Romans étrangers

Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 01:43

 

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« Il aurait fait un excellent homme politique: il avait de beaux cheveux et mentait sans effort ».



Kate Atkinson nous offre ici son second recueil de nouvelles. Il s'agit bien d'un, non!, de huit petits présents emballés dans une couverture donnant le ton, so british !

 

Les femmes sont à l'honneur et les portraits sont délicieusement mordants. L'auteure jette un regard grinçant, sans concession et réjouissant sur la vie de couple, le genre, le monde, la vie que l'on vit sans s'en rendre compte.

 

Mention spéciale à « Genèse » qui est celle que j'aimerais pouvoir lire dans la Bible, « La Guerre contre les femmes » qui aborde l'annihilissement comme je rêverais qu'il soit traiter dans les écoles et « Je ne suis pas une Joan » que les descendantes de Blanche-Neige et Cendrillon feraient mieux de lire avant de se lancer dans l'aventure du couple.

 

On sourit, on réfléchit, on rit, on déplore et mince ! Déjà la dernière page ! Pour le savourer, se réserver un moment rien qu'à soi, au coin du feu, sur le canapé, emmitouflé de couvertures avec un bon thé, english of course !

 

Un moment de lecture bien trop court qui me fait dire que l'on a de la chance d'avoir Kate Atkinson aujourd'hui.

 

4--toiles-copie-3.gif Éditions de Fallois, 153 pages, 2009

 

Un extrait...

« Un foulard ? Tina n'avait jamais porté de foulard de sa vie. On ne pouvait pas le porter comme la reine, noué lâche à la manière des mordues d'équitation, il fallait s'empaqueter la tête. Dingue ! Noir en plus ! Elles allaient toutes ressembler à des veuves siciliennes. Pas question pour Tina de dépenser le moindre fifrelin pour un foulard : elle fourra donc un vieux drap avec de la teinture noire dans la machine à laver et, une fois le drap sec, elle tailla dedans des carrés qu'elle ourla à la machine. Qu'en était-il de Beth et Zoe ? Allaient-elle devoir se bâcher aussi ? Beaucoup de questions restaient sans réponse. On pouvait visiter un site internet – www.parlement.ecossais.co.uk/nouvelleloi – qui disait que le port du foulard étaient obligatoire pour toutes les filles pubères ».

 

Elles ont également aimé...

Cathulu Un recueil qui va évidemment trouver sa place sur l'étagère des indispensables !

Cuné > Je ne saurais pas mettre en mots le charme puissant de ce qu'écrit Kate Atkinson

Brize > ...le style s'avère impeccable : caméléon s’adaptant aux diverses nuances de ton des histoires et d’humeur de leurs protagonistes, de l’humour le plus corrosif à la poésie, il fait mouche à tous les coups.

Rethymna > A la librairie, mon cœur n'a fait qu'un bond : un nouveau livre de Kate Atkinson ! Il me le fallait.

Pascale > Elle parvient à nous faire réfléchir sans être moralisatrice, et c'est sa grande force.

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 01:05

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 « Mais il n'y a rien de raisonnable dans ce qu'on éprouve pour l'endroit d'où l'on vient ».


Nell n'est pas retournée dans son pays, l'Irlande, depuis trente ans. Impossible pour elle de faire ce pas, même pour l'enterrement de sa mère. Une nuit, le téléphone sonne. Elle sait déjà qu'elle va devoir revenir au pays pour sa fille.

 

Après mon coup de cœur pour Le garçon dans la lune, je me réjouissais de retrouver cette auteure irlandaise et je savais que je n'allais pas être déçue. Le ton est calme, patient et prudent sans être lent. A l'instar du personnage principal, la plume glisse sur des œufs pour ne pas heurter la sensibilité d'une fille devenue femme et mère à son tour.

 

Oui, filles, femmes, mères mais aussi grand-mère, petite-fille et belle-mère. Quatre générations de femmes tissées en profondeur et avec délicatesse. Des fantômes du passé qui empêchent le présent d'être. Des manières d'aimer influencées par notre Histoire. Des relations qui nous tuent, que l'on fuit, qui nous portent.

 

« Nell sourit jusqu'aux oreilles. Elle pourrait se pencher par-dessus le comptoir pour embrasser sa fille sur les lèvres. Elle n'a pas eu ce goût en bouche depuis une éternité. Elle prend une autre gorgée, et c'est comme si elle n'avait que du bon sur la langue, comme si les années de mésentente n'avaient jamais existé. Une vague de joie la submerge. C'est le cœur de sa fille qu'elle est en train de goûter ».

 

Et les non-dits. Ceux que l'on pense sans imaginer que l'autre les pressent. Ceux que l'on tait en étant certain que l'autre sait alors qu'il n'en est rien. Et l'amour qui n'est ni noir, ni blanc, ni lumineux, ni constant et qui sommeille parfois pour mieux revenir.

 

Une couverture rouge comme le sang qui nous lie aux nôtres. Rouge comme le vin que l'on est obligé de goûter si on veut en découvrir la saveur. Une lecture en crescendo qui nous offre un lumineux bouquet final. Une auteure jetant un regard éclairé sur son pays ainsi que sur les changements qui y sont survenus. Que dire de plus ? Encore !

 

4--toiles-copie-3.gif Éditions Joëlle Losfeld, 346 pages, 2009

 

Les pierres de mémoire, une belle idée...

« Elle les appelait ses pierres de mémoire, explique Nell. Quand elle avait plaisir à se promener ou à passer la journée quelque part, elle rapportait toujours une pierre sur laquelle elle écrivait la date et le lieu, parfois le nom de la personne qui l'accompagnait, ce genre de choses. Ensuite, quand elle rassemblait ses idées, comme elle disait, ou qu'elle faisait ses prières après la fermeture du pub, elle regardait les pierres et toutes les promenades lui revenaient. Toutes à la fois. Elle disait que comme ça, elle multipliait par cent la valeur de chaque bon moment. »

 

Elles ont également aimé...

Aifelle, Amanda Meyre, Antigone, Cathulu, Sentinelle

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 01:08

  treizième conte



 « Vous ne croyez pas qu'on peut dire la vérité

beaucoup mieux avec une histoire ? »


Margaret a grandi parmi les livres. Elle aime les classiques et ne trouve jamais le temps pour découvrir les auteurs contemporains. Lorsque la mystérieuse Vida Winter, le plus grand écrivain de Grande-Bretagne, l'invite à rédiger sa biographie, c'est l'histoire de quatre vies dont la sienne qui s'ouvrent à elle...

 

Ce livre et moi, c'est aussi une histoire. Il m'attendait sur une étagère, je me réjouissais de le découvrir, j'étais certaine qu'il allait me plaire. Je me le réservais pour un moment privilégié. Des vacances, une soirée au coin du feu, un week-end brumeux. Une lecture commune m'a permis de lui enlever un peu de poussière et ce fut un désastre.

 

A l'instar des livres qui sont associés à jamais à des instants particuliers de nos vies, « je lisais ceci au moment de mon mariage ou durant mes vacances en Grèce ;-) », certains titres peuvent être les victimes d'un amalgame à un incident malheureux. Ainsi Le treizième conte me fera toujours penser, et je le regrette, à un évènement douloureux qui m'est arrivé lors de sa lecture.

 

J'ai aimé ce premier roman à la très jolie plume mais quel soulagement lorsque le livre s'est refermé m'offrant le symbole de tourner la page, d'aller de l'avant. Étant donné mon malaise de lecture, il m'est impossible de parler du livre mais je trouve fascinant les liens que nous tissons avec eux. Pas vous ?

 

Pocket, 567 pages, 2008

 

Un extrait...

«La vie n'est qu'un tas de compost. Vous trouvez l'expression bizarre mais c'est celle qui convient. Toute ma vie et toutes mes expériences, les événements que j'ai connus, les gens que j'ai rencontrés, mes souvenirs, mes rêves, mes fantasmes, tout ce que j'ai pu lire, tout a été jeté sur le tas de compost et s'est transformé au fil du temps en une matière organique, sombre et riche, que le processus de la décomposition cellulaire rend méconnaissable. Les gens l'appellent, cette matière, l'imagination. »

 

LECTURES COMMUNES, bouton1

 

 

 

avec Hathaway et Stephie , L'or des chambres


Lu dans le cadre de...

 

challenge premier roman

 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 01:00

 le sérieux des nuages« Le cœur nous jette dans de ces pétrins !  »


Maxime a grandi à Valmondois dans le Val-d'Oise. Il a quitté sa jeunesse et ses racines pour vivre aux États-Unis. A la demande de son amie Diane, il revient au pays pour rendre un hommage à leur ancien professeur de philosophie. Maxime semble avoir oublié que Marthe, la femme qu'il a aimé et abandonnée, fera également partie de la fête des souvenirs.

 

Je suis un peu empruntée pour rédiger mon avis suite à cette lecture qui avait tout pour me plaire. Un sujet, même s'il n'est pas inédit, dans lequel on peut creuser aussi profond qu'on le supporte, un titre magnifique, une couverture attirante, un article élogieux dans Le Monde et une maison d'édition qui a toute ma confiance.

 

Dès le début, je me suis retrouvée à tourner les pages sans ressentir un quelconque intérêt devant des mots qui semblent être formés pour un exercice de style. De l'esbroufe, du chiqué, un personnage qui écrit tout ce qu'il pense comme il le pense afin d'enfouir encore plus profondément ses émotions.


Soudain, une pépite jaillit, un passage d'une beauté vacillante à vous couper le souffle, puis l'auteur remet sa carapace pour nous abreuver de répliques fusant dans tous les sens.

 

Maxime aime analyser les inter-relations et passe la majorité de son temps en position méta au lieu de simplement vivre le moment et advienne que pourra ! Même si je peux comprendre qu' « alea jacta est » ne soit pas sa devise, l'homme m'a rapidement agacée. Un rendez-vous manqué pour ma part, j'aurais aimé davantage de nuages.

 

2--toiles.gif Actes Sud, 263 pages, 2010

 

Un extrait...

« Son regard passa sur moi comme le rayon lumineux d'un phare balaye au loin l'étendue d'une mer d'encre, là où un homme seul se noie en silence. Il me persuada, ce regard, que je n'étais plus le Maxime qu'elle avait connu. Elle n'aurait pas été la première à me faire le coup, ni moi le dernier à essuyer ce genre de revers. Après tout, c'était de bonne guerre. Et la guerre est pleine de bon sens, d'après Napoléon. Mon deuil était donc raisonnable. »

 

Lu grâce à et merci à...

ulike.jpg

 

... dans le cadre de

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Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 09:00

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« Si un jour je devais attraper le SRAS, cette saleté de pneumonie mortelle, je mobiliserais mes dernières forces pour me traîner chez lui et lui tousser droit à la figure ! »

 

Elle c'est Mariana. Lui, Janne. Accrochée à une liane sur la plage, elle lui tombe dessus. Il la jauge, la juge, la catalogue. Pour qui ce prend-elle cette Tarzan en monokini léopard ? Aucune classe la fille et à des années lumières de son univers de yuppie célibataire branché.


Elle est seule avec ses deux enfants, le frigo est vide et les placards le sont tout autant. Il a de l'argent mais s'ennuie. Elle a envie d'une peau nue contre la sienne, juste une fois.

 


Après Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti nous prouve une nouvelle fois qu'elle excelle dans le conte de couples improbables. Drôle et incisif, voici une lecture parfaite pour un moment de détente bien mérité et qui évite les écueils ainsi que les clichés du genre.

 

Lui n'a rien du petit con friqué à la grosse voiture brillante qui compense. Elle n'a rien d'une femme désespérée et d'une mère seule pathétique. Janne est celui qui tombe rapidement amoureux alors qu'il aurait été plus facile de lui fabriquer une carapace en béton. Mariana n'a pas d'autres priorités que celle de faire manger ses enfants à leur faim. Ils sont tous deux dignes, attachants et terriblement humains de par leurs erreurs.

 

Peux-t-on réaliser un conte de fée sur la vraie vie, celle des gens qui ne demeurent pas en permanence dans le bonheur mais qui sont heureux tout de même ? Oui, Le mec de la tombe d'à côté et Les larmes de Tarzan en sont les preuves. Un conte moderne pour princes et princesses à savourer. Même Monsieur « polars » Theoma l'a dévoré en riant !

 

4--toiles-copie-1.gif Actes Sud, Collection Babel, 276 pages, 2009

 

Un extrait...

« Julia « Pretty Woman » Roberts était plus avisée, elle n'a pas résisté, et pour la peine elle a eu un chapeau en soie à pois blancs. Les hommes gâtent les femmes avec des cadeaux, les femmes retiennent leur respiration et leurs yeux se font tout grands quand elles ouvrent de petits écrins de velours avec des bijoux...puis elle sourient à travers des larmes de glycérine qui coulent à flots, et ensuite elles sont supposées rester aux côtés de l'homme par gratitude, moucher ses mômes, se souvenir de l'anniversaire de sa mère et veiller à ce qu'il y ait toujours de la bière à la maison. ».

 

Elles ont adoré...

Sassenach, Clarabel, Aproposdelivres

Elles ont apprécié...

Dasola, Choupynette

Elle s'est ennuyée...

Emeraude

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 09:00
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« Il aimait l'idée que les livres existent sans lui.

Il se demandait s'il n'aimait pas aussi l'idée de ne pas exister »

 

La lectrice a reçu un cadeau. Un tout petit livre avec une couverture qui lui plaisait beaucoup. Pourtant, elle ne l'a pas tout de suite lu. Elle l'a mis sur une pile. Le tout petit livre était tellement mince qu'il s'est perdu parmi les ouvrages qui étaient plus lourds que lui. Certains lui faisaient peur comme par exemple un gros à la couverture dure comme une cuirasse ou encore ceux qui provenaient d'un univers étrange. D'autres, destinés à la jeunesse, étaient indisciplinés et impatients. Ils se bousculaient en criant comme des oisillons affamés : « Moi!  Moi! Moi! » pour que la lectrice les remarque.

 

La lectrice était la fée des livres amoncelés sur ses étagères mais elle pouvait, sans qu'elle s'en rende compte, prendre un masque terriblement maléfique. Quand elle s'approchait de la pile, elle frôlait le dos des livres qui frémissaient sous ses doigts. Chacun rêvait d'être choisi. D'aucuns avaient perdu tout espoir. La vie était pour eux comme la couleur de la poussière qui les recouvrait et l'histoire, souvent dure, qu'ils contenaient. La plupart du temps, la lectrice prenait un livre dans ses mains, le caressait, puis le reposait pour mieux en prendre un autre. Elle tissait une relation particulière avec chacun d'entre eux. Celui qu'elle désirait le plus, elle s'obligeait à patienter pour le savourer davantage.

 

Les livres le lui rendaient bien. Ils rêvaient d'être maltraités, de voir une de leur page cornée ou jaunie à force d'avoir été lue. Oui, ils savaient que si la lectrice marquait une page, elle reviendrait parfois vers elle pour être digérée au fil des ans et des expériences vécues.

 

Mais où en étions-nous ? Voilà qu'à notre tour, nous oublions le tout petit livre dont la couverture plaisait beaucoup à la lectrice ! Grâce à un challenge dont le but était de découvrir ce qui fait battre le cœur d'autres lecteurs comme elle, le tout petit livre fut extirpé, non sans mal, de sa cachette. Elle le regarda droit dans le titre et le défia d'un regard qui lui signifiait : « penses-tu que tu vas me plaire ? , vas-tu tenir tes promesses ? ».

 

Le tout petit livre, trop heureux de prouver sa valeur, ne se défila pas. La lectrice lu. Elle pénétra dans l'histoire du libraire qui avait une librairie. Les mots étaient choisis avec soin. Tendres et délicats, ils voyagèrent avec poésie jusqu'à la lectrice qui en fut émue. Elle referma le livre et bu une tisane en l'honneur du libraire. Oh ! Bien évidemment, elle retourna le même jour vers la pile pour goûter à d'autres histoires mais elle n'oublierait pas celle du libraire qui « dès qu'il ouvrait un livre, (..) était heureux ».

Poudoupoudoupoudou.

 

Un extrait ici...

«-  Bonjour Constance, dit le libraire en l'entendant.

- Salut...

- Que deviens-tu ?

Constance traîna des pieds, s'assit par terre face au bureau du libraire, et sourit.

- Ce que je suis, répondit-elle.

Le libraire la regarda avec admiration. »

 

... et un extrait là

« - Auriez-vous un livre avec deux femmes, quatre hommes, et trois enfants ?...

- Auriez-vous un livre où tout se passe dans un bois ?...

- Auriez-vous un livre dans lequel une princesse croit trouver la mort... et se rend compte  ensuite qu'en fait, elle a trouvé l'amour ?

- Auriez-vous un livre dont l'héroïne s'appelle Teresa ? ...

- Auriez-vous un livre qui contienne à plusieurs reprises le mot : mansuétude ?...

- Auriez-vous un livre avec Gary Cooper ?

- Auriez-vous un livre sans aucun appareil électroménager ?...

- Voyons, voyons... dis le libraire. Même pas un frigidaire ?

- Surtout pas un frigidaire.  »

 

 

4--toiles-copie-3.gif Le Livre de Poche, 190 pages, 2006, merci Hathaway !

 

Lu dans le cadre...

 


Un coup de cœur proposé par Antigone

 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 09:00

MONTAGE VOLEUSE LIVRE

 


« J'ai détesté les mots et je les ai aimés,
et j'espère en avoir fait bon usage. »

 

 

C'est l'histoire d'une petite fille de bientôt dix ans qui s'appelle Liesel Meminger et qui est surnommée par sa narratrice La voleuse de livres. Celle-ci n'est autre que La Mort elle-même qui, touchée par cette enfant, décide de commencer son récit avec l'arrivée de Liesel chez ses parents d'accueil en janvier 1939.

 

 

Voilà un livre que je n'aurais pas lu et ce malgré ses nombreuses éloges. Une histoire racontée par La Mort dans l'Allemagne nazie ? Pitié ! J'ai la larme facile et il peut m'arriver de ne pas dormir tellement certaines injustices me sont insupportables.

 


Heureusement, Ys  et Hathaway sont arrivées ! La première a préparé un swap mémorable et la seconde une merveille de colis. Les deux lectrices ainsi que la voleuse de livre ne me laisseraient pas me défiler aussi facilement et OH MEIN GOTT ! Comme elles ont eu raison !

 

Markus Zusak a réussi un tour de force : le style est original et accessible, un livre qui peut donc être lu tant par des ados que des adultes. L'histoire ne nous emmène jamais là où on le désire, elle balaye à tous moments nos certitudes. La Mort n'a rien d'une faucheuse à capuche, bien au contraire ! Elle se rapproche plus d'un ange qui doit effectuer une tâche nécessaire. Ses réflexions sont touchantes et sincères. La Mort n'est pas humaine mais humaniste qui avoue dans un souffle : « Parfois, ça me tue, la façon dont les gens meurent ».

 

Et le reste des personnages ne sont pas en reste ! L'humain est complexe. L'auteur le sait et le démontre avec puissance. Des visages, des noms, des coups de crayon qui me hanteront longtemps et une Allemagne sous les bombes que l'on nous présente que trop rarement. Des endoctrinés, des bourreaux, des victimes, collabos, résistants, ennemis ou alliés, des points communs: aucun gagnant, du gâchis, La Mort ici, La Mort là-bas, de la souffrance et des enfants qui pensent que « la vie est un affreux ragoût ».

 

« La route glacée était toute droite. Les soldats ne tardèrent pas à arriver avec les Juifs. Dans l'ombre des arbres, Liesel regardait son compagnon. Les choses avaient bien changé. De voleur de pommes, il était devenu donneur de pain. Sa chevelure blonde, quoique plus foncée, ressemblait à la flamme d'une bougie. Elle entendit l'estomac de Rudy gargouiller, alors qu'il distribuait du pain aux autres. Était-ce là l'Allemagne ? Était-ce là l'Allemagne nazie ? »

 

Bouleversant, ironique, tendre, mordant, saisissant, à lire et à offrir. Merci les filles !

 

4--toiles-copie-4.gif Pocket, 633 pages, 2008

 

Encore un extrait...

« Sa tartine de confiture restait dans son assiette, à moitié entamée, avec la marque en croissant de ses dents tandis que la musique regardait Liesel dans les yeux. Je sais que la formule est bizarre, mais c'est ainsi qu'elle le ressentait. La main droite de Papa voltigeait sur les touches couleurs de dents, la gauche appuyait sur les boutons (elle aimait particulièrement le voir appuyer sur le bouton d'argent étincelant, le do majeur). L'extérieur noir de l'accordéon, éraflé mais brillant, allait et venait entre ses bras qui pressaient le soufflet poussiéreux et le faisait inspirer et expirer l'air. Ces matins-là, dans la cuisine, Papa faisait vivre l'accordéon. Cela me parait juste, quand on y pense. Comment sait-on que quelque chose est en vie ? On vérifie s'il respire. »

 

Bien d'autres avis sur l'indispensable...

Blog-o-book


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 09:00

montage le symbole perdu


« Dans mon club de lecture, nous avons lu votre livre sur le féminin sacré et l'Église. Vous avez provoqué un de ces scandales ! C'était absolument merveilleux ! Vous aimez donner des coups de pied dans la fourmilière, vous ! »

 

Ne comptez pas sur moi pour participer au lynchage collectif de Dan Brown, auteur « bankable » qui provoque autant d'irritation que d'adoration. J'ai eu beaucoup de plaisir à la lecture de Da Vinci Code, parfait polar de vacances. Je m'étais éclatée devant la vision d'un Jésus aussi humain qu'humaniste mais surtout grâce à la version revue et corrigée de la place de la femme dans l'Église. Invraisemblable ou pas, on s'en tape ! La majorité des lecteurs ne sont pas idiots et savent faire la différence. Croyez-vous vraiment que King-Kong a un jour chassé les avions comme des mouches du haut de l'Empire State Building?

 

Pour ce nouvel opus, on prend les mêmes et on recommence. Même couverture, même personnage principal et thématique similaire ; la signification des symboles cachés à la vue de tout à chacun. Résultat : un polar distrayant qui tient la route et qui plaira aux lecteurs friands de chasses aux trésors, d'énigmes et de grilles Sudoku. Un peu moins de 600 pages « arabes »* étalées sur 12 heures « arabes »*. On court, on découvre un indice, on repart, on déchiffre un code, on repart, etc.

 

Pour ma part, j'ai vite eu un point de côté. Robert Langdon et ses acolytes étaient déjà loin devant lorsque je me suis demandée si j'allais continuer à suivre leurs aventures. L'intrigue placée au cœur de Washington et de la franc-maçonnerie ne m'a pas accrochée. Le placement systématique d'anecdotes historiques m'a vraiment agacée. Un exemple :

 

*Landgon déchiffre un code et annonce qu'il s'agit de « huit-huit-cinq en chiffres arabes ». « Arabes? » se demandent la police mais « ça ressemble à des chiffres normaux ». Et oui, c'est connu, inutile d'avoir un QI élevé pour faire policier. « Les chiffres « normaux » sont arabes » explique, une nouvelle fois, Langdon. Il a l'habitude, il tellement dû clarifier ce point avec ses étudiants. C'est à ce moment là que Dan Brown nous fait un cours sur le système numérique moderne et nous rappelle en passant que « la culture arabe a également donné à l'humanité le mot al kohol, la substance préférée des élèves de première année d'Harvard : l'alcool. »

 

C'est dément ! Comme quoi lire est une source d'apprentissage constante ! Non seulement, nous apprenons l'origine des nombres et l'étymologie du mot alcool mais en plus, nous savons maintenant que les étudiants d'Harvard sont des alcooliques. Que dire ? Il est trop fort Dan Brown ! Et tout ça sans que l'on s'en aperçoive ! C'est tellement naturel de répondre « huit-huit-cinq en chiffres arabes ». La preuve quand on me demande mon âge, je réponds toujours « (l'année civile en cours – mon année de naissance) = (mon âge) en chiffres arabes. »

 

En conclusion, je n'ai pas aimé mais je continue à soutenir l'action Stop lynchage de Dan Brown. Il en faut pour tous les goûts et ce n'est pas Marie-Madeleine, Jésus, son époux, et King-Kong qui vont me contredire !

 

3--toiles-copie-2.gif Jean-Claude Lattès, 650 pages arabes, 2009 (année arabe)

 

Un livre lu grâce à....

logobob01.jpg et aux Editions J.-C. Lattès, un grand merci !

 

Pour lire les premières pages...

Un clic ici

 

Les avis de...

Alicia l'a trouvé « fascinant et attrayant malgré une écriture simpliste. »

 

Wictoria a aimé se « triturer la cervelle avec les codes et les carrés magiques et pouvoir me replonger à chaque instant possible dans mon "pavé" afin de progresser dans ma lecture en même temps que le pauvre Langdon tâtonnait dans son énigme. »

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Salon Lecture
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 09:00



« Par un pertuis rond je vis apparaître

Les belles choses que porte le ciel.

Nous avançâmes, et une fois encore, vîmes les étoiles»

Dante

 

Stéphanos, éthiopien, vit dans la banlieue de Washington où il tient une épicerie. Avec ses deux amis, africains eux aussi, il tente de vivre malgré la vie, malgré ce monde qui déraille. Un évènement hors du commun va bousculer ses habitudes, l'arrivée de Judith et Naomi, une femme blanche et sa fille métisse.

 

Une lecture douce, teintée de nostalgie et enrobée d'un goût d'enfance. Celle de l'auteur certainement, qui a donné au personnage principal le nom de son grand-père. Il ne se passe pas grand chose dans cette épicerie si ce n'est la banalité de certaines vies. Pourtant, la relation que va tisser Stéphanos avec Naomi donne à l'histoire la brillance d'une étoile.

 

Les mots sont discrets, ils prennent leur temps, parlent de l'exil ainsi que du rêve américain avec pudeur et forment assurément une écriture différente qui, malgré les imperfections, donne envie de suivre Dinaw Mengestu de près.

 

Le Livre de Poche, 281 pages, 2009

 

Extrait...

« - Tu sais, les enfants ne devraient pas parler comme ça, lui dis-je un jour.

Elle haussa les épaules, en baissant les yeux d'une façon qu'elle semblait avoir répétée.

- Je sais, dit-elle. Mais je ne suis pas une enfant.

- Tu es quoi, alors ?

- Je suis une adulte.

- Tu as onze ans.

- Et toi, tu as quel âge ?

- Beaucoup plus.

- Et alors, tu veux prouver quoi ? Que je dois être stupide jusqu'à ce que je sois beaucoup plus vieille ?

- Exactement. Pourquoi crois-tu que les gens aiment autant les enfants ? »
 

Merci à...

 

Suzanne et au Livre de Poche pour avoir eu la gentillesse de m'envoyer ce livre !



Les avis de...

Saxaoul, Cathulu, Enna, Cuné, Chiffonnette, Katell, Catherine, Véronique D, ...

 

A découvrir...

Dinaw Mengestu interviewé par Afrik.com

 

Et de un !

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 09:00


« Nous élevons une nation de femmes cérébrales. Hélas !»

 

Imaginez le Londres de Dickens. Une ville sans pitié pour celui qui mendie du pain, pour l'enfant qui naît et particulièrement si elle est de sexe féminin ainsi que pour celui qui évolue dans la haute société et qui ne craint rien si ce n'est l'Opinion Publique.

 

Sue Trinder, orpheline, a été élevée par M'dame Sucksby, garde d'enfants dont le mari est le roi de la débrouille et des magouilles. Un jour, un escroc surnommé « Gentleman » lui propose un plan machiavélique visant à déposséder Maud Lilly, une riche héritière, orpheline également.

 

En dire plus sur l'intrigue serait indigne. Premièrement, parce que l'effet de surprise serait coupé. Ensuite parce qu'il est inutile de vouloir détailler un tel chef-d'œuvre sans constater avec une certaine désolation, que les mots choisis avec de bonnes intentions sont incapables de retranscrire un roman aussi puissant.

 

Sarah Waters nous offre une histoire passionnante et éclatante. Dès le début, elle m'a happée et baladée à sa guise. A chaque fois que je croyais comprendre, cerner, viser juste, j'ai pris une gifle aussi magistrale que cette marionnettiste de l'illusion.

 

Comme il a été délicieux d'être abreuvée de fourmillants détails sur une époque victorienne chère à mon cœur de lectrice ! Comme j'ai aimé qu'elle me parle de ces femmes totalement négligées et oubliées des historiens.

 

Même si des papillons virevoltent dans le ventre, Du bout des doigts n'est pas un roman « décadent » comme veut bien nous le faire croire l'éditeur. Ce n'est pas non plus une bluette romantique entre lesbiennes comme certains militants gays, et je les comprends, veulent le récupérer. Du bout des doigts est Les Haut de Hurlevent du XXIème siècle. Diabolique, machiavélique, dérangeant et virtuose. Résumer Sarah Waters à une auteure lesbienne serait facile et terriblement regrettable. Elle est la digne descendante de Charlotte Brontë et mérite d'être sur toutes les étagères. Le reste n'a aucune importance.

 

Une lecture commune avec...

aBeiLLe,  GeorgeJules

Extrait...

« Un reste de rougeur colore ses joues malgré tout ; elle fixe la glace d'un air mécontent, passe légèrement la main sur son visage... Rien de plus, mais je vois cette mimique et je sens à nouveau mon cœur défaillir – cette sensation de vide qui se creuse, de chute où il y a tant d'affolement et une telle noirceur que je l'avais crue l'expression de la peur ou de la folie. Elle se détourne, s'étire, va et vient dans la pièce selon son habitude, sans but précis, et pendant tout ce temps je la regarde, je la vois faire tous les gestes nonchalants, spontanés, que j'observe d'un œil envieux depuis si longtemps. Est-ce cela, le désir ? Comme c'est étrange que moi, justement, je n'en sache rien ! Je croyais pourtant le désir plus circonscrit, plus ordonné ; je me l'imaginais confiné dans les organes directement concernés, comme le goût est lié à la bouche, la vue à l'œil. Ce que je ressens là me hante et m'habite comme une maladie. M'enveloppe comme une seconde peau. »

 

10-18, 749 pages, 2005

 

Les avis de...

Brize, Choupynette, Joëlle, Karine :), Marguerite, Nibelheim, Pimpi, Saxaoul, So, Sophie, Ys...

 

Les mots de la fin par Sarah Waters...

qui répond aux questions les plus fréquemment posées sur son site

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 09:00



« C'était le genre de vie dont on ne sait pas au moment où on la vit que c'est une vie heureuse »

 


Une fois n'est pas coutume, la quatrième de couverture... 

1918. De retour du front, Fidelis Waldvogel, un jeune soldat allemand, tente sa chance en Amérique. Avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses, il s'arrête à Argus, dans le Dakota du Nord où, bientôt rejoint par sa femme et son fils, il décide d'ouvrir une boucherie et de fonder une chorale, en souvenir de celle des maîtres bouchers où chantait son père. Des années 1920 aux années 1950, entre l'Europe et l'Amérique, ce roman à la fois épique et intime retrace le destin d'une famille confrontée au tumulte du monde.

 

Alors là, je dis banco ! Cette histoire a tout pour me plaire. Je m'installe confortablement, je tourne les pages, découvre des personnages intéressants, j'attends cette chorale, les bouchers allemands ont l'air de s'y connaître en saucisses, personne ne chante même pas sous la douche, j'ai compris ; la chorale est secondaire. Ce n'est pas grave mais... toujours pas d'étincelle, je n'accroche pas.

 

De nombreuses lectrices l'ont adoré et je le comprends tout à fait. C'est un roman complexe et très bien écrit. Je ne suis juste pas entrée dedans. Et comme ce n'est pas ma tasse de thé, je ne me vois pas en dire davantage. Les avis ci-dessous vous donnerons peut-être l'envie de vous faire votre propre opinion. 

 

Un joli extrait...

« Quand Delphine lui avait posé la question qui allait de soi, Roy avait souvent répondu : «  Je bois pour remplir le vide. Delphine détestait cette réplique. Un jour, elle l'avait poussé sur une chaise et avait hurlé: «  Dis donc, j'ai une nouvelle pour toi. Tout le monde fait tout pour remplir le vide. »


Le Livre de Poche, 568 pages, 2007

 

Elles ont adoré..

Keisha, Papillon, Solenn, geishanellie, Aifelle, Kathel


Elles sont mitigées...

La biblio du dolmen, Les mots de Pascale  

 

Merci à...

Suzanne et au Livre de Poche pour avoir eu la gentillesse de m'envoyer ce livre !

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 14:34



« Non, je ne pense pas que vous êtes innocent;

non, je ne crois pas que vous êtes innocent; je sais que vous êtes innocent. »




Georges Edalji n'est pas un personnage de roman. Georges a réellement existé et a divisé l'Angleterre à l'instar de l'affaire Dreyfus en France. Condamné à tort pour le seul crime d'être d'origine parsie, la vie de ce jeune avoué et celle de sa famille bascule en enfer. Après avoir tout tenté, Georges décide de faire appel à la seule personne qu'il juge capable de prouver son innocence, Sherlock Holmes himself, c'est-à-dire Arthur Conan Doyle. Imaginez un homme condamné par la justice alors qu'il est innocent demandant à Harlan Coben de le sortir de l' impasse ?

Arthur Conan Doyle

Voilà un pari bien audacieux, celui de raconter un évènement encore tabou aujourd'hui qui a indéniablement marqué l'Histoire de la justice anglaise. Julian Barnes a effectué un travail de recherche pointu et fouillé. Il nous plonge dans les travers de la société victorienne et nous propose une intéressante biographie de Doyle, auteur humaniste, surdoué et perfectionniste.


On découvre une mère insoumise et ses conseils avisés : « Porte toujours de la flanelle sur ta peau et ne crois jamais au châtiment éternel » dont l'écrivain aura un profond respect tout au long de sa vie. Une épouse délicieuse, Touie, pour laquelle Doyle aura une grande amitié. La femme de sa vie, Jean, qui le tourmentera sans le vouloir et qui l'attendra durant quatorze ans. Car Sir Conan Doyle est le genre d'homme qui ne peut se résoudre à tromper sa femme et de faire de la femme qu'il aime sa maîtresse. C'est le genre d'homme qui crée un détective pour faire vivre sa mère et ses sœurs et qui subira son influence plutôt que d'en profiter. C'est le genre à préméditer la mort de Holmes afin de pouvoir vivre en paix mais de le ressusciter par la suite car le lecteur est roi. Un homme dont les convenances dirigent avant tout les actes, un visionnaire qui s'opposera pourtant au vote des femmes jusqu'à la fin.

 

George Edalji

Si j'ai apprécié découvrir la vie de cet auteur, je me suis par contre ennuyée tout au long de cette lecture. Oui, Julian Barnes est un très bon écrivain anglais. Oui, j'ai beaucoup aimé Love etc. Oui, Sir Barnes a mention « excellent » pour son travail de recherche mais encore faut-il rendre les (trop) nombreux détails fascinants. J'ai l'impression d'avoir terminé un devoir d'histoire. Je ne regrette pas ma lecture car j'ai beaucoup appris, l'histoire de Jean et de Conan m'a infiniment touchée, mais je n'ai jamais été transportée.


Une lecture commune avec Jules, Georges et Restling, merci les filles de m'avoir permis de mettre le pied à l'étrier !

 

 


Éditions Gallimard, 598 pages, 2008

 

De nombreux avis positifs...

Un coup de cœur pour Florinette : « j’ai adoré la façon dont l’auteur nous dépeint la société victorienne, mais ce qui m’a vraiment subjuguée, hormis cette histoire véridique, c’est le parcours atypique d’un des plus grands écrivains anglais !! »

Wakasimba : « Moi, grande fan de Sherlock Holmes devant l'éternel, je ne pouvais pas rater un tel livre. Je n'ai pas été déçu : tout est très bien documenté, l'histoire de George est une vraie enquête policière, et la vie d'Arthur est contée magnifiquement. Sans oublier qu'il s'agit d'une histoire vraie. »

Allie : « Arthur & George est pour moi un coup de cœur. Certes, le livre contient quelques longueurs et il n'est pas parfait. Mais il est captivant! J'ai passé de si bons moments de lecture avec ce livre! Les personnages me resteront longtemps en tête et m'ont donnés envie de pousser plus loin la recherche sur Arthur Conan Doyle et sur cette affaire Edalji. Je n'avais pas envie de tourner définitivement ces 552 pages. J'avais envie de prolonger encore un peu le voyage. Il mérite donc amplement son coup de cœur. »

Thom : « On referme du coup ce très bon bouquin ravi à la fois par l'histoire en elle-même et par cette sensation étrange qu'un auteur souvent irrégulier vient enfin de se trouver. En dépit de quelques longueurs (inhérentes au genre ?), « Arthur & George » est sans aucun doute le meilleur Barnes à ce jour. Original, drôle. Un petit bonheur de lecture ! »

Morgane : « C’est un roman dense, touffu, où les sujets de réflexions sont nombreux, passionnant à discuter en groupe pour multiplier les hypothèses, un portrait de l’Angleterre du début du XXème siècle aussi. L’écriture est excellente, ingénieuse, présente mais en retrait pour nous laisser savourer le récit. »

Flo_boss : « Bien que ce style de roman ne soit pas à l'origine celui que j'affectionne le plus, je me suis volontiers laissé prendre au jeu, entre histoire et fiction, entre dilemmes amoureux et scandales juridiques. En résumé, un livre bien écrit, relativement facile à lire, et qui en plus nous apprend un peu d'histoire! :) »

Vincent Demoule : « C'est aujourd'hui le meilleur roman que j'ai lu de Julian Barnes et je compte bien me procurer ceux que je n'ai pas encore lu de lui. Peut-être sa production se bonifie-t-elle avec l'âge ? »


Des avis mitigés...

Restling : « Et bien, je me suis ennuyée! L'enquête d'Arthur a certainement joué un grand rôle dans le fait d'avoir mené la lecture jusqu'au bout et s'est ajouté à cet élément incitatif le cadre romantique de l'histoire: Miss Jean! Heureusement! »

Persephone : « S'il a le mérite de nous faire découvrir l'intimité de Sir Arthur Conan Doyle (de nous apprendre que ce dernier regretta toujours d'avoir écrit Sherlock Holmes), il souffre de nombreux passages à vide et contrairement à ce que prétend les résumés que l'on peut trouve, ce n'est pas un thriller haletant. »

Brize : "un roman intéressant certes et de qualité, où l'auteur manifeste un savoir faire indéniable dans la peinture des caractères et l'évocation d'une société que les préjugés rendent capable du pire aveuglement lorsqu'elle est censée rendre la justice, mais que je n'ai pas trouvé palpitant, excepté dans la partie consacrée à la contre-enquête entreprise par Arthur Conan Doyle"


Le petit +...

La lettre de soutien de la mère de Georges, Charlotte Stoneham



Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 09:00





« Voilà cinquante ans que ça dure. »





Le père d'Olivia et la mère d'Emily, veufs tous les deux, se marient. Les deux fillettes n'ont rien en commun mais vont devoir cohabiter. Alors qu'elles sont baptisées « demi-soeurs », les hostilités commencent. Rapidement, elles feront toutes deux alliance et utiliseront la culpabilité de leurs parents afin d'obtenir ce qu'elles désirent. Le règne des deux manipulatrices prend fin à la naissance de Rosie, bébé « légitime » du couple...


Le titre en français est, pour une fois, très bien choisi. Le titre original (Sisters under the skin) l'est également mais dans cette lecture, la définition de « meurtre » prend une couleur différente au fil des pages. Inutile d'assassiner pour tuer. On peut tout à fait préméditer un meurtre et appliquer son plan sans effusion de sang. C'est la vie de sa victime que l'on abat même si elle continue de vivre, c'est son cœur que l'on transperce même s'il persiste à battre.


Willa Marsh, que je ne connaissais pas, écrit les mots comme une araignée qui tisse sa toile. Au fil des pages, les fils se croisent, de fil en fil, les pages se tournent. L'étau se resserre, l'humour est grinçant, le piège machiavélique se referme avec une brutalité psychologique diabolique. Le venin agit, on est paralysé jusqu'au châtiment final.


C'est terrrrrrrrriblement bon, délicieusement immoral et cyniquement drôle. Ne vous attendez pas à un polar ou à un thriller érotique (le genre frangines se battant dans la boue). C'est finement nuancé dans une lenteur presque insupportable. On a envie de tuer à notre tour, de frapper, de pousser dans les escaliers. Le tabou percé résulte sur quelques bonnes surprises et la définition des liens fraternels en sort bouleversée.


Autrement, 192 pages, 2009


Un livre lu grâce à...


un GRAND merci pour cette découverte !


Les cadeaux, ça se partage, surtout quand c'est un bon cru !

Qui souhaite l'héberger un moment est libre de s'inscrire...

(je vous l'enverrais dès mon retour)


Trois autres avis tout aussi enthousiastes

Selon Canel : « Tendresse, manigances, humour noir... le tout copieusement arrosé de gin. Un cocktail savoureux ! »

« Acide et réjouissant. Une réussite ! » pour Cathulu

Clarabel vous invite : « Laissez-vous surprendre, dépassez la vilaine couverture qui n'invite pas à la découverte car ce roman est une pure et exquise comédie noire, comme seuls les auteurs anglais ont le talent de nous offrir. »


Un livre lu dans le cadre des

 


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Livres
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 21:42

Si loin de vous
Nina Revoyr


« Notre bon vieux M. Nakayama star de cinéma ! Quelle pensée saugrenue ! »


Jun Nakajama est un vieux invisible. Un vieux parmi les vieux. Pourtant, il n'y a finalement pas si longtemps, il ne pouvait pas sortir sans déclencher l'hystérie de ses fans. Le Robert Pattinson du cinéma muet ! Nakajama a été le témoin des débuts du 7ème art, a rencontré ceux que l'on appelle les plus grands et a vécu la fin du cinéma muet. Premier acteur japonais à se produire à Hollywood, il a subi le racisme et l'ignorance.


C'est un homme avec qui bon nombre d'entre nous aimerait discuter. De Keaton à Chaplin, des frères Lumières à Sunset boulevard, il représente un siècle d'Histoire du cinéma à lui tout seul.


Un roman qui a donc tout pour plaire. Un homme qui obtiendra le succès malgré le conflit de loyauté qui l'oppose à sa famille. Un documentaire fascinant sur des temps pas si anciens. L'ombre après les lumières. Une intrigue policière en toile de fonds. Des actes manqués, des regrets et de la fierté.


Pourtant, un je ne sais quoi subjectif ne m'a pas permis d'embarquer. Je suis restée dans la salle obscure observatrice des évènements qui défilaient lentement devant moi. Sans oublier les nombreuses longueurs qui m'ont souvent donné l'envie de partir à l'entracte. C'est dommage car l'écriture de Nina Revoyr offre une lecture teintée d'une douce nostalgie. La prochaine fois, peut-être ?


Extrait

"C'était une époque où l'on ne s'embrassait pas en public – et voilà que moi, je plaquais mes lèvres sur le cou d'Elizabeth. C'était une époque où, dans les cinémas, les spectateurs japonais étaient assis séparément des Blancs – et voilà que moi, j'avais mon nom qui brillait au fronton des salles. C'était une époque où la plupart des personnages d'Orientaux étaient encore interprétés par des acteurs blancs, ainsi que l'avait fait Mary Pickford la même année dans Madame Butterfly – et voilà que moi, je tenais le premier rôle dans une grosse production."


Un livre lu grâce à...


Merci Suzanne !


Phébus, 376 pages, 2009


Y a-t-il un avis positif dans la salle ?

Il y en a plein, consultez la récap de Blog-o-Book


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Lecture sans frontières
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 12:01


Le garçon dans la lune

Kate O'Riordan

 

« Ils n'avaient aucune notion de l'accoutumance qu'engendrait la culpabilité. »

 

Me voilà bien empruntée. Je ne sais pas comment parler de ce livre. J'aimerais trouver des mots délicats, doux, forts, adéquats mais j'ai peur d'arriver avec mes gros souliers et de tout gâcher. Certains livres sont comme un château de cartes, comme une grosse bulle de savon dont on est fier, une partie de Jenga interminable, un papillon posé sur la main, une biche aperçue dans les bois. On retient sa respiration pour retenir ce moment le plus longtemps possible. Un instant de grâce.

 

Vous l'aurez compris, j'hésite à vous raconter cette histoire bouleversante qui vous tient en haleine et cette sublime écriture qui rend poétique un simple détail. La quatrième de couverture la raconte avec justesse mais en dit malheureusement un peu trop. Je vais, non pas faire mieux, mais tenter d'être plus laconique.

 

Julia et Brian sont mariés, leur fils Sam est un doux rêveur de sept ans. Le couple est en crise, ils se cherchent, se demandent si l'amour est toujours présent. Un drame survient et les anéantit. Ils se séparent et iront chacun là où le lecteur ne les attend pas. Ce n'est ni triste, ni glauque, ni drôle mais perçant, puissant et éblouissant. Une auteure que je vais suivre doucement, sans faire de bruit, pas à pas de peur de rompre le charme.

 

Tellement de pages cornées...

« C'était une douce soirée de septembre – le ciel bas et granuleux lestait la lune gonflée et quelque peu prédatrice ».

 

« La problématique de la classe moyenne, se dit-elle : travailler plus, maison plus grande, travailler plus, maison plus grande, travailler plus, très grande maison – la mort. Grande maison vendue par le fils pour s'acheter de la drogue ».

 

« Corny avait l'aspect de ce hommes tout sourire, capables d'envoyer des baisers à votre bébé tout en fouillant d'une main votre sac. Elle se demanda s'il avait eu des aspirations politiques ».

 

« Les parents espéraient toujours qu'un moment viendrait où ils pourraient rattraper leur retard. Et leurs enfants adultes, qui soignaient le sentiment d'injustice de leur enfance, faisaient tout leur possible pour leur refuser cette chance. »

 

« La famille était une entité impitoyable. Et très souvent, contrairement aux idées reçues, en général le survivant était le plus indigne ».

 

« Julia était stupéfaite. Vingt ans à essayer d'apprendre aux gens à parler, alors que tout ce qui se disait dans les conversations se trouvait dans les silences ».

 

Actes Sud, 375 pages, 2009

 

Chacun ses goûts

« Kate O’Riordan s’y entend pour allumer des étincelles, provoquer des émotions, susciter des frissons et des petits picotements qui remontent des profondeurs de la mémoire et surgissent en vague », c'est Amanda qui le dit si bien. Un coup de cœur pour Cathulu, Cuné en redemande, Gio reste sur un sentiment ambigu, Anne vous le conseille avec virulence, Tamara vous incite à le découvrir, Un bon roman pour Ereann, une déception pour Laure.

 

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