Partager l'article ! Seul le silence – R.J. Ellory: « Tu sais ce que seul signifie. Oui, dis-je. ...
« Tu sais ce que seul signifie.
Oui, dis-je. Je connais tout de la solitude ».
Joseph vient de perdre son père. La mort est venue. C'est comme si elle n'avait plus envie de repartir. Une petite fille, puis deux, puis trois... Des petites filles innocentes qui hanteront Joseph jusqu'à la fin.
Une fois le livre définitivement refermé, j'ai mis un certain temps à digérer la puissance des mots et de l'histoire. Ellory nous promène au cœur des ténèbres pour nous offrir soudain un rayon de soleil d'une telle luminosité qu'il est douloureux. Il nous
balade au propre comme au figuré. Les hypothèses fusent telles des boules de loto qui se cognent les unes contre les autres. Un numéro sort mais est-ce
le bon ?
Un suspense magistralement mené, une plume
magnifique, un auteur qui s'inscrit dans la lignée de Truman Capote. Seul le silence n'est pas un polar
mais un thriller sombre et obsédant. Le pire n'est pas, comme on pourrait le penser, dans les courtes descriptions macabres mais bien dans
l'ambiance pesante de ce village isolé. Tout simplement
inoubliable.
Le livre de poche, 601 pages, 2009
New-York superbement décrite...
« Ici, on pouvait être quelqu'un à un carrefour, et plus personne de l'autre côté de la rue. New York me battait de ses poings. Tout ce que je voyais était lumineux et effronté et arrogant. La coupe des costumes, les lèvres écarlates des filles aux visages tirés tout droit de magazines ou de films ; les voitures tel un kilomètre de chromes étincelants, roues à rayons métalliques et calandres féroces, déflecteurs comme des yeux et des miroirs ; enfants tirés à quatre épingles comme s'ils allaient à l'église. Majestueux. Imposant. Une ville tel un poing serré. Un tonnerre d'humanité. New York me coupa le souffle. Je ne le recouvrai que deux jours plus tard. »
Une lecture commune avec...
Neph, Gio, Pimprenelle,Stephie, Petite Fleur, Mystix, Mrs Peppys. Merci pour le coup de pied !
Les avis sont nombreux...
...et sont recensés ici
Ahhh, pourquoi autant de lectures qui donnent tellement envie ?
jamais lu de cet auteur !
Bon dimanche à toi aussi !
ps : j'ai découvert le livre des couleurs sur ton conseil et j'ai adoré ! Merci !
ps : je réalise que je me suis trompée sur une blogueuse suisse : il s'agit de Hermione et non pas de Herisson
Il fera partie de mon prochain tir groupé d'achats!
Totalement réfractaire à la forme.
C'est surtout le fait que les noms étaient systématiquement donnés dans leur entièreté (prénom+nom) même à la 80e page qui ne m'a pas aidée...
Je vais presque regretter l'époque de chomage où je pouvais lire toute la journée sans scrupules !
ps : as-tu reçu le livre voyageur Meurtres entre soeurs ?
Bonne semaine.
"Waouh quel livre ! J'ai beaucoup aimé.
Il n'a pas le rythme habituel des thriller. C'est en tout cas plus psychologique que beaucoup de livres de ce genre. Je le classe dans cette catégorie parce que c'est marqué sur la couverture, mais il faut plus s'attacher au côté roman je pense ; ok il y a meurtre et meurtrier, mais ça n'apparait pas seulement comme caractère central du livre. Enfin si... mais bon... Je ne sais pas trop comment expliquer, il faudrait que vous le lisiez pour comprendre ce que j'entends par là.
Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé ce roman super(be).
C'est noir, très noir. Le personnage principal, Joseph, voit sa vie égrener les malheurs les uns après les autres, comme s'ils lui collaient à la peau, tout au long de sa vie. On ressent une réelle empathie pour ce personne et on suit ses "incidents" et tous les tourments de ce jeune homme et de son entourage, de son village. Et c'est tellement bien retranscrit ! Une très belle écriture, du style, indéniablement, une certaine profondeur autour de thèmes graves. On est plongé tout entier dans cette atmosphère oppressante, et on n'en sort pas indemne.
D'autre part, dans la première partie du roman, j'ai aimé le parallèle entre les meurtres et la guerre mondiale qui sévit outre-atlantique à l'époque des faits, notamment l'idée que les crimes de ce petit village semblent toucher davantage ses habitants que la Grande Guerre et toutes ses horreurs, ses millions de morts, etc. Ca transmet, je trouve, une certaine réalité : même si on ne peut pas nier de terribles pages de l'Histoire qui font des centaines de milliers de morts, de grands chiffres paraissent parfois bien abstraits, tandis que quelques horreurs dans un cadre proche, familier, sont plus "palpables" ; on se trouve directement face à ces démons.
J'ai également aimé l'alternance (pas régulière, et tant mieux d'un côté, ça donne un certain rythme) entre le passé et le présent du narrateur, surtout dans la première partie du roman. Je n'en dis pas plus pour ne rien dévoiler.
Le seul petit bémol que j'émettrai concerne les mobiles du meurtrier, qui ne sont pas explicités. Mais ça ne m'a pas plus déranger que ça après cette lecture fort plaisante.
Je n'irai peut-être pas jusqu'à dire que c'était un coup de coeur, mais ça s'en rapproche grandement
Ce genre de billet me conforte dans mon choix ^^
ps : je viens d'aller voir en ligne, j'achète ! Merci bcp !