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Romans

Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 11:42

 

tombe-hors-du-temps.jpg

 

« ll y a / Une respiration il y a / Une respiration dans / La douleur il y a / Une respiration. »

 

Si vous tombez sur ce livre par hasard, vous n'apprendrez pas, qu'il y a cinq ans, le fils de David Grossman a été tué par un missile antichar au Liban. Peut-être l'auteur n'a-t-il pas voulu « exploiter » la mort de son fils. Il est, pourtant, important de le savoir pour approcher ce texte d'une pureté rarement égalée.

 

Des voix s'entremêlent, celles de parents endeuillés. La perte soudaine, contre-nature, creuse un trou béant d'incompréhension, de larmes et de colère. Le titre est si juste. Le texte est suspendu, il n'appartient à aucune catégorie.

 

Voici la marche des sans-noms, comment s'appeler autrement ?, qui luttent pour assimiler l'inacceptable. Les mots sont dits, chacun à sa manière. La douleur n'est pas figée mais au contraire en mouvement. Gracieux, profond, poétique, un texte inclassable à mettre en scène absolument. Un chant funèbre magistral et bouleversant. Les derniers mots de l'auteur m'ont ébranlée :

 

Le cœur me fend,

Mon trésor,

A la seule pensée

Que j’ai -

Peut-être -

Trouvé

Des mots

Pour le dire.

 

5--toiles.gif Seuil, 204 pages, 2012, merveilleusement traduit de l'hébreu par Emmanuel Moses

 

Extraits

« Ou n'est-ce là qu'une illusion / Nourrie par un cœur languissant ? / Par un cœur devenu fou ?» L'homme qui marche : «Il est mort -/ Je comprends presque / Le sens / Des sons : L'enfant / Est mort, / Je reconnais / Qu'il y a du vrai / Dans ces mots. Il est mort, / Il est / Mort. / Mais / Sa mort, / Sa mort / N'est pas morte.» L'enfant mort, faut-il tuer sa mort ? Les derniers mots du livre sont prononcés par le centaure, ils disent, «de manière précise» pour le coup, le combat du père et de l'écrivain : «Le cœur me fend, / Mon trésor, / A la seule pensée / Que j'ai -/ Peut-être - / Trouvé / Des mots / Pour le dire. »

 

« De penser : Comment vais-je pouvoir / Passer à septembre / Sachant qu'il va rester en août?". La femme dans un filet : Nous étions / Deux flocons humains, / Un enfant et sa mère, / Nous avons plané / Dans l'espace du monde/ Pendant six années / Entières / Qui étaient à mes yeux / Comme une poignée de jours, / Et nous étions comme une chanson / Pour enfants, / Tressée de légendes / Et de miracles- / Jusqu'au moment où une bouffée d'air a soufflé / Imperceptible / Un courant / L'agitation / D'un éventail / Un vent doux / Dans les feuilles- / Décrétant / Toi ici / Lui / Là-bas - / Tout est fini / Brisé / En mille morceaux. »

 

« Le chant / Est la langue / De mon deuil. »

 

« L’homme qui marche» : «Quelqu’un / Qui habitait un pays lointain m’a raconté / Un jour que dans sa langue / On dit de celui qui est mort / A la guerre qu’il est "tombé". / Ainsi de toi : Tu es tombé / Hors du temps, le temps / Dans lequel je demeure / Passe / Devant toi : Une silhouette seule / Sur un débarcadère / Par une nuit / Dont le noir / S’est échappé / Jusqu’à la dernière goutte. »

 

pioché en bib

 

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 07:13

 

l-experience-oregon.jpg

 

Naomi est nez de profession. Quand un accident de la route lui fait perdre son odorat, elle perd ses repères. Elle rencontre Scanlon, devine son odeur, tombe amoureuse. Enceinte, elle retrouve l'intégralité de ses sens et doit faire face à une seconde réadaptation. Rien n'est comme elle se l'était imaginé, pas même l'odeur de son mari.

 

J'adore cette idée. Pas vous ? Construire un roman sur l'odorat est un réel défi relevé haut la main par Keith Scribner. Les meilleurs passages sont ceux qui se rapportent à la description des odeurs ressenties par Naomi. Les sensations sont décrites avec une telle précision et justesse qu'elles sont arrivées jusqu'à mon cerveau et mon nez.

 

J'ai aimé également le traitement des groupes anarchistes et sécessionnistes. La recherche de sens, le combat désespéré pour une cause, le poids du sentiment d'injustice. Et puis, ce lien maternel qui unit certains personnages. La culpabilité du bonheur, la recherche de repères, les faux-pas qui aident à avancer.

 

Une écriture créative, par instant poétique et lyrique, un regard acéré et sans complaisance. Malgré quelques longueurs, Keith Scribner dit beaucoup et avec grâce.

 

3.5 étoiles Christian Bourgeois, 525 pages, 2012, traduit de l'anglais par Michel Marny

 

Extrait

« Par le passé, tout comme elle créait des parfums de mémoire, elle avait inventé des odeurs pour Scanlon. Les rares fois où il avait pris une guitare, il sentait l'épicéa et le chêne. Quand, dans le métro, il avait attrapé un type qui avait mis la main dans le sac de Naomi, l'avait plaqué contre la portière avec une poignée de sa chemise avant de le jeter dehors à l'arrêt suivant, elle avait senti de puissantes notes de fond de clou de girofle, de créosote, de mastic à carrosserie et d'huile minérale. Un baiser dans le parc évoquait les feuilles mortes d'érable et le miel. Au lit, sa bouche sur son cou, la poussant du coude et du front, puis son premier élan en elle – tabac sucré et musc. Tandis qu'il ramassait les morceaux d'une femme morose et désœuvrée dans son appartement aux relents aigres, c'était une brise régulière d'ozone, à marée basse, par une nuit chaude. Elle avait inventé des choses si réelles qu'elles étaient devenues son odeur ; elles étaient devenues lui. »

 

La superbe couverture est de Megan Kathleen McIsaac. Pour découvrir son travail : c'est ici

 

Pioché chez... Kathel, merci !

pioché en bib

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 07:00

 

22-brittania-road.JPG

 

« Profession ?

Survivante», murmura-t-elle - ce fut le premier mot qui lui vint à l'esprit. »

 

7 ans les séparent. Ils se retrouvent, chacun avec leurs secrets. Lui, le militaire parti en guerre. Elle, qui a vécu cachée dans les bois. Leur fils, ce petit animal qui n'a plus aucun souvenir de son père.

 

Un premier roman attachant qui se démarque en abordant des sujets qui sont légion en littérature – la guerre, la séparation, l'exode – sous un angle différent, celui des retrouvailles. Amanda Hodgkinson soulève, avec beaucoup de finesse, plusieurs tabous. Après la guerre, combien de familles ne se sont pas retrouvées ? Combien l'ont-elle décidé ainsi ?

 

Chercher les siens pouvant être considéré comme un retour en arrière. Comment être celui ou celle que l'on n'est plus ? Bâtir une nouvelle vie. Ne rien vouloir savoir de ce que l'autre est devenu. Par peur de souffrir à nouveau, parce que l'on est tombé amoureux de quelqu'un d'autre, parce tout a changé.

 

Janusz et Silvana y ont pensé. Ils vont pourtant tenter de reconstruire leur vie de famille. Rien n'est simple et l'auteure, par petites touches, apporte beaucoup de psychologie et de subtilité aux personnages. Personne n'a tort. Le lecteur pourrait prendre la défense de chacun des protagonistes.

 

Le tableau de famille semble si réel que j'ai eu le sentiment d'être à l'intérieur des personnages. Malgré quelques longueurs, 22 Britannia road est un roman mélancolique sur la nostalgie des jours enfuis et la recherche de sa place dans le monde. La fin m'a beaucoup touchée. J'ai aimé cette métaphore du jardin anglais.

 

3--toiles-copie-1.gif Belfond, 429 pages, 2012, traduit de l'anglais par Françoise Rose

 

Extrait

« Le garçon était tout pour elle. Petit et turbulent, il avait l'allure effarouchée d'une créature sauvage surprise en terrain découvert. Dans son corps d'enfant, dans son regard vif, palpitait le cœur obscur de tous ceux qui avaient été perdus et retrouvés, tous ceux qui n'avaient jamais été oubliés. Elle l'aimait avec cette force implacable qui fait jaillir les forêts des profondeurs de la terre et craignait pourtant que cela ne suffise pas pour le garder. Alors elle l'emmenait en Angleterre, déterminée à ce que Janusz l'aime aussi et qu'il le protège.

Sur la liste d'embarquement, elle était inscrite sous le nom de Silvana Nowak. Vingt-sept ans. Mariée. Mère d'un garçon de sept ans, Aurek Josef.

«Quelle est votre profession ?» lui demanda le soldat, en vérifiant les papiers d'identité qu'elle lui tendait.

Elle regarda les documents posés sur le bureau et vit des feuilles couvertes de noms, chacun suivi de la mention «femme au foyer» ou «domestique».

Derrière elle, des centaines d'autres femmes, pareillement vêtues d'habits distribués par les bonnes œuvres, attendaient en silence avec leurs enfants. Au-dessus de la tête du militaire, un panneau rappelait en différentes langues, dont le polonais, le règlement de bord : Tous les draps et les couvertures demeurent la propriété du bateau. Tous les articles volés seront confisqués.

Silvana resserra son étreinte autour de son fils. Le soldat lui lança un rapide coup d'œil, puis replongea aussitôt le nez dans ses papiers. Elle comprit qu'il était gêné de voir une femme aussi négligée, un enfant aussi agité. Elle porta une main à son foulard, s'assura qu'il était bien en place, et appliqua fermement l'autre dans le dos d'Aurek pour le forcer à se redresser.

«Profession ?

- Survivante», murmura-t-elle - ce fut le premier mot qui lui vint à l'esprit. »

 

Lu également par Aifelle, Denis, Enna...

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Par Theoma - Publié dans : Romans
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 00:02

le-jeu-des-ombres.jpg

 

« Tomber amoureux c'est aussi tomber dans l'état de connaissance. L'amour durable survient quand nous aimons la majeure partie de ce que nous apprenons sur l'autre, et sommes capables de tolérer les défauts qu'il ne peut changer. »

 

Ils s'aiment, s'aiment-ils ?. Oui, ils s'aiment, s'aiment-ils vraiment ?, mais terriblement mal.

 

Louise Erdrich démontre une nouvelle fois sa maîtrise narrative. L'histoire nous happe, la tragédie est en marche, le lecteur y assiste totalement impuissant. Elle est vraiment forte Louise. Bon, elle a une vision du couple assez terrifiante mais il faut saluer son talent de mettre le doigt là où ça fait sacrément mal.

 

Les fissures, les failles, elle les creuse jusqu'au sang. Elle déterre la saleté, celle que l'on cache vite sous le tapis avant que les invités arrivent. L'auteure l'exhibe sur la place publique, regardez les secrets honteux! Prenez acte de la nudité, ne fermez pas les yeux!

 

Les pages hantent encore longtemps, elles laissent une emprunte irréversible. Le roman est âpre et puissant. La vérité des personnages, la vie intérieure d'Irène, héroïne malgré elle, qui s'essaie au jeu de la manipulation et des apparences.

 

Prendre la distance nécessaire pour assimiler la réalité, accepter de lâcher prise, fuir l'autre pour être à part entière, l'amour vampirique, quand la relation devient toxique, la souffrance d'assister au désamour de l'autre, la peur de le perdre, le recours à la violence pour l'empêcher de partir. L'obsession et la possession.

 

Sombre, sur un fil, remuant, une écriture subtile, dense et résolument féminine. Une claque.

 

4--toiles.gif Albin Michel, 252 pages, 2012, superbement traduit de l'anglais par Isabelle Reinharez

 

Extrait

« Les femmes indiennes, quel que soit leur pourcentage de sang indigène, choisissent très soigneusement les hommes avec qui elles ont des enfants, pas seulement à cause des gènes et tout ça, mais pour des questions d’appartenance tribale et d’avantages accordés par le gouvernement, en vertu des traités, qui peuvent aller jusqu’à la priorité pour l’entrée à l’université. Avoir des enfants, c’était la grande affaire. »

 

Interview passionnante de Louise Erdrich : Telerama

 

Bien d'autres avis : Babelio

pioché en bib

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 09:42

elle1

 

Voilà, c'est fini. 8 mois, 28 livres. Petit bilan.

 

Premier constat, si je devais attribuer le Prix Elle 2013, je serais bien embêtée. Aucun coup de cœur dans les romans. Une sélection discutable, un arrière-goût de lecture obligatoire.

 

Cependant, je ne regrette pas le voyage. Ce fut ma première participation à un prix littéraire et, même si je ne souhaite pas renouveler l'expérience de si tôt, j'ai particulièrement apprécié la sélection Documentaires ainsi que faire la connaissance d'auteurs dont je n'avais pas encore découvert la plume.

 

Tout comme Anna Blume et plusieurs d'entre nous, je dois malheureusement constater que le prix cette année ne sera pas attribué au meilleur roman mais au moins mauvais. L'impression est désagréable car nous avions toutes à cœur de partager notre passion de lectrice.

 

 

Mon prix ELLE 2013 à moi

 

Catégorie Romans

Arrive-un-vagabond-Robert-Goolrick

Vient ensuite...

Marc-Dugain-Avenue-des-Géants

  

le monde à l'endroit

 


Catégorie Policier

les apparences

 

Vient ensuite...

Rien du tout. Une sélection catastrophique.

 

 

Catégorie Documentaires 

l-elimination-rithy-panh.jpg

 

J'ai longuement hésité entre L'élimination et Cher Gabriel qui m'a également beaucoup marquée. Halfdan W. Freihow possède une belle plume que l'on ne trouve pas dans le documentaire de Rithy Panh mais la force de L'élimination, à mon sens, l'emporte.

 

Vient donc ensuite...

cher gabriel

 

joseph anton 

réanimation

 

Participer à un tel prix apporte une exigence dans la vie de lectrice. Ouvrir les portes, élargir ses horizons, lire davantage de tout. Je vais tenter de garder cet état d'esprit curieux et nourrissant. Et puis... quelle délicieuse sensation ! Celle de retrouver sa liberté de choix.

 

Un bilan plutôt mitigé mais une vision du verre plein. Pour celles et ceux qui se sont inscrits au Prix 2014, une belle aventure !

 

ça, c'est fait !

PRIX ELLE

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Jeudi 25 avril 2013 4 25 /04 /Avr /2013 06:45

 

tabloid city

 

Alors là, je sèche. J'avoue ne pas savoir quoi vous dire sur ce titre. Au départ, tout fait envie. La couverture, le sujet, la préface dithyrambique de François Forestier, les critiques élogieuses.

 

Je ne vois pas. Je ne comprends pas. Alors oui, c'est un hymne au journalisme, celui d'autrefois que l'on regrette déjà. Peut-être est-ce cela.  Faut-il être journaliste ou tout simplement un homme pour apprécier ce roman dans son ensemble ? Si vous avez la chance de réunir les deux éléments, foncez !

 

Pete Hamill dénonce avec fureur l'ère de l'information clickable. On ressent son expérience et son analyse touche juste. Pourtant, je n'ai rien aimé dans ce roman. J'ai trouvé le style artificiel et bien trop télégraphique. J'aime les phrases courtes, vous l'aurez remarqué, mais définitivement pas sur un roman de 400 pages.

 

Les personnages ne m'ont aucunement intéressée, j'ai eu l'impression d'être dans une série télé où les hommes ont tous la voix exagérément rocailleuse. Pete Hamill n'a pas su, à mon sens, se débarrasser de son enveloppe de journaliste pour endosser celle de romancier. Des articles de fond sur le déclin de la presse ne manquent pas.

 

Étant donné qu'il s'agissait de ma dernière lecture pour le prix Elle, j'ai interrompu ma lecture pour tenter de mieux la reprendre après une pause bénéfique. Essayé pas pu. J'ai trouvé le temps long, pire, j'ai rarement eu, à ce point, aucun plaisir dans l'acte de lire.

 

1--toile.gif Balland, 416 pages, 2012, traduit de l'anglais par Daniel Roche

 

Extrait

« Sur le bureau sont étalées les premières éditions des journaux du matin. Le Times, le Post, le News. Logan clique sur une page qui propose quatre possibilités de une. Briscoe pense : Je suis si vieux. Il se souvient quand on taillait dans le bois les caractères du titre de une, c'était dans l'ancienne salle de composition du Post, un peu plus bas sur West Street. Il entend comme s'il y était le martèlement assourdi des linotypes. Revoit les linotypistes, sourds et muets, qui communiquent par signes. Et Paul Sann au marbre, qui coupe les articles de sa main ferme de rédacteur en chef. Pour détacher les lignes de plomb du bas des articles, il se sert d'un pied à coulisse. Tout le monde fumait. Écrasait son mégot par terre. Il faisait chaud. Ça gueulait. Les sandwichs venaient du grec voisin. Envolé à jamais, tout ça. »

 

Même avis chez...Clara, Hélène, Jostein, Nadael...

 

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PRIX ELLE

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 06:55

 

Arrive-un-vagabond-Robert-Goolrick.jpg

 

« L'enfance est l'endroit le plus dangereux qui soit. Personne n'en sort indemne. »

 

Il arrive au village. On l’inspecte. On se méfie. Il fait ses preuves. Il devient le préféré. On assiste, impuissant, à la tragédie menaçante.

 

Première rencontre avec l’auteur, ce ne sera pas la dernière. L’écriture est subtile, ciselée, lyrique. Aucun mot n’est de trop, ils nous ferrent, nous happent jusqu’à la dernière page. On le sait. Quelque chose va arriver. Évidemment, la fin va être laide mais on espère le miracle. Ce mélange d'émotion que chaque lecteur attend.

 

Le talent de Robert Goolrick est de viser juste, l'air de rien, par petites touches douces-amères. Ce qui ne devrait pas être, le jeu des apparences, l'impossibilité de résister à la tentation, le goût insupportable de l'inévitable, la vision d'un enfant face aux secrets des adultes. Les mots sont habités par la liberté, la plume est teintée de mélancolie.

 

Cruel, injuste, vibrant ! Le plus beau roman de cette sélection du prix ELLE 2013.

 

4--toiles-copie-4.gif Anne Carrière, 320 pages, 2012, traduit de l'anglais par Marie de Prémonville

 

Extrait

« Tout souvenir est une fiction, gardez bien ça à l'esprit. Bien sûr, il y a des événements dont on est certain qu'ils ont eu lieu, sur lesquels on peut sans hésiter mettre une date et une heure, à la minute près, mais si on y réfléchit, cela concerne surtout ce qui arrive aux autres.

Ce que je m'apprête à vous raconter s'est bel et bien produit - et, à peu de chose près, de la manière dont je vais le décrire. C'est une histoire vraie, du moins a-t-elle la vérité que lui ont laissée soixante années passées à se la remémorer et à la répéter. Le temps modifie nos perceptions, et parfois la confusion s'en mêle. On pourra se rappeler un détail avec une précision implacable - le temps qu'il faisait, ou bien le reflet que le soleil glissant entre les pins noirs faisait miroiter à la surface ondoyante de la rivière, des broutilles même pas reliés à un événement en particulier - alors que d'autres faits, parfois majeurs, nous reviendront de manière complètement décousue, sans forme visuelle ou sonore. Les détails ont finalement plus de réalité que certains événements importants. »

 

Elles ont également aimé... Clara, Constance, Jostein, Hélène, Malika...

 

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PRIX ELLE

 

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 10:27

 

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Frances semble avoir une vie des plus ennuyeuse jusqu'à ce qu'elle soit témoin d'un accident de la route qui va changer sa vie.

 

Un premier roman malin et agréable. J'ai aimé la subtile et graduelle transformation du personnage de Frances. L'ambition, les manipulations, les petits gestes égrainés qui formeront un véritable tsunami dans cette famille déjà bouleversée par le deuil. L'intrusion dans les coulisses d'un journal - on ressent le vécu - les failles, les dents qui rayent le parquet.

 

Le ton est frais et enlevé. Écrit avec finesse et psychologie, j'ai eu parfois le sentiment d'avoir un thriller entre les mains, une auteure à suivre !

 

3--toiles-copie-2.gif Plon, 248 pages, 2012, traduit de l'anglais par Amélie de Maupeou

 

Repéré chez Cathulu

PIOCHE EN BIB

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Dimanche 17 mars 2013 7 17 /03 /Mars /2013 00:03

 

le-monde-a-l-endroit.jpg

 

« Tu sais qu’un lieu est hanté quand il te paraît plus réel que toi. »

 

Travis Shelton, 17 ans, découvre un champ de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C'est un jeu d'enfant d'embarquer quelques plants sur son pick-up. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétaire, Toomey, qui lui sectionne le tendon d'Achille, histoire de lui donner une leçon.

 

Une écriture granitique, contemporaine, enracinée dans la terre. Un auteur inspiré par son pays. Le paysage vibre, la nature est évoquée à la perfection. On ressent les clapotis émis par la rivière, le bruit du vent. On a le souffle coupé par les grands espaces.

 

Des vies cabossées, des personnages fissurés, la corrosion du monde, la faiblesse et la violence des hommes, la fin de l'insouciance, la recherche du père et de sa place dans le monde. Une tension permanente. Un roman d'une superbe âpreté. Féroce et perturbant.

 

Malgré tout, je suis restée passablement en-dehors. J'ai davantage été soufflée par le style que par l'histoire. Qu'importe ! Je vais m'empresser de découvrir les autres titres de Ron Rash, dont notamment, l'incontournable Un pied au paradis.

 

3.5 étoiles Seuil, 280 pages, 2012, traduit avec inspiration de l'anglais par Isabelle Reinharez

 

Extrait

« Quand il était petit, la mère de Léonard s'était souvent assise dehors sur les marches de leur ferme, restant parfois une demie heure les yeux fixés sur les montagnes qui s'élevaient au-delà de leur pré. C'est si joli que ça m'emporte loin de moi, lui avait-elle expliqué un jour d'une voix douce, avec l'air de lui confier un secret. Une bible ou la messe ne lui suffisait pas toujours, lui avait-elle avoué. Voilà pourquoi avant tout, il faut un monde, avait-elle ajouté. Dans les jours qui avaient suivit le départ d'Émilie et de Kéra, Léonard avait tenté de voir le monde comme l'avait vu sa mère. Il avait pris sa voiture pour aller au bord de la Calumet River, l'unique endroit où il y avait assez d'arbres pour dissimuler un paysage semblant avoir été aplani par un rouleau à pâtisserie géant. Il s'était assis sur la berge et avait scruté les peupliers et les bouleaux, les aulnes noirs et les hamamélis blottis sous les arbres plus grands, l'eau lente et brune, en s'efforçant de trouver la même paix intérieure que sa mère, des années auparavant, sur les marches de la galerie. »

 

Les avis de... Aifelle,Papillon, Jostein, Aproposdelivres...

 

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PRIX ELLE

 

 

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Mercredi 13 mars 2013 3 13 /03 /Mars /2013 18:47

 

blanche-neige-doit-mourir.jpg

 

Après dix ans de prison, Tobias revient dans son village. Les habitants de ce dernier ne sont pas très « tueurs de jeunes filles friendly »...

 

Une première partie agréable. L'ambiance glauque d'un village écrasé par le poids des secrets (de Polichinelle), les conséquences irréparables d'une erreur judiciaire, les conspirations des égoïstes, le passé pour seul avenir.

 

Et puis... tout s'effrite. Les personnages, trop nombreux, deviennent larmoyants, complaisants, pathétiques. Le lecteur dénoue l'intrigue rapidement. Les maladresses s'accumulent, la vie privée des enquêteurs est sans intérêt, le dénouement est une longue suite de présumés coupables façon poupées russes.

 

Un roman qui souffre de son manque d'originalité. De nos jours, nous sommes entourés de policiers : romans, séries, fictions... Je deviens, pour ma part, blasée et plus difficile à surprendre. Nele Neuhaus, à mon sens, ne parvient pas à se démarquer dans cette impressionnante masse d'enquêtes à résoudre.

 

Blanche-Neige doit mourir s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires Outre-Rhin. Dois-je en conclure que plus d'un million de lecteurs n'ont aucun goût ? Non, à mes yeux, ils ne sont juste pas assez exigeants.

 

2--toiles.gif Actes Sud, 400 pages, 2012, traduit de l'allemand par Jacqueline Chambon

 

Lire un extrait ici

 

Avis mitigés également pour Nadael, Jostein, Canel...

 

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PRIX ELLE

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Lundi 18 février 2013 1 18 /02 /Fév /2013 07:35

 

l-embellie.jpg

 

« Être mère, c'est se réveiller le matin, faire de son mieux puis se coucher le soir en espérant que tout ira pour le mieux.  »

 

Se séparer, gagner au loto deux fois, hériter d'un enfant qui n'est pas le sien, affronter au propre comme au figuré les vents et les marées.

 

C'est l'histoire d'un livre qui, à sa sortie, m'est tombé des mains. Je lui avais pourtant donné sa chance. Je l'avais mis entre parenthèse, quelques semaines, le temps, pour lui, de s'adapter, et pour moi, de changer de disposition. Je n'aime pas louper une rencontre avec un livre. Je suis donc revenue vers lui presque vierge de tout apriori. J'ai tourné les pages sans conviction pour finalement accepter la vérité. Les mots, aériens, continuaient de voler sans s'ancrer.

 

C'est l'histoire d'un livre qui s'acharne, qui refuse le rejet et qui se retrouve dans ma boîte aux lettres quelques temps plus tard. Tout heureux de sa sélection pour le prix ELLE, il me nargue. Alors pauvre quiche ! Tu réalises combien tu es à côté de la plaque ? Et ça se dit lectrice ? Allez hop ! Troisième round !

 

J'ai donc repris ma lecture au début et, cette fois, jusqu'à la dernière page. Hélas, aussitôt lu, aussitôt oublié. Oui, l'écriture est remplie de charme, oui, j'ai senti l'odeur iodée de la mer, oui, j'ai apprécié les pointes d'humour décapantes. Malgré ces qualités, l'histoire m'a paru inconsistante et inaboutie.

 

Est-ce parce qu'il ne s'agit pas d'un roman écrit après mais bel et bien avant le très sympathique Rosa Candida ? Aurait-il été traduit en français sans le succès mérité de ce dernier ? J'en doute fort.

 

Zulma, 416 pages, 2012, traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson

 

Extrait

« - Je n'ai pas la fibre maternelle, d'ailleurs je ne pense pas avoir d'enfant un jour. Je n'ai même pas l'allure d'une mère.
- Les mères n'ont qu'une chose en commun : ce sont des femmes qui ont couché avec un homme au moment de l'ovulation sans prendre les précautions adéquates. Pas même besoin de le faire deux fois, en tout cas avec le même homme. (...) Être mère, c'est se réveiller le matin, faire de son mieux puis se coucher le soir en espérant que tout ira pour le mieux.
»

 

De nombreux avis sur Babelio

 

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PRIX ELLE

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Dimanche 10 février 2013 7 10 /02 /Fév /2013 13:30

 

le-cercle.jpg

 

Une femme morte, un flic, un type que tout accuse mais peut-être que, un serial-killer suisse évadé.

 

Je crois que je suis une personne généralement ouverte d'esprit. Quand j'ai vu que Bernard Minier dont le premier roman, Glacé, a été très bien accueilli tant par les lecteurs que la presse, était sélectionné pour le Grand prix des lectrices du Elle, je me suis dit, chouette, voilà une opportunité pour découvrir l'auteur.

 

Quand j'ai constaté que Le cercle provenait d'une maison d'édition pour laquelle je n'ai que très peu d'estime, j'ai mis de côté mes préjugés et je me suis lancée avec enthousiasme dans la lecture de ce roman policier.

 

J'ai tout fait pour garder cette neutralité qui fait ma renommée et j'ai tenté de tourner les pages avec plaisir malgré l'adversité. Hélas, j'ai lamentablement échoué. Non seulement, je suis restée à quai en devinant le coupable dès le départ mais j'ai développé une sérieuse aversion pour le style narratif.

 

Clichés, redondances, artifices de narration, chapitrage conceptuel... Bienvenue dans un pays où les enquêteurs ont des picotements derrière la nuque toutes les trois pages en guise d'instinct et où le lecteur est rassasié de statistiques inopportuns. Ici les points de suspension règnent en maîtres et le ciel a « la couleur jaunâtre d'un cadavre en décomposition ».

 

Un roman bien trop long qui, à mon sens, manque de souffle et, surtout, de simplicité.

 

2--toiles.gif XO éditions, 572 pages, 2012

 

Extrait

« Comme si le ciel déversait sa bile plutôt que ses larmes, comme si quelqu'un là-haut essorait sur eux une éponge sale, la pluie frappait sans relâche les routes et les bois depuis un ciel qui avait la couleur gris jaunâtre d'un cadavre en décomposition. »

 

Des avis très positifs chez :  Clara, Nadael, Mango, Sandrine, Aproposdelivres...

 

Lu dans le cadre du...
PRIX ELLE

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Samedi 2 février 2013 6 02 /02 /Fév /2013 00:03

 

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« Le problème avec toi, Joyce, c'est que...tu aimes le monde. »

 

Une femme, une écrivaine, une mère, une fille, une rencontre dévastatrice. Une autobiographie.

 

Joyce Maynard s'est pliée à un exercice difficile. Mettre des mots, de l'enfance à l'âge adulte, sur les proches, les rencontres, les blessures, la relation à l'existence, à soi, aux autres. Il en ressort un livre d'une belle maturité et d'une grande honnêteté. C'est justement le manquement à cette dernière, tant dans sa vie que dans son écriture, que l'auteure éviscère et analyse.

 

Il en faut du courage pour admettre les mensonges inconscients, le déni de plusieurs réalités. L'alcoolisme ravageur d'un père, l'influence possessive d'une mère, l'anorexie honteuse, et enfin, l'exploitation de son premier amour, J.D. Salinger, d'une fille de trente-cinq ans sa cadette.

 

Joyce Maynard s'est attirée les foudres de nombreux détracteurs en parlant, pour la première fois, de sa relation avec l'auteur de L'attrape-coeur. En tournant les pages de Et devant moi, le monde, je ne peux que constater la légitimité de sa démarche. Si l'écrivaine est, pour nous, méconnue, elle n'a jamais cessé d'écrire aux États-Unis. Joyce Maynard est, en effet, l'auteure de nombreux articles phares ainsi que d'une chronique célèbre, Domestic Affairs, qui a tenu en haleine, et ce durant plusieurs années, un public toujours plus vaste.

 

De nombreux lecteurs ont donc grandi, vieilli, avec « sa voix ». Alors que tout a commencé avec un article dans le Times qu'elle a publié à l'âge de dix-huit ans, l'auteure, avec ce livre, boucle un chapitre important de sa vie.

 

J'y ai noté quelques longueurs, difficile de résumer son histoire en moins de cinq cents pages, mais j'ai surtout corné de nombreux passages. La vérité qu'elle a su dévoiler, non pas celle qui concerne Salinger mais bel et bien la sienne, propre, celle que l'on se doit à soi-même, m'a époustouflée. J'ai ressenti un profond respect pour l'immensité de ce travail, essentiel, d'introspection.

 

Une histoire triste, pleine de ravages et d'espoir. De Joyce Maynard, je veux tout lire.

 

4--toiles.gif 10-18, 501 pages, 2012, traduit de l'anglais par Pascale Haas

 

Extraits

« Plus de vingt ans durant, j’ai révéré un homme qui ne voulait plus rien avoir à faire avec moi. Ce que Salinger représentait à mes yeux est ce que j’ai connu de plus proche d’une religion. Ce qui s’est passé entre nous a façonné ma vie de multiples façons pour longtemps après qu’il en est sorti. »

 

« Un jour, Joyce, il y aura une histoire que tu auras envie de raconter pour la seule raison qu'elle a plus d'importance pour toi que n'importe quelle autre. Tu laisseras tomber l'habitude de faire ce que tout le monde te dit de faire. Tu arrêteras de regarder derrière ton épaule pour vérifier que tu contentes tout le monde, et tu écriras simplement ce qui est réel et vrai. L'écriture sincère énerve toujours les gens, et ils trouveront toutes sortes de moyens de transformer ta vie en enfer. Un jour, dans très longtemps, tu cesseras de te soucier de savoir à qui tu plais ou ce qu'on dit de toi. C'est à ce moment-là que tu produiras enfin le travail dont tu es capable.  »

 

Du même auteure, un coup de coeur pour...

Les filles de l'ouragan

 

Lu également par...

Cathulu, Clara, Cynthia, Gwenaelle...


Par Theoma - Publié dans : Romans
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Vendredi 25 janvier 2013 5 25 /01 /Jan /2013 07:04

 

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« On ne peut peindre que si l’on va bien. » 

 

Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou.

 

Une lecture rare. Belle, triste, d'une grande intensité et exigence. Un homme, qui se trouve si souvent au bord du gouffre, autopsie sa famille, son parcours sans complaisance ni voyeurisme.

 

Les pages sont incarnées, mélancoliques, corrosives, parfois inquiétantes et crépusculaires. Gérard Garouste s'abandonne dans l'écriture avec courage et générosité. L'angoisse, la détestation de soi, de son père, le dénuement et l'asphyxie face à la défaillance.

 

L'apprivoisement de la vie, de la colère, les fêlures, le goût pour la liberté, la communion avec la peinture, les illusions perdues, la dramaturgie de la fragilité. Les pages sont tendres, fissurées, modestes et ambitieuses.

 

Alors qu'il n'avait, dès sa naissance, rien à se faire pardonner, Gérard Garouste est un homme qui a sublimé le chemin de la rédemption. Droit aux tripes.

 

4--toiles-copie-4.gif Le Livre de Poche, 160 pages, 2011

 

Extrait

« Dans l'Ancien Testament, souvent, on rencontre les femmes tout près d'un puits. J'aime ce voisinage... le puits en hébreu s'apparente par sa racine au verbe « interpréter », car la connaissance implique le creusement. Ce n'est pas à moi qu'on apprendra tout ce qu'une femme comprend. »

 

Lu également par...  Aifelle, Cathulu, Gwenaëlle, In Cold Blog, Mango, Zarline, Véronique D, Jostein...

 

Rencontrez l'artiste...


 

 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans
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Jeudi 3 janvier 2013 4 03 /01 /Jan /2013 06:17

 

les-apparences.jpg

 

« Pub pour des tampons, du détergent, des serviettes hygiéniques, de l'Ajax. On croirait que tout ce que font les femmes, c'est nettoyer et saigner. » 

 

Amy, la fiancée de l'Amérique a disparu. Tous les regards se tournent vers Nick, son mari.

 

En dire plus, serait criminel. Une atteinte au plaisir de lecture qu'est Les apparences. J'ai tourné les pages avec avidité et arrivée à la moitié, je me suis demandée comment Gillian Flynn allait pouvoir encore me tenir en haleine.

 

J'ai été bluffée autant pas l'histoire que par la maîtrise narrative. Non seulement l'idée d'alterner les chapitres entre Nick et Amy fonctionne jusqu'à la fin, mais elle résulte sur une balade du lecteur d'un sentiment à un autre. J'ai même reçu une belle claque, de celles que j'aime en tant que lectrice uniquement, en découvrant la théorie sur la fille cool en page 314.

 

Ce ne sont pas Nick ou Amy qui tirent les ficelles mais bel et bien Gillian Flynn qui s'impose en signant ici un roman ambitieux et rythmé. Créer le suspense sans voyeurisme, avec subtilité et âpreté. J'aimerais en dire beaucoup plus mais je me refuse à vous gâcher ce diabolique régal de lecture.

 

Nerveux, grinçant, intelligent, résolument tordu, Les apparences est d'une cruauté pétillante.

 

4--toiles.gif Sonatine, 573 pages, 2012, traduit de l'anglais par Héloïse Esquié

 

Extrait

« Ce n'est pas facile, de se mettre en couple avec quelqu'un pour toujours. C'est une chose admirable, et je suis contente que vous le fassiez, mais, laisse-moi te dire, il y aura des jours où tu le regretteras. Et ce sera la belle époque, quand ce sera seulement des jours de regret, et pas des mois. »

 

Lu également par ...

Anne, Canel, Clara, Hélène, Jostein, Mimi, Nadael, Stephie, Ys...

 

Lu dans le cadre du...
PRIX ELLE


Par Theoma - Publié dans : Romans
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