Partager l'article ! Harlequinades 2010: L'été dernier, je participais à la première édition des Harlequinades lanc ...
L'été dernier, je participais à la première édition des Harlequinades lancées par Fashion et Chiffonnette. Ce fut drôle et parfois douloureux. J'ai ouvert mon premier et j'espère mon dernier Harlequin. Cette année, quel soulagement de découvrir un règlement différent ! Les participants ayant le choix de lire et de chroniquer ou d'écrire un chapitre imaginaire d'un Harlequin. C'est donc la seconde option que je vous propose aujourd'hui...
Les braises incandescentes du
batracien
Brenda était tout excitée. Son premier jour en tant qu'assistante du célèbre Professeur Brandon. Elle avait été sélectionnée parmi des centaines de candidats. Cette opportunité allait enfin lui donner l'occasion de faire ses preuves.
La rumeur disait que Brandon était le plus bel homme du campus mais elle n'en avait cure. Elle était ici pour prouver sa valeur, Brandon pouvait être Adonis lui-même, elle resterait concentrée sur son travail. Première de sa volée, Brenda n'avait jamais connu l'amour physique dont elle avait une piètre opinion. Ses camarades de chambre portaient sans cesse à nu leurs exploits sensuels alors que la jeune femme désirait étudier dans le calme. Elle avait déjà goûté aux lèvres de plusieurs étudiants mais n'avait pas souhaité renouveler la décevante expérience.
Lorsqu'elle fit son entrée dans le bureau du Professeur, elle eu l'impression qu'un tremblement de terre allait déchirer le sol en deux. En le voyant pour la première fois, elle le trouva délicieusement bronzé, le torse athlétique et les dents aussi blanches qu'un rayon de lune. Le choc étant inédit, elle l'attribua à la nervosité du premier jour. En l'apercevant, Brandon s'élança vers elle, comme un fauve vers sa proie.
- Bienvenue Mlle Spelling. Si vous ne voyez pas d'inconvénients, nous allons supprimer dès aujourd'hui toutes formes de convenances. Appelez-moi Kevin.
La formule la fit rougir, elle ne put sortir qu'un son approximatif de sa gorge qui fut, heureusement, interprété comme un acquiescement par son interlocuteur.
- Je vais vous faire le tour du propriétaire et vous initier rapidement, vous connaissez certainement les bases ?
- Mmmm.
Brenda bouillonnait de rage. Que lui arrivait-il ? Kevin devait se demander si les experts ne s'étaient pas lamentablement plantés en la choisissant parmi tant d'autres. Elle était paralysée devant le charme de cet homme de douze ans son aîné. D'un naturel déconcertant et d'une infinie patience, il lui fit plusieurs démonstrations, toutes exemplaires et qui attestaient de son grand talent.
Elle devinait son torse bronzé derrière sa chemise blanche et ne résistait pas le regarder de bas en bas lorsqu'il se retournait. Sa démarche était celle d'un homme expérimenté et sûr de lui. A chacun de ses regards, la jeune femme sentait des fourmillements au creux de ses jambes. Son ventre se tendait, ses lèvres devenaient sèches, un brasier intérieur semblait tout consumer. Brenda se détestait de ressentir de telles sensations. Elle savait que ses sentiments n'étaient pas réciproques et que même si par folie, ils étaient partagés, Kevin restait avant tout un professionnel.
Ses nuits se transformaient en rêves brûlants et endiablés, elle rêvait que Kevin la possédait toute entière telle un objet d'expérience à sa merci. La jeune femme se réveillait en sueur, haletante et désespérément seule. Et si triste ! A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle voyait ceux de son professeur aussi bruns qu'un écureuil de Central Park. Elle adorait cet animal. Il était malin et possédait une queue si élégante.
Les journées de l'assistante était tout aussi difficile. Manquant de sommeil, elle se sentait fragile. Parfois maladroite dans ses dissections, Kevin se positionnait alors derrière elle, lui prenait la main et lui montrait avec douceur comment utiliser le scalpel sur une des grenouilles qui avaient été retrouvées congelées et dont l'origine datait de 712 avant JC.
Kevin se relevait être un enseignant patient et Brenda tentait de lui faire honneur. Alors qu'ils arrivaient dans la délicate partie des organes génitaux du batracien, Kevin eut soudain les larmes aux yeux.
- Mon Dieu. C'était une femelle et elle était sur le point de pondre ses œufs.
- C'était une future maman ?
- Oui.
Émus par cette découverte qui les rapprochait encore davantage, Brenda fut bouleversée devant les larmes de son compagnon. Kevin s'approcha avec douceur, son haleine était fraîche et mentholée, puis, lui prit soudain la nuque pour l'embrasser passionnément. Aussi soudainement, il se retira en s'excusant.
- Pardonnez mon comportement indigne. Je suis votre professeur !
- Alors enseignez-moi !
Ce cri désespéré sorti de ses lèvres roses, encore assoiffées et frustrées par cette promesse brutalement arrachée. Il s'approcha alors avec une lenteur presque insupportable. Il l'embrassa délicatement, taquina avec sa langue le lobe de ses oreilles, parcouru sa nuque avec son souffle rauque et commença à la déshabiller. Brenda fit face à des sensations nouvelles presque douloureuses. Elle le désirait si fort qu'elle aurait pu en mourir comme Desdemona dans Othello.
- Oh !
- Mmmmm !
- Oui !
- Encore !
- Rrrrrr !
Kevin s'avoua être un amant exceptionnel qui savait être à l'écoute de sa partenaire. Il partit à la recherche de ses zones érogènes les plus sensibles jusqu'à arracher à la jeune femme des cris de plaisirs. Jamais avare de sa salive, il était tendre tout en étant bestial, doux et sauvage, charnel et animal. Quand enfin ils s'unirent, il éprouva la jouissance comme jamais.
Un long silence s'installa dans la pièce. Ils ne ressentaient pas le besoin de parler et quand bien même, les mots ne suffisaient pas à décrire cet amour aussi profond qu'une plateforme pétrolière norvégienne. Bien installés dans leur bulle, ils ne virent pas tout de suite qu'ils avaient fait l'amour sur les œufs antiques de la maman grenouille...
Bientôt disponible
Les braises incandescentes du batracien, tome 2, Collection Harlequin Science-Fiction.
Je n'ai jamais lu un seul Harlequin... Peut-être essayer avec ce volume à paraître?
@ Véronique D : tu ne perds pas grand chose ;-)
des grenouilles datant de -712 !!!!!
quelle ingéniosité !
@ Lystig : n'est-ce pas ? Une vocation s'ouvre à moi !
une option qui aura eu le mérite de me faire sourire, j'ai lu des harlequins à leur débuts, quand j'étais jeune : 14-15 ans, il y a bien longtemps : ensuite il y a eu toutes les séries dérivées, "série blanche" pour les histoires d'infirmières et de docteur, série "je ne sais plus" pour les histoires un peu plus osées avec des descriptions plus chaudes, enfin, maintenant je n'en lis plus du tout.
@ Wictoria : oui ! Série Blanche, c'est juste, ma soeur en lisait bcp et elle est devenue infirmière ! Merci du rappel, je m'en vais de ce pas le lui rappeler avec joie !
Bonjour, je suis recruteuse pour la collection Harlequin. Votre plume correspond exactement à ce que nous recherchons pour la rédaction de nos oeuvres. Nous avons été séduits par vos descriptions physiques ("les dents aussi blanche qu'un rayon de lune"), abasourdis par votre maîtrise de la métaphore animale ("la queue élégante") et de l'évocation érotique. Vous maîtrisez également parfaitement l'art du dialogue ("grrr"). Nous vous proposons de suivre le module de perfectionnement du professeur K.Redlove intitulé "sueur et torse" avant d'intégrer notre équipe.
Harlequinement,
Samantha Pleasure
@ Juliette : Chère Samantha,
J'ai découvert votre intérêt avec surprise et suis très heureuse de l'honneur que vous me faites. Je serais ravie de perfectionner la méthaphore et l'art du dialogue au sein de votre équipe mais malheureusement je me dois de décliner l'offre pour des raisons qui me sont très personnelles.
J'ai déjà suivi le module de perfectionnement du professeur Redlove dont je garde un souvenir ému. Le revoir me serait douloureux, j'en garde encore des stigmates. J'ai mis du temps à guérir de son aura puissante, de sa sueur parfumée et de son torse à poils longs volumineux. Je ne peux me permettre de me trouver à nouveau dans une situation qui fragiliserait mes nerfs ainsi que mes hormones.
En comptant sur votre compréhension car je sais, que vous aussi, avez été sa victime consentante, et en réitérant mes remerciements pour la proposition alléchante, je vous envoie mes salutations harlequinesques.
Dis moi, je veux la suite! Collection science fiction, j'imagine des trucs glauquissimes pour la suite avec les oeufs de batracien!
C'est prévu, oui? (La suiiiiite!)
@ Keisha : non pas prévu mais si tu insistes... Mais tu as raison, j'ai peur de tomber dans le glauquissime...
Bonjour Theoma, excellent roman "Harlequin" et en plus c'est drôle. Quelle plume! Bonne journée.
@ Dasola : merci !!
J'adore !!! Je serais enclin, tout comme Keisha a demandé une suite... Que dis-je demander, supplier !!!
@ L'or des chambres :
aïe aïe, il va falloir que je m'y mette.
Là c'est vraiment la limite de mes possiblités, je crois que j'ai trop lu "Nous deux" et "intimité " quand j'avais 10 ans je suis victime de surdosage par avance
Bravo à Juliette pour son hmour
@ Dominique : ah oui Nous deux ! Je les lisais chez ma grand-maman !
Nan mais tu te rends compte de la situation délicate dans laquelle tu m'as mise tellement je me suis marrée au boulot, devant mes collègues ? J'en chiale encore !
@ Emma : rien ne me fait plus plaisir !
Le duo avec Juliette m'a bien amusée! Il est torride,ce prof!
@ Mango : Moi aussi, Juliette a un sacré humour !
Et bien, un écureuil à la queue si élégante...
@ Choco : mais c'est tout à fait vrai ! ;-)
La première édition fur si douloureuse que cela ?
Attention, je vais porter plainte à la SPA : pauvres oeufs.....
@ Alex : disons que je ne souhaite pas renouveler l'aventure...
Mouhahaha les yeux aussi bruns qu'un écureuil de Central park et l'amour aussi profond qu'une plateforme pétrolière norvégienne, fallait les trouver
Tu as râté ta vocation il me semble (très drôle aussi le commentaire de Juliette^^) !
J'ai bien ri, merci !!!
@ Cynthia : peut-être pas, je peux toujours postuler chez Harlequin ! ;-)
Je veux une suite !!!! Par contre c'est dégueu le coup des oeufs ....
@ Patacaisse : bah ! un Harlequin dégueu, ça change !
Ah là là ... tellement meilleur que les "originaux" (qui n'ont rien d'original, entendons-nous bien) !
on veut la suite évidement
PS : J'adore tellement le titre !
@ Kikine : oh ! merci bcp ! A force de demander la suite, je vais devoir m'y mettre...
La suite !!! vite!!!
@ Clara : quelle pression !
Ton histoire m'aura valu un bon fou rire! Merci à toi!
J'aime beaucoup les choix des imges, notamment l'écureuil qui m'a fait mourir de rire!
A quand la suite?
@ Yoshi73 : merci ! aïe aïe, je vais être obligée d'écrire la suite.
Trop drôle :-)
ah oui vraiment j'en veux encore !
@ Didi : misère, je suis vraiment cuite !
Ah oui je crains que tu ne sois cuites comme les carottes
Devant un tel engouement tu ne peux nous laisser là à attendre comme des grues
Bises et bravo pour cet harlequinade aux poils (de carottes)
@ Didi : merci !! En effet, les carottes sont cuites !
Ces braises incandescentes ne me laissent pas de glace... J'ai bien ri et je voterai moi aussi pour une suite, il ne faut pas gâcher un tel talent.
@ Constance : on dirait que j'ai raté ma vocation !
Ah tiens, c'était soit lire un Harlequin, soit faire une nouvelle? J'ai fait les deux, j'ai rien compris ^^
Mais alors ta nouvelle, elle est juste extraordinnaire. T'as réussi à me faire exploser de rire dans mon bureau, heureusement que personne n'est entré à ce moment là.
Tu devrais vraiment proposer tes services à monsieur Harlequin ;-)
@ Lalou : merci ! C'est peut-être moi qui ait mail compris les règles. Je n'avais juste pas le courage d'en relire un deuxième.
Un seul Harlequin? Pfff, c'est rien (et c'est un "ancien" du Challenge Chick Litt for men qui parle!
Sion, en parcourant les commentaires ci-dessus, j'avoue avoir souri avec le (vrai/faux) message de la "recruteuse"!
(s) Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
@ Tasloiducine : c'est sympa quand tu squattes ! Tu as toute mon admiration pour avoir participé au Challenge Chick Litt for men !!!