Ados/Jeunes Adultes

Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 01:56

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«Tu avais l'air du genre de personne par qui ça doit être agréable d'être apprécié. »



Naomi Porter tombe dans les escaliers et c'est les quatre dernières années de sa vie qui s'envolent. Naomi tombe dans les escaliers comme dans l'oubli. L'oubli ou le déni de quatre années où tout a changé, où tout s'est enchaîné.



Parfois, quand plus rien n'a de sens tout devient plus clair. Je ne sais plus pourquoi je t'aime est une lecture enthousiasmante qui aborde le sujet fascinant de l'amnésie et qui le transpose avec la mutation de l'adolescence. La narration, très bien construite, est divisée en trois belles parties : J'étais, Je suis, Je serai.

 

La plume est légère mais pas trop, elle est tout en nuance en traçant ni trop ni trop peu et en nous octroyant le droit d'être responsables des mots qui nous sont transmis. Libre au lecteur de les laisser entrer afin qu'ils continuent le chemin jusqu'aux souvenirs sensibles de l'adolescence.

 

Le personnage du père m'a particulièrement touchée et vous comprendrez ici pourquoi (d'ailleurs si un tel père existe, j'aimerais savoir s'il cherche à adopter. Je suis propre, je fais mes nuits, suis indépendante intellectuellement et financièrement.) :

 

« Tous les ans pour mon anniversaire, mon père m'offrait un livre et un seul. Il réfléchissait toujours beaucoup à son choix. C'était très important pour lui, parce que les livres en général sont très importants pour lui. Quand papa dit qu'il va à l'église, il veut dire en fait qu'il va à la bibliothèque ou à la librairie. Pour mon troisième anniversaire, il m'a offert Chien bleu : pour mon neuvième, Le passage de Louis Sachar ; pour mon douzième – le dernier dont je me souvienne, Le Lys de Brooklyn de Betty Smith. Et il me les dédicaçait. Ses messages étaient longs et détaillés, parfois sentimentaux, et souvent drôles. C'était sa manière de me parler. C'était sa manière de me dire les choses importantes. »

 

Un roman juste et sincère qui offre au une chance rare, celle de réfléchir à elle, à lui, dans le miroir.

 

4--toiles-copie-1.gif Albin Michel, 314 pages, 2009

 

Encore un extrait parce qu'à cet âge le monde se résume à son propre monde...

« Tout finit par s'oublier, de toute manière. D'abord, on oublie tout ce qu'on a appris : les dates de la guerre de Cent Ans, le théorème de Pythagore,. On oublie surtout tout ce qu'on n'a pas vraiment appris mais qu'on a juste mémorisé la veille au soir. On oublie les noms de pratiquement tous ses profs à part un ou deux, qu'on finira par oublier eux aussi. On oublie son emploi du temps de première, sa place dans la classe, le numéro de téléphone de son meilleur ami et les paroles de cette chanson qu'on a bien écoutée un million de fois. Pour moi, c'en était une de Simon & Garfunkel. Qui sait laquelle ce sera pour toi? Et finalement, mais lentement, tellement lentement, on oublie ses humiliations... même celles qui semblaient indélébiles finissent par s'effacer. On oublie qui était branché et qui ne l'était pas, qui était beau, intelligent, sportif ou pas. Qui est allé dans une bonne fac. Qui donnait les meilleures fêtes. Qui pouvait vous trouver de l'herbe. On les oublie tous. Même ceux qu'on disait aimer, et même ceux qu'on aimait vraiment. Ceux-là sont les derniers à disparaître. Et ensuite, une fois qu'on a suffisamment oublié, on aime quelqu'un d'autre. »

 

Lu dans le cadre de...

 

  Organisé par George et en partenariat avec alapage

 






D'autres avis sont référencés ici

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Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Chronique de nos lectures
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 09:00
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« C'était bien d'avoir l'air pauvre, mais en revanche l'être
pour de vrai était complétement
inexcusable ».

 

Aggie, élève de la select école privée Duchesne, est retrouvée morte, vidée de son sang. Theodora décide de comprendre le mystère qui rode autour de ce meurtre. Elle va alors se confronter aux riches familles de New-York et leurs secrets bien gardés ainsi qu'aux fantômes de sa propre famille.

 

J'aime beaucoup la série Sex and the city mais je me dois de passer outre certains détails qui m'indiffèrent totalement et qui tournent autour de ce que doivent porter une femme et un homme pour être fashion. A mon sens, la mode se résume à ce que j'aime porter, qu'importe le reste. Quand Carrie se retrouve affublée d'une lingerie verte à plumes roses avec un soutien gorge noir et qu'il s'agit en fait d'une robe de soirée, j'essaie de me concentrer sur les dialogues pour pouvoir continuer à apprécier cette série.


Malheureusement, Les vampires de Manhattan reprennent exactement tout ce qui m'agace dans la fashion attitude. L'auteure introduit chaque scène et chaque personnages en fonction de ce que ces derniers portent : sac Chanel, ballerines Manolo, Vuitton, Dior Homme par Hedi Slimane, pantalon cigarette Gucci, Versace, Prada, Cartier et j'en passe... On pourrait se demander si ce n'est pas une stratégie adoptée pour noyer le poisson tant les personnages sont creux. Tant qu'à l'intrigue, elle est faible et navrante.

 

Tout ceci enrobé d'une écriture affligeante : « Theodora était extrêmement jolie. Elle avait un visage doux, en forme de cœur, un parfait petit nez retroussé, à peau fine et laiteuse : mais sa beauté avait quelque chose de presque surnaturel. »

 

Je n'ai aucune peine à croire qu'une fille dont le visage est en forme de cœur a un petit côté « surnaturel ». Une formule que j'ai retrouvée dans une autre lecture pour adolescentes, à se demander si ce genre de phrases formatées, manquant de créativité il faut bien le dire, s'achètent déjà prêtes et sous-vide...

 

Bref, ne vous occupez pas de moi, cette série fait un carton et les avis positifs sont nombreux. Bah ! Il en faut bien une qui endosse le rôle de râleuse de temps en temps !

 

2--toiles.gif Albin Michel, 341 pages, 2007

 

Elles ont aimé...

Gawou : « ce roman ne va pas révolutionner la littérature jeunesse, mais j'ai passé un vrai bon moment avec ce premier tome »

Malou : « Très agréable à lire, là encore la suite mérite qu'on s'y intéresse »

Bookaholic : « A peine le livre ouvert, j'ai eu du mal à le refermer. On se retrouve très rapidement happés par l'histoire de ces vampires en herbe de la haute société de Manhattan. Les personnages apparaissent d'abord caricaturaux pour ensuite s'affiner. »

Chrestomanci : « encore une série originale de vampire. Encore un nouveau concept du mythe vampiresque, très réfléchi et très intriguant. »

Clarabel : « C'est recherché, et d'ailleurs c'est carrément l'intérêt véritable de cette série, bien au-delà des descriptions parfois crispantes de la faune pleine aux as (parce que, bof-bof les nunucheries qui entourent les personnages, et cette manie de les détailler du pied à la tête, *soupirs*). Ce livre se termine sur des questions qui restent ouvertes, l'intrigue est en place, ayé j'en redemande ! »

Tiphanya : « L'ensemble est bien rythmé et se lit très facilement. Par contre certaines vérités sur ces vampires là sont assez surprenantes et j'ai eu un peu de mal à m'y faire. On est tellement loin de Dracula. Et puis le décor est tellement chic et snob que j'ai eu très souvent des images de Gossip Girl devant les yeux. »

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 09:00

 

montage jack spark

  « Elle ne mérite pas que je pleure pour elle, ça non. Elle mérite mieux ; elle mérite que je me batte pour elle ! » 


Jack, 15 ans, va passer son été à Redrock, un camp de redressement en Californie dirigé par le Dr Krampus. Il y rencontre d'autres garçons et fille de son âge, ayant chacun une « problématique » différente. Très vite, Jack s'aperçoit que les moniteurs ont un comportement étrange et que la méthode du Dr Krampus est plus que suspecte...

 

Encore un roman jeunesse s'étalant sur plusieurs tomes, quatre pour être précis. Voilà qui semble officiel ; les auteurs dits de jeunesse sont en guerre avec la forme géométrique la plus petite au monde, le point et en l'occurrence final. La pandémie des séries a-t-elle une justification ou représente-t-elle une mode ? Un manque d'inspiration ? Une peur de se renouveler ? Ou l'exploitation complète d'un bon filon ?

 

Il faut dire que plusieurs séries s'en sont sorties brillamment comme les sagas Harry Potter et Fascination. Le cas Jack Spark a d'ailleurs été comparé à plusieurs reprises à la première ce qui lui est malheureusement dommageable. D'abord parce qu'il est nécessaire d'être clair une fois pour toutes : RIEN n'est comparable à Harry Potter. Réunir un lectorat aussi hétérogène tel que la jeunesse, les adultes, et des non-lecteurs dans les deux camps est un phénomène rare voire unique. Même Tolkien n'y est pas arrivé à ce point.

 

Ensuite parce que Victor Dixen possède ce petit quelque chose d'unique, ce « morceau de sucre » rien qu'à lui qui résulte sur un premier roman fantastique excellent. Cet opus, « Eté mutant » se découpe en trois parties ; « larve, chrysalide, papillon » que l'on peut facilement associer à la métamorphose adolescente.

 

Dans la première partie, l'auteur écrit sur ce qu'il connait : l'insomnie. Pour le lecteur, il est alors très intéressant de savoir que Victor Dixen souffre d'insomnie depuis l'enfance suite à un évènement traumatisant. Ne pas pouvoir dormir plus de quatre heures par nuit est un handicap dont il a su tirer la richesse puisque son premier roman est né durant les heures de sommeil d'alors innocents lecteurs.

 

L'écriture est simple, c'est un ado de quinze ans qui nous raconte son histoire, et efficace. Les pages se tournent facilement et sans que nous en apercevions, nous sommes pris au piège dans la toile d'une créature de la nuit. Il nous faut connaitre la fin, qu'importe de dormir quand on peut lire !

 

Une fois le livre refermé, une seule question : l'intrigue nous tiendra-t-elle en haleine sur quatre tomes ? Pour le savoir, il me faut lire la suite. Oui, la vie est souvent dure pour une LCA (lectrice compulsive anonyme).

 

4--toiles-copie-2.gif JC Gawsewitch, 528 pages, 2009

 

Un extrait qui m'a fait rire...

« - Cet été, nous avons sélectionné une grande pièce du répertoire – tâchez d'en être dignes !

Miss Lucy marque une pause, comme pour s'assurer que ses paroles s'impriment bien dans nos esprits demeurés.

- Si je vous dis amour, reprend-elle en portant sa main à son cœur avec l'emphase d'une tragédienne. Si je vous dis amour fou, amour impossible, amour sacrifié, vous me répondez ?...

- Euh... Titanic ? (...)

- Mais non ! Si je vous dis rivalité ancestrale, familles ennemies, guerre fratricide ?

- Ah, ça c'est Le Parrain ! (...)

- Tragédie s'époumone-t-elle. Destinée ! Destinée fatale !

- Lady Diiiii ! couine une petite chose à lunette et jupe écossaise plissée. LaDy Diiii et Dodiiii ! »


Lu dans le cadre de...

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Les avis positifs de...

La soupe de l'espace, SBM

 

A déconseiller : la bande-annonce...

Elle est rédhibitoire, je dis ça, je dis rien...

 


Le blog de Victor Dixen

Nombreuses interview vidéo et radio


La couverture a été réalisée par la bloguo-graphiste...

 

Interview de l'auteur par Les histoires sans fin...



Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 09:00

Tome 1 : La fin du monde tombe un jeudiTHOMAS DRIMM

 

« J'ai 13 ans moins le quart et je suis le seul à pouvoir sauver le monde. Si je veux. »

 

La vie n'est pas facile pour Thomas. Il est obèse, sa mère ne l'aime pas, son père est alcoolique, il est amoureux d'une femme qui semble ignorer qu'il existe, vit dans un monde futuriste qui fout vraiment la trouille, et comme si cela ne suffisait pas, il tue accidentellement un célèbre scientifique renommé.

 

« Elle a au moins le double de mon âge, et mon unique chance avec elle c'est qu'elle est seule comme moi, sans boulot, malheureuse, et qu'il y a des bouteilles d'alcool dans ses poubelles à elle aussi. Si ça ne la bousille pas trop vite, ça nous fera un point commun quand je serai grand. »

 

Premier roman jeunesse pour le prolifique touche-à-tout Didier Van Cauwelaert qui a su faire du jeune Thomas un garçon intelligent et terriblement attachant. La plume est incisive, caustique, mordante et elle fait mal. Les premières pages sont tonitruantes, le lecteur reçoit une belle claque comme il en est friand.

 

« Je referme d'un coup mon sac, et salue de la main Jennifer qui galope vers le collège. C'est la seule qui soit sympa avec moi, dans ma classe, parce qu'elle est encore plus grosse que moi. Je me lance derrière elle pour la rattraper, et on court le cent mètres côte à côte en agitant nos bourrelets sourires au vent, comme si la vie était belle et qu'on se dépêchait pour quelque chose de chouette ».

 

J'ai beaucoup apprécié la première partie mais je me suis malheureusement ennuyée, et je le regrette !, durant la seconde. Je me suis essoufflée, trop de détails tuent l'action, trop de descriptions remplacent le suspense par un détachement dommageable : au final, le sort de ces hommes et femmes virtuels m'importait peu.

 

La thématique d'une société en dérive est très (sur)utilisée en général et particulièrement ces dernières années dans la littérature jeunesse. Il n'est pas évident de se démarquer, d'éviter les redondances et les écueils. Après avoir lu l'excellent Hunger Games, mes attentes sont montées d'un cran, sans oublier, la pandémie mondiale des séries qui obligent les lecteurs à devenir plus difficiles à convaincre. Il faut vraiment avoir eu un plaisir de lecture pour vouloir lire la suite.

 

« En plus, vue de près, elle a des cernes, quelques rides au coin des yeux et deux petits plis de chaque côté de la bouche. Elle est normale, quoi. Vivante. Pas comme les filles nues des magazines qui n'existent que sur photos, tellement elles sont retouchées, tirées, gonflées, avec leurs faux seins et leurs sourires en silicone. Brenda Logan ne sourit pas, elle. On sent qu'elle en a pris plein la gueule dans la vie, ça l'a marquée et c'est beau. »

 

Comme en témoignent ces extraits, tout y est : les idées, l'originalité, la belle écriture. Pourtant, Thomas Drimm ne m'a pas convaincue de le suivre dans les 4 prochains opus de ses aventures. Bonne route à lui et à tous ses lecteurs qui attendent la suite avec impatience !

 

3--toiles-copie-2.gif Albin Michel, 392 pages, 2009


Lu dans le cadre...

 

 

 







Excellent reportage sur Thomas Drimm, premier roman diffusé sur téléphone portable...

 

 


Quand DVC parlent des blogueurs, ça fait plaisir !
(mais il ne va pas se faire des copains)...
« la qualité d'écriture, de compréhension, d'expression sont vraiment impressionnantes, souvent de meilleures qualité que dans les journaux dits adultes. »

Beaucoup d'autres avis recensés par....

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Pour finir...

Le site officiel du livre

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 13:06

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le livre des choses perdues

 

 

 

 

 


 « Dans les histoires,

ça ne se passait pas de cette façon. »






David a 12 ans lorsque son monde s'écroule. Sa mère décède, son père prend la main tendue d'une femme, Rose, pour ne pas se noyer dans le chagrin. Même si David le voulait, il ne pourrait pas s'entendre avec Rose. Elle est l'autre, celle qui a pris la place de sa mère sans pouvoir jamais la remplacer. Vient alors un demi-frère, Georgie, qui l'acculera encore davantage dans sa solitude.

 

Ce livre fait partie de ceux de la rentrée littéraire 2009 qui se sont démarqués. John Connolly, auteur de thrillers, nous livre ici son premier roman destiné à la jeunesse. L'éditeur le présente sous deux couvertures différentes, une pour adulte, une pour ado, avec un seul et même contenu.

 

La lecture fut pour moi un parcours en dent de scie et j'ai franchi l'arrivée avec une sensation de tournis. Le début est triste, touchant, prenant, puis les choses s'enlisent, on attend. Vient ensuite l'intrigue et le lecteur est happé dans un monde onirique. J'ai imaginé un décor façon Tim Burton et j'ai aimé la transposition des contes qui animent l'enfance. « L'inceste » du loup et du Petit Chaperon rouge, un loup tout puissant qui veut devenir un homme face à un bucheron qui incarne une figure paternelle, une Blanche-Neige castratrice, des sept nains harcelés et un Roland sorti des chansonnettes pour incarner un cavalier justicier. Puis, à nouveau c'est la dégringolade, le temps est long, la quête ennuyeuse mais la fin, certes facile et moraliste, est néanmoins captivante.

 

La plume de Connolly excelle dans les descriptions d'un Londres bombardé et d'une forêt mystérieuse. La fable qu'il nous raconte est l'essence même des cauchemars qui nous réveillent en hurlant, des peurs irrationnelles de l'enfance, celle du monstre, celle du noir, celle de l'abandon.

 

Le conseillerais-je pour autant ? Peut-être pour ceux qui sont friands de contes, particulièrement celui d'Alice aux pays des merveilles, et d'hallucinations sous acide. Une lecture que je ne regrette pas mais qui ne m'a malheureusement pas convaincue et qui me laisse perplexe quant à son édition jeunesse. Sombre, c'est bien sombre, avec une microscopique lueur d'espoir.

 

3--toiles-copie-2.gif L'Archipel, 347 pages, 2009

 

Bien d'autres avis, dont plusieurs coups de cœur...

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Un livre lu grâce à...

ulike.jpg et aux Editions de L'Archipel, un grand merci !


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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 09:00

« J'ai acquis un pouvoir en acceptant la vérité de ce que je suis »

 

Soyons honnête, ce n'est pas le titre et encore moins la couverture qui m'ont donné envie de lire le troisième roman d'Alison Goodman. « Eon » me faisait trop penser à « Eragon », l'histoire me semblait bien proche du Clan des Otori, et parcourir les aventures d'un énième mâle  héroïque qui sauve le monde me gonflait d'avance.

 

Alors pourquoi ? Et bien, je ne sais pas ! Nous entretenons tous et toutes des histoires d'amour, de haine, de « je te prends et oh et puis non j'en choisis un autre » avec les livres. Celui-ci possédait le petit morceau de sucre qui me persuadait que cette histoire allait me plaire.

 

Résultat ? J'ai eu de la peine à entrer dans la complexité de l'intrigue et ai trouvé les soixante premières pages assez ennuyeuses. Ensuite, l'énergie des dragons m'a contaminée et cette saga a dépassé mes espérances. J'ai voyagé, j'étais non seulement dans l'histoire mais avec les personnages, j'ai vibré au rythme des aventures d'Eon, de Rykio et de Dela.

 

Voilà un roman à mettre entre toutes les mains dès l'adolescence car, sans en dire trop, elle nous propose ENFIN des Héroïnes avec un grand H. Oui, les femmes ont une autre utilité que d'apporter le saké aux samouraïs ou que de se parer en geisha. Elles sauvent le monde et (désolée, je vais jurer, âmes sensible s'abstenir !) bordel de merde, ça fait du bien !

 

Comme beaucoup d'auteurs ne semblent plus connaître l'existence de la plus petite forme géométrique au monde, le point, et en l'occurrence final, il faudra attendre le second tome pour en connaître l'épilogue. Voyons le verre plein, il ne s'agit pas d'une trilogie.

 

Merci Alison, you are freaking good, woman ! Encore ! Encore !

 

  Gallimard-Jeunesse, 528 pages, 2009

 

Extrait

« Comment pouvais-je lui expliquer que je ne jouais pas du tout la comédie ? Que l'esprit que je sentais en moi était beaucoup plus mâle que femelle, plein d'une férocité mise au service d'une ambition impitoyable. En tant que garçon, je n'étais pas puni mais félicité pour cette énergie brutale. Il n'était pas question de l'étouffer pour mon bien ni de l'affaiblir par des tâches de femme. »

 

Lu dans le cadre de...

 

 

 





A découvrir absolument...

Alison Goodman interviewée par Fashion

 

Les réponses de l'auteure au questionnaire de Proust...


D'autres avis...

recensés par Blog-o-Book

 

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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 09:00

 

« L'humanité est un cancer et nous sommes le remède »  


Tally s'est sacrifiée pour se racheter d'avoir été celle qui a vendu la résistance. Elle devient donc Pretty de son plein gré dans le but secret d'essayer le traitement expérimental qui lui permettrait d'être libre et de redevenir elle-même.

 

Voici une série qui a fait fureur auprès des ados. Le message est excellent et promet en effet de la grande fantasy. Pétris de bonnes intentions, plusieurs médecins décident de mettre fin à la violence du genre humain qui se torture pour accéder à la minceur, au lisse, à la beauté et la jeunesse. Grâce à une opération effectuée à l'âge de 16 ans, tout le monde bénéficie de la beauté parfaite.

 

La lecture agréable du premier tome, Uglies, m'avait donné envie de connaître la suite. Ce qui apparaît clairement dans ce second volume est que Scott Westerfeld est un business man avant d'être un auteur. Le fil conducteur de ce second opus étant : « on prend les mêmes et on recommence » !

 

Alors qu'Uglies nous décrivait un monde effrayant qui, malgré tout, continue d'être régit par la beauté à tout prix, du point de vue des nantis, le second est exactement identique. L'angle est légèrement différent, le même monde étant dépeint par les mieux lotis, les Pretties.

 

Quel dommage ! Le sujet est pourtant vaste et de nombreuses questions tant philosophiques qu'éthiques auraient pu être utilisées comme trame. Un manque d'inspiration difficilement pardonnable...

 

Pocket Jeunesse, 385 pages, 2007

 



Comme cette série a été passablement appréciée dans la blogosphère, je persiste avec le tome 3 en me convainquant du fait que tout le monde a le droit de faire des erreurs même Scott Westerfeld.

 

Autant pour moi, j'abandonne après 180 pages de poursuites en skate board! Je suis trop vieille pour ces conneries. Uglies reste avant tout un objet commercial à mon goût. Un manque d'inspiration définitivement impardonnable servit par une écriture très moyenne. Ai-je déjà été si méchante ? Je ne crois pas. Le succès de cette série m'agace car elle fait de l'ombre à bien d'autres. Pour Noël, s'il-vous-plait, relevez le niveau auprès de vos ados car des excellentes séries, il y en a tant !

 

Pocket Jeunesse, 391 pages, 2008


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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 09:00


« Les livres sont toujours des trésors où qu'il soient. Il suffit que quelqu'un les lisent et vous n'y pouvez rien. Rien ! »

 

 

La jolie quatrième de couverture...

Des textes d'un seul souffle. Les émotions secrètes trouvent leur respiration dans la parole. Des textes à murmurer à l'oreille d'un ami, à hurler devant son miroir, à partager avec soi et le monde. Trois jeunes filles en révolte contre ce qui ne respecte pas la liberté de leur corps. Trois textes qui trouvent dans la parole la force de s'opposer.

 



« Même les chinoises n'ont plus les pieds bandés »

Un tout petit livre de mots précieux à offrir à sa fille, sa nièce, sa sœur... mais aussi à son fils, son neveu, son frère... Un tout petit livre indispensable à emporter avec soi, dans son sac, à relire dans le train, à ouvrir devant une affiche publicitaire qui vous donne le sentiment d'être en-dessous de tout.

 

« Je croyais que c'était beau d'être une femme. J'y avais cru dans les yeux de ma mère. J'ai découvert que cela pouvait être une maladie. Honteuse. Qu'il faut faire oublier pour pouvoir vivre tranquille. Je ne dis pas « respectée ». Je dis « tranquille ».

« Je n'ai pas envie de repenser à tous les mots que j'ai entendus. Tous ces mots qui font de nous une serpillière à essuyer les crachats. Il faut se mettre un voile sur la tête pour éviter qu'ils nous souillent ? »

 

Une écriture qui remue, qui fait réfléchir, qui exige de se positionner tout en déposant les mots délicatement telles des bulles de savons. Des mots choyés, soignés, chéris, fragiles et forts à la fois, qui, comme les bulles brillent là où est la lumière, sont porteurs d'un sens différents selon d'où on se place.

 

Actes Sud Junior, 58 pages, 2007

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Litterature
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 09:00



« Je veux mourir en étant moi-même. Tu comprends ? (Je secoue la tête. Comment mourir autrement ?) Je ne veux pas changer dans l'arène. Me transformer en une espèce de monstre que je ne suis pas. »

 

Douze garçons et douze filles sont tirés au sort pour participer de force aux Hunger Games, les jeux initiés par le Capitole pour divertir et contrôler le peuple. Sur vingt-quatre candidats, un seul survivra. Alors que sa petite sœur est sélectionnée, Katniss n'hésite pas à prendre sa place.

 


Rien d'original jusqu'ici. La littérature et le cinéma fourmillent d'exemples du genre. Sur la quatrième de couverture, Stephen King himself en rajoute une couche : « Impossible de lâcher ce livre ; c'est comme si votre vie en dépendait ». Ouais... on va voir ça !

 

Et bien ce que je peux vous en dire, est heureusement qu'aucune caméra ne m'a filmée durant ma lecture. J'ai tourné les pages avec frénésie, en tremblant telle une droguée en manque qui obtient enfin sa dose. Ma famille a dû supporter une nouvelle phase autistique. J'ai refusé de faire quoi que ce soit, de voir qui que ce soit de tout le week-end. C'est du bon, du très très bon !

 

Ce qui fait la réussite d'Hunger Games, c'est avant tout le fait que Suzanne Collins nous propose, mine de rien, une analyse complexe d'un monde de dérives enrobée dans une écriture accessible et un suspense haletant. Elle a pensé à tout : la stylisation de la violence, les différents regards portés sur celle-ci, la culture propre à chaque district, le troc de sa vie contre de la nourriture, les meilleures chances de survie des mieux lotis, sans oublier l'essentiel triangle amoureux qui est, ici, intelligemment mis en scène.

 

Les images sont tellement puissantes que j'en ai eu des palpitations. Et dire que je dois attendre, comme tant d'accrocs, la suite en mai 2010. Sans pression aucune aux traducteurs, LA SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITE !!!!

 

Pocket Jeunesse, 379 pages, 2009

 

Extrait...

« Au Capitole, on a recours à la chirurgie pour faire paraître les gens plus jeunes et plus minces. Dans le district Douze, la vieillesse constitue un succès en soi car beaucoup de gens meurent prématurément. Quand on voit une personne âgée, on a envie de la féliciter, de lui demander le secret de sa longévité. On envie les gros, qui s'en sortent manifestement mieux que le reste d'entre nous. Mais ici, les choses sont différentes. Les rides n'ont rien de désirable. Une bedaine n'est pas un signe de réussite. »

 

Ma première lecture dans le cadre d'un de deux challenges...


Un coup de cœur proposé par Clarabel

 

Des avis tout aussi enthousiastes chez...

Alwenn, Amanda, Emmyne, Biblioblog, Cuné, Chrestomanci, Bladelor, Gawou, Emma666, Fashion...

 

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Salon Lecture
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 09:00

 



« Nous ne sommes pas venus au monde pour être heureux, Nous sommes venus au monde pour vivre et c'est ce que nous avons fait, et c'est ce que je m'acharne à faire encore aujourd'hui, farshtaist* ? »

*compris ?

 




« Ce livre relate le destin d'une famille : les Mendelson, dont l'histoire, cinq générations durant, s'est confondue avec celle du vingtième siècle ». Aucun autre résumé ne peut égaler celui de Doris Mendelson.


Une lecture qui nous plonge dans l'histoire incroyable de cette famille durant les années 1895 à 1929. Incroyable au sens propre car si un tel roman existait, autant vous dire que l'on accuserait son auteur d'en faire des tonnes. Peut-être est-ce pour cette raison que Fabrice Colin a choisi de raconter les évènements à la manière d'un documentaire ce qui m'a passablement déboussolée dès les premières pages. Une fois ce fait compris, j'ai été complètement happée et malgré la dureté du contenu, les pages se sont tournées sans que je m'en aperçoive.

J'ai été émue, impressionnée, triste, en colère, fascinée, empatique. J'ai découvert un autre regard sur l'Histoire et les pages que j'ai le plus cornées sont étrangement celles qui m'ont parfois dérangées parce qu'elles interrompaient le récit qui me captivait. L'interview de Leah Mendelson, une femme dont j'envie presque Fabrice Colin d'avoir connu, est pourtant le fil conducteur.

J'ai apprécié les documents dosés avec intelligence comme par exemple les extraits du journal intime de David Mendelson ou encore la photo de la première Cérémonie des Oscars dont la durée fut de 15 minutes. De nombreux passages nous interrogent, particulièrement ceux qui relatent l'improbable et impossible amitié entre Adolf Hitler et David dont ce dernier écrira le 14 juin 1910: « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi volontaire. Le problème, c'est qu'il ne sait pas encore très bien quoi faire de cette volonté ».


Une trilogie qui représente 10 ans de travail et qui devraient être sur vos étagères.
Non pas par devoir de mémoire mais parce qu'elle nous décrit avec humilité la destinée d'une famille exceptionnelle et tout simplement ... parce qu'elle le vaut bien.

 

Seuil, 276 pages, 2009

 

Les premières pages à lire où ?

Ici !


Bientôt...

Les insoumis (1930 – 1965), tome 2 > Novembre 2009

Les fidèles (1965 – 2000), tome 3 > Printemps 2010


Le blog de Fabrice Colin...

the golden path


Deux interviews...

...Une à regarder



 

...l'autre à lire

L'interview de Lirado


Elles et il l'ont également aimé...

Cathulu,  Cuné,  AlwennICB , Lily, ClarabelLirado, La soupe de l'espace...   

 

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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 09:00
Malorie Blackman revient avec un quatrième tome de l'excellente (j'allais dire trilogie) série Entre Chiens et Loups. Les étudiants de la National Film and Television School d'Angleterre nous propose une alléchante bande-annonce. Ce quatrième opus est disponible dès aujourd'hui en librarie. Je ne peux que vous encourager à découvrir les trois premiers qui représentent, à mon sens, une des lectures les plus justes et accessibles sur le racisme, l'ignorance et le ségrégationnisme.


 



A découvrir...
Entre chiens et loups, tome 1 , La couleur de la haine, tome 2 , Le choix d'aimer, tome 3




En librairie dès le 12 octobre









Pas tout à fait rien à voir...

Martin Luther King arrêté pour avoir mené le boycott des bus Montgomery.
(photo provenant du fichier de la police)


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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 09:31



La maison du magicien

Mary Hooper


« C'était là ma vie, et je n'en avais pas une bien haute opinion »


Avec l'aide de sa mère, Lucy, jeune gantière, s'enfuit loin de la violence de son père. Le hasard la porte dans la maison du Dr Dee (personnage ayant réellement existé), magicien et conseiller personnel de la Reine Elizabeth 1ère. Lucy va alors se retrouver au cœur des intrigues de la cour et porteuse d'un lourd secret.

 

Après l'excellent titre La messagère de l'au-delà, je me réjouissais de découvrir le nouveau livre (une trilogie !) de Mary Hooper qui possède l'intelligent savoir de mélanger Histoire, suspense et fiction. Si en plus, elle y ajoute une pincée de magie savamment dosée, cette lecture avait tout pour me plaire.

 

Malheureusement, je me suis ennuyée. Je n'ai pas trouvé le personnage de Lucy intéressant. Certes, elle correspond au portrait d'une jeune fille pauvre sans instruction de l'époque mais il lui manque, à mon goût, de la profondeur. La période historique troublante choisie pour toile de fonds se prête à merveille au jeu du suspense mais l'alchimie ne prend pas. La construction bien trop classique du roman nous laisse entrevoir la fin rapidement.

 

J'ai par contre bien apprécié la manière, toujours élégante, de l'auteure de fondre les fascinants détails historiques du quotidien dans une plume alliant style et accessibilité. Sans oublier le glossaire de fin drôle et instructif. Savez-vous qu'un « posset » est « une boisson chaude légèrement épicée à base de lait caillé et de bière (plus rarement de vin de Bordeaux) », qu'un « vain » est « un vaniteux » et qu'un « vertugardin » est « un bourrelet que l'on fixait sous la jupe pour la faire bouffer autour des hanches. »?


 

Ah ! Je vous vois venir ! Vous vous dites : « incroyable ! », une époque où les femmes se rajoutaient des bourrelets ! Elles en avaient de la chance ! Oui mais sachez Mesdames que la majorité d'entre elles n'avait non seulement jamais vu de livre à part la Bible, mais ne savait pas lire. Je n'oserais m'avancer pour vous mais il est clair que mon choix est fait : je préfère avoir des bourrelets naturels à la dizaine plutôt de manquer de littérature ;-)

 

Gallimard-Jeunesse, 283 pages, 2009


Un avis plus enthousiaste, celui de Clarabel

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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 10:00

Gone

Michael Grant

 

« Les gens différent finissent toujours par devenir des victimes, c'est comme ça »

 

Comment pouvais-je résister au pitch de ce livre : « Qui n'a jamais rêvé d'un monde sans adultes ? » En voilà une idée excellente ! En plein cours d'histoire, les élèves voient leur prof disparaître en une seconde. « Pouf ! Comme ça ». Très vite, ils se rendent compte que ce n'est pas d'une farce dont ils sont victimes mais bel et bien d'un phénomène qui s'est abattu dans toute leur ville voire au-delà. Toutes les personnes de plus de 15 ans se sont envolées.

 

C'est ainsi que les protagonistes et le lecteur, s'il n'en n'était pas jusqu'ici convaincu, réalise combien un adulte, c'est utile. Plus d'électricité, plus de téléphone, d'internet, de police, sans compter les matières premières qui s'épuisent peu à peu. Il faut survivre, s'organiser et lutter contre ceux qui souhaite s'attribuer le pouvoir. Seuls et dans le noir.

 

Tout ceci tient bien la route. C'est très bien écrit, suffisamment pour être publié par la maison d'édition Harper Collins, le suspense est présent sans oublier la fameuse morale écologique que l'on commence à retrouver dans la majeure partie de la littérature jeunesse.

 

Plusieurs choses m'ont cependant gênée. La première est que Michael Grant n'a pas réussi à s'extraire des clichés du genre. Deux ennemis que tout opposent ne peuvent-ils pas se détester et se faire la guerre sans apprendre qu'ils sont finalement frères ?

 

Ensuite, la première action positive qu'un ado entreprend est celle de garder ouvert coûte que coûte le McDo (cité bon nombre de fois). Les menus, les boissons, la cuisson et même le congélateur du McDo n'a plus de secret pour moi. Chaque fois que les enfants et ados se nourrissent, c'est du McDo. Je ne suis pas en train de dire qu'à l'heure où l'obésité est en train de faire des ravages mortels, il faille censurer les fast-food mais de là à faire passer cet acte pour patriotique, il ne faut quand même pas pousser.

 

Rapidement, les ados s'organisent et la répartition des tâches est dans certains cas imposée, dans d'autres naturelle. C'est ainsi que les garçons se retrouvent pompiers ou policiers et les filles assistantes maternelles ou infirmières. Quelle audace !

 

Et pour finir, un détail d'importance : j'ai eu la mauvaise surprise de constater l'absence d'un point final. Encore une suite (en réalité 5 volumes à venir) ! Ces auteurs ne pensent-ils pas que nous avons une pile à lire qui atteint bientôt, pour ma part, le Cervin ? 

 

En résumé : une lecture qui séduira certainement les ados et leurs parents. Pour ma part, je leur conseillerais davantage de meilleurs crus comme La voix du couteau, Le chagrin du roi mort, L'assassin royal ou l'excellente trilogie Entre Chiens et Loups.

 

Pocket, 585 pages, 2009

 

Une promo agressive à l'américaine

(ne me demandez pas pourquoi les acteurs ne sont pas ceux de la couverture)

 

 

 

Elles ont su l'apprécier (elles !)

SBM : « malgré des archétypes le livres est très plaisant à lire »

Malou : « excellent, ... des stéréotypes qui ne nuisent pas au livre...un vrai suspense qui nous tient en haleine ».

Fashion : « très bon roman de SF jeunesse... Les personnages sont assez archétypaux mais la primauté est donnée à l'action menée tambour battant... A lire! ».

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Salon Lecture
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 16:31



On s'est juste embrassés

Isabelle Pandazopoulos

 

« J'ai compté sur mes doigts le nombre de gens qui passaient dans ma vie pour disparaître après. Et je me suis endormie, le poing contre la bouche. Chaque doigt de ma main, c'était quelqu'un. Je les gardais avec moi.  »

 

Aïcha, 15 ans, vit seule avec sa mère depuis que son père est parti sans laisser d'adresse. Elle est française mais pas tout à fait car elle est officiellement nommée « française issue de l'immigration » en raison de ses grands-parents nés en Algérie. Aïcha est très seule. Elle aimerait connaître le passé et la famille de sa mère mais celle-ci refuse de l'évoquer. Trop de souffrances. Seule sa meilleure amie représente une ancre dans cette cité, ce microcosme avec ses codes bien précis. Aïcha pourrait être amoureuse. Ce sentiment, elle va le payer cher. Exclue, bannie, rejetée, humiliée, elle suivra une toute autre route qui l'emmènera à l'inattendu.

 

J'ai eu ce livre à plusieurs reprises dans mes mains. Je l'ai à chaque fois reposé en raison du titre qui m'a fait pensé à une histoire d'amour pour ados et de la couverture triste, anodine. Un autre jour, j'ai lu la quatrième de couverture. Autant pour moi ! Une fille dans la cité. J'en ai lu des lectures misérabilistes sur le sujet qui sont tombées dans le piège du pathos.

 

Puis, lors de mon dernier passage à la bibliothèque, je l'ai vu. Encore ce livre ! Mais qu'est-ce qu'il me veut ? J'ai lu le profil d'Isabelle Pandazopoulos. « Professeur de lettres, elle a toujours enseigné dans des zones dites difficiles ». Mmmm... voilà quelqu'un qui sait de quoi elle parle. De plus, j'aime beaucoup le « dites difficiles ».

 

Résultat : une très belle lecture, pour ados, pour adultes, qui décrit l'ennui de l'adolescence, les premiers émois, la difficulté de la relation mère-fille, le besoin de reconnaissance, la recherche de son identité, la loi inflexible du patriarcat, les blessures de l'âme. C'est juste, triste mais non dénué d'espoir. Une plume à suivre !

 

Un extrait qui devrait vous parler...

« Ma mère détestait me voir lire, alors j’évitais qu’elle le sache. C’était comme une maladie honteuse, comme le plaisir que l’on se donne à soi-même, ou les larmes, je faisais ça en cachette. Je lis comme ça vient, tout ce qui me tombe sous la main, je ne pourrais même pas dire comment les livres et moi, on se rencontre. (...) Là-bas, dans cette bibliothèque, le silence a un sens, les mots inscrits sur les pages te conduisent quelque part, il suffit d'y croire et de se laisser porter. J'en choisis quatre ou cinq et puis je vais me blottir dans un coin, toujours le même, je les mets autour de moi, je les feuillette, je les referme, je les renifle, j'ouvre à n'importe quelle page, je m'arrête, je reprends plus loin ou j'en commence un autre et puis il y en a un qui mm'emmporte, je ne saurais pas dire comment, juste je le dévore du début à la fin, il m'accompagne un petit moment partout où je vais, j'ai même l'impression qu'il me protège, je sais c'est bête, j'ai un peu honte, mais ce temps-là, le temps d'un livre, moi aussi je disparais et c'est comme si de l'autre côté, sur l'autre rive, c'est moi qu'on attendait. »

 

Gallimard-Jeunesse, Scripto, 157 pages, 2009

 

Elles l'ont apprécié...

Pagesàpages,  Clarabel, Eolune, Françoise, Bellesahi, Cathulu, Hélène, Gawou, Malice...                                                                     

Elles sont plus réservées...

Karine, Lael...


Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Littérature Jeunesse
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 23:49


La messagère de l'au-delà

Mary Hooper

 

"Je proteste de mon innocence et je demande que Dieu, dans son immense sagesse, le fasse savoir au monde"

 

Angleterre, 1650. La jeune Anne Green travaille comme servante dans la maison de sir Thomas. Le petit fils de ce dernier va la séduire en lui promettant de l'aimer et de lui offrir une meilleure condition. Il la veux, il l'aura, ce qui la conduira à l'échafaud.


Anne Green est pendue haut et court. Son corps, comme celui des pauvres de l'époque, est livré aux étudiants en médecine. Quelle ne sera pas leur surprise quand ils découvriront qu'en réalité Anne est toujours vivante.


Inspiré de faits réels (si ! si !), La messagère de l'au-delà est un roman historique captivant. Le sujet paraît bien lourd et pourtant, les pages se tournent avec frénésie. On découvre, on frissonne, on apprend, on compatit, on tremble devant une époque qui n'aimait pas ses femmes.


Car c'est bel et bien l'histoire de femmes que Mary Hooper nous conte. Des prostituées aux gouvernantes, des servantes aux filles nobles, de la sacro-sainte mère aux sages-femmes détentrices de secrets.


A l'instar de ses consœurs dites « sorcières » condamnées au buché, Anne Green a l'unique défaut d'être belle et désirable. Sa naïveté et sa candeur donne de l'éclat à sa façon de décrire les évènements. J'ai fermé ce livre avec émotion et espoir sachant qu'en 1650 justice fût rendue.


Ce qu'elles en ont pensé

Gawou s'est réconciliée avec le roman historique, réaliste et poignant selon Ys, une jolie découverte pour Melmelie,  sensible, intelligent et à découvrir selon Clarabel                                                     


Editions du Panama, 267 pages, 2008

 

 

Par Theoma - Publié dans : Ados/Jeunes Adultes - Communauté : Les lectures de Florinette
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