Audouchoc

L'année brouillard
de Michelle Richmond (Auteure)
Sophie Aslanides (Traduction)
« Si j'ai bien une certitude, c'est que rien dans la vie ne nous prépare à devenir mère »
Abby rencontre Jake. Jake l'invite à dîner. Ils sentent que leur histoire pourrait être importante. Lorsqu'il la raccompagne chez elle, avant le baiser fatidique, il lui demande si elle veut des enfants. Bien évidemment surprise, elle lui répondra que oui, plus tard. Il lui explique qu'il a une fille, Emma, qui est âgée de six ans et dont la mère est partie un jour sans donner de nouvelles.
Abby tombe amoureuse de Jake. Abby tombe amoureuse d'Emma. Tous les trois, ils vont bien ensemble. Ils se fiancent et parle d'adoption. Jake doit partir un week-end. Abby est seule avec Emma pour la première fois. Elles se promènent sur la plage à la recherche de coquillages. Un phoque mort échoué attire le regard de la femme durant quelques secondes. Quelques secondes seulement. Quelques secondes de trop. Emma disparaît.
J'ai vu ce livre à plusieurs reprises. J'ai à chaque fois détourné le regard. Non merci, pas pour moi ! Lire 500 pages sur un sujet qui réveille une de mes pires peur au ventre, il faut être maso.
Mais voilà que Kathel rédige un billet magnifique et redoutablement convaincant. Mmmm.... passerais-je à côté de quelque chose ? Si en plus elle le propose comme livre voyageur, pourquoi ne pas tenter le coup ? D'ici que le livre vienne chez moi, j'aurais le temps de m'y préparer. Mais voilà que sa première étape est ma boîte aux lettres. Je regrette déjà de m'être proposée. Bon ben, je respire à fond et je me lance.
Dès les premières pages, j'ai la nausée. C'est exactement le scénario qui vient se loger dans votre tête quand vos chérubins sont en dehors de votre périphérie. Ensuite, le malaise me quitte et je me surprend à tourner les pages avec frénésie. Je ne peux plus lâcher ce livre avant de connaître le dénouement.
Michelle Richmond a su aller dans les profondeurs du corps et de l'âme pour y trouver les angoisses, les douleurs, les bonheurs, les pensées les plus intimes. Elle nous parle de souffrances mais surtout d'amour. J'ai été bouleversée par le personnage d'Abby qui envers et contre tous continue à croire qu'Emma est vivante. Elle qui ne partage pas les liens du sang va aller au bout de sa conviction parce qu'elle ne peut pas vivre avec cette culpabilité mais surtout guidée par un puissant instinct maternel.
Vous l'aurez compris, une lecture qui vaut plus que la peine malgré son sujet terrorisant. Simplement magnifique.
Extrait
"Nous prenons des photos parce que nous ne pouvons accepter que tout passe, nous ne pouvons accepter que la répétition d'un moment est impossible. Nous menons un combat continu contre notre propre mort imminente, contre le temps qui transforme les enfants en cette autre espèce, de moindre intérêt : les adultes. Nous prenons des photos parce que nous savons que nous allons oublier. Nous allons oublier la semaine, la journée, l'heure. Nous oublierons les moments les plus heureux. Nous prenons des photos par orgueil, poussés par ce désir de voir le meilleur de nous-mêmes préservé. Nous craignons de mourir sans que les autres sachent que nous avons vécu."
Buchet-Chastel, 508 pages, 2009
Elles ont aimé...
Un grand merci à Kathel de m'avoir convaincue et prêter ce livre, Antigone, Cathulu, Cuné, Majanissa...
Ce livre
voyageur continue sa route chez Keisha.
Seul problème : quand vais je trouver le temps de lire ces 500 pages? Ben entre deux voyages... je pense que c'est jouable, surtout si le livre se dévore... Dès que j'ai la main dessus, je le lis en priorité!