La nuit
Vue d'en haut
Vue d'en bas
Coup de coeur pour Burano
Beaucoup moins pour Murano

Mon nez, mon chat, l'amour et... moi
Louise Rennison
Nous voici plongés au cœur du journal intime de Georgia Nicolson, 14 ans. Un plongeon qui nous renvoie en pleine figure les petits détails gênants de notre adolescence que l'on était bien content d'avoir oublié.
Il est difficile de croire que Louise Rennison a réussi le pari de retranscrire avec tant d'humour et de justesse les névroses, les angoisses, les interrogations, les futilités, le regard acéré sur le monde, la naïveté et la candeur d'une gamine de 14 ans.
C'est pourtant le cas ! Georgia Nicolson est désopilante et terriblement attachante. Elle change d'avis en une seconde, se demande de quel côté il faut tourner la tête quand on embrasse un garçon, se rase les sourcils pour tenter d'être plus jolie et mesure ses jambes pour être sûre de ne pas être bancale...
J'ai passé un bon moment en sa compagnie avec un petit goût de revival qui me donne à penser que pour rien au monde je souhaiterais repasser par là...Je me demande tout de même si le concept peut s'étaler sur 9 tomes et si à la longue, on ne se lasse pas.
Extraits
Les parents
« Merci mon Dieu, ils sont sortis. Enfin ! C'est quoi toutes ces foutaises de famille heureuse? Tous ces « on devrait faire des choses ensemble » ? Comme je l'ai fait remarquer à papa :
- On a déjà pas de bol de se retrouver coincés tous les quatre dans la même baraque, alors pourquoi faudrait-il se pourrir la vie encore plus en allant traîner tous ensemble dans une jardinerie ? »
Pourquoi tu as épousé papa ?
« J'ai demandé à maman pourquoi elle avait épousé papa (il était au bowling avec oncle Eddie - tu le crois ça ?). elle a réfléchi un moment avant de me
sortir :
- Il me fait rire.
Il la fait rire... Il la fait rire... Bart Simpson me fait rire mais ce n'est pas une raison pour l'épouser. »
Les copines au téléphone...
« - Si vous devez vous voir demain, vous ne pourriez pas attendre jusque-là ? Ça m'éviterait de payer des notes de téléphone astronomiques.
Les parents sont tous pareils : radins. Revenons à nos moutons. Jas me disait donc :
- Il m'a fait « A plus. »
- ça il peut le dire à n'importe qui. « A plus », ça peut juste vouloir dire « à plus » et rien d'autre.Elle a été toute chamboulée.
- Tu crois que je ne lui plais pas, alors ?
Moi :
- J'ai pas dit ça. Il aurait pu ne jamais dire « à plus », sauf bien sûr s'il voulait dire « à plus ».
ça l'a ragaillardie.
- Alors tu penses que peut-être il a voulu dire « à plus » ?
- Oui.- A ton avis, « à plus » c'est dans combien de temps ?»
Elles ont aimé...
Karine, Cuné, Cathulu, Emilie et Clarabel qui vous propose de gagner le dernier tome.

Uglies
Scott Westerfeld
Comme tout livre de SF qui se respecte, le monde que nous connaissons n'existe plus. L'époque où les plus beaux obtenaient les meilleurs emplois, de meilleures
notes, une meilleure vie est révolue.
L'ère des anorexiques et des anti-rides s'est achevée pour laisser la place à une société manichéenne comprenant d'un côté les Uglies et d'un autre les Pretties. Dorénavant tout le monde est beau à partir de 16 ans. En attendant cet âge qui semble béni, vous n'êtes qu'un Uglies, c'est à dire rien.
Une lecture qui a tout du bon livre pour ados. Un sujet passionnant impliquant des castes, de l'injustice, une dose de complot sans oublier un petite pincée d'amour. Un bon format qui tient dans la main et une couverture attractive.
Au-delà de ces éléments commerciaux, Uglies propose une réflexion intéressante sur notre société conditionnée et un regard acéré sur les dérives de la chirurgie esthétique. Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour pouvoir nous faire accepter tels que nous ne sommes pas ? Une fable écologique et d'actualité qui mériterait une écriture (ou une traduction ?) un peu plus soignée.
Séduite, je me lance dans la suite avec curiosité.
Extrait
«- C'est vrai que la vie était tellement bien quand tout le monde était moche. Tu as oublié tes cours d'histoire ?
- Ouais, ouais, je sais, récita Shay. Chacun jugeait les autres selon leurs apparences. Les plus grands décrochaient les meilleurs boulots, et les gens votaient pour des politiciens uniquement parce qu'ils étaient un peu moins moches que les autres. Blablabla.
- Et les gens s'entretuaient pour de simples questions de couleur de peau. Alors, qu'est-ce que ça peut faire si tout le monde se ressemble ? C'est la seule manière de rendre les gens égaux.
- Il ne vaudrait mieux pas les rendre plus malins ? »
Ce qu'elles en ont pensé
Un coup de coeur pour Fashion et Emmyne. Il vaut la peine d'être lu pour Argantel tant qu'à Freude, elle est maintenant fan.
Ce roman a obtenu le Grand Prix de l'imaginaire 2008 et le Prix du meilleur roman pour jeunes adultes de l'American Library 2006.
Pocket Jeunesse, 432 pages, 2007
A voir et à revoir

Le meilleur film réalisé à ce jour sur le sujet de l'élitisme et de l'eugénisme
Bienvenue à Gattaca

Les invités de l'île
Vonne van der Meer
Il y a comme ça des livres qui viennent à vous...
Un matin, avant de partir au travail, je note chez Cathulu l'annonce de la sortie en poche de la trilogie de la néerlandaise Vonne van der Meer. Le soir-même, je trouve les deux premiers volumes posés sur une table chez ma voisine.
C'est le roman d'une maison de vacances située sur une île. Chaque nouveau locataire détient un chapitre de l'histoire. La maison est la seule constante, stable, fixe, face à la mer. Les hôtes se succèdent avec leurs fêlures, leurs rêves brisés, leurs espoirs et leurs choix. Le livre d'or et son marque page improvisé leur serviront de guides improvisés.
J'ai découvert cette auteure avec grand plaisir. La lecture est cotonneuse, douillette comme un nid qui vous protège. Le titre se révèle juste : c'est l'île qui invite et non le contraire.
Une écriture et une couverture très belle pour un livre à savourer dans une ambiance feutrée, entouré de coussins, devant un feu de cheminée ou encore mieux à la plage, bercé par le bruit de vagues.
Extrait
« Si une communion des morts existe, peut-être existe-t-il aussi une communion des êtres souffrant de solitude. Des êtres qui vous tiennent compagnie si vous pensez à eux. Tandis qu'elle regardait par la fenêtre le ciel qui s'assombrissait, où ne perçaient plus que quelques traînées de lumière, elle eut l'impression que quelqu'un venait derrière elle et posait une main sur sa tête. Regardait par-dessus son épaule et tendait le doigt vers les premières étoiles, vers quelque chose qui était plus vieux que la douleur qu'elle ressentait. »
Une jolie façon de découvrir l'auteure
Un entretien de Vonne van der Meer avec
son traducteur Daniel Cunin
Ce qu'elles en ont pensé
Papillon a été touchée, Armande attend avec impatience la sortie en poche du troisième tome
Un coup de coeur pour Bellesahi, Un doux roman qui laisse un goût délicieux de sel selon Antigone

« Ces gens.... ce ne sont pas des gens »
La quatrième de couverture ne résume pas le livre « car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister. »
Je vais tenter de respecter cette démarche et d'en dire le moins possible. C'est une lecture puissante. Une de celles que l'on n'oublie pas.
« Il n'y a pas de bons soldats »
L'idée de transposer une des périodes les plus sombre de notre Histoire dans la compréhension d'un petit garçon de 9 ans relève du génie car ce qui ne semblait avoir aucun sens jusqu'ici devient alors ridiculement absurde. Les fondements du racisme sont purement et innocemment démontés sans que les conséquences en soient affaiblies.
On ne peut qu'être bouleversés en lisant l'incompréhension de Bruno devant le monde à l'état brut (brutes) qui l'entoure et terriblement touchés par la force de vérité de son ami portant sans cesse le même pyjama rayé.
« Tu es du mauvais côté de la barrière »
A lire, à offrir, à passer plus loin, pour susciter la discussion, pour parler de cette réalité, pour éviter qu'elle ne devienne trop floue.
Une lecture indispensable qui m'a offert une entrée en matière pour aborder le sujet avec ma fille de 9 ans. « Comment est-ce possible Maman ?, comment peut-on faire cela ? ».
Aucune réponse mais une alternative : un devoir de mémoire.
Elles ont toutes raison...
Un coup de coeur pour Clochette, à couper le
souffle pour Sylvie, original, intelligent et efficace selon Ys, Karine le
trouve difficile d'accès pour les plus jeunes...
Folio Junior, 204 pages,
2006
Le livre est devenu un film dont la sortie fut bien discrète (si elle a eu lieu ?), rattrapage en DVD dès le 12 août 2009

La condition
Jennifer Haigh
« L'enfance était finie. Putain, quel soulagement »
L'histoire d'une famille.
Paulette, la mère au foyer qui élève ses enfants quasi seule. Une belle femme qui ne se voit pas comme telle et qui est incapable de se distancer de son éducation catholique. Prude, jalouse envers son mari qu'elle croit volage. Fusionnelle envers sa cadette mais comment pourrait-il en être autrement ? Comment peut-on voir sa fille devenir femme dans son corps de petite fille ?
Frank, le scientifique, le père maladroit, le mari amoureux de sa femme qu'il trouve si désirable. Celui qui n'a jamais été infidèle même si la principale intéressée croit le contraire. Un homme qui manque d'un certain courage et qui laisse la vie suivre son cours.
Billy, le fils aîné. Bel homme, intelligent, homo pas encore sorti du placard. Comment pourrait-il en être autrement quand sa famille écartelée a subi tellement d'épreuves ?
Scott, le second fils qui a décidé d'être second en tout. Celui qui recherche le sens de sa vie en planant.
Gwen, le personnage central du livre, la petite dernière qui restera toujours petite en raison du syndrome de Turner. Une femme secrète, butée et terriblement attachante.
C'est une douce lecture (un peu trop parfois à mon goût) qui donne matière à réflexion :
Les choses qui nous séparent sont-elle les mêmes qui nous réunissent ?
Peut-on accepter le bonheur de ses enfants quand on est soi-même malheureux ?
Handicap, orientations sexuelles, relations mère-fille / père-fils, Jennifer Haigh met en évidence avec finesse les non-dits qui tissent les relations familiales. A travers les années, on est agacé, on apprend à comprendre et finalement à apprécier ces personnages qui semblent n'avoir aucun contrôle sur leurs vies.
Ce qu'elles en ont pensé...
Une excellente histoire familiale selon Keisha que je remercie d'avoir fait voyagé ce livre.
Lily l'a trouvé un peu trop romanesque, une superbe saga familiale selon Cuné,
Michel Lafon, 416 pages, 2009
Si vous avez aimé et vice versa...
Nous étions les Mulvaney de Joce Carol Oates

84, Charing Cross Road
Helene Hanff
« Je me souviens, il y a quelques années, un type que je connaissais m'a dit que les gens qui vont en Angleterre y trouvent exactement ce qu'ils sont venus y chercher. Je lui ai dit que j'irai y chercher l'Angleterre de la littérature anglaise, il a hoché la tête et il a dit : « Elle y est bien ».
Encore un livre épistolaire. En réalité c'est LE livre épistolaire.
Le 5 octobre 1949, Helene Hanff, résidant à New-York, commande auprès de la librairie Marks & Co à Londres plusieurs ouvrages anciens et épuisés. C'est le début d'une correspondance authentique qui durera vingt ans.
L'exubérance et l'excentricité d'Helene Hanff, le calme et la discrétion british de Frank Doel, les temps d'après-guerre où le rationnement fut toujours en vigueur, les échanges polis d'une gentillesse aujourd'hui malheureusement désuète, les relations que nous entretenons avec les livres.
Comment ce livre si fin peut-il être une ode à la littérature anglaise ? Comment ne pas être touchée par cette amitié transocéanienne qui traverse le temps sans affres ?
Il est souvent relevé qu'Helene Hanff fut surprise du succès de 84, Charing Cross Road. Il ne peut en être qu'ainsi j'imagine quand une auteure trouve à un âge « avancé » la reconnaissance qu'elle mérite non pas par le biais de son travail mais grâce aux lettres qu'elle a échangé avec les employés d'une librairie. Seulement voilà Mme Hanff, 84, Charing Cross Road est bien plus qu'une correspondance, c'est un indispensable !
Aujourd'hui, la librairie Marks & Co n'est plus. Une plaque commémorative rappelle au pèlerin vingt ans d'amitié. Je ne peux que le regretter comme le fait que la bibliothèque d'Helene Hanff ait été dispersée au gré du vent à sa mort.
Extrait
14 East 95th ST.
25 mars 1950
Eh, Frank Doel, qu'est-ce que vous FAITES là-bas ? RIEN du tout, vous restez juste assis à ne RIEN faire. Où est Leigh Hunt ? Où est l'Anthologie d'Oxford de la poésie anglaise ? Où est la Vulgate et ce bon vieux fou de John Henry ? Je pensais que ça me ferait une lecture si roborative pour le temps du carême, et vous, vous ne m'envoyez absolument RIEN.
Vous me laissez tomber, et j'en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ait fait le coup et ils me retireront ma carte.
Je me suis arrangée avec le lapin de Pâques pour qu'il vous apporte un Œuf, mais quand il arrivera chez vous il découvrira que vous êtes morts d'Apathie.
Avec le printemps qui arrive, j'exige un livre de poèmes d'amour. Pas Keats ou Shelley, envoyez-mois des poètes qui peuvent parler d'amour sans pleurnicher. Wyatt ou Jonson ou autre, trouvez vous-même.
Mais si possible un joli livre, assez petit pour que je le glisse dans la poche de mon pantalon pour l'emporter à Central Park.
Allez, restez pas là assis ! Cherchez-le ! Bon sang, on se demande comment cette boutique existe encore.
Encore un mot...
Les nombreuses notes de permettent de (re)découvrir des auteurs. La postface est rédigée avec finesse par Isabelle Hausser.
J'ai maintenant très envie de voir le film...
Ce qu'elles en ont pensé...
Emeraude trouve que c'est un petit bijou, Levraoueg est tombée sous le charme, Fashion vous le recommande chaudement, Karine l'a trouvé trop court, Papillon a adoré l'humour d'Hélène Hanff. et c'est Keisha qui me l'a conseillé
Si vous avez aimé, vous aimerez
peut-être et vice versa...

Les âmes brûlées
Andrew Davidson
Plon, 502 pages, 2009
"Quiconque croit pouvoir décrire l'amour n'y entend absolument rien"
Que reste-t-il d'un homme lorsqu'il est entièrement brûlé et qu'il se consume sur un lit d'hôpital? Que reste-t-il d'un acteur de films pornos lorsque son outil de travail est parti en fumée ? Il ne reste rien si ce n'est l'attente. Longue, cruelle et diabolique. La vie n'a pourtant pas dit son dernier mot. L'homme blessé va recevoir régulièrement la visite d'une femme qui porte bien son nom, Marianne Engel.
Une histoire grandiose qui a su me toucher au plus profond. Les pages se tournent l'air de rien. L'écriture est belle, dire que c'est un premier roman ! J'avais parfois la délicieuse sensation que cette histoire m'était contée autour d'un feu. Le feu qui dévore tout. Le feu qui nourrit. Le feu qui lance le processus de renaissance.
Des contes et légendes du Moyen-Âge à la vie trépidante et parfois vide de sens de nos jours, Les âmes brûlées est une majestueuse quête d'amour, de foi, de soi.
Le titre et la couverture m'avaient pourtant dissuadé en me donnant l'impression d'un livre noir. J'aurais eu grand tort. C'est une lecture lumineuse qui vous transperce.
Ce qu'elles en ont pensé...
Cuné l'a savouré en quatre jours, La Liseuse n'est pas ressortie indemne, Pimprenelle a failli pleurer (elle est plus forte que moi !), Karine a été envoûtée tandis que Jules a abandonné à la page 74.
1. Écrire 8 souhaits
2. Dire à quoi font penser les 8 mots donnés
3. Dire un mot sur sa tagueuse
4. Taguer 8 personnes et les prévenir
Étant donné que de nombreuses blogeuses ont relevé le défi avec poésie et humour, je vais tenter de faire de mon mieux.
Mes 8 souhaits...
C'est en réalité un tag pour Miss France, « la paix dans le monde » et « à manger pour
tous »...;-)
Qu'il n'y ait plus de pépins dans la pastèque. Ce fruit délicieux, rafraîchissant quand il fait si chaud et érotique quand le jus vous coule le long des lèvres, pour venir se nicher au creux de votre cou... Bref, que viennent faire là ces pépins si ce n'est pour gâcher la fête ?
Que la grossesse dure 7 mois tout au plus. Je me suis toujours méfiée de ces femmes qui affirment qu'elles ne se sont jamais sentie aussi féminine qu'enceinte. C'est clair qu'avec 21 kilos en plus, des hémorroïdes plein les fesses, un mal de dos de chien et l'expérience humiliante de mon homme qui me pousse par derrière, les mains sur les fesses, pour arriver à monter les escaliers, j'ai trouvé ma féminitude.
Deux boutons à options sur mes enfants. L'un auto-nettoyant et auto-nourrissant pour éviter ces doubles journées qui me pèsent parfois. Une fois rentrée du travail, pourquoi ne pas s'asseoir devant un bon roman au lieu de repartir pour un tour ? L'autre pour avoir des bisous et des câlins à volonté. Oui je sais je suis une mère indigne mais c'est MON tag et je fais ce que je veux !
Pouvoir manger de la glace et du chocolat à volonté sans répercussion aucune. Aucune culpabilisation, aucune prise de poids, aucune artère bouchée, aucun « manger, bouger », mmmmmm.
Avoir suffisamment d'argent pour financer une recherche sur la téléportation.
Voir cette recherche aboutir et me téléporter au gré du vent.
Passer mes journées à lire, être payée pour afin d'éviter à ma famille le déshonneur ainsi que la faillite.
J'y travaille...
Qu'à la dernière saison d'URGENCES, le Dr Marc Greene ressuscite et que l'on nous dise « on vous a bien
eu ». Je ne m'en suis toujours pas remise. Non mais c'est vrai, ils commencent à m'énerver à faire mourir tous mes héros. On a la vraie vie pour ça!
Qu'évoquent les 8 mots donnés :
Message
Malheureusement mail. Je ne prends plus le temps d'écrire de lettres sur un joli papier. Le pire est que je tape au clavier plus vite que je n'écris.
Blog
Redoutables. Je lis six fois plus qu'avant.
Prix du livre
S'il l'on part d'une moyenne de 8h00 pour lire un livre et que le coût moyen de ce dernier est de 10 €, le nombre
d'heures de lecture coûte 1,25 €. Comparons :
1 heure de théâtre > 15 €
1 heure de ciné > 6 €
1 heure de massage > 50 €
1 heure de psychothérapie > 80 €
En résumé, lire c'est s'ouvrir au monde. Un bon roman vous propose de voyager, de vous interroger, d'être ému-e, de rire à un prix modique. Un roman que vous regrettez d'avoir lu vous a peut-être fait perdre 8 heures mais sans rendre votre porte-monnaie anorexique. Au moins il n'y a pas de pépins dedans. (juste pour voir si vous lisez l'intégralité du billet ou si vous faites des sauts).
Croix
Sacrifice.
Scrap
Spontanément je pense à Scrat, l'écureuil de L'âge de glace. Petit mais déterminé, inconscient, courageux, buté, pathétique, hilarant, vaillant et misérable. Il en faut !
Création
« Chaque création est une victoire sur la peur », Francis Ford Coppola
Bonheur
Les vacances, ma famille, des livres et de la glace.
Epicure
La vie est courte.
Enfant
« Ma joie, mon souci, mon orgueil », E. Schmidt
Passion
est comme son fruit, meilleure quand elle arrive au bout.
Qui est ma tagueuse ?
Marie « lecture pêle-mêle ». Lectrice engagée, maman de deux filles qui n'hésite pas à lui offrir un boîte à bisous pour la Fête des mères et qui affiche la belle idée « Travailler moins pour lire plus ». Elle m'a convaincue de lire le tome 3 d'A la croisée des mondes.
J'aimerais bien que 8 blogueuses acceptent de répondre à ce tag...
Tout le monde a eu ce tag une ou plusieurs fois. Certain-es croient naïvement pouvoir y échapper...Emmyne, Amanda, La
liseuse, Chiffonnette, Julien, Lou, Lael, Leiloona, à vous les studios.


Aya de Yopougon
Marguerite Abouet, Clément Oubrerie
Je lis peu de BD. Le temps que je sois dedans, c'est déjà fini.
Pour Aya de Yopougon, je suis prête à expier mon pêcher d'ignorance. Avec le tome 2, on retrouve toute la fraîcheur d'un pays pourtant
chaud.
Marguerite Abouet lance un regard empli d'humour et pourtant sans concessions sur les différences entre hommes et femmes.
Clément Oubrerie illustre avec intelligence et finesse les états d'âmes de tout un village.
Dans le tome 3, j'ai beaucoup aimé la façon dont l'homosexualité est abordée. Les rêves conditionnés des jeunes filles et ceux formatés de leurs homologues masculins.Deux petits bijoux à consommer sans modération.
A visiter sans hésitation Le site de Clément Oubrerie

Si vous avez aimé, peut-être apprécierez-vous
la collection de Mma Romatzwe détective

Cerf, 101 pages, 1999
« Assumer sa condition. Tirer profit de l'injustice. Se nourrir de sa faiblesse ».
Alexandre Jollien est handicapé de naissance. Après avoir passé 17 ans en institution, il s'oriente vers des études de philosophie alors qu'il était destiné à rouler des cigares.
Avec Éloge de la faiblesse, il nous propose un regard différent ainsi qu'une réflexion critique aiguisée de notre rapport au monde par le biais d'une conversation avec Socrate himself ! Une idée audacieuse, une belle leçon de vie, un bouleversement de nos valeurs, une lecture profondément humaine et humaniste.
Il est inutile d'être agrégé de philosophie pour pouvoir accéder à cette lecture, c'est au contraire brillamment vulgarisé.
Si vous êtes tentés, ce sera donc mon
premier livre voyageur en hommage à Alexandre, mon cycliste à quatre roues préféré que je croise régulièrement sur les quais de ma ville,Vevey.
A voir le site d'Alexandre Jollien

A écouter le livre audio : recueil de commentaires de Bernard Campan sur sa relation avec Alexandre.

Actes Sud, Collection : Babel, 253 pages, 2009
Deux êtres que tout oppose se rencontrent et tombent amoureux dans un cimetière. Lui vient visiter ses parents, sa mère qu'il aime et qu'il admire tant. Elle vient pour son mari, davantage ami qu'amant. Il vit de sa terre. Elle de ses livres...
On peut résister à une telle histoire mais il ne faut pas ! Le ton est impertinent et authentique. C'est truculent, vrai et sensuel. Derrière la légèreté des mots, Katarina Mazetti nous invite au-delà des apparences à nous interroger sur les paradoxes de l'amour et de l'attirance. Peut-on s'aimer quand on a rien en commun ?
Une histoire toute en fraîcheur à l'ambiance délicieusement nordique.
Extrait
« Elle est restée dormir chez moi, et quand j'ai mis des draps propres, elle a dit qu'elle avait ses règles et qu'elle espérait qu'il n'y aurait pas de fuite. Aucun problème, je ferai avec, ai-je pensé, parce oui, ça dégageait un bien-être confortable. On ne se pointe pas chez des amants temporaires quand on vient d'avoir ses règles. Elle m'a pour ainsi dire élevé au statut de permanent. Faire l'amour, ça pouvait attendre, elle n'était pas venue pour ça. D'ailleurs, je crois que ça me plairait d'avoir une tache d'elle sur mes draps. Il y a sans doute un nom latin pour ce genre de perversion. »
C'est bien vrai
« Les parents ne devraient pas être autorisés à avoir des enfants parce qu'ils ne savent pas les apprécier ».

Gallimard-Jeunesse, 311 pages, 2006
Tobie a 13 ans. Il mesure quelques millimètres et habite avec son peuple, le peuple de l'arbre, dans un vénérable chêne. Son père est un savant qui est à l'origine d'une invention révolutionnaire convoitée par les membres du Grand Conseil. Estimant qu'il serait dangereux de révéler le secret de sa découverte, le père de Tobie ainsi que sa famille est condamnée à l'exil.
Une écriture poétique sur un monde imaginaire bucolique, Tobie Lolness est une fable écologique originale pleine d'aventures et de frissons. Tel Kirikou Tobie est petit mais il peut beaucoup.
Extrait
"Tout en bas de l'arbre, avant de toucher terre, le bois du tronc se soulève et forme les plus hautes chaînes de montagnes.
Des flèches, des précipices sans fond... On dirait que la surface de l'écorce est parfois chiffonnée, parfois ondulée comme les plis d'un rideau. Les forêts de mousse s'accrochent aux sommets et
attrapent les flocons de neige en hiver. Le lierre bouche avec ses lianes tous les passages entre les vallées. C'est un pays infranchissable et dangereux.
En creusant l'écorce au fond des canyons, on trouve quelquefois les restes d'aventuriers malchanceux qui se sont risqués dans ces montagnes. Avec le temps, le bois a fini par les digérer. On
découvre une boussole, une paire de crampons ou un crâne d'un quart de millimètre. C'est tout ce qui reste de leurs rêves héroïques.
Pourtant, au milieu de ces montagnes peu hospitalières, il existe un petit vallon protégé où on installerait bien un chalet pour passer Noël sous la couette en écoutant ronfler la cheminée. Un
vallon verdoyant qui recueille l'eau de pluie dans une petite mare entourée d'écorce douce.
Seul habitant du secteur, un cloporte venait chaque matin y brouter un peu de verdure.
Il y a dans l'arbre bien des coins de paradis qu'on ferait mieux de laisser aux gentils cloportes."
Elles ont aimé Florinette Elfique Bellesahi Clarabel
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