Romans étrangers

Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /2010 08:20

 

la-reine-des-lectrices.jpg

« - Lire n'est pas un crime en soi, Madame.

- Je suis heureuse de vous l'entendre dire.

- Ce qui est dangereux, c'est de le faire de manière intensive. »

 

 

Par hasard, s'il existe, La Reine découvre un bibliobus devant le palais de Buckingham...

 

Alan Bennett vous offre la lecture de l'été, la solution anti-déprime, le livre idéal de tous lecteurs qui se respectent, le tout en 121 pages et pour moins de 4 euros. C'est drôle, carrément jubilatoire et anglais à souhait. On glousse devant l'originalité du sujet, on acquiesce aux conséquences provoquées par l'acte de lire et on s'amuse devant son influence contestataire.

 

L'auteur réussit à nous faire aimer cette Reine d'apparence glacée dont la vie change profondément en se découvrant l'envie de lire. La lecture appelant la lecture, la voilà lectrice compulsive royale au grand dam du Premier Ministre. Si ses proches sont soulagés par l'ouverture inattendue de leur aïeule, les professionnels de la monarchie ont peur pour l'Angleterre.

 

Lire serait un acte égoïste et l'intelligence n'est pas bien considérée par l'opinion publique, surtout quand c'est une femme qui la pratique. Alors que les sens de la Reine n'ont jamais été aussi aiguisés, le Palais suspecte un Alzheimer ! Si la lecture lui apporte tant, la souveraine regrette pourtant d'avoir un jour ouvert un livre. Son quotidien lui semble bien fade, rien n'est comparable à la délicieuse sensation de lire. Et quel regret ! Tous ces auteurs qu'elles a eu l'honneur autrefois de rencontrer alors qu'elle n'en avait cure !

 

La fin est divinement piquante. La Reine des lectrices ferait une formidable pièce de théâtre. Il s'agit pour l'instant d'une lecture rafraîchissante, tonique et d'une douce ironie à ne pas manquer.

 

4--toiles-copie-1.gif Gallimard, 121 pages, 2010

 

Extrait...

« Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu. »

 

Beaucoup d'avis...

Saxaoul, Cuné, AmandaYsClarabelCathuluLouCachou, Isa, A sauts et à gambadesPimpi, Midola, Fashion...

 


 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /2010 09:22

 

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« -Voilà une chose que je dois à la guerre.

- Quoi?

-Les livres, plein de livres. On ne trouvait pas de serviettes hygiéniques, mais des livres, ça oui. Des gens comme moi se sont mis à lire: nos esprits se sont assouplis, en même temps que nos mœurs se relâchaient. »

 

Comme chaque été, Helena s'apprête à accueillir les nièces et neveux de son mari, Richard. La possibilité d'une seconde guerre mondiale laisse à supposer que ces vacances seront les dernières avant des jours plus sombres...

 

Oh quel délicieux roman que voilà ! Le parfait roman anglais avec ses personnages so british empêtrés dans des émotions qu'ils ne cessent de tenter de contrôler et de camoufler. Calypso qui s'époumone à clamer haut et fort qu'elle ne croit pas en l'amour alors qu'elle parle tant de son mari. Oliver qui va mettre quarante années à s'apercevoir de ce qui est vrai.

 

Helena si acide, glaciale et qui pourtant ne ment jamais. Elle, Calypso et Polly nous montrent un autre visage des femmes anglaises durant la guerre. Londres bombardé semble ici offrir une liberté totalement inédite au « deuxième sexe ».

 

Tous les personnages sont abordés avec profondeur et audace. Aucune concession et pas de langue de bois. Ce couple de juifs qui fuient l'Allemagne en culpabilisant d'abandonner leur fils prisonnier dans un camp, l'oncle Richard qui, à chaque fois qu'il ouvre la bouche, répète que sa jambe a été sacrifiée durant la première guerre et Sophy, la petite dernière, qui attend un mirage.

 

Et au centre, parmi les regrets, la mort, le bonheur et l'amertume, cette pelouse de camomille, symbole de la douceur du cocon de l'enfance.

 

Sans oublier une trame originale qui nous permet de sauter dans le temps, d'ajouter du suspense, de ne jamais nous ennuyer et d'amener un fil conducteur ténu, l'enterrement d'un personnage qui, sans que l'on s'en doute, relie tous ceux que l'auteur nous conte avec talent.

 

J'ai adoré vivre un moment dans cette maison au bord des falaises et sentir le vent, assise pieds nus dans la pelouse de camomille.

 

Une femme qui a attendu l'âge de 70 ans pour publier son premier roman ! Ça le fait non ?

 

4--toiles-copie-1.gif J'ai lu, 382 pages, 2009

 

Extrait

« - Ah, Calypso, tu tombes à pic. Je dois parler à ton Hector.

Impossible, il est parti en mission.

Alors transmets-lui un message.

Je ne peux pas le joindre, mon oncle.

Ma chère, il le faut : l'armée a installé une mitrailleuse juste devant chez moi. Une mitrailleuse, je te demande un peu !

Quel genre de mitrailleuse ?

Une pièce de DCA. Ça fait de nous une cible. Les boches vont nous bombarder.

J'imagine qu'ils l'ont camouflée.

Juste devant chez moi ! C'est intolérable. C'est ce que j'ai dit à leur chef. Tout ce que cette andouille a trouvé à me répondre, c'est « On est en guerre. » Comme si je n'étais pas au courant ! J'ai perdu une jambe pendant la dernière, je ne tolérerai pas qu'on massacre ma pelouse pendant celle-ci. Hector pourrait faire déplacer la mitrailleuse. »

 

L'avis de Clarabel.

Cathulu vous invite à lire tous les romans de Mary Wesley, je compte bien l'écouter !


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Livre parcours
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /2010 05:56

 

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« Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ? »

 

Deux hommes. L'un vient de perdre sa femme d'un cancer, l'autre vit dans un jeu vidéo. Deux femmes. L'une a vendu son corps pour survivre, l'autre noie sa déchéance dans l'alcool. Quatre chemins de bras cassés qui se croisent et se décroisent...

 

La plume de Rosa Montero est décapante et badine. La lecture est parfois glauque, souvent tragique. Le lecteur s'enfonce dans la noirceur du monde mais en ressort avec l'espoir plus ancré. La vie est souvent plus forte que la valeur qu'on lui donne.

 

Des naufragés à la recherche du bonheur et pas de recettes miracles pour sauver le monde. Des petits cailloux semés ici et là pour le lecteur qui souhaite les voir. Une belle surprise.

 

4--toiles-copie-1.gif Métailié, 269 pages, 2010

 

livre-voyageur-copie-1.gif Un livre voyageur de Keisha que je remercie pour cette jolie découverte.


Un extrait...

« Aussi, quand elle regardait maintenant en arrière et se remémorait son passé, elle ne se souvenait plus de ses péripéties singulières, ne s’arrêtait pas sur les détails, mais visualisait les meilleures années de sa vie, sa période de bonheur avant la chute, comme un crépitement de protons et de neutrons, une merveilleuse danse d’énergie, une joyeuse barque de lumière aveuglante qui tanguait sur une mer d’obscurité sans savoir encore la fureur des tempêtes qui l’attendaient. Quel soulagement de pouvoir redevenir juste et rien qu’une poignée d’atomes, infiniment petits, infiniment durables, infiniment prodigieux. »

 

Les avis de...

Keisha, Cuné, Yv, Cecile, SL, Pagesapages...


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 08:33

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 « Chaque être humain traverse une phase critique lors de laquelle il se comporte en connard fini – à l’exception notable des connards à temps plein, les connards professionnels. »

 

Philomena vit dans l'eau. Après un deuil, puis deux, elle nagera de plus en plus vite pour atteindre l'excellence.

 

Hors norme, éclatant, d'une maîtrise exceptionnelle, Nage libre est un roman qui ne se raconte pas, il se lit. Au fil des pages, j'ai dû me faire violence pour assimiler le fait que Nicola Keegan signe ici son premier roman.

 

Il m'est impossible d'en dire plus... Puissant, frémissant, dense, avec parfois un contrôle de l'émotion qui m'a dérangée, Nage libre est tout simplement époustouflant.

 

4--toiles-copie-1.gif Éditions de l'Olivier, 424 pages, 2010

 

Un extrait...

« En définitive, nous nous figeons tous, sans exception ; nous nous figeons de différentes manières, à différents moments, pour différentes raisons. Certains survivent à la guerre pour se figer à la caisse d'un supermarché dans une file d'attente qui dure une minute de trop ; d'autres se figent quand il se voient pour la première fois et ne dégèlent qu'au seuil de la mort ; d'autres encore se figent à leur insu, sans comprendre pourquoi : d'aucuns se figent puis dégèlent pour mieux se re-figer ; certains se figent juste une fois et restent gelés pour l'éternité. Être humains, c'est un vrai calvaire ».

 

Elles en parlent magnifiquement...

Cuné, Amanda, Cathulu, Fashion 

 

challenge premier roman

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /2010 06:39

les-mots-des-autres.jpg

 

"Je me suis efforcée de cultiver l'art de l'imprévisible".

 

Depuis petite, Jessica semble vivre dans sa bulle. Elle ne possède pas les codes pour entrer en relation avec les autres et c'est, malheureusement, réciproque. Une fois adulte, elle partage sa vie entre sa musique et son fils qui ne cessera de la remettre en question.

 

Un portrait sensible d'une femme intelligente, attentive aux détails, et dont la recherche du sens est absolue. A l'image d'un bateau en plein océan, Jessica est seule au gouvernail, son fils dans la coque, s'arrêtant de temps en temps à quai... mais attention ! La permission de monter à bord n'est pas donnée à n'importe qui. Certains marins n'ont besoin de personne, juste la mer au gré des vagues, que le vent l'emporte et vogue la galère !

 

Clare Morall dépeint avec délicatesse des personnages décalés, parfois difficile à comprendre, toujours granuleux. La couverture française est étrange mais le livre ne l'est pas. J'ai lu avec le sourire et j'ai beaucoup aimé le dénouement, lorsque Jessica découvre ce que sait le lecteur depuis longtemps. Un joli moment.

 

3--toiles.gif Fayard, 404 pages, 2009

 

Un extrait...

« J'ai passé la plus grande partie de ma vie à marcher avec précaution pour arriver là où je suis aujourd'hui. Je suis parvenue à un lieu où je respire bien. Seule, entourée d'espace, cheveux au vent. Je ne veux pas y renoncer pour me retrouver dans le monde embroussaillé des autres.

Mais voici que cet espace se replie sans ma permission, qu'il se referme avec un joli nœud, et qu'un ouragan plus puissant, plus impérieux, le balaie au loin.

Et je ne peux rien faire pour me protéger.

Une averse de doubles croches mécaniques se bouscule, monte et s'amplifie. D'énormes accords de basse sont plaqués et une mélodie sublime s'élève, exubérante et tumultueuse.

Je retombe follement amoureuse. »

 

Elles l'ont également aimé...

Cuné, Cathulu, Clarabel, Lily


Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Chronique de nos lectures
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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /2010 05:43

  loving-frank.jpg

« Être mère ne suffit pas : même une huître peut être mère. »

Charlotte Perkins Gilman in Loving Frank

 

Oh comme j'aime ce genre de rencontre avec un livre qui, à l'instar d'une page cornée, laisse son emprunte dans mon univers de lectrice. Dès les premières pages, j'ai été happée dans le tourbillon des vies de Mamah (prononcez Mémah) et de Frank ainsi que de leurs proches.

 

mamah-copie-1.jpg Comme un voyage dans le temps, j'étais là, invisible aux protagonistes dont l'histoire se déroulait devant moi. En empathie avec chacun des personnages, j'ai été émue par le portrait de cette femme bien trop en avance sur son temps.

 

Les romans historiques souffrent parfois d'un trop grand nombre de détails qui, même s'ils sont véridiques, alourdissent et rendent le style pompeux. Le contraire peut aussi arriver, la fiction prend le dessus et par conséquent, elle ne s'ancre pas, elle reste volatile. Pour son premier roman, Nancy Horan a su surmonter cet écueil en trouvant un parfait équilibre.

 

Et cette fin ! S'il ne s'agissait pas ici de faits réels, je n'aurais jamais supporté un tel dénouement. J'aurais crié au scandale et accusé l'auteure d'en faire des tonnes !

 

Loving Frank raconte l'histoire d'un amour véritable sans cesse mis à l'épreuve par la société dans lequel il est obligé d'évoluer mais il serait réducteur de le résumer ainsi. Il aborde également, avec tellement de subtilité et de profondeur, les libertés individuelles : celle d'aimer par amour et non par convenance, de faire des erreurs, d'aller au bout de ses convictions et de ses passions, de ne pas se fourvoyer, de rester soi-même. frank.jpg

 

A mon sens, Loving Frank dénoue avant tout les fils complexes de l'Histoire d'une grande Héroïne, Mamah Borthwick décrite par la presse de l'époque « comme l'une des femmes les plus intelligente d'Amérique ». Une nation qui comme tant d'autres diabolisent les femmes érudites qui s'affirment comme telles.  

 

Ainsi Mamah se voit confinée femme au foyer et quel foyer ! Adorable mari, deux beaux enfants, magnifique maison, une gouvernante et une cuisinière. Quelle ingrate en souhaiterait davantage ? Pourtant, la question inverse ne s'est, tristement, jamais posée. Comment une femme parlant six langues, dont trois avant l'entrée en maternelle, pourrait être heureuse dans une prison aussi dorée soit-elle ?

 

Et si dans cette équation vous faites entrer un homme qui la respecte pour ce qu'elle est, qui ne la perçoit pas comme inférieure mais qui au contraire se nourrit de ses discussions passionnées et qui réalise avec reconnaissance qu'elle puise également en lui l'engrais, celui dont chaque être humain a besoin, nécessaire à son épanouissement ?

 

mamah2.jpg

 

 

« Vous trouverez les histoires des femmes qui se battent pour vivre au plus près de la vérité et donner un sens à leur existence ».

 

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Le lecteur assiste, impuissant, à cette bobine de fils entremêlés qui se déroule à un rythme effréné. On redoute qu'elle termine sa course avec fracas, on espère qu'elle ralentisse, on rêve d'un happy end.

 

Après avoir refermé ce livre, j'ai été hantée durant plusieurs jours. En feuilletant l'album de photos récoltées par Nancy Horan, on ne peut qu'observer le nombre de fantômes qui peuplent ces rues, les maisons de Oak Park et le domaine de Taliesin. Pas étonnant que l'auteure ait habité durant 24 ans non loin de la maison de Mamah et de son ex-époux Edwin Cheney. 

 

 

 

On ne peut pas être insensible à un tel destin. Pourtant, force  est de constater que c'est bel et bien le cas. Comme tant d'autres femmes, qui elles ont façonné l'histoire, Mamah Bortwick reste une figure inconnue, au mieux « la femme d'un des clients de Frank L. Wright ».

 

5--toiles.gif Buchet-Chastel, 539 pages, 2009

 

Prix Feminore Cooper de la meilleure fiction historique

 

Elles ont aussi beaucoup aimé...

Amanda, Aproposdelivres, Cathulu, Cuné, Esmeraldae, Fashion, SD49

 

 

 Un tour à Oak Park avec Nancy Horan

 

 

Premières pages lues par et interview de l'auteur

 

 

challenge premier roman

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Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /2010 05:13

 

jours-de-juin.jpg

« J'ai l'impression de flotter sur un morceau de banquise qui a dérivé trop loin vers le sud ;

les illusions qui me gardaient au sec sont en train de fondre rapidement.

Et je ne suis pas le nageur le plus audacieux au monde. »

 

Paul vient de perdre sa femme, la mère de Fenno, David et Denis. Comment vivront-ils les années qui suivront ce deuil ?

 

Avec une belle simplicité, Julia Glass tisse les relations familiales des McLeod, fière famille écossaise. Mère-fils, mari-femme, père-fils, frère-frère, frère-frères jumeaux mais aussi frère-belle-sœur et... soi à soi.

 

A travers trois voix différentes, le lecteur découvre un angle différent, un point de vue qui ne faisait pas partie de l'équation de départ. Entre New-York, la Grèce et l'Écosse, on savoure cette saga comme un caramel en évitant de le faire fondre trop rapidement.

 

Les personnages masculins sont d'une grande profondeur. J'ai particulièrement aimé Fenno et la façon dont il aborde son homosexualité. J'ai tellement été touchée par ce quarantenaire new-yorkais que la troisième partie m'a brusquement déconnectée du roman.

 

Tout en moi refusait de faire la connaissance du troisième et dernier narrateur. J'aurais voulu crier pour que l'on me rende Fenno. J'ai donc lu la fin dans la frustration et la déception ce qui prouve la réussite, malgré quelques défauts, de Jours de juin.

 

4--toiles-copie-1.gif Points, 654 pages, 2008

 

LECTURES COMMUNES, bouton1-copie-1

 

 

  Une lecture commune avec Keisha et L'or des chambres.

 

   

  Un coup de coeur de Florinette qui m'a donné l'envie de le découvrir...

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /2010 00:05

  juliet-naked.jpg

« Peut-être que tu devrais écrire toi-même ta page Wikipédia.

Comme ça, tes enfants sauraient quelque chose à ton sujet. »

 

C'est l'histoire d'Annie qui vit en couple avec une espèce d'ahuri, Duncan, depuis 15 ans. C'est l'histoire de Duncan qui n'a qu'un amour dans sa vie, l'ancienne star Tucker Crowe dont le monde n'a plus de nouvelles depuis 1986. Le fantôme de Tucker plane au-dessus de leur couple comme l'enfant qu'ils n'ont jamais eu jusqu'au jour où Annie se rebelle...

 

Nick Hornby est de retour avec ce que ses lecteurs aiment le plus chez lui : du mordant, une juste dose de cynisme et un univers musical sans pareil capable de transmettre des notes avec les mots. On se laisse aller à découvrir ces personnages qui pourraient être des proches, des amis aussi attachants qu'agaçants en raison de leurs nombreux défauts.

 

C'est un roman résolument moderne qui démontre les qualités et les inconvénients de notre temps, celui de l'ère internet, des relations qu'elle empêche, et celles qu'elle engendre. Nick Hornby est en verve. En mettant en exergue des personnages à la recherche de leurs désirs sans pouvoir les nommer, il nous propose une palette convaincante de quiproquos réjouissants et divertissants.

 

3--toiles.gif 10/18, 313 pages, 2010

 

Merci à Stephie et aux Editions 10-18 !

 

Beaucoup d'avis, Cathulu en recense quelques-uns...

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /2010 02:11

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« Me voici de nouveau libre – de corps et d'esprit, ou du moins autant qu'on peut l'être lorsqu'on vient d'acheter sa liberté au prix de son ventre... »

 

1897, Le chef cheyenne Little Wolf est reçu à la Maison Blanche par le Président Grant pour lui proposer un échange. Mille femmes blanches contre mille chevaux. Sous le choc, les blancs  hurlent à l'outrage et la presse se déchaîne.

 

L'enfer est pavé de bonnes intentions. Little Wolf voyant son peuple disparaître, décide de l'unir aux blancs. En épousant des femmes blanches, leurs enfants appartiendront aux deux cultures. Ils symboliseront le pont entre les deux peuples et garantiront une paix durable.

 

Si le Président Grant refuse officiellement de marchander des femmes, il se rend compte, en coulisses, des avantages d'un tel traité. Si certaines peuvent se porter volontaires, il est clair qu'il ne trouvera pas le chiffre demandé. C'est donc dans les prisons et les asiles que le personnel de la Maison Blanche fera son marché. En leur demandant si elles aiment le camping et en leur offrant la liberté au bout de deux ans, ils trouveront ainsi mille "bénévoles" d'accord d'enfanter la première génération mixte "d'enfants civilisés".

 

Le lecteur fera alors connaissance avec quelques-unes de ces femmes par les mots de l'une d'elles, May Todd. Par le carnet qui retrace ses aventures, il apprendra que May provient d'un asile où elle a été enfermée pour débauche sexuelle. Faire l'amour avec l'homme qu'elle aime sans être mariée et donner naissance à ses deux enfants, lui a valu des seringues d'eau bouillante dans le vagin dans le but de soigner ses pulsions de pécheresse.

 

« J'écris peut-être pour rester en vie, pour nous aider à survivre toutes ensemble »

 

Durant leur transport, le mot est juste, on ne peut pas dire "voyage", les convoyeuses sont méprisées par les militaires assurés de les protéger. Traitées de tous les noms, on leur garantit un sort néandertalien, les sauvages faisant l'amour comme des bêtes.

 

A leur arrivée, elles pourront constater que les bêtes ne sont pas forcément celles que l'on croit. En découvrant les coutumes de leur peuple d'adoption, elles réaliseront que les différences ne sont pas si grandes et que l'intolérance a la couleur de leur propre peau.

 

little-wolf.jpg

 

 

Pourtant, aucune démagogie dans la plume de l'auteur. Au milieu de cette vie de nomades, de ce quotidien en plein air, la communauté prime, les bandes rivales planent, l'obscurantisme agit et les traditions séculaires perdurent. La cohabitation des deux cultures démontrent à la perfection les barrières solidement ancrées, écueils indestructibles à une véritable compréhension mutuelle.

 

Mille femmes blanches est une saga époustouflante à l'image du Grand Ouest. Rouge, riche et dure comme la terre, stupéfiante comme la nature qui l'entoure. Une lecture qui n'est ni sordide ni triste comme son sujet pourrait le croire mais bien au contraire remplie d'espoir et de courage. Inspirant. Droit au cœur.

 


 

Little Wolf

 

5--toiles.gif Pocket, 505 pages, 2004

 

Un extrait...

« De leur côté, ces messieurs sauvages donnent l'impression de passer un temps démesuré à paresser dans leurs tipis, à fumer et à palabrer entre eux... ce qui me pousse à croire que nos cultures, finalement, ne sont peut-être pas si différentes : les femmes font tout le travail pendant que les hommes bavassent. »

 

Elles ont adoré...

A propos de livres, Hydromielle, Suzan...

 

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Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Lecture sans frontières
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 05:06

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« Quelqu'un avait lancé une pièce en l'air et, tôt ou tard, il fallait qu'elle retombe d'un côté. »

 

Maria n'aime pas attendre. Dans son ventre, sa fille partage ce désamour. Elle ne patientera pas davantage. Entre machines et médecins, Maria guette, interprète chaque respiration, espère, rêve, pleure et tente d'insuffler à sa fille un souffle de vie.

 

L'écriture est simple et dépeint avec force une femme et ses interrogations, une fille en devenir mais aussi une Italie moderne qui ne ressemble en rien au clichés de mafieux ou de pizzaïolos trop souvent utilisés.

 

J'ai apprécié les mots qui suspendent le temps, le dialogue intérieur entre la femme et la mère en devenir, le cocon de chrysalide que toutes deux tissent autour de ce petit être entourés de fils. Nostalgique, triste mais sans aucun pathos, l'auteure aborde la douleur avec beaucoup de sensibilité.

 

Un petit bémol : la mélancolie et le chagrin apporte souvent de la monotonie et cet écueil, à mon sens, n'a pas été évité.

 

3--toiles.gif Seuil, 153 pages, 2010

 

Déjà, un film...


 

Merci à Suzanne de Chez les filles ainsi qu'aux Editions du Seuil !

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /2010 06:10

le-livre-de-rachel.jpg

 

 

« A chaque fois que Rachel la regardait, sa condition de femme lui revenait comme une gifle. Elle s'était tenue toujours loin de la bima »

 

Rachel vit seule en Inde. Son mari est décédé, ses enfants sont partis en Israël bâtir leur vie. A chacun de leur téléphone, ils tentent, sans succès, de convaincre leur mère de venir les rejoindre. Rachel ne peut pas abandonner sa synagogue surtout en sachant qu'elle est menacée par un promoteur immobilier...

 

Esther David a modelé les personnages de son livre avec de la farine et de l'eau. Il y a Rachel, la dernière représentante d’une communauté juive établie en Inde depuis deux mille ans, le mariage des épices juives et indiennes donnant naissance à une cuisine inédite, la synagogue dont Rachel est la gardienne malgré sa fréquentation inexistante.

 

Rachel ne possède pas grand chose : sa maison, sa religion, les traditions culinaires inhérentes à ces trois éléments ainsi qu'un fil ténu et invisible qui la lie à sa synagogue. Elle aime son pays d'accueil autant que ses origines et a eu le talent de conserver son identité, son intégrité ainsi que son amour pour sa foi. Chaque geste culinaire a sa signification. En mélangeant les saveurs, il faut du temps pour que tous les ingrédients libèrent leur propre arôme.

 

Une lecture pleine d'odeurs épicées mais aussi de rage enfouie de ne pas pouvoir vivre sa foi comme les hommes. Rachel est assez femme pour nettoyer la synagogue mais beaucoup trop quand il s'agit d'exercer le droit de prier dans ce lieu qu'elle aime tant.

 

La première partie du livre représente une jolie balade tandis que la seconde m'a perdue en route. A l'instar de la cuisine de son pays, Esther David prend du temps, trop à mon goût, pour raconter son histoire. 

 

3--toiles-copie-1.gif Éditions Héloïse d'Ormesson, 299 pages, 2009

 

+ infos sur les Bene d'Israël

> ici

 

Une lecture...

challenge-a-lire-et-a-manger.jpg

 

 

 

...qui aurait tout à fait pu s'inscrire dans le challenge de Chiffonnette

 

 

 

 

 

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 ...qui s'inscrit dans le challenge India

 

 

 

 

 

 

D'autres avis...

Clarabel, Florinette, Kathel...

  

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 01:43

 

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« Il aurait fait un excellent homme politique: il avait de beaux cheveux et mentait sans effort ».



Kate Atkinson nous offre ici son second recueil de nouvelles. Il s'agit bien d'un, non!, de huit petits présents emballés dans une couverture donnant le ton, so british !

 

Les femmes sont à l'honneur et les portraits sont délicieusement mordants. L'auteure jette un regard grinçant, sans concession et réjouissant sur la vie de couple, le genre, le monde, la vie que l'on vit sans s'en rendre compte.

 

Mention spéciale à « Genèse » qui est celle que j'aimerais pouvoir lire dans la Bible, « La Guerre contre les femmes » qui aborde l'annihilissement comme je rêverais qu'il soit traiter dans les écoles et « Je ne suis pas une Joan » que les descendantes de Blanche-Neige et Cendrillon feraient mieux de lire avant de se lancer dans l'aventure du couple.

 

On sourit, on réfléchit, on rit, on déplore et mince ! Déjà la dernière page ! Pour le savourer, se réserver un moment rien qu'à soi, au coin du feu, sur le canapé, emmitouflé de couvertures avec un bon thé, english of course !

 

Un moment de lecture bien trop court qui me fait dire que l'on a de la chance d'avoir Kate Atkinson aujourd'hui.

 

4--toiles-copie-3.gif Éditions de Fallois, 153 pages, 2009

 

Un extrait...

« Un foulard ? Tina n'avait jamais porté de foulard de sa vie. On ne pouvait pas le porter comme la reine, noué lâche à la manière des mordues d'équitation, il fallait s'empaqueter la tête. Dingue ! Noir en plus ! Elles allaient toutes ressembler à des veuves siciliennes. Pas question pour Tina de dépenser le moindre fifrelin pour un foulard : elle fourra donc un vieux drap avec de la teinture noire dans la machine à laver et, une fois le drap sec, elle tailla dedans des carrés qu'elle ourla à la machine. Qu'en était-il de Beth et Zoe ? Allaient-elle devoir se bâcher aussi ? Beaucoup de questions restaient sans réponse. On pouvait visiter un site internet – www.parlement.ecossais.co.uk/nouvelleloi – qui disait que le port du foulard étaient obligatoire pour toutes les filles pubères ».

 

Elles ont également aimé...

Cathulu Un recueil qui va évidemment trouver sa place sur l'étagère des indispensables !

Cuné > Je ne saurais pas mettre en mots le charme puissant de ce qu'écrit Kate Atkinson

Brize > ...le style s'avère impeccable : caméléon s’adaptant aux diverses nuances de ton des histoires et d’humeur de leurs protagonistes, de l’humour le plus corrosif à la poésie, il fait mouche à tous les coups.

Rethymna > A la librairie, mon cœur n'a fait qu'un bond : un nouveau livre de Kate Atkinson ! Il me le fallait.

Pascale > Elle parvient à nous faire réfléchir sans être moralisatrice, et c'est sa grande force.

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 01:05

pierres-de-memoire--montage.jpg

 « Mais il n'y a rien de raisonnable dans ce qu'on éprouve pour l'endroit d'où l'on vient ».


Nell n'est pas retournée dans son pays, l'Irlande, depuis trente ans. Impossible pour elle de faire ce pas, même pour l'enterrement de sa mère. Une nuit, le téléphone sonne. Elle sait déjà qu'elle va devoir revenir au pays pour sa fille.

 

Après mon coup de cœur pour Le garçon dans la lune, je me réjouissais de retrouver cette auteure irlandaise et je savais que je n'allais pas être déçue. Le ton est calme, patient et prudent sans être lent. A l'instar du personnage principal, la plume glisse sur des œufs pour ne pas heurter la sensibilité d'une fille devenue femme et mère à son tour.

 

Oui, filles, femmes, mères mais aussi grand-mère, petite-fille et belle-mère. Quatre générations de femmes tissées en profondeur et avec délicatesse. Des fantômes du passé qui empêchent le présent d'être. Des manières d'aimer influencées par notre Histoire. Des relations qui nous tuent, que l'on fuit, qui nous portent.

 

« Nell sourit jusqu'aux oreilles. Elle pourrait se pencher par-dessus le comptoir pour embrasser sa fille sur les lèvres. Elle n'a pas eu ce goût en bouche depuis une éternité. Elle prend une autre gorgée, et c'est comme si elle n'avait que du bon sur la langue, comme si les années de mésentente n'avaient jamais existé. Une vague de joie la submerge. C'est le cœur de sa fille qu'elle est en train de goûter ».

 

Et les non-dits. Ceux que l'on pense sans imaginer que l'autre les pressent. Ceux que l'on tait en étant certain que l'autre sait alors qu'il n'en est rien. Et l'amour qui n'est ni noir, ni blanc, ni lumineux, ni constant et qui sommeille parfois pour mieux revenir.

 

Une couverture rouge comme le sang qui nous lie aux nôtres. Rouge comme le vin que l'on est obligé de goûter si on veut en découvrir la saveur. Une lecture en crescendo qui nous offre un lumineux bouquet final. Une auteure jetant un regard éclairé sur son pays ainsi que sur les changements qui y sont survenus. Que dire de plus ? Encore !

 

4--toiles-copie-3.gif Éditions Joëlle Losfeld, 346 pages, 2009

 

Les pierres de mémoire, une belle idée...

« Elle les appelait ses pierres de mémoire, explique Nell. Quand elle avait plaisir à se promener ou à passer la journée quelque part, elle rapportait toujours une pierre sur laquelle elle écrivait la date et le lieu, parfois le nom de la personne qui l'accompagnait, ce genre de choses. Ensuite, quand elle rassemblait ses idées, comme elle disait, ou qu'elle faisait ses prières après la fermeture du pub, elle regardait les pierres et toutes les promenades lui revenaient. Toutes à la fois. Elle disait que comme ça, elle multipliait par cent la valeur de chaque bon moment. »

 

Elles ont également aimé...

Aifelle, Amanda Meyre, Antigone, Cathulu, Sentinelle

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 01:08

  treizième conte



 « Vous ne croyez pas qu'on peut dire la vérité

beaucoup mieux avec une histoire ? »


Margaret a grandi parmi les livres. Elle aime les classiques et ne trouve jamais le temps pour découvrir les auteurs contemporains. Lorsque la mystérieuse Vida Winter, le plus grand écrivain de Grande-Bretagne, l'invite à rédiger sa biographie, c'est l'histoire de quatre vies dont la sienne qui s'ouvrent à elle...

 

Ce livre et moi, c'est aussi une histoire. Il m'attendait sur une étagère, je me réjouissais de le découvrir, j'étais certaine qu'il allait me plaire. Je me le réservais pour un moment privilégié. Des vacances, une soirée au coin du feu, un week-end brumeux. Une lecture commune m'a permis de lui enlever un peu de poussière et ce fut un désastre.

 

A l'instar des livres qui sont associés à jamais à des instants particuliers de nos vies, « je lisais ceci au moment de mon mariage ou durant mes vacances en Grèce ;-) », certains titres peuvent être les victimes d'un amalgame à un incident malheureux. Ainsi Le treizième conte me fera toujours penser, et je le regrette, à un évènement douloureux qui m'est arrivé lors de sa lecture.

 

J'ai aimé ce premier roman à la très jolie plume mais quel soulagement lorsque le livre s'est refermé m'offrant le symbole de tourner la page, d'aller de l'avant. Étant donné mon malaise de lecture, il m'est impossible de parler du livre mais je trouve fascinant les liens que nous tissons avec eux. Pas vous ?

 

Pocket, 567 pages, 2008

 

Un extrait...

«La vie n'est qu'un tas de compost. Vous trouvez l'expression bizarre mais c'est celle qui convient. Toute ma vie et toutes mes expériences, les événements que j'ai connus, les gens que j'ai rencontrés, mes souvenirs, mes rêves, mes fantasmes, tout ce que j'ai pu lire, tout a été jeté sur le tas de compost et s'est transformé au fil du temps en une matière organique, sombre et riche, que le processus de la décomposition cellulaire rend méconnaissable. Les gens l'appellent, cette matière, l'imagination. »

 

LECTURES COMMUNES, bouton1

 

 

 

avec Hathaway et Stephie , L'or des chambres


Lu dans le cadre de...

 

challenge premier roman

 

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 01:00

 le sérieux des nuages« Le cœur nous jette dans de ces pétrins !  »


Maxime a grandi à Valmondois dans le Val-d'Oise. Il a quitté sa jeunesse et ses racines pour vivre aux États-Unis. A la demande de son amie Diane, il revient au pays pour rendre un hommage à leur ancien professeur de philosophie. Maxime semble avoir oublié que Marthe, la femme qu'il a aimé et abandonnée, fera également partie de la fête des souvenirs.

 

Je suis un peu empruntée pour rédiger mon avis suite à cette lecture qui avait tout pour me plaire. Un sujet, même s'il n'est pas inédit, dans lequel on peut creuser aussi profond qu'on le supporte, un titre magnifique, une couverture attirante, un article élogieux dans Le Monde et une maison d'édition qui a toute ma confiance.

 

Dès le début, je me suis retrouvée à tourner les pages sans ressentir un quelconque intérêt devant des mots qui semblent être formés pour un exercice de style. De l'esbroufe, du chiqué, un personnage qui écrit tout ce qu'il pense comme il le pense afin d'enfouir encore plus profondément ses émotions.


Soudain, une pépite jaillit, un passage d'une beauté vacillante à vous couper le souffle, puis l'auteur remet sa carapace pour nous abreuver de répliques fusant dans tous les sens.

 

Maxime aime analyser les inter-relations et passe la majorité de son temps en position méta au lieu de simplement vivre le moment et advienne que pourra ! Même si je peux comprendre qu' « alea jacta est » ne soit pas sa devise, l'homme m'a rapidement agacée. Un rendez-vous manqué pour ma part, j'aurais aimé davantage de nuages.

 

2--toiles.gif Actes Sud, 263 pages, 2010

 

Un extrait...

« Son regard passa sur moi comme le rayon lumineux d'un phare balaye au loin l'étendue d'une mer d'encre, là où un homme seul se noie en silence. Il me persuada, ce regard, que je n'étais plus le Maxime qu'elle avait connu. Elle n'aurait pas été la première à me faire le coup, ni moi le dernier à essuyer ce genre de revers. Après tout, c'était de bonne guerre. Et la guerre est pleine de bon sens, d'après Napoléon. Mon deuil était donc raisonnable. »

 

Lu grâce à et merci à...

ulike.jpg

 

... dans le cadre de

05_chronique_de_la_rentree_litteraire.jpg

 

Par Theoma - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Litterature
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