Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 11:47


Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

Gyles Brandreth


Nous sommes en 1889. Oscar Wilde s'apprête à écrire Le portrait de Dorian Gray. Sa vie est bouleversée lorsqu'il découvre l'un de ses amis assassiné. Avec la complicité d'Arthur Conan Doyle, l'auteur de Sherlock Holmes et l'écrivain Robert Sherard, Wilde décide de mener son enquête.


Si vous cherchez un bon polar qui vous donne le frisson, passez votre chemin. A l'instar de la série Mma Ramotszwe détective, l'intrigue est ici totalement secondaire.


Si vous souhaitez passer un bon moment en compagnie d'un roman délicieusement british composé d'un humour unique et savoureux, que vous connaissiez ou pas les œuvres d'Oscar Wilde, cette lecture remplira à merveille son office.


Gyles Brandreth connaît très bien son sujet. J'ai été transposée dans la vie du célèbre dandy victorien pour qui la constance est l'ultime refuge de ceux qui manquent d'imagination. On aperçoit le génie, la complexité, l'excentricité, la générosité et l'égoïsme d'un visionnaire. Les nombreuses références aux auteurs anglais dont Dickens ajoute une note piquante à ce voyage dans le temps. Je me réjouis de la suite.


Extrait


- Et pourquoi cela est-il si important pour vous, Oscar ?

- Qu'entendez-vous par là, Robert ?

- Vous avez dit vous-même que Billy Wood n'était qu'un vaurien...

Il frappa tout à coup la table avec une férocité qui m'effraya. Je me décomposai. Les clients des tables voisines se tournèrent vers nous.

- Seuls les « gentlemen » auraient-ils droit à la justice ? aboya-t-il. Le dernier des vauriens ne la mérite-t-il pas autant que le plus noble des ducs ? Vous me stupéfiez, Robert.

- Vous m'avez mal compris, Oscar, protestai-je.

- Je l'espère, Robert, reprit-il plus calmement alors que le garçon nous apportait nos crevettes. Je l'espère car il est de notre devoir, Robert, à vous et à moi, qui avons tant, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ceux, comme Billy Wood, qui ont si peu. Nous devons être les amis de ceux qui n'en ont pas. Si nous, poètes qui ne manquons de rien, ne veillons pas sur tous les Billy Wood de la terre, qui le fera ?


10/18, 384 pages, 2009

 


Ce qu'elles en ont pensé

Une belle lecture, un véritable condensé de victorian attitude selon Wictoria (qui nous propose un très beau billet illustré),  5/5 pour Alwenn, plaisant et acidulé selon Bookomaton,    Ys  a été déçue en y voyant du théâtre, plutôt mal joué avec des personnages secondaires improbables, Emeraude n'a pas été emballée,  Cryssilda vous conseille de le lire dans sa langue originale, un régal pour Miss Alfie...

 

 

 

 

Par Theoma - Publié dans : Légers ou grands frissons
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