Lundi 23 février 2009
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Maison des autres
Silvio D'Arzo
Difficile de parler d'un tel livre. Écrit dans les années 50 par Silvio D'Arzo, un des nombreux pseudonymes d'Ezio Comparoni, jeune italien mystérieux et mort trop
tôt. Ce texte, dense et court, est un coup de poing. Un style descriptif novateur, une justesse rare. Ce village figé au bout du monde est si bien détaillé que le lecteur y a sa maison.
Des vies simples, mornes, un prêtre désirant percer à jour le seul mystère rencontré. Une femme seule avec une terrible question qui ne sait vers qui se tourner.
Une histoire singulière, triste mais merveilleusement racontée.
« J'ai une chèvre que j'emmène toujours avec moi : et ma vie, c'est
exactement la sienne. Elle vient au fond de la vallée, elle remonte à midi, elle s'arrête avec moi au bord du fossé, et puis je l'emmène au canal et quand je vais dormir, il n'y a pas grande
différence, parce qu'elle mange de l'herbe et moi de la chicorée et de la salade, et la seule différence c'est le pain. Et dans quelque temps, je ne pourrai même plus en manger... Comme moi...
comme moi. Voilà la vie que je mène : une vie de chèvre. Une vie de chèvre et rien d'autre. »
Par Theoma
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Publié dans : Langues étrangères
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