Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 10:18



Lignes de faille
Nancy Huston


Actes Sud, 488 pages, 2007

Magnifiquement écrit et déchirant. Nancy Huston remonte le fil du temps d'une famille. Quatre récits d'enfants de 6 ans. L'arrière petit-fils vivant à notre époque, le père, la grand-mère, l'arrière grand-mère. Au fil des pages, on comprend comment l'Histoire du monde et les histoires de familles sont intrinsèquement liées pour porter une influence sans fin envers les descendants d'un peuple, d'une famille, de l'humain.

Extrait

(Mon père) repart. Comme tous les hommes allemands en ce moment il doit essayer de tuer le plus possible de russes même si on est en train de perdre la guerre et même si Jésus a dit Tu ne tueras point (ou peut-être que c'était Moïse). Grand-père dit que parfois on n'a pas le choix, il faut tuer ou être tué, un point c'est tout. Pendant le bénédicité il demande à Dieu de protéger père et Lothar de l'ennemi et ça me gêne parce qu'il y a sûrement des familles en Russie qui lui demandent de protéger leurs hommes de l'ennemi sauf que quand ils disent l'ennemi ils parlent de nous et à l'église quand le prêtre dit qu'il faut prier pour Hitler je pense aux gens dans les églises russes qui prient pour leur Guide à eux et je peux imaginer le pauvre Dieu qui, là-haut dans les nuages, se prend la tête dans les mains et essaie de faire plaisir à tout le monde et se rend compte que ce n'est tout simplement pas possible.

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 10:09



Michael Tolliver est vivant
Armistead Maupin

 

Edition de L'olivier, 304 pages, 2008


En entrant dans la librairie, j'apprends cette belle nouvelle : Michael Tolliver est vivant ! Immédiatement, je crie mon soulagement en me ruant sur le septième et dernier volume des Chroniques de San Francisco. Un homme se retourne sur moi surpris. Je lui parle de cette fable sans pareil et lui conseille de s'atteler sans tarder au premier volume. Il me répond que ce serait imprudent car ce qu'il aime dans les livres c'est de les acheter et non de les lire. S'il y a bien une chose que Les Chroniques de San Francisco m'ont apprise c'est chacun son truc !


On retrouve donc notre héros au 21ème siècle à l'ère des portables, d'internet et de guerre d'Irak. Armistead Maupin a pris le risque de décevoir ses lecteurs en coupant les liens que l'on croyait éternels. Le roman en a pris de la hauteur car la vie est ainsi. Michael Tolliver est en paix avec lui-même et a le courage de prendre le risque de perdre. Un roman savoureux qui oscille entre la gravité et la légèreté. Drôle et émouvant, une leçon de tolérance, d'ouverture et de famille (bio)logique.


Ne passez pas à côté des Chroniques de San Francisco, tomes 1 à 6

 


Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 19:26




Cancer and the City
Marisa Acocella Marchetto


Marisa Acocella Marchetto est illustratrice et raconte à travers un graphisme drôle et décapant son histoire : celle d'une femme branchée de 43 ans vivant à Manhattan et qui apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein.


Onze mois dans la vie d'une femme. Du rire aux larmes. Sans tabou et avec une justesse rare. Les peurs d'une femme amoureuse. La relation mère-fille. Etre malade et sans assurance aux Etats-Unis. Une raconteuse moderne. Cate Blanchett en a d'ailleurs acheté les droits pour une adaptation cinématographique.


A lire absolument ou à offrir, une partie des bénéfices est versée au profit de l'institut de cancérologie Gustave Roussy à Villejuif (région parisienne).

Le teaser en anglais

Par Theoma - Publié dans : BD / Romans graphiques
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 10:00


L'élégance du hérisson
Muriel Barbery

Gallimard, 359 pages, 2006

Un livre étonnant et singulier. Renée est âgée de 54 ans. Paloma a 12 ans. Leurs classes sociales semblent les opposer mais elles ont de nombreux points en communs. Elles sont extrêmement intelligentes, habitent au même endroit et ont toutes deux le syndrome du Caméléon. Elles ne montrent rien. Renée est même une grande artiste de l'illusion.

Une jolie lecture dont la fin m'a beaucoup touchée. Des pensées écrites fusant telles des boules de loto. Des philosophies de vie partagées. Je n'ai maintenant qu'une envie : visiter le Japon !

Extrait
« Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »

Pour les superbes photos de Stéphane Barbery : Le blog de Muriel Barbery
Par Theoma - Publié dans : En français
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:55


Lettres à Théo
Vincent Van Gogh


Gallimard, 251 pages, 2005

Vincent Van Gogh a écrit à son frère, Théo, quelques 900 lettres entre janvier 1874 et le 29 juillet 1890, jour de sa mort. 16 ans de correspondance choisie retracée dans un ouvrage comprenant en plus des dossiers thématiques.

Une correspondance puissante dont on ne ressort pas indemne. Vincent, l'érudit, l'incompris, le perfectionniste, le puriste, le talentueux, ...

Le lien qui l'unit à Théo, de quatre ans son cadet, est exceptionnel. Une relation bien plus que fraternelle, deux âmes soeurs.

Le 29 juillet 1890, dans le champ de blé qu'il a peint quelques jours avant, Vincent se tire un coup de revolver. Le chagrin brise Théo. Son unique souci est alors de préserver l'oeuvre et la mémoire de son frère. Tout en s'épuisant à la tâche, il quitte son travail et perd brusquement la raison. Il doit être interné et meurt le 25 janvier 1891, moins de six mois après son frère. Enterré en Hollande, ses restes seront transférés par sa veuve, Jo, 23 ans plus tard aux côtés de Vincent. Jo réussira au-delà de toute mesure à livrer l'œuvre au public.

La nuit étoilée. Une de mes préférées. Le tourbillon de la vie...




Terrasse du café le soir, Place du Forum à Arles. La passion des couleurs vives. La recherche du jaune absolu. Vincent aimera Arles pour les couleurs chaudes du sud.



L'église d'Auvers-sur-Oise.

19 décembre 1885

Je préfère peindre des yeux humains plutôt que des cathédrales, si majestueuse et si imposantes soient-elles - l'âme d'un être humain - même les yeux d'un pitoyable gueux ou d'une fille du trottoir sont plus intéressants selon moi.



Champ de blé aux corbeaux
Ce sont d'immenses étendues de blés sous des ciels troublés et je ne me suis pas gêné pour chercher à exprimer de la tristesse, de la solitude extrême... le chemin central va vers le lointain, mais ne mène nulle part...

Si le vol des corbeaux fond violemment sur celui qui regarde le tableau, c'est que le peintre en eut lui-même la vision horrifiante.



Quelques extraits :

15 octobre 1879
... Sentir que je suis devenu un boulet ou une charge pour toi et pour les autres, que je ne suis bon à rien, que je serai bientôt à tes yeux comme un intrus et un oisif, de sorte qu'il vaudrait mieux que je n'existe pas : savoir que je devrai m'effacer de plus en plus devant les autres, - s'il en était ainsi et pas autrement, je serais la proie de la tristesse et la victime du désespoir.
Il m'est très pénible de supporter cette pensée, plus pénible encore de croire que je suis la cause de tant de discordes et de chagrins dans notre milieu et dans notre famille. Si cela était, je préférerais ne pas trop m'attarder en ce monde. Tout cela me décourage parfois excessivement, trop profondément, car il arrive qu'à la longue une autre idée germe en même temps en mon esprit : ce n'est peut-être qu'un rêve horrible et angoissant; peut-être verrons-nous plus clair et comprendrons-nous mieux par la suite. Ou bien, ce rêve est-il une réalité : est-ce que cela ira mieux, est-ce que cela ne s'aggravera pas ? Nombreux ceux qui trouveront sans doute que c'est de la superstition de croire encore à une amélioration. Il fait parfois si froid en hiver qu'on se dit : il fait trop froid, peu m'importe l'été, le mal l'emporte toujours sur le bien. Mais tôt ou tard, le gel rigoureux prend fin, avec ou sans notre approbation, et un beau matin, le vent surgit d'une autre direction : c'est le dégel. Quand je compare les variations du temps aux variations de notre état d'âme et de nos conditions de vie, je garde un peu d'espoir : cela finira peut-être mieux que nous le pensons.


Sans date
... Je me sens vieux chaque fois que je songe que la plupart des gens qui me connaissent me considèrent comme un raté : il me semble qu'un jour il s pourraient avoir raison si certaines choses ne changent pas. Quand je me dis qu'il pourrait en être ainsi, j'en sens si intensément la réalité que je suis découragé et que toute envie me passe comme si c'était déjà arrivé. Lorsque je regagne mon humeur normale, plus calme, il m'arrive de me réjouir que trente années se soient écoulées et qu'elles ne se soient pas écoulées sans que j'aie apprit quelque chose dont je pourrai tirer parti plus tard. Je me sens alors la force et l'envie de vivre les trente années suivantes, s'il m'est donné de les vivre. ... Bien des choses ne font que commencer à trente ans, et il est certain que tout n'est pas fini à ce moment-là. Mais on n'espère plus que la vie vous donnera ceci ou cela, puisque l'expérience vous a appris qu'elle ne peut vous le donner. On commence à saisir alors que la vie n'est qu'une espèce de période de fumage, et que la récolte n'est pas de ce monde.


Sans date
... Tu ne sais pas à quel point il est décourageant de fixer une toile blanche qui dit au peintre : tu n'es capable de rien ; la toile a un regard fixe idiot et elle fascine à ce point certains peintres qu'ils en deviennent idiots eux-mêmes.
Nombreux sont les peintres qui ont peur d'une toile blanche, mais une toile blanche a peur du véritable peintre passionné qui ose - et qui a su vaincre la fascination de ce tu n'es capable de rien.
La vie en soi, elle aussi, présente toujours à l'homme un côté blanc infiniment banal qui vous décourage et vous fait désespérer ; une face absolument vierge, aussi vierge que la toile blanche du chevalet. Mais si banale et si vaine, si morte paraisse la vie, l'homme doué de foi, d'énergie, de chaleur, sachant ce qu'il sait, ne se laisse pas payer en monnaie de singe.
Il intervient, fait quelque chose, part de là, enfin, il brise - il « endommage » disent-ils. Laisse-les donc dire, ces théologiens glacés.


Sans date
... Tu es bon pour les peintres et sache-le bien, que plus j'y réfléchis, plus je sens qu'il n'y a rien de plus réellement artistique, que d'aimer les gens.


Sans date
C'est une perspective assez triste de devoir se dire, que jamais peut-être la peinture que je fais aura une valeur quelconque. Si cela valait ce que cela coûte, je pourrais me dire : je ne me suis jamais occupé de l'argent. Mais dans les circonstances présentes au contraire on en absorbe. Enfin, et tout de même il faut encore continuer et chercher à mieux faire. ...
... la plupart des gens intelligents assez pour comprendre et aimer les tableaux impressionnistes, sont et resteront trop pauvres pour acheter.


Sans date
... il vaut mieux aimer les peintres que les tableaux.


La dernière lettre, celle que Vincent portait sur lui le 29 juillet 1890

Sans date
Mon cher frère,

Merci de ta bonne lettre et du billet de 50 francs qu'elle contenait.
Puisque cela va bien, ce qui est le principal, pourquoi insisterais-je sur des choses de moindre importance, ma foi, avant qu'il y ait chance de causer affaires à têtes plus reposées, il y a probablement loin.
Les autres peintres, quoi qu'ils en pensent, instinctivement se tiennent à distance des discussions sur le commerce actuel. Eh bien ! vraiment, nous ne pouvons faire parler que nos tableaux.

Mais pourtant mon cher frère, il y a ceci que toujours je t'ai dit et je te le redis encore une fois avec toute la gravité que puisse donner les efforts de pensée assidument fixée pour chercher à faire aussi bien qu'on peut - je te le redis encore que je considérerai toujours que tu es autre chose qu'un simple marchand de Corot, que par mon intermédiaire tu as ta part à la production même de certaines toiles, qui même dans la débâcle gardent leur calme.
Car là nous en sommes et c'est là tout au moins le principal que je puisse avoir à te dire dans un moment de crise relative.
Dans un moment où les choses sont fort tendues entre marchands de tableaux - d'artistes morts - et d'artistes vivants.
Eh bien ! mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a fondrée à moitié - bon - mais tu n'es pas dans les marchands d'hommes pour autant que je sache, et puisse prendre parti, je le trouve, agissant réellement avec humanité. Mais que veux-tu?

Par Theoma - Publié dans : En français
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:46


Maison des autres
Silvio D'Arzo


Difficile de parler d'un tel livre. Écrit dans les années 50 par Silvio D'Arzo, un des nombreux pseudonymes d'Ezio Comparoni, jeune italien mystérieux et mort trop tôt. Ce texte, dense et court, est un coup de poing. Un style descriptif novateur, une justesse rare. Ce village figé au bout du monde est si bien détaillé que le lecteur y a sa maison.

Des vies simples, mornes, un prêtre désirant percer à jour le seul mystère rencontré. Une femme seule avec une terrible question qui ne sait vers qui se tourner.

Une histoire singulière, triste mais merveilleusement racontée.

« J'ai une chèvre que j'emmène toujours avec moi : et ma vie, c'est exactement la sienne. Elle vient au fond de la vallée, elle remonte à midi, elle s'arrête avec moi au bord du fossé, et puis je l'emmène au canal et quand je vais dormir, il n'y a pas grande différence, parce qu'elle mange de l'herbe et moi de la chicorée et de la salade, et la seule différence c'est le pain. Et dans quelque temps, je ne pourrai même plus en manger... Comme moi... comme moi. Voilà la vie que je mène : une vie de chèvre. Une vie de chèvre et rien d'autre. »
Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:36




La consolante
Anna Gavalda


Dur dur d'écrire après Ensemble, c'est tout... Il faut du courage, aimer écrire et faire partager. Partage partagé mais à quel prix !

Numéro 1 des ventes, le roman d'Anna Gavalda divise les lecteurs. Les déçus, les mitigés, ceux qui en veulent à l'auteur et ceux qui ont adoré.

La consolante est un sommet à gravir. La montée est caillouteuse et rêche. On pense souvent à abandonner mais une fois arrivé au paroxysme la vue est sublime.

Les 250 premières pages, m'ont parues aussi assommantes et déprimantes que la vie de Charles Balanda, notre héros, âgé de 47 ans. Le style d'écriture colle au personnage : incomplet. Vraiment j'ai dû m'accrocher ! Comme j'aurais eu tort de ne pas aller au bout (une leçon de vie ?) !

J'ai alors compris l'audace d'Anna Gavalda. Plus Charles Balanda reprend goût à la vie, plus le style redevient vivant. Gavalda, la moderne.

On trouve alors, dans la descente, le chemin de la maison. Des personnages magnifiques (toutes des femmes) qui n'étaient pas faits pour se rencontrer mais qui vont construire ENSEMBLE leur histoire.

Partageons jusqu'au bout ! Voici quelques haïkus lus par Charles. Un haïku est un bref poème japonais visant à dire l'évanescence des choses.

Couvert de papillons
l'arbre mort
est en fleur !

Life's a bitch
and then
you die.


Grimpe en douceur
Petit escargot -
Tu es sur le Fuji !



Un extrait du livre, le repas de famille en page 49 :

"La suite ne se raconte pas. Trop vue, trop connue. Le petit banquet. Le dîner du samedi soir chez des gens bien élevés où tout le monde joue sa partition avec vaillance. Le service du mariage, les affreux porte-couteaux en forme de basset, le verre qui tombe, le kilo de sel que l'on déverse sur la nappe, les débats sur les débats télévisés, les trente- cinq heures, la France qui fout le camp, les impôts que l'on paye et le radar que l'on n'avait pas vu venir, le méchant qui dit que les Arabes font trop d'enfants et la gentille qui rétorque qu'il ne faut pas généraliser, la maîtresse de maison qui assure que c'est trop cuit pour le plaisir d'être contredite et le patriarche qui s'inquiète de la température de son vin.
Allez. ..Je vous épargne tout ça. ..Vous les connaissez par coeur, ces parenthèses chaleureuses et toujours un peu dépri- mantes que l'on appelle la famille et qui vous remémorent de temps à autre comme il est court, le chemin parcouru...
La seule chose à sauver, ce sont les rires des enfants là-haut.(..)"
Par Theoma - Publié dans : En français
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:29


 



Je viens de finir Le livre de Joe et les mots me manquent pour décrire le plaisir que j'ai ressenti. Un vrai bonheur. L'histoire est déjà truculente : un auteur ayant écrit son premier livre sur son enfance, son adolescence et sa ville natale est obligé de revenir dans celle-ci. Son père étant dans le coma suite à une crise cardiaque. Joe n'aura alors plus de livre comme bouclier. Il devra affronter les autres et lui-même.

"Statistiquement parlant, il est quasi impossible d'écrire un best-seller. De même, qu'il est très difficile de se mettre une ville toute entière à dos. En digne perfectionniste que je suis, j'ai fait d'une pierre deux coups. Dès qu'il s'agit de se faire remarquer, j'ai toujours été un enfant prodige."

Drôle et lucide, une vraie réussite. J'ai ri, j'ai pleuré. Je n'avais pas envie que cela se termine. Les personnages sont magnifiquement imparfaits et de leurs erreurs, j'ai tiré des leçons de vie.

Encore un dernier extrait :

«Tu te souviens des vieux dessins animés du Coyote, quand le Coyote se précipitait d'une falaise et qu'il continuait à courir jusqu'au moment où il baissait les yeux et réalisait qu'il cavalait dans le vide ? Et bien, je me suis toujours demandé ce qui lui serait arrivé s'il n'avait pas regardé en bas. Est-ce que l'air serait resté solide sous ses pieds jusqu'à ce qu'il ait atteint l'autre bord du précipice ? Je pense que oui, et je pense qu'on est tous comme ça. On s'élance pour traverser le canyon, le regard fixé droit devant soi vers les choses vraiment importantes, mais quelques chose, la peur ou un sentiment d'insécurité, nous fait regarder en bas. Alors on s'aperçoit qu'on marche sur du vide, on panique, on fait demi-tour et on pédale à toute vitesse pour retrouve la terre ferme. Mais si on ne baissait pas les yeux, on arriverait sans problème de l'autre côté. Là où sont les choses vraiment importantes.»


Fleuve noir, 375 pages, 2005


L'avis de Florinette

Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:06



















L'historienne et Drakula, tome 1 et tome 2
Elizabeth Kostova

Pocket, 1035 pages en tout, 2007

J'ai pris à la bibliothèque deux romans mélangeant deux styles qui font toujours bon ménage, l'histoire et le thriller. 50 ans de quête et de traque. J'ai trouvé très instructif mais je n'ai pas tellement vibré. L'histoire aurait pu être rédigée en un tome, elle en aurait gagné en puissance. Le second devient lassant passant d'une bibliothèque à Praque, d'une à Istanbul, d'une autre à Vienne.... J'ai presque eu envie que Drakula vienne me libérer en les bouffant tous... Devant le succès des deux livres (vendus à plus de 2 millions d'exemplaires), un film est attendu. Pas par moi.

Cependant, je ne peux que m'interroger devant la puissance du mythe. Le mythe donne du sens à l'incroyable. Le compte Vlad Drakula que l'on surnommait l'Empaleur a semé la terreur durant des années. Il a empalé non pas des centaines mais des milliers de gens dont femmes et enfants. L'humanité a ceci d'espérance qu'elle ne pouvait croire qu'un tel monstre soit humain. D'où la légende du vampire. Effrayante et rassurante car elle nous fait croire que Drakula n'a pas d'âme. Nous pouvons ainsi mettre de la distance entre ses actes et nous. Le mythe donne du sens à l'incroyable.
Par Theoma - Publié dans : Fantasy/SF
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 09:01


Le portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde

Folio, 430 pages, 1992


Magnifique ! L'unique roman d'Oscar Wilde est un chef d'oeuvre. La recherche de la beauté, de la jeunesse à un prix diabolique. Wilde est un visionnaire. Le livre n'est pas comme son héros, il vieillit bien. Il est toujours d'actualité. J'aime Wilde, ses pièces, ses pensées. En voici quelques-unes à savourer :

"Il n'ya qu'une chose au monde qui soit pire que d'être l'objet de toutes les conversations, c'est de n'être l'objet d'aucune". (p. 53 inbid)

"... et quant à croire, je peux croire n'importe quoi, pourvu que ce soit absolument incroyable". (p. 54)

"La seule façon de se débarrasser d'une tentation, c'est d'y céder." (p. 55)

"... les seules choses que l'on ne regrette jamais, sont les erreurs que l'on a commises". (p. 110)

mais encore :

"Les jeunes gens voudraient être fidèles et ne le sont pas. Les vieux voudraient être infidèles et ne le peuvent plus."

"Rien n'est plus dangereux que d'être trop moderne ; on risque de devenir soudain ultra démodé."

"Il me semble parfois que Dieu, en créant l'homme, ait quelque peu surestimé ses capacités"

"L'éducation est une chose admirable, mais il est bon de se souvenir de temps en temps que rien de ce qui est digne d'être connu ne peut s'enseigner"

"Le public est extraordinairement tolérant. Il pardonne tout, sauf le génie."

"L'incertitude est l'essence même de l'aventure amoureuse"


Il faudrait un blog entier consacré rien qu'aux pensées d'Oscar Wilde...

 
Encore + de citations


Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 08:55



Harry Potter et les Reliques de la Mort
J.K. Rowling

Gallimard, 809 pages, 2007

J'étais anxieuse. Ce dernier opus au point final allait-il me plaire ? Les Reliques de la Mort... quels personnages allaient rendre leur dernier souffle ? Allais-je supporter le choc ?

Au delà de mes espérances, J.K Rowling m'a tenu en haleine jusqu'à la dernière page. J'ai pour elle un profond respect pour cet univers qu'elle a su nous faire partager avec une telle intelligence. Harry Potter représente 17 ans de sa vie. 17 ans c'est aussi l'âge de son héros lorsqu'il affronte son destin.

Quelle belle histoire ! Tout aussi fort de réaliser que petits et grands du monde entier ont vibrés par le biais des mêmes pages, un point commun si rare qu'il est important de le souligner.
Par Theoma - Publié dans : Jeunesse
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 08:42



Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (tome 6)
JK Rowling


Afin de mieux retrouver Harry, Hermione et Ron et de bien profiter du dernier tome, je me remets dans le bain en relisant une seconde fois le tome 6. Une lectrice, Chantal Maurouard, a rédigé une critique de ce livre sur amazon Comme je ne pourrais pas faire mieux, la voici :


"Ils sont nombreux ceux qui veulent me culpabiliser parce qu'à mon âge (51 ans), je lis Harry Potter, parce que j'ai commandé le bouquin avant sa sortie pour avoir le plaisir de l'avoir dans ma boîte aux lettres de la France profonde dans le même instant que dans une librairie urbaine. Je devrais me sentir coupable parce que je participerais à l'hyper médiatisation d'un livre médiocre. Comme s'il n'y en avait pas d'autres. Et pourquoi médiocre ? Selon quels critères ? Parce qu'il se vend ? Parce qu'il donne à rêver, à frémir ? Parce qu'il parle d'amitié et d'un zeste de magie ? Parce qu'il y a d'autres livres à lire autrement plus important. Et si moi, ça me plait de me fourrer sous la couette pendant une longue après midi d'automne jusque tard dans la soirée, pour retrouver un plaisir simple de lecture éprouvé quand j'avais 10 ans et que j'étais en quête de gros pavés pour avoir à lire le plus longtemps possible. Ma chaudière est en panne, j'ai plein de papiers administratifs à remplir, j'ai du boulot qui attend, mais je déguste ce livre comme un sucre d'orge. Juste un simple plaisir... Je n'entends pas les bruits du monde au dehors. Je vis une parenthèse. Certes mon esprit critique finira par se réveiller. N'empêche qu'au premier degré, je suis déjà dans l'impatience du suivant.
Et si les grincheux nous fichaient la paix pour une fois."

Par Theoma - Publié dans : Jeunesse
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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /Jan /2009 21:07
Par Theoma
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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /Jan /2009 10:03

 

 

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