas dire "voyage", les convoyeuses sont méprisées par les militaires assurés de les protéger. Traitées de tous les noms, on leur garantit un sort néandertalien, les sauvages faisant l'amour comme des bêtes.

 

A leur arrivée, elles pourront constater que les bêtes ne sont pas forcément celles que l'on croit. En découvrant les coutumes de leur peuple d'adoption, elles réaliseront que les différences ne sont pas si grandes et que l'intolérance a la couleur de leur propre peau.

 

little-wolf.jpg

 

 

Pourtant, aucune démagogie dans la plume de l'auteur. Au milieu de cette vie de nomades, de ce quotidien en plein air, la communauté prime, les bandes rivales planent, l'obscurantisme agit et les traditions séculaires perdurent. La cohabitation des deux cultures démontrent à la perfection les barrières solidement ancrées, écueils indestructibles à une véritable compréhension mutuelle.

 

Mille femmes blanches est une saga époustouflante à l'image du Grand Ouest. Rouge, riche et dure comme la terre, stupéfiante comme la nature qui l'entoure. Une lecture qui n'est ni sordide ni triste comme son sujet pourrait le croire mais bien au contraire remplie d'espoir et de courage. Inspirant. Droit au cœur.

 


 

Little Wolf

 

5--toiles.gif Pocket, 505 pages, 2004

 

Un extrait...

« De leur côté, ces messieurs sauvages donnent l'impression de passer un temps démesuré à paresser dans leurs tipis, à fumer et à palabrer entre eux... ce qui me pousse à croire que nos cultures, finalement, ne sont peut-être pas si différentes : les femmes font tout le travail pendant que les hommes bavassent. »

 

Elles ont adoré...

A propos de livres, Hydromielle, Suzan...

 

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Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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