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84, Charing Cross Road
Helene Hanff
« Je me souviens, il y a quelques années, un type que je connaissais m'a dit que les gens qui vont en Angleterre y trouvent exactement ce qu'ils sont venus y chercher. Je lui ai dit que j'irai y chercher l'Angleterre de la littérature anglaise, il a hoché la tête et il a dit : « Elle y est bien ».
Encore un livre épistolaire. En réalité c'est LE livre épistolaire.
Le 5 octobre 1949, Helene Hanff, résidant à New-York, commande auprès de la librairie Marks & Co à Londres plusieurs ouvrages anciens et épuisés. C'est le début d'une correspondance authentique qui durera vingt ans.
L'exubérance et l'excentricité d'Helene Hanff, le calme et la discrétion british de Frank Doel, les temps d'après-guerre où le rationnement fut toujours en vigueur, les échanges polis d'une gentillesse aujourd'hui malheureusement désuète, les relations que nous entretenons avec les livres.
Comment ce livre si fin peut-il être une ode à la littérature anglaise ? Comment ne pas être touchée par cette amitié transocéanienne qui traverse le temps sans affres ?
Il est souvent relevé qu'Helene Hanff fut surprise du succès de 84, Charing Cross Road. Il ne peut en être qu'ainsi j'imagine quand une auteure trouve à un âge « avancé » la reconnaissance qu'elle mérite non pas par le biais de son travail mais grâce aux lettres qu'elle a échangé avec les employés d'une librairie. Seulement voilà Mme Hanff, 84, Charing Cross Road est bien plus qu'une correspondance, c'est un indispensable !
Aujourd'hui, la librairie Marks & Co n'est plus. Une plaque commémorative rappelle au pèlerin vingt ans d'amitié. Je ne peux que le regretter comme le fait que la bibliothèque d'Helene Hanff ait été dispersée au gré du vent à sa mort.
Extrait
14 East 95th ST.
25 mars 1950
Eh, Frank Doel, qu'est-ce que vous FAITES là-bas ? RIEN du tout, vous restez juste assis à ne RIEN faire. Où est Leigh Hunt ? Où est l'Anthologie d'Oxford de la poésie anglaise ? Où est la Vulgate et ce bon vieux fou de John Henry ? Je pensais que ça me ferait une lecture si roborative pour le temps du carême, et vous, vous ne m'envoyez absolument RIEN.
Vous me laissez tomber, et j'en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ait fait le coup et ils me retireront ma carte.
Je me suis arrangée avec le lapin de Pâques pour qu'il vous apporte un Œuf, mais quand il arrivera chez vous il découvrira que vous êtes morts d'Apathie.
Avec le printemps qui arrive, j'exige un livre de poèmes d'amour. Pas Keats ou Shelley, envoyez-mois des poètes qui peuvent parler d'amour sans pleurnicher. Wyatt ou Jonson ou autre, trouvez vous-même.
Mais si possible un joli livre, assez petit pour que je le glisse dans la poche de mon pantalon pour l'emporter à Central Park.
Allez, restez pas là assis ! Cherchez-le ! Bon sang, on se demande comment cette boutique existe encore.
Encore un mot...
Les nombreuses notes de permettent de (re)découvrir des auteurs. La postface est rédigée avec finesse par Isabelle Hausser.
J'ai maintenant très envie de voir le film...
Ce qu'elles en ont pensé...
Emeraude trouve que c'est un petit bijou, Levraoueg est tombée sous le charme, Fashion vous le recommande chaudement, Karine l'a trouvé trop court, Papillon a adoré l'humour d'Hélène Hanff. et c'est Keisha qui me l'a conseillé
Si vous avez aimé, vous aimerez
peut-être et vice versa...
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