Romans

Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 06:18

 

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Cela risque de vous paraître étrange mais ce ne sont pas les couvertures qui m'ont donné envie de découvrir la fameuse saga de la mécanicienne la plus sexy de l'Ouest. Rien ne m'attirait, ni les tatouages discrets, ni le pitch d'une originalité rare.

 

Mais alors pourquoi ? Parce que l'on peut toujours compter sur les copines pour vous titiller là où ça ne titille pas. Par ce présent billet, j'aimerais donc leur rendre hommage et remercier ma sœur pour m'avoir apporter les cinq volumes de Mercy pour mes vacances mais surtout saluer L'Homme et mes deux enfants qui ont su, encore une fois, accepter avec tolérance et grandeur une nouvelle phase autistique.

 

Alors que tout dans la maison respirait la joie d'être ensemble et les biscuits de Noël, je me suis tapie avec chaussettes et plaids. Les « A taaaaable », « Maman, tu joues avec nous ? » n'ont reçu aucune réponse en quatre jours. Pas besoin de manger ni de dormir quand on peut lire.

 

L'addiction était à son paroxysme quand la dernière page des toutes dernières aventures de Mercy fut tournée. Le sevrage a été pénible mais sachez que je m'en suis remise. Il m'a tout de même fallu rendre rapidement l'intégralité de la saga afin d'éviter tout risque de récidive.

 

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L'appel de la lune, tome 1 > Milady, 386 pages, 2008

Les liens du sang, tome 2 > Milady, 384 pages, 2009

Le baiser du fer, tome 3 > Milady, 416 pages, 2009

La croix d'ossements, tome 4 > Milady, 384 pages, 2010

Le grimoire d'argent, tome 5 > Milady, 416 pages, 2010

 

Interview de Patricia Briggs

 


Par Theoma - Publié dans : Romans
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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 07:32

 

 

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« Mais mener une vie saine, pour un chômeur, est un exercice de tous les instants, une vraie épreuve physique. Nul besoin de salle de sports, de cours de gym : vivre est en soi une discipline olympique. »

 

Sept histoires se composent, se décomposent, autour de l'identité individuelle. Le titre est délicieux, le reste l'est tout autant. Martin Page en excellant dans l'absurde et le non-sens côtoie un certain maître en la matière.

 

Un joyeux bazar d'humour et de cynisme, une réflexion pertinente sur le morcellement de notre identité au profit du collectif, rester soi-même signifiant se connaître afin de pouvoir se rester fidèle.

 

Petit bémol qui n'engage que moi : je n'ai hélas pas compris le travail de l'illustrateur, Quentin Faucompré. J'imagine que les dessins sont sensés renforcer l'absurde mais je n'ai pas saisi leur pertinence et ils m'ont mis parfois mal à l'aise. Si tel était leur but, l'objectif est alors atteint.

 

3--toiles.gif Éditions de l'Olivier, 148 pages, 2010

 

Ce qu'elles en ont pensé...

4/5 pour Antigone, un indispensable pour Cathulu, Clara est ressortie grisée...

 

Le blog de l'auteur

   

Un grand merci pour la découverte à...

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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 12:10

 

 

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« Il a une carrière respectable, il a trois enfants adorables, il m’a, il a notre maison de rêve.

Il a, en fait, tout ce que j’ai toujours voulu. »

 

Connie rentre seule de Rome, là où elle a passé un week-end avec son mari, celui qu'elle aime depuis l'enfance, le père de ses trois enfants. Matt est resté là-bas avec les fantômes du présent.

 

Commençons bien l'année ! Ce billet est une déclaration ! J'aime Kate O'Riordan d'amour. Après Le garçon dans la lune et Pierres de mémoire, j'ai retrouvé les mots de l'auteure irlandaise comme un pyjama chauffant sur le radiateur après une journée à la neige.

 

Encore une fois, elle décortique le couple, la famille, s'engouffre dans les failles, sans brutalité ni violence. Les sujets de la crise de la quarantaine, de l'adultère, du couple qui s'essouffle sont légion dans la littérature, pourtant Kate O'Riordan réussit à les traiter avec originalité et sans aucun manichéisme.

 

Aucun des personnages n'est ce qu'il semble être, le lecteur est maltraité, trahi, fourvoyé. La complexité (ou l'extrême simplicité ?) du sentiment amoureux est brillamment mis en scène. Sensible, terrifiant, droit au cœur. Kate, you rule !

 

5--toiles.gif Éditions Joëlle Losfeld, 278 pages, 2010

 

Extrait

« C’était pitoyable : même avec sa meilleure amie, celle à qui elle confiait la vie de ses enfants, elle jouait un rôle. Il y avait la Connie qu’elle avait façonnée au fil des ans. Mère de trois garçons, épouse de leur père, sœur, fille. On serrait les dents, on continuait, on se levait tous les matins, on s’habillait et on mettait du mascara et du rouge à lèvres, on disait : « Bien, merci, et vous ? » Si on perdait cette personnalité, celle qu’on avait façonnée, il était impossible de savoir qui on trouverait pour la remplacer. »

 

Elles en parlent aussi ici PIOCHE EN BIB


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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 06:44

 

 

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«S'il n'y avait pas la Science, combien d'entre nous pourraient profiter

de leur cancer pendant plus de cinq ans ?» 

 

Le titre est déjà savoureux, tout le reste est jubilatoire. Pierre Desproges repère les défauts de l'humanité et en rédige un brillant traité de presque philosophie. Hilarant, féroce, pétillant, joyeusement acidulé.

 

« Adieu l'âge vert. Je suis dans l'âge mûr.

L'age mûr, par définition, c'est la période de la vie qui précède l'âge pourri. »

 

Ce qui frappe le lecteur avant tout, c'est bel et bien cette plume audacieusement littéraire qui n'est pas sans rappeler le génie des mots de Raymond Devos. Desproges joue avec la langue, l'embellit, la maltraite, la façonne et l'aiguise avec une maîtrise exceptionnelle.

 

«Il faut rire de tout. C'est extrêmement important.

C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.»

 

L'écriture est sublime, la drôlerie cynique, les pages cornées sont nombreuses. La mort est démystifiée, le racisme délicieusement croqué, le cancer est dépouillé de ses tabous et le non-sens d'une extraordinaire cocasserie. Une lecture pleine de vie, d'espoir et de piquant indispensables !

 

5--toiles.gif Seuil, 186 pages, 1983

 

J'adore !

« Le voisin est un animal nuisible assez proche de l'homme. Très proche, trop proche. C'est d'ailleurs de cette proximité que naît la nuisance du voisin. Mais attention: que le voisin soit proche ne doit pas nous inciter à le confondre avec le prochain, ce dernier, contrairement au voisin, pouvant être lointain. En effet, un prochain lointain reste un prochain, alors qu'un voisin lointain s'autodétruit au bout de trente secondes, sauf s'il déménage en deux-chevaux, auquel cas le temps qui lui est imparti pour plonger dans l'inexistentialité post-voisinale pourra être prolongé du double. En résumé, nous devons aimer notre prochain en toutes circonstances afin de ne pas encourir la colère de Dieu, alors qu'il nous suffira de respecter notre voisin après vingt-deux heures pour ne pas être emmerdés par les flics. »

 

Le site officiel

 

Salut l'artiste !

 

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 05:27

 

 

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Traduction de François-Victor Hugo, of course.

 

« Il y a quelque chose de pourri dans l'empire du Danemark... »

 

Quand on aime Shakespeare, on ne se lasse pas de relire ses pièces à certaines périodes de la vie. Alors qu'Hamlet m'avait laissé une forte emprunte lors de sa découverte, il m'a dernièrement embrouillé l'esprit. En y réfléchissant, j'ai compris que la raison est la grande complexité de l'œuvre et du personnage.

 

La plus longue pièce de Shakespeare offre en effet au théâtre un des rôles les plus célèbres et sibyllin de la littérature anglaise. La réflexion sur la vie, la mort, la folie, y est centrale. La maîtrise de la langue totale. Les mots, d'une grande force, font mouche à chaque phrase. Comme l'éblouissement devant une nature bien faite, chaque ressort d'Hamlet est pensé, calculé, au plus près de la raison et le plus loin du cœur.

 

A l'instar d'Hamlet qui s'interroge sur le sens de la vie, le lecteur ne sait comment se positionner face au personnage central qui feint folie pour être épargné et exécuter son plan mais qui, néanmoins, reste incapable de passer à l'acte.

 

Les analyses et les interprétations de la pièce foisonnent depuis plusieurs centaines d'années. Même Freud s'y est collé ! Par exemple, dans cette impuissance à tuer Claudius, son oncle, pour venger le meurtre de son père, le célèbre psychanalyste y a vu la racine du désir œdipien. Hamlet ne peut assassiner Claudius qui en éliminant son père et en épousant sa mère, a concrétisé ses propres désirs inconscients.

 

Il est terrible d'assister à la tragédie qui impose sa loi. Hamlet feint-il jusqu'au bout ou est-il pris à son propre piège ? Pour confirmer cette folie et parce qu'il l'identifie à sa mère, il chasse Ophélie. Il fait de la sexualité un acte laid et impur. Ophélie y perdra la raison. Un cercle vicieux. Un obscur tourbillon prenant au piège les protagonistes d'une pièce de théâtre dans le théâtre.

 

Terrifiant. Magistral. Sans espoir.

 

5--toiles.gif Librio, 217 pages, 2004

 

A méditer...

« Maintenant grave dans ta mémoire ces quelques préceptes. Refuse l'expression à tes pensées et l'exécution à toute idée irréfléchie. Sois familier, mais nullement vulgaire. Quand tu as adopté et éprouvé un ami, accroche-le à ton âme avec un crampon d'acier ; mais ne durcis pas ta main au contact du premier camarade frais éclos que tu dénicheras. Garde-toi d'entrer dans une querelle ; mais, une fois dedans, comporte-toi de manière que l'adversaire se garde de toi. Prête l'oreille à tous, mais tes paroles au petit nombre. Prends l'opinion de chacun ; mais réserve ton jugement. Que ta mise soit aussi coûteuse que ta bourse te le permet, sans être de fantaisie excentrique ; riche, mais peu voyante ; car le vêtement révèle souvent l'homme ; et en France, les gens de qualité et du premier rang ont, sous ce rapport, le goût le plus exquis et le plus digne. Ne sois ni emprunteur, ni prêteur ; car le prêt fait perdre souvent argent et ami, et l'emprunt émousse l'économie. Avant tout, sois loyal envers toi-même ; et, aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras être déloyal envers personne. »

 

ça le fait grave...

« Doute que les étoiles soient de feu,

Doute que le Soleil se meurt,

Doute que la vérité mente elle-même

Mais ne doute pas que je t'aime. »

 

Elles aiment aussi...

Fashion, Isil, Karine...

 

Vu et aimé : deux adaptations...

 

 

 

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 06:57

 

 

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« Elle fait mur. Aucun savoir n'entrera. L'école ne l'aura pas. Elle demeure. Abrutie comme sa mère.  »

 

Un jour, Mlle Solange, l'institutrice, emmène Luce, la fille de la Varienne à l'école. Tout est chamboulé. La vie de la Varienne, celle de Luce, de Mlle Solange.

 

En tournant la dernière page, une seule pensée. Comment peut-on en dire autant avec si peu de mots?

 

La loyauté de la fille face à la mère ignorante. Cette puissante relation, primale, qui les unit, la remise en question d'une enseignante qui se meurt de ne pas comprendre, le monde autour représenté par des villageois qui font semblant de ne pas voir. L'ignorance n'est pas forcément là ou on la croit.

 

Si le titre et la couverture peuvent décourager le lecteur, vous ne regretterez pas d'être aller au-delà des apparences. L'écriture de l'auteure est exceptionnelle. Sensible, délicate, les mots sont brodés, avec pudeur, à la lumière du feu. Jeanne Benameur est une brodeuse, une dentellière comme on en fait plus.

 

Oui, au centre du texte, la langue, la symphonie des mots qui virevoltent et dansent. Juste, poétique, magnifique !

 

5--toiles.gif Gallimard, 80 pages, 2002

 

Extrait

« Luce et la Varienne l'ont réveillée jusqu'à l'éblouissement. Comment faire désormais, elle voudrait parler à quelqu'un. Devant elle, le secret tissé entre deux êtres. La Varienne et sa petite Luce peuvent se passer de tout; même de nom. Le savoir ne les intéresse pas. Elles vivent une connaissance que personne ne peut approcher »

 

« On ne fait pas accéder au savoir les êtres malgré eux (...). Cela ne serait pas du bonheur et apprendre est une joie, avant tout une joie. »

 

A découvrir également

Le ramadan de la parole de Jeanne Benameur

 

Elles sont nombreuses à l'avoir lu

Leurs avis recensés ici

 

Portrait de Jeanne Benameur « J »



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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 10:02

 

 

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« Elle, on ne la trahissait qu'une fois, pas deux. Point à la ligne. »

 

Quand une série est réussie, le plaisir de retrouver les personnages appréciés est assuré. Dans ce troisième volume, notre couple suédois préféré vit des moments difficiles. Erica est en plein baby-blues et Patrick, ne sachant comment aider sa femme, se voit charger d'une nouvelle enquête, le meurtre d'une petite fille de sept ans.

 

Camilla Läckberg excelle dans les inter-relations familiales et particulièrement dans les secrets de famille. Chacune d'entre elles est la gardienne de ses propres fantômes, les secrets des générations précédentes font partie de l'ADN familial, le poison est invisible et dévastateur. Lorsqu'on le réalise, il est souvent trop tard. 

 

Comme le titre l'indique, l'auteure taille les personnages, met en évidence les angles, les rugosités, l'insaisissable. Le lecteur essaie de dénouer les fils mais ne réussit qu'à s'emmêler à son tour dans la toile nébuleuse.

 

Les pages deviennent asphyxiantes, le dénouement approche, on redoute les ravages de la maltraitance, la violence d'une enfance saccagée. La fin, sans appel, nous laissent hagards.

 

4--toiles.gif Actes Sud, 477 pages enfin mieux traduites, 2009

 

« Mensonges, propagande et pures conneries »

« Ce n'était pas censé être comme ça. Pas du tout. Elle avait potassé bon nombre de livres sur la naissance d'un bébé et la vie de parent, mais rien ne l'avait préparée à la réalité qu'elle rencontrait. Au contraire, elle avait l'impression que tout ce qu'elle avait lu faisait partie d'un grand complot. Les auteurs parlaient d'hormones du bonheur et ils pécisaient qu'on flottait sur un nuage rose quand le bébé était déposé dans vos bras et qu'on ressentait tout naturellement un amour bouleversant pour la petite chose dès le premier regard. Certes, il était dit en passant qu'on serait probablement plus fatiguée qu'on ne l'avait jamais été, mais cela aussi était nimbé d'une auréole romantique et semblait faire partie du merveilleux paquet « maternité ». Des conneries ! était l'avis sincère d'Erica au bout de deux mois comme maman. Mensonges, propagande et pures conneries. »

 

Précédents opus

Le prédicateur

La princesse de glaces

 

Bien d'autres avis ici

 

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 05:35

 

 

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Il est auteur. Il fait le point.

 

« Il avait honte, rétrospectivement, de ne pas avoir anticipé ce que deviendrait le livre, une industrie un peu plus bête qu'une autre. Vieille rombière outragée, minaudant dans des robes en lambeaux.


Ardisson-Canal+-Inrocks. Des ennemis dont on n'avait pas saisi le pouvoir de nuisance. Ni de droite, ni de gauche. Ni classiques, ni modernes. Des gens de télé. Bien de leur époque. Des pitcheurs, avides de chair fraîche, gourmands d'audience. (...)


Sans compter que les années 90, comparées à ce qui allait suivre, apparaissaient aimables, finalement. Il aurait pu s'acclimater. Mais il y avait eu internet. Aujourd'hui, il devait faire un effort constant, pour ne pas passer ses journées à tourner en rond sur la toile, hagard et accablé.


Les commentaires. Cet anonymat crapuleux, litanie d'insultes obstinées, délivrées par des incompétents. Dès qu'il les avait découverts, il avait compris qu'il pénétrait dans le dixième cercle de l'enfer. Petits discours parallèles, sourds les uns aux autres, tous mis sur le même plan, lapidaires, hostiles jusqu'à l'écœurement. La médiocrité avait une voix. Les commentaires de la toile.


Il ne s'y faisait même pas insulter. Il aurait voulu pouvoir s'affoler, s'offusquer, se plaindre du traitement qui lui était réservé. Mais il n'était même pas jugé assez intéressant pour que les veaux tarés lui fassent l'aumône d'un mauvais sort. Il en était réduit à écrire, lui-même sous pseudonyme, quelques phrases de louanges subtilement critiques sur les forums et blogs littéraires. »

 

 

Apocalypse bébé - Virginie Despentes

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 06:21

 

 

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« Il repensa à tout ce que lui-même avait perdu, et il se demanda pourquoi c'était ce qu'une personne avait perdu – pouvait perdre – qui la définissait plus que ce qu'elle possédait encore. »

 

Le Roi Leodan fait régner la paix dans l'empire. Veuf, il tente d'être présent au mieux pour ses quatre enfants qui ignorent le prix à payer de ce calme apparent. Peu à peu, la révolte gronde et plus rien ne sera jamais pareil.

 

Le début du livre souffre de quelques répétitions et longueurs. Chaque chapitre raconte un personnage et comme ils sont nombreux, il n'est pas évident de rapidement les identifier. Une fois l'intrigue mise en place, j'ai été emportée par le souffle de cette belle saga.

 

Vous aimez les échecs et les jeux de stratégie ? La magie n'est pas votre tasse de thé, les petits elfes vous gavent et vous ne lisez pas de fantasy ? Acacia devrait vous plaire ! David Anthony Durham signe un premier opus surprenant et audacieux. Il n'hésite pas à prendre des risques en maltraitant ses personnages, en les poussant à des extrémités que le lecteur était persuadé de constater au final. Le suspense, très bien maîtrisé, interdit de lâcher la dernière partie avant de connaitre le dénouement.

 

J'ai particulièrement apprécié la profondeur des personnages. Aucun manichéisme, rien n'est acquis et la réalité est bien plus complexe qu'il n'y parait. Les colonisés colonisent à leur tour. Les esclaves libérés prennent leur revanche, les héros se fourvoient au nom de la liberté.

 

Bien évidemment, suite il y a. Bon point supplémentaire accordé à l'auteur pour avoir su allécher le lecteur tout en terminant ce premier opus.

 

4--toiles.gif Le Pré aux Clercs, 679 pages, 2008

Disponible en poche chez Pocket

 

Un autre avis...

SBM est réconciliée avec la fantasy !

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 00:05

 

Avertissement !

avertissement couinerie

 

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« Je ne vois pas très bien ce qu'il y a de romantique à faire une demande en mariage.

C'est très romantique d'être amoureux. Mais il n'y a rien de romantique dans une demande en bonne et due forme. Après tout, on peut toujours vous dire oui ! »

 

Peut-être ne le savez-vous pas encore, un seul homme peut faire de moi son esclave, un seul peut me procurer un orgasme rien qu'avec ses mots. Si le destin n'a pas voulu que nous nous rencontrions, il a tout de même agit dans ce sens. L'œuvre génialissime de Wilde traverse le temps avec grâce et panache. En relisant The Importance of Being Earnest, j'ai pris le pied que tout lecteur recherche. Pétillant, jouissif, pimpant, revigorant, brillant !

 

Une bulle de champagne, le goût des fraises en hiver, un thé chaud après une journée à la neige. Oscar manie la langue avec audace. Presque chaque page cornées. Les mots sont le principal personnages de cette pièce enlevée, so british !

 

L'important d'être constant est reconnue comme la pièce de Wilde la plus maîtrisée. Pourtant, il le dira lui-même, il désirait en écrire une plus sérieuse, plus aboutie, il avait encore des choses à dire et bien plus profondes. On ne lui en a pas laissé le temps.

 

On retrouve ici l'empreinte indélébile de l'auteur. L'effet de surprise, la manipulation des masques, les jeux de mots, les doubles sens, les sous-textes... qui attestent du génie éternel d'Oscar Wilde.

 

L'édition bilingue de Flammarion offre une excellente traduction ainsi que des dossiers thématiques et notes utiles de l'honorable Pascal Aquien. Et oui, encore un indispensable !

 

5--toiles.gif Flammarion, 300 pages, 2000


 

Des perles, des joyaux, des trésors !

« Monsieur Worthing, quand on perd un parent, c’est déjà malheureux ; mais quand on les perd tous les deux, cela devient de la négligence ! »

 

« Je vous dirais franchement que je ne suis pas favorable aux longues fiançailles. Elles donnent l'occasion de découvrir la personnalité de son futur époux avant le mariage, ce qui, selon moi, est toujours à déconseiller. »

 

« Mon cher, j'adore entendre dire du mal des membres de ma famille. C'est la seule chose qui me permette de les supporter. La famille, ce n'est qu'une foule de gens assommants, rigoureusement incapables de vivre convenablement et de pressentir le moins du monde quand il est temps de mourir. »

 

« - Votre frère Constant est mort ?

- On ne peut plus mort.

- Quelle leçon pour lui ! Je veux croire qu'il saura en tirer profit. »

 

« Le fait est, Cecily, que vous avez pris depuis peu l'exécrable habitude de penser par vous-même. Il faut vous en défaire. Ce n'est pas très féminin... Cela ne plait pas aux hommes. »

 

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  Pour Coliiiiiiiiiin, Rupeeeeeeeeeeert et la grande Judy Dench,

 je recherche désespérément le DVD...

 

 

 

 

 

 

Un coup de cœur pour  Lou,  Cyntia, Hydromielle, Karine...

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 00:06

 

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« N'empêche que ça peut être vraiment chiant d'être un homme, je donnerais tout mon herbier avec mon dernier trèfle à six feuilles pour savoir ce qu'elle peut bien penser. »

 

Quand on quitte le nid, c'est pour devenir adulte mais au fait, c'est quoi être adulte ? Arnljótur, 22 ans, nous entraîne dans un road-movie bucolique...

 

Une histoire chuchotée avec pudeur à l'oreille du lecteur. Un cadeau fragile qu'il faut manier avec délicatesse. Plein de sagesse et de maturité. Doux, tendre, une balade dans les prés, les couleurs vives des fleurs des champs, les papillons qui virevoltent, pressés et conscients de l'urgence de leur vie éphémère. Inspirant.

 

Une écriture enchantée. Seul petit bémol ; les réflexions d'Arnljótur sont magnifiques mais m'ont parfois fait douter de la crédibilité du personnage masculin principal. La plume est assurément féminine, quoi qu'en Scandinavie, tout est possible.

 

Les relations mère-fils, fils-père, le père en devenir. Être père est parfois plus naturel que d'être mère. Une belle histoire en toute simplicité. Une auteure à découvrir.

 

4--toiles-copie-1.gif Zulma, 336 pages, 2010

 

Sublime passage, pas étonnant qu'il y ait autant de divorces...

« - Comment savoir si une femme vous aime ?

- Il est difficile d'être sûr de quoi que ce soit en amour, dit l'abbé en poussant la poupée vers l'enfant.

- Et si une femme dit qu'elle a peur que l'homme ne revienne pas quand il va faire une course ?

- Alors il se peut que ce soit elle qui ait envie de partir seule.

(...)

- Et quand une femme a l'esprit ailleurs, est-ce que cela veut dire qu'elle n'est pas amoureuse ?

- Cela peut vouloir dire ça, mais aussi qu'elle est amoureuse.

- Et si une femme dit à un homme qu'il ne doit pas tomber amoureux d'elle ?

- Cela peut vouloir dire qu'elle l'aime. Il me vient à l'esprit un vieux film italien que tu aurais peut-être plaisir à voir et qui traite du même problème. Le metteur en scène fait assurément fi des dialogues pour démêler les sentiments.

- Et si elle dit qu'elle n'est pas prête pour une union ? (...)

- Ça peut vouloir dire qu'elle est prête mais qu'elle ne sait pas si toi, tu l'es et qu'elle redoute que tu la rejettes.

- Et si elle dit qu'elle a envie de partir et qu'elle veut être seule ?

- Ça peut vouloir dire qu'elle veut que tu viennes avec elle. »

 

Un coup de coeur de Kathel qui vous envoient vers d'autres lectrices conquises.

 

pioché en bib

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 06:14

 

 

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Traduction de François-Victor Hugo, of course.

 

« Le volé qui sourit dérobe quelque chose au voleur.

C'est se voler soi-même que dépenser une douleur inutile. »

 

Loin de moi la prétention de rédiger une analyse mais l'envie de donner envie de lire, de relire Shakespeare. On peut argumenter des heures durant sur les éléments qui déterminent le génie d'une oeuvre. A mon sens, traverser le temps sans heurts se place en tête de liste.

 

En relisant Othello, force est de constater, malgré l'emphase de certains passages, que six siècles n'ont en rien diminué la puissance de la pièce. Le suspense est diabolique, la fourbe araignée tisse sa toile maléfique, la jalousie est dévorante, la violence que subissent les femmes, leur soumission et leur sacrifice, insupportables.

 

Les presques envolées féministes servies par la voix d'Emilia sont contre balancées par l'acceptation de Desdémone de sa propre mort. Parce qu'il ne lui reste rien. Ni l'amour de son père, ni celui de l'homme pour qui elle a tout sacrifié.

 

Iago, froid et calculateur, est un génie de la manipulation. En parlant trop, il ne dit rien. Ses silences sont des litotes, aucun fait, que des allusions, le poison est distillé avec lenteur et délectation. Au fil des pages, Iago devient le symbole de la jalousie destructrice du Maure pour représenter au final les pires défauts de l'humanité dans son ensemble.

 

Et le Maure, l'homme que l'on aimerait baffer, secouer jusqu'à lui faire entendre raison, est privé de ses sens. Sans repères, il nous force à rester spectateurs, impuissants, face au drame final qui nous laisse hagards.

 

Yep. Je vous le dis, ça le fait grave. Rien qu'en y repensant, j'ai les poils du bras qui se hérissent.

 

5--toiles.gif Librio 2 euros, 91 pages, 2003

 

Extrait

« DESDÉMONA. - Moi je ne crois pas qu’il y ait des femmes pareilles.

 

EMILIA. - Si fait, une douzaine ! et plus encore, et tout autant qu’en pourrait tenir le monde servant d’enjeu. Mais je pense que c’est la faute de leurs maris si les femmes succombent. S’il arrive à ceux-ci de négliger leurs devoirs et de verser nos trésors dans quelque giron étranger, ou d’éclater en maussades jalousies et de nous soumettre à la contrainte, ou encore de nous frapper ou de réduire par dépit notre budget accoutumé, eh bien ! nous ne sommes pas sans fiel ; et, quelque vertu que nous ayons, nous avons de la rancune. Que les maris le sachent! leurs femmes ont des sens comme eux ; elles voient, elles sentent, elles ont un palais pour le doux comme pour l’aigre, ainsi que les maris.

 

Qu’est-ce donc qui les fait agir quand ils nous changent pour d’autres ? Est-ce le plaisir ? Je le crois. Est-ce l’entraînement de la passion ? Je le crois aussi. Est-ce l’erreur de la faiblesse ? Oui encore. Eh bien ! n’avons-nous pas des passions, des goûts de plaisir et des faiblesses, tout comme les hommes ? Alors qu’ils nous traitent bien ! Autrement, qu’ils sachent que leurs torts envers nous autorisent nos torts envers eux ! »

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 17:40

 

 

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« Claire voulait qu'on pense qu'elle allait bien. Au fond, ce qu'elle ressentait n'avait aucune espèce d'importance. Elle guettait le regard des autres, l'interprétait, et si elle pouvait se convaincre qu'ils pensaient qu'elle était formidable et qu'elle avait de la chance, elle se sentait bien. »

 

Chère Madame Despentes,

 

J'ai le regret de vous annoncer que j'ai beaucoup aimé votre livre. En dehors du fait que vous devez certainement vous fichez de mon avis comme d'une guigne, en quoi est-ce une mauvaise nouvelle me direz-vous ?

 

Et bien je dois vous l'avouer, j'ai rarement apprécié un livre ayant reçu le prestigieux prix littéraire. Le bandeau rouge  annonçant le choix annuel des dix jeunes et fringants membres du jury du célèbre prix français est donc, pour moi, un bon indicateur de fuite.

 

J'en profite pour vous soumettre en toute humilité une idée de personnage de roman: qui invente ces pitchs bandorisés sensés faire bander le lecteur ? Quelle tragédie se cache derrière ces lettres blanches racoleuses ?

 

S'il existe de nombreux avantages  à avoir l'honneur d'un tel prix, comme celui de s'enrichir de 10 euros supplémentaires, les inconvénients ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Ainsi, votre dernier livre ne se verra pas affublé d'un pitch aussi ridicule que « sulfureuse Despentes »  ou encore « la pente est raide jusqu'en enfer »  (avez-vous remarqué le clin d'œil subliminal a votre nom de famille ainsi qu'à l'érection du sexe masculin ?) ou voire carrément pire : « Despentes fait un streap-tease de la société ». Ne voyez-vous pas à quoi vous êtes en train d'échapper  ?

 

Je digresse, j'en ai conscience, mais je souhaite vous apporter un réconfort supplémentaire, même léger, en vous demandant si vous êtes vraiment certaine de vouloir recevoir un prix d'un des frangins Goncourt qui avaient tous deux un lourd contentieux à régler avec les femmes. Et oui, nous leur devons de sacrées perles à ces joyeux drilles ! Souvenez-vous :

 

«On parle à une femme, on lui dit des phrases en sachant bien qu'elle ne comprend pas, comme on parle à un chien ou à un chat.»

 

«Il y a deux femmes dans la femme. La première est un animal, doux, dévoué par nature ; la seconde un animal fou, méchant, trouvant un âpre plaisir aux souffrances de ce qui lui est associé dans la vie.»

 

«Une bouteille, voilà une distraction bien supérieure à la femme. La bouteille vide, c’est fini. Elle ne vous demande ni visite ni souvenir, la bouteille. Elle ne vous demande ni reconnaissance ni amour ni même de politesse.»

 

«La femme excelle à ne pas paraître stupide.»

 

«La pire débauche est celle des femmes froides. Les apathiques sont des louves.»

 

«Il est impossible à la femme de discerner le mensonge de la vérité.»

 

(Edmond et Jules de Goncourt – Journal)

 

Malheureusement pour moi, ma stupidité est insuffisante et ne me permet pas de passer outre. Conséquence fâcheuse, je sens monter en moi l'ébullition, je visualise parfaitement les petites bulles pétillant dans tous les sens, jusqu'à l'explosion. Bordel de merde ! Ça leur ferait du bien, ce serait franchement le panard que vous, la Despentes, receviez le Goncourt !

 

Parce que vous la maniez avec tant d'aisance cette langue fourchue et rugueuse. Par le biais, d'une ado sans repères, vous disséquez sans concession une société d'apparences. La vérité est crue mais jamais glauque. Les masques, les faux-semblants, les règles d'un savoir-être de masse trahissent les convictions. Le titre, la fin, j'ai tout aimé. Pan dans ma face.  C'est ce que nous devrions exiger de tous Goncourt.

 

C'est mon premier Despentes. Ce ne sera pas le dernier.  Aucune hypocrisie.  Ni grossièreté, ni vulgarité mais bel et bien le maniement expert de la langue. Celle qui sert à exprimer ce que l'on a au fond des tripes quitte à déplaire.

 

En conclusion, vous n'aurez pas le Goncourt, Chère Madame Despentes. Trop d'éléments jouent contre vous.  Vous êtes moderne, actuelle, vous osez la provocation difficile, et pour finir, vous êtes non seulement une femme mais en plus une de celle qui dit des gros mots. Déjà qu'ils ont donné le prix à une africaine l'année dernière ! Deux lauréates de suite dont la dernière est l'auteure de Baise-moi, faut pas pousser ! Elle est nominée, elle devrait être contente.

 

En souhaitant sincèrement d'avoir tort, à bientôt !


4--toiles.gif Grasset, 352 pages, 2010

 

Une dernière pour la route...

« L'hétérosexualité, c'est aussi naturel que l'enclos électrique dans lequel on parque les vaches. A partir de maintenant, ma grande, bienvenue dans les grands espaces ».

 

Ils ont aussi aimé...

Cuné, Diddy, Richard, SD49, Sylire, Yueyin...

 

Ils sont mitigés...

Amanda, Desmurmures, LN...

 

Ils ont détesté...

Antoine, Clara, Readpocket

 

Merci à Priceminister pour l'envoi !

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 06:10

 

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"Si seulement on arrêtait d'essayer d'être heureux,

on pourrait peut-être profiter de la vie."

 

Edith Wharton


 


Par Theoma - Publié dans : Romans
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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 06:35

 

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 « Tu es tombé dans un piège à cons, le jour où tu es sorti du ventre de ta mère. »

 

Dans la France d'en-bas, on emmerde bien fort ceux qui utilisent l'expression qui nivelle. Pas besoin qu'on le leur rappelle. Ils le savent bien qu'ils ne volent pas très haut mais tant qu'ils ont deux bras, deux jambes et la santé, l'avenir est possible.

 

Excepté pour Marlène qui, pour une fois qu'elle touche un héritage, se voit offrir un handicapé d'occasion. Déjà qu'elle a épousé le frangin, faut-il pas encore qu'elle s'occupe du débile qu'on ne comprend pas quand il cause et qui, en plus, met des couches pour dormir. Qu'est-ce qu'elle peut bien lui trouver l'autre à qui elle loue une chambre, la Jane Birkin du pauvre qui passe son temps libre à lui raconter des histoires ?

 

On retrouve les personnages et les thématiques chers à l'auteur de La tête en friche. La différence, l'innocence, une nouvelle définition du handicap. Alex est une femme mais ça ne se voit pas. Gérard a l'intelligence du cœur mais on ne voit que sa face monstrueuse. Quand des paumés croisent le chemin de ces deux-là dans un bled aussi perdu qu'eux, ça pétille d'étincelles de vie et on commence à se demander qui est le plus limité. Celui qui vous arrose lorsqu'il parle et dont les rêves sont sans frontières ou celle dont la vie est aussi étriquée que sa cuisine...

 

4--toiles.gif Éditions du Rouergue, 301 pages, 2010

 

Extrait

« Mon rêve, ce n'était pas de faire de la fumigation d'œufs de poule au formol, pour enlever les bactéries. Ni de me lever à cinq heures et d'aller au boulot en longeant la départementale dans des relents d'essence et des nappes de brouillard. Ni de louer ici, chez Marlène et Bertrand, dans ce trou du cul du monde avec vue sur la zone. Vous connaissez quelqu'un dont le rêve soit ça ? Vivre sa vie les deux pieds dans la merde, dans cette odeur pourrie des poulaillers industriels ? Dans les maternités, d'après moi, il n'y a que des princesses et des princes charmants, dans les petits berceaux en plastiques. Pas un seul nouveau-né qui soit découragé, déçu, triste ou blasé. Pas un seul qui arrive en se disant : plus tard je bosserai en usine pour un salaire de misère. J'aurai une vie de chiotte et ce sera super. Tra-la-lère. »

 

D'autres extraits ici

 

Apprécié également par...

Cathulu (j'ai aimé tes pages « Schuper » !), mais aussi Antigone, Aproposdelivres, Canel, Clara, Cuné, Marsup, Petite Fleur, Saxaoul, SD49...

 

Un grand merci à...

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et aux Éditions du Rouergue !

 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans
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