Langues étrangères

Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 00:01

 

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« Il s’agit de couper l’herbe sous le pied à la vieillesse,

à la maladie, et aux chutes dans les escaliers de la cave. »

Ambrose Bierce

 

Elle, un cancer la condamne. Lui, l'Alzheimer lui arrache son passé, son présent et son futur. Contre l'avis des médecins et de leurs enfants, ils partent avec le Cherche Bonheur, leur vieux camping car, pour un tour qui risque bien d'être le dernier.

 

Il y a dans cette lecture quelque chose d'insaisissable. Une certaine lenteur, positive, il ne s'y passe pas grand chose pourtant des évènements essentiels se succèdent. Une réflexion sur le temps qui passe, la relation à l'existence, le calme et le tumulte d'une vie.

 

J'ai corné de nombreuses pages. Des petites phrases semées ici et là ont résonné en moi. Quelle justesse dans la description de l'amour, le vrai, celui qui dure et endure, celui qui traverse non sans heurts.

 

Un beau voyage qui nous interroge sur nos choix, notre propre rapport au temps mais aussi sur la vieillesse de nos parents. Lorsque le moment sera venu, que regretterons-nous ? Mais Le Cherche Bonheur, est avant tout, une magnifique histoire d'amour. Ne passez pas à côté.

 

4--toiles-copie-1.gif 10-18, 249 pages poétiques, drôles, vivantes, vivifiantes et pleines d'espoir, 2010

 

Extrait

« - Je ressemble au poème de Longfellow, Le Naufrage de l'Hesperus, grogné-je.

John se tourne vers moi et dit :

- Je trouve que tu es belle.

Je regarde mon mari. Il ne m'a pas adressé un tel compliment depuis des lustres. Quand je pense combien je les appelais de mes vœux, combien j'étais prête à les croire et à quel point ils m'empêchaient de rentrer sous terre quand je passais devant un miroir.

- Tu me racontes des bobards.

- C'est vrai, mais je trouve quand même que tu es belle.

Maudit bonhomme. Comment ose-t-il m'aimer après tout ce temps ? »

 

Découvert grâce à Aifelle, merci !


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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 06:24

 

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« Parfois, quand on a beaucoup souffert,

il arrive que ce soient les petits détails qui vous brisent. »

 

Voilà longtemps que je n'avais pas ressenti une telle impression. Celle de lire un roman à l'univers exceptionnel, unique.

 

Au nord du monde, à la fin de toutes choses, le shérif Makepeace nous entraîne dans une épopée intemporelle et entêtante. Ne pas en dire plus, même la quatrième de couverture le respecte.

 

L'écriture est fluide, la maîtrise narrative fataliste mais non réductrice. Le tout est un roman nerveux, bluffant, granitique et incarné à l'ambiance intense, glaçante, électrisante et imprévisible.

 

La corrosion du monde, la sagesse disséminée au vent, l'effondrement de nos valeurs, la recherche de l'essence même de notre humanité. Original, haletant, merveilleusement bien traduit, un auteur à suivre !

 

5--toiles.gif 10-18, 347 pages, 2011

 

Extraits

« Étrange, à quel point l'homme n'est jamais plus cruel que quand il se bat pour une idée. On se tue depuis Caïn pour savoir qui est le plus proche de Dieu. M'est avis que la cruauté est simplement dans l'ordre des choses. On deviendrait fou si on prenait tout personnellement. Ceux qui nous font du mal n'ont pas sur nous autant d'autorité qu'ils le voudraient. C'est pourquoi ils font ce qu'ils font. »


« Pour beaucoup la vie est une affaire d'habitudes. On peut mettre tout le monde à égalité sur la ligne de départ, ça n'empêchera pas certains d'avoir plus de choses à l'arrivée et de chercher à les protéger, ni d'autres d'en avoir moins et de crier au scandale. »

 

Lu aussi par... 

Kathel, Brize, Hélène, Chiffonnette, Keisha, Cuné...


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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 00:08

 

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Le 20 décembre

Chers Emmi et Leo,

 

J'ai tardé à vous écrire. J'ai eu le temps de relire Quand souffle le vent du nord et La septième vague. Deux fois. Ce sont des livres doudous, ceux que l'on garde sur sa table de nuit, ceux que l'on se réserve quand le vent, dehors, souffle trop fort.

 

La lecture de la suite de vos aventures m'a rendue insomniaque. J'ai eu peur pour vous. J'ai dévoré les pages à une vitesse qui devrait être illégale et j'ai atteint un tel seuil d'adrénaline que je me suis retrouvée à 3 heures du matin en train de danser toute seule dans mon salon. Véridique.

 

Ce second opus a divisé les lecteurs. Certains l'ont trouvé vain. Il m'a fait du bien. Et il continuera à m'en faire.

 

Bien à vous,

Theoma

 

 

28 minutes plus tard

Theoma (décidément quel nom ridicule !)

 

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour mon précédent message. Après en avoir discuté avec Leo, je comprends maintenant un peu mieux votre engouement même si je le trouve un peu malsain.

 

Avez-vous une vie ? Quelqu'un qui prend soin de vous ? N'avez-vous pas peur que l'on vous retrouve morte dans votre appartement, telle une vieille fille à lunettes, entourée de livres poussiéreux ? Sortez ! Laissez tomber vos livres ! Vivez votre vie ! Et arrêter de faire la groupie, ça devient gênant.

 

Cordialement,

Emma Rothner

 

 

32 minutes plus tard

Chère Theoma,

 

J'ai été ravi d'apprendre que La septième vague ne vous a pas déçu. Je suis très fier de ce second tome et des suivants ;-)

 

Ne tenez pas compte du mail rothnerien d'aujourd'hui et continuez à vous exprimer sur ce que vous ressentez. J'apprécie cette qualité.

 

Bien à vous,

Leo Leike


 

4--toiles-copie-3.gif Grasset, 352 pages, 2011

 

A lire

Quand souffle le vent du nord

Top 10 Emmi et Leo

 

Pour la découverte, merci Cuné !

 

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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 07:24

 

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« Je sens la vie qui se rapproche alors que tout ce que je veux c'est mourir. »

 

En apprenant la nouvelle, les carnets de Marilyn allaient être publiés, j'ai d'abord cru à un coup médiatique et pécuniaire. Je me suis ensuite demandé s'il existait une pertinence ou alors, s'il ne fallait pas plutôt laisser en paix la femme au multiples fragilités et à la solitude exacerbée. L'icône au dénuement tragique devant la cruauté de l'existence.

 

La lecture de Fragments m'a convaincue. Le travail de l'éditeur est abouti et exigeant. Le livre, en tant qu'objet, est sublime. L'esprit des carnets de Marilyn respecté et honoré. Les premiers poèmes sont balbutiants. Le besoin d'être nourrie de Marilyn, sans éducation, s'intensifie. Les pages prennent ensuite de l'assurance pour révéler un esprit frondeur et lucide.

 

Les photos qui jalonnent le livre révèlent une Marilyn lectrice compulsive. Admirez celle où l'actrice termine Ulysse de Joyce ! Personnellement, je n'ai jamais réussi à aller au bout...

 

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J'ai refermé le livre avec tristesse et un sentiment de gâchis envers cette fin dramatique mais aussi pour ce monde qui a un besoin viscéral de faire passer une telle femme pour une douce idiote.

 

4--toiles.gif Seuil, 272 pages, 2010

 

Extraits

« Avoir ton coeur est la seule chose parfaitement heureuse dont je sois fière. »

 

« Seuls quelques fragments de nous toucheront un jour des fragments d'autrui. La vérité de quelqu'un n'est en réalité que ça, la vérité de quelqu'un. On peut seulement partager le fragment acceptable pour le savoir de l'autre. Ainsi on est presque toujours seuls.

Comme c'est aussi le cas de toute évidence dans la nature - au mieux peut-être notre entendement pourrait-il découvrir la solitude d'un autre. »

 

L'avis de...

 Cynthia, George...

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 07:02

 

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« Ses enfants grandirent et commencèrent à avoir leur propre vie. (…) Quand elles pensaient à eux, à différents moments de leur enfance – d'abord s'accrochant à elle puis acquérant de l'indépendance et finalement se détachant d'elle – elle se souvenait avant tout des lampes. De la lampe du couloir qu'elle avait l'habitude de laisser allumée pour qu'ils n'aient pas peur dans le noir. Ensuite ce fut la lampe de la salle de bains, plus loin dans le couloir, qui resta allumée, quelle que fut la maison qu'ils habitaient et, pour finir, celle du rez-de-chaussée lorsque l'un d'entre eux sortait le soir. Leur croissance correspondait donc à une graduelle diminution de la lumière éclairant la porte de sa chambre à coucher, comme s'ils emportaient avec eux un peu de clarté lorsqu'ils s'éloignaient d'elle. Elle aurait dû s'organiser, pensait-elle parfois. Elle aurait dû se trouver des amis ou s'inscrire à un club. Mais ce n'était pas son genre. Et de toute façon ça ne l'aurait pas consolée. »


 

 

4--toiles-copie-1.gif Stock, 388 pages glacées, 2009

 

Comment survivre à la famille ? Une lecture qui m'a terrassée. Je laisse la parole à Cuné. 


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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 07:14

 

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« Il y a des jours où le monde paraît si vaste que c'est trop pour vous. Il vous arrache toutes les choses auxquelles on tient. On se sent aussi petit qu'une graine, ou qu'un grain de sable sur une plage.  »

 

Comme pour Un bûcher sous la neige, l'écriture est issue du vent et des falaises. On sent les embruns de la mer, on entend les mouettes réclamer leur dû. Susan Fletcher excelle dans les descriptions. Le lecteur a sa maison au bord de cette mer qui lui est cher.

 

Pourtant, malgré l'écriture finement ciselée, l'histoire n'a pas réussi à m'emporter. Je suis restée sur le quai à regarder le bateau devenir un tout petit point, au loin. Il ne s'est rien passé. Pas de vagues, le calme plat.

 

Pourtant Corrag m'avait fait battre le cœur plus fort. Parfois, mieux vaut regarder vers l'avenir, attendre les romans suivants que de se retourner vers ceux du passé.

 

3--toiles-copie-2.gif J'ai lu, 406 pages, 2010

 

Elles ont beaucoup aimé...

Aproposdelivres, Kathel, Melopée, Chiffonette, Cathulu...

 

Elle est mitigée...

Sandrine

 

Extrait

« L’eau grise, immense. L’eau sans cesse agitée, avec des pointes blanches sur les vagues grises. Il y avait des ferries, et des bouches d’aération. Des pies de mer, avec leurs becs orange, debout dans les criques. Les phoques clignaient de l’œil, les herbes tremblaient, et le soir le phare de Caldey Island faisait lentement tourner son œil pâle.

Une côte d’écume et de lumière. Avec une maison que je vois encore : battue par les vents, usée par le sel. Ses haies de prunelliers, se porte d’entrée verte. Les ajoncs du chemin côtier débordaient sur le jardin, et des goélands argentés, toute une rangée, étaient perchés sur le toit, gris, debout sur une patte. Tu te rappelles ? Ils blottissaient la tête sous l’aile, rayaient les tuiles de blanc. A deux prés de là, il y avait des chevaux. Les jours de tempête, ils dressaient la queue et prenaient la fuite.  »


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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 06:30

 

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Margaret Hale est fille de pasteur. Alors que ce dernier renonce à sa foi, toute la famille déménage dans une ville industrielle du nord.

 

« Parmi les romanciers victoriens s'élève une voix singulière, celle d'Elisabeth Gaskell, célèbre à son époque mais victime ensuite d'un oubli dont on s'explique mal les raisons. Elle a sans aucun doute dérangé, cette femme qui décrit sur un ton tranquille, voire feutré, des situations individuelles ou collectives violentes. Le lecteur redécouvrira avec bonheur un auteur qui combine analyse psychologique subtile, humour et conscience sociale généreuse. C'est cette musique très personnelle qu'on entend dans Nord et Sud ».

 

C'est ainsi que Françoise Du Sorbier, dans sa préface, nous immerge dans le monde d'Elizabeth Gaskell. Un univers d'une grande force où l'on lutte pour ses croyances et sa survie. Femmes de têtes contre hommes de pouvoir, ouvriers contre patrons, nous sommes en pleine époque victorienne où le changement est une constante.

 

D'aucuns pourraient comparer Elizabeth Gaskell à Jane Austen et les personnages de Margaret Hale et Mr Thornton à Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy mais ce serait, à mon sens, incorrect.

 

Si on retrouve des thèmes qui sont chers aux deux écrivaines (la condition de la femme, les préjugés qui opposent les sphères masculines et féminines...), Elizabeth Gaskell est plus proche, par ses prises de positions tranchées et ses romans industriels, de Charlotte Brontë dont elle a écrit la biographie en 1857, et de Charles Dickens avec qui elle collaborera plusieurs années.

 

La rébellion est au centre de l'histoire. Celle à Dieu, aux parents, aux patrons, aux hommes, à ceux et celles qui gouvernent en oppressant. Un roman intense qui se lit avec facilité et bonheur. Un grand classique.

 

4--toiles.gif Points, 685 pages, aucune longueur !, 2010

 

A propos de Mr Thornton...

« Quel genre de patron est-il ?

Vous avez déjà vu un bouledogue ? Mettez un bouledogue sur ses pattes de derrière, habillez-le avec des culottes et une veste, et vous aurez John Thornton tout craché. »

 

Les avis tous positifs de...

Clara, Keisha, Karine, Fashion, Wictoria, Folfaerie, Isil, Lilly...

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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 06:20

 

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« Une mère n'est pas censée aimer le père de ses enfants :

il y a quelque chose d'indécent là-dedans. »

 

Les Éditions Héloïse d'Ormesson ont eu la bonne idée de rééditer Jumping the Queue de Mary Wesley paru en français sous le titre Souffler n'est pas jouer. Si j'applaudis l'initiative, je déplore que le lecteur n'en soit pas informé sur la quatrième de couverture...

 

Passons. Pour son premier roman pour adultes, l'auteure délicieusement british bouscule les tabous de la vieillesse et emmène le lecteur en dehors de sa zone de confort. L'histoire est racontée avec calme, l'éternel flegme anglais, pourtant tant d'évènements s'entremêlent. Au fil du roman, une inquiétante étrangeté, comment l'histoire va-t-elle se terminer ?

 

La fragilité de vieillir, la relation à l'existence, le difficile apprivoisement de la vie. Une narration mélancolique, sans miel et sans sucre, une histoire qui, même si elle manque parfois un peu de souffle, me hantera longtemps.

 

4--toiles-copie-2.gif Éditions Héloïse d'Ormesson, 285 pages, 2011

 

Extrait en ligne ici

 

Du même auteure, à découvrir absolument...

La pelouse de camomille

Les raisons du coeur

Rose sainte-nitouche

 

Lu aussi par... Cathulu, of course !

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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 09:40

 

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Dans la tourmente, Mary Ann revient vers ses racines et tout particulièrement vers son meilleur ami, Mouse.

 

Un nouvel opus des chroniques de San Fransisco, ça ne se refuse pas. L'amitié y est fidèle, preuve en est la dédicace de l'auteur à Laura Linney, l'actrice qui a incarné le personnage de Mary Ann à la télévision.

 

Les protagonistes de cette magnifique saga me sont chers. Comme des amis résidant à l'étranger, je suis heureuse de les retrouver avec cette sensation étrangement paradoxale. C'est comme si nous nous étions quittés la veille, pourtant il nous faut reprendre nos marques.

 

Michael Tolliver semble avoir fait la paix avec lui-même. Si le temps a diffusé ses effets de sagesse, l'usure n'est jamais loin. Mme Madrigal attend la mort en kimono. L'infidélité, même si elle fait partie du contrat, blesse encore. Le message est universel. Gay ou hétéro, impossible d'accepter la différence de l'autre si on nie la sienne.

 

Un huitième tome teinté d'une douce nostalgie mais, malheureusement, un peu vain. Comme la vague sur le sable, il ne m'en restera pas grand chose. Pourtant, comme le dit si bien Cuné, une dose d'Anna Madrigal, ça fait toujours du bien.

 

3--toiles-copie-1.gif Éditions de l'Olivier, 316 pages, 2011

 

Extrait en ligne à lire ici

 

Lu aussi par...

Cuné, Hélène, ICB, Nina...

 

Laura Linney is Mary Ann Singleton...


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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 05:35

 

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« Celui qui ne périra ni par le fer ni par la famine, périra par la peste, alors à quoi bon se raser ? »

 

« Du côté positif, mourir est une des rares choses que l'on puisse faire aussi bien couché que debout »

 

« Pour je ne sais quelle raison, les gens en France m'aiment plus qu'en Amérique.

Les sous-titres doivent y être excellents ».

 

Woody Allen

 

 

 

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Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 06:44

 

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« Aussi difficile que cela puisse paraître à présent, songea Rose, je me soumettais à la pression des convenances et de la famille, à ce qu'il fallait faire, à ce qu'on attendait de moi depuis l'heure de ma conception : à peu près comme un animal, comme un cochon, comme un cheval de course, comme un chien de race primé à l'exposition canine de Crufts. »

 

Plonger dans un roman de Mary Wesley, c'est comme si l'on retrouvait une amie chère autour d'un thé. C'est délicieux, reposant, savoureux. C'est une tradition qui comporte ses coutumes. Le lait ou le citron en premier, le thé ensuite.

 

Les femmes de Mary Wesley sont souvent complexes et l'héroïne de ce roman ne fait pas exception. Rose a épousé l'homme qui lui était destiné alors qu'elle en a aimé un autre toute sa vie. Les pages démontrent que l'on ne sait jamais rien de l'intimité d'un couple. Entre ce que celui-ci dégage, les représentations des autres et la réalité vécue par les deux intéressés, tout un univers !

 

A cette Rose qui m'a parfois agacée d'avoir préféré la sécurité à l'amour, j'ai davantage apprécié ses consœurs de La pelouse de camomille et Les raisons du coeur. Peut-être est-ce l'impossibilité d'appliquer un minimum de bovarysme qui m'a manqué. Comment Rose peut-elle rejeter ce Mylo extraordinaire pour une vie en charentaises ? Et pourtant, quelle modernité dans l'évolution des personnages !

 

De l'auteure, je veux tout lire et ce n'est pas Rose qui m'arrêtera bien au contraire. Même quand la lecture est un peu en-dessous de mes attentes, un Mary Wesley, c'est toujours un moment privilégié. Une bulle d'air.

 

3.5-etoiles.gif J'ai lu, 413 pages, 2010

 

Extrait mythique !

« - Trouve-toi une jeune fille. Inutile qu'elle soit particulièrement jolie – c'est parfois source de problèmes – d'une bonne famille, bien sûr, il n'est pas nécessaire qu'elle ait de la fortune, tu en as largement, cela élargit ton champs de recherche. En bonne santé, bien entendu, pas de secret honteux côté hérédité, et la plus jeune possible.

- Pourquoi ?

- C'est comme lorsque tu achètes un chiot ou un cheval, déclara Archibald Loftus avec impatience, tu les habitues à ta façon de vivre. Si tu prends une fille qui eu le temps de connaître d'autres histoires amoureuses, elle fera des comparaisons humiliantes, et peu flatteuses. Non, non, plus elle est jeune, mieux c'est. Quand tu choisis un poisson, tu regardes l'œil, s'il brille, tu le prends. C'est pareil. Demande à ta tante Flora. »

 

Lu aussi par...

Cathulu, Clarabel, Laure, Lily, Manu...

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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 06:27

 

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« - Il ne faut plus que tu reviennes, c'est trop pour moi, je ne veux pas retomber dans le piège, tu vas me manquer à nouveau.

  - Je t'ai manqué ? a-t-il dit et sa voix était remplie d'une authentique surprise. »

 

Après le succès du Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti rempile avec les mésaventures de Benny et Désirée. Pas évident dans ces conditions de ne pas appréhender la découverte d'un avenir qui a été décidé, sans que vos ayez été consultés !, en faveur (ou en défaveur ?) de votre couple adoré.

 

YES ! Le caveau de la famille est à la hauteur de mes espérances. Un livre pertinent, intelligent, piquant et drôle sur le couple et ses aléas. Chacun s'y retrouvera avec délice ou horreur. L'auteure pointe à merveille ces petits détails qui enrichissent et pourrissent la vie à deux.

 

Le bon livre de plage de cet été. Une lecture doudou.

 

Un mauvais point pour les éditions Gaïa qui publient cette suite dans un format plus grand et donc plus onéreux que le précédent opus et qui, en plus, y ont laissé plusieurs coquilles ! Pendant que j'y suis, savez-vous pourquoi cette suite, publiée en Suède en 2005, n'a pas été traduite en français avant ?

 

4--toiles-copie-4.gif Gaïa, 237 pages, 2011

 

Perles...

« Je crois qu’il en va de l’amour des hommes comme de l’infarctus des femmes. Il n’est jamais détecté, parce qu’il a de tout autres symptômes ! »

 

« Le trajet pour la maternité s'est effectué en silence. Désirée avait appris à respirer comme il faut pendant les contractions, ce que j'ai trouvé une excellente chose. Les vaches aussi font ça.»

 

« Il ne comprenait pas. Il ne voyait pas combien je travaillais dur, car "le boulot des femmes" au foyer devient visible uniquement quand il n'est PAS fait. »

 

Du même auteure, à découvrir sans hésiter

Les larmes de Tarzan

Le mec de la tome d'à côté

 

Elles sont enthousiastes...

Aproposdeslivres, Cathulu, Tamara...

 

Elles sont déçues...

Amanda, Cuné, Emeraude...

 

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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 00:30

 

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« Ils l'appelèrent Alice – un nom bref qui ne sembla jamais contenir en entier son tempérament. Le mot commence loin au fond de la gorge, pour s'achever sur une expulsion d'air par les lèvres. »

 

Après avoir lu l'indispensable Esme Lennox, j'ai eu envie de découvrir le premier roman de Maggie O'Farrel. Bien m'en a pris ! J'ai retrouvé la densité narrative qui m'avait tellement plu et toujours... cette intense émotion.

 

L'auteure amène, avec une grande maîtrise, le lecteur au bord du gouffre, dans un espace temps où tout semble impossible. Puis, la révélation éclatante, solaire, éblouissante, au propre comme au figuré.

 

C'est décidé, de Maggie O'Farrel, je veux tout lire.

 

4--toiles-copie-2.gif 10-18, 364 pages, 2003

 

Perles...

« Qu'est-on censé faire de tout l'amour qu'on éprouve pour quelqu'un s'il n'est plus là ? Qu'advient-il de tout cet amour ? Doit-on le refouler ? L'ignorer ? Ou le donner à quelqu'un d'autre ? »

 

« Alice, une chose que je vous souhaite de ne jamais découvrir, c'est qu'un cœur brisé est une douleur physique ».

 

Elles ont aussi aimé...

Antigone, Aifelle, Kalistina...

 

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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 06:05

 

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« Bah, nom d'une pipe, j'aurai été immortel jusqu'à ma mort ! »

 

Titou est orphelin. Pépé Jake fabrique un whisky capable de vous faire un infarctus en moins de deux. Canadèche est le canard qu'ils recueillent.

 

En dire plus serait vain tant ce fin et précieux recueil désarçonne ! Onirique, surprenant, malicieux, L'oiseau Canadèche est un conte initiatique qui laisse discrètement au lecteur une empreinte qui s'avère en réalité puissante.

 

Drôles et tendres, les mots cachent des trésors de sens. Pudiques et extrêmement attachants, les trois compagnons font mouche de la tête au cœur.

 

C'est un petit trésor à part. Inclassable comme nous le sommes tous. A relire tous les dix ans pour y accéder différemment grâce aux expériences acquises...

 

4--toiles-copie-1.gif Cambourakis, 118 pages, 2010

 

Extrait

« Quand Pépé eut joué de la manivelle pour abaisser sa vitre, le gérant jeta un coup d’œil à l’intérieur de la cabine pour bien s’assurer de la présence de Canadèche et demanda :

Que fait ce canard dans mon établissement ?

Elle veut voir le film dit aimablement Titou, devançant son grand-papa qui commençait à écumer.

Nous refusons absolument tout ce qui sort de l’ordinaire.

Jake explosa :

Eh ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non ? Alors voilà : il se trouve que vous avez ici un canard d’attaque, dressé pour le kung-fu et spécialement élevé pour nous par la société Tong. Nous la laisserions bien à la maison mais elle massacre tous les coyotes. »

 

Merci à Dominique pour la découverte !

 

Elles l'ont lu également...

Aifelle, Cathulu, Chaplum, Choco, CunéKathel, Keisha, Mango, Saraswati, Vanessa...

 

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 05:48


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Le 12 mai

Chère Emmi, Cher Leo,

 

Je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon émotion. J'apprécie énormément le genre épistolaire et je sais combien il est exigeant. L'art de ne pas lasser au fil des pages nécessite talent et délicatesse. Vos mots, votre gouaille, votre esprit m'ont fait un bien fou et je suis soulagée d'avoir attendu la sortie poche de vos échanges pour ne pas avoir à endurer trop longtemps le supplice de l'attente de vous retrouver.

 

J'espère, Chère Emmi, que vous me pardonnerez d'avoir, moi aussi, succombé au charme de Leo. Ses mots réunis sont sur ma table de nuit. Quand souffle le vent du nord est un livre doudou à garder près de soi quand le monde se fait trop brutal.

 

J'espère que tout finira bien pour vous, je crois en votre histoire et vous embrasse.

Theoma

 

 

50 minutes plus tard

Theoma (quel est ce nom ridicule ?)

 

Pour qui vous prenez-vous pour :

 

1. Vous permettre de m'appeler Emmi alors que je m'appelle EMMA. On ne se connaît pas et croyez-moi sur parole, il n'y a aucun risque pour que cela change.
2. Avoir eu l'indélicatesse, l'outrage, la perversité, le voyeurisme de lire le courrier que Leo et moi avons échangé ??!!
3. Qui plus est de nous l'écrire !!!
4. D'avoir l'outrecuidance et l'impudeur d'avoir des sentiments pour Leo alors que vous ne le connaissez pas (taisez-vous!) ??!!
5. Qui plus est de nous l'écrire !!!

 

E. Rothner

 

 

45 minutes plus tard

Chère Theoma,

 

Je vous remercie sincèrement pour votre chaleureux message d'encouragement. Ne vous offusquez pas des listes rothneriennes, sans elles, la vie manquerait de piquant.

 

Je suis touché de découvrir vos sentiments qui, je n'en doute pas sont sans ambiguïté, et honoré de savoir que je parviens à calmer le vent du nord au-delà de mes frontières.

 

Moi aussi, j'espère que tout finira bien. Je le vous souhaite également.

Bien à vous,

Leo Leike


5--toiles.gif Le Livre de Poche, 348 pages, 2011

 

De nombreux extraits du livre >  ici 

 

Pour la découverte, merci Cuné !


Par Theoma - Publié dans : Langues étrangères
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