Je le disais ici, le bandeau littéraire est, hélas, devenu incontournable.
Il va même jusqu'à être décliné en torchon...
ou encore en sticker, déco pour la salle de bain...
Ouais...
En librairie, j'avais cru apercevoir le pire...
C'était sans compter que le pire est encore à venir. La preuve en image...
(merci à Cess pour l'info).
Si je peux, éventuellement, applaudir d'une main l'initiative de faire découvrir l'un des plus grands chef-d'œuvre de la littérature anglaise aux adolescentes, je ne peux que déplorer le nivellement par le bas exercé par plusieurs maisons d'éditions jeunesse.
Ok Twilight, c'était sympa, mais maintenant on aimerait bien passer à autre chose. Les étagères regorgent de romans roses aussi insipides les uns que les autres, la descente est vertigineuse!
Si les filles, à cet âge, ont tendance à laisser leurs hormones choisir une lecture à leur place, les auteurs et éditeurs en question dénigrent leur responsabilité de guides en manquant à ce point d'imagination et en se fourvoyant au nom du dieu Mercantile.
Un tel bandeau, c'est tout simplement minable.
« A Bagdad, j'ai un garde du corps, et toujours un revolver sur moi.
Je sais que les islamistes veulent ma peau mais je n'ai pas peur.
C'est le message de cette photo : on ne nous fera pas taire. »
Présidente de l'Organisation pour la liberté des femmes en Irak
que je vous encourage à découvrir et/ou à soutenir.
Retour à la charia, crimes d'honneur, enlèvements, assassinats de femmes, exemption pour les hommes auteurs de crimes « lavant l'honneur de leur famille », lapidations, viols, mauvais traitements, discriminations, retour à un état non laïque, voile obligatoire pour femmes et enfants, ségrégation sexuelle dans toutes les sphères publiques et privées, les femmes irakiennes ont besoin de savoir que nous ne les oublions pas.
Extrait de l'éditorial de François Busnel. Éclairant et engagé.
Lire
« Les 20 meilleurs livres de l'année »
déc.2010 – janv.2011
« Il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond dans le Royaume Littéraire de France, non ? Bon, le prix Goncourt à Houellebecq, pourquoi pas. C'était annoncé dès l'été par tous nos confrères des Inrocks à Canal+ en passant par Libé, la virtuelle académie bobo-rebelle. J'ai dit ici tout le plaisir que l'on prend à lire La carte et le territoire : le meilleur roman de Houellebecq, mais pas non plus LE livre de l'année, (...) faut par charrier. Il y a dix ans, Houellebecq choquait le bourgeois : aujourd'hui, c'est le bourgeois qui le sacre. Cherchez l'erreur... Mais là n'est pas le problème.
Le problème, c'est le coup de fil post-Goncourt. Le président de la République, nous apprend un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi, a donc tenu à saluer le lauréat du prix Goncourt en se fendant d'un coup de fil pendant le pince-fesses organisé par l'éditeur afin de fêter l'heureux événement. Pour ne pas être en reste, il paraît que Martine Aubry a, ès qualités et illico, envoyé ses félicitations à l'impétrant. C'est très bien.
Mais de quoi le coup de fil de Sarkozy est-il le nom ? D'un scandale. Certes, on ne peut que se réjouir de voir un président de la République féliciter le lauréat d'un prestigieux prix littéraire. Même si, en congratulant Houellebecq, notre président fait sentir aux académies qui l'on sacré à quel point il est parfaitement en phase avec celles et ceux qui dictent les faveurs du jour. Ainsi ratifie-t-il le choix des Goncourt, couronnant une soudaine et éphémère « union nationale ». et oui, Michel Houellebecq est devenu le dernier atout de notre commerce (oh, pardon: rayonnement) extérieur (euh, pardon: culturel).
Mais tant qu'à passer un coup de téléphone, peut-être y a-t-il des dossiers littéraires plus importants, ne croyez-vous pas ? Tenez, au hasard, celui de la maison de Colette. Elle tombe en ruine, la vieille bâtisse qui vit naître l'une de nos plus grandes romancières (et jurée du prix Goncourt, avec son couvert et tout le toutim, par-dessus le marché). La maison de Satin-Sauveur-en-Puisaye, dans l'Yonne, est en vente depuis trois ans au prix de 300'000 euros. Ni la commune ni le conseil général de l'Yonne n'ont les moyens, paraît-il, de racheter ce qui est bien plus que la maison natale de l'écrivain: l'une de ses principales sources d'inspiration, l'un des personnages clés de ses romans.
Pourquoi l'État, aujourd'hui si préoccupé de littérature, n'intervient-il pas ? On gagnerait à voir un président (quelle que soit son appartenance politique) sauver de l'oubli les demeures de l'esprit et donner les instructions (par coup de fil pendant un cocktail s'il y tient) pour que soient débloqués les financements nécessaires. (...) »
Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui je suis fière de l'une de mes deux patries, la Suisse. Si ma famille française fait trop souvent cocorico à mon goût, je tiens, pour une fois à faire meuh debout et fière.
Alors qu'il a été le dernier pays d'Europe à accorder le droit de vote aux femmes en 1971 (c'est la vérité, je vous assure!), l'actuelle Présidente, Doris Leuthard est la troisième femme à accéder au poste suprême de l'Etat.
Mais attendez, ce n'est pas tout ! Hier, une élection a marqué l'histoire. Je vous laisse deviner en jouant au jeu des différences :
Conseil Fédéral - 1990
Conseil Fédéral - 1998
Conseil Fédéral - 2004
Conseil Fédéral - 2007
Conseil Fédéral - 2010
Vous l'avez compris, hier, la socialiste Simonetta Sommaruga, 50 ans, a été élue au Conseil des 7 sages (appelés quelques fois les 7 nains par le peuple). La Suisse est ainsi le premier dans l'Histoire à avoir une majorité féminine au sein d'un gouvernement.
D'aucuns pensent que cette date historique
n'apportera pas grands changements. Il est vrai que s'il l'on observe les photos d'archives ci-dessus, on ne remarque aucune évolution significative...
;-)
Je suis atterrée ! Pourtant, je l'avais bien dit, au risque de me faire prendre pour une mère sans coeur, une féministe attardée, une folle à enfermer, si je vois un Martine dans ma maison, je le balance tout droit dans la corbeille à recycler. J'ai failli me froisser à vie avec ma maman qui souhaitait offrir la collection entière à ma fille lorsqu'elle est née.
Je n'ai eu besoin de prouver mes dires qu'une seule fois pour que tout à chacun comprenne le sérieux de mon propos. Nous avons ensuite passé dix sublimes années de quiétude sans ces albums qui font autant peur que Chucky et que Sarah Palin n'hésiterait pas à rendre obligatoires à l'école. Oui, je parle bien de cette pétasse de blondinette qui, à 8 ans, fait le repassage et donne à manger à bébé avec un sourire aux dents blanches.
Mais c'était sans compter sur la ténacité de la parfaite demoiselle qui est toujours polie, qui dit toujours merci, qui va toujours se laver les mains sans qu'on ai besoin de le lui dire et qui laisse toujours sa place aux personnes défavorisées dans le bus. C'est qu'elle est coriace la Martine ! Il suffit de baisser votre garde et pan ! La voilà cachée dans un emballage parfaitement innocent entre deux Bakugan aussi moches l'un que l'autre.
Un paquet offert par la plus timide des copines du fiston pour ses six ans et les sept lettres fatidiques me font face. Je me vois hurler au ralenti avec une voix déformée un NOOOOOOOOOOOOOOOON ! tandis que Machine affiche un sourire à la Miss France. Plutôt crever que de lui donner cette vision outrageuse, restons digne en toutes circonstances : "oh ! Un liv.... (non je ne peux pas c'est trop dur), Tom dit merci à Tamara."
J'avais une autre idée de l'évolution des genres que celle d'une fille offrant Martine à un garçon. Finalement, ça m'a tout l'air d'une vengeance froide et totalement gratuite. Si ça se trouve, la maman de Tamara a souffert toute sa jeunesse de ce modèle ordonné et elle est devenue une serial martiner en offrant à tour de bras des Martine à tous les anniversaires de petits mecs.
Ok Barbie, t'as peut-être gagné une bataille mais certainement pas la guerre. Planque-toi bien quand Tom dormiras et que tu seras seule dans le noir. J'attendrais le moment propice pour te faire ta fête. Et là, je verrais une autre scène au ralenti bien plus jouissive, celle de la broyeuse en train de t'écharper et moi juste à côté avec un grand rire sardonique : HAHAHAHAHAHAHAH !
Parce que la couleur préférée de fiston est le rose et qu'il m'a dit qu'il ne pouvait pas le dire aux autres parce que les garçons n'avaient pas le droit d'aimer cette couleur, parce qu'il y en a ras le bol de voir illustrer dans les albums jeunesse les Mamans à la cuisine avec leur tablier et les Papas assis en train de lire le journal. Parce que "les garçons aussi ça raconte des trucs à leurs peluches et que les filles aussi ça rêve d'aller sur la lune". (Lab-elle.org)
Heureusement qu'il y a des révolutionnaires qui osent réinventer des couvertures et d'autres qui créent des labels pour stimuler les parents, les libraires, les enseignants, les bibliothécaires, etc. à
encourager les potentiels féminins ! Une association indispensable (elle est suisse, je ne suis pas peu fière !) dont je vous recommande chaudement tant la visite que les albums
labellisés.
Bon dimanche !
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