
10/18, 236 pages, 2003
Mme Ramotswe, directrice de l'Agence n°1 des Dames Détectives, a beaucoup de pain sur la planche. Deux enquêtes à mener, la préparation de son mariage avec Mr J.L.B. Matekoni, sans oublier de faire face aux surprises de la vie.
Une lecture rafraîchissante qui nous fait découvrir tout comme Aya de Yopougon une Afrique trop souvent méconnue. Les descriptions du Botswana sont belles et m'ont donné envie de visiter cette partie du monde. Les coutumes, les relations hommes-femmes et intergénérationnelles, délicieusement dépaysant !
Extraits
"- Cette dame est ma fiancée, expliqua-t-il, elle s'appelle Mma Ramotswe et je souhaite lui acheter une bague à l'occasion de nos fiançailles. Une bague en diamants, ajouta-t-il après une brève hésitation. (...)
- Vous avez beaucoup de chance, affirma le joailler. Tous les hommes ne trouvent pas de grosses femmes sympathiques comme celle-ci à épouser. De nos jours, la plupart sont maigres et tyranniques. Cette femme-ci va vous rendre très heureux."
"Mma Ramotswe aimait s'adonner à la réflexion philosophique, mais jusqu'à un certain point seulement. Ces interrogations étaient, à n'en pas douter, fort intéressantes, mais elles en amenaient souvent d'autres auxquelles il était impossible de répondre. Et, arrivé là, on se trouvait presque toujours contraint de se rendre à l'évidence :: on devait accepter que les causes fussent ce qu'elles étaient, simplement parce que c'était comme ça. Ainsi, tout le monde savait par exemple qu'un homme ne devait pas se trouver trop près d'un lieu où une femme était en train d'accoucher. C'était une telle évidence qui'il semblait inutile d'en parler. Cependant, il existait, dans d'autres pays, des idées surprenantes selon lesquelles les hommes devaient assister à la naissance de leurs enfants. Lorsque Mma Ramotswe avait lu cela dans un magazine, elle en avait eu le souffle coupé, et puis, elle s'était demandé pourquoi un homme ne pourrait pas voir son enfant naitre de manière à l'accueillir dans le monde et à partager la joie de l'événement. Elle avait eu du mal à trouver une raison. Cela ne voulait pas dire que ce n'était pas mauvais - il était évident qu'il était très mauvais pour un homme d'être présente en un tel moment - , mais comment justifier l'interdiction ? En dernier recours, la réponse devait être que cela était mauvais parce que la vieille morale botswanaise l'affirmait, et que la vieille morale botswanaise, comme chacun sait, avait toujours raison. On sentait que c'était juste, voilà tout."
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